Solennité du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ

Aujourd’hui nous sommes le dimanche du Saint-Sacrement, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du Livre du Deutéronome (8, 2-14b-16a)
  • Psaume 147, avec comme refrain : « Glorifie le Seigneur, Jérusalem ! »
  • Lecture de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens (10, 16-17)
  • Séquence
  • Évangile de saint Jean (6, 51-58)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur. Aujourd’hui l’Eglise Universelle célèbre la solennité du Saint-Sacrement, le Corps et le sang de Jésus Christ. Cette fête qui jadis était appelée la Fête Dieu, a pour but essentiel de mettre en exergue ce que les chrétiens et les catholiques en particulier ont de plus cher. Notre Dieu, réellement présent, vivant et agissant dans les espèces du pain et du vin consacré. En ce temps de confinement que nous venons de vivre, ce temps nous a permis d’ aiguiser en nous l’appétit de ce sacrement puisque nous en avons été sevrés.

En méditant les textes soumis à notre méditation, nous épinglons trois pistes de réflexions :

  1. L’Eucharistie : mémorial des bienfaits de notre Dieu.
  2. L’Eucharistie : Pain de l’unité et de communion
  3. L’Eucharistie : Pain sacré, nourriture puissante et indispensable.

Passons en revue les trois points précités :

  1. L’Eucharistie : mémorial des bienfaits de notre Dieu.

Ce que nous célébrons aujourd’hui est avant tout un mémorial, un souvenir vivant de l’œuvre de notre Salut que nous actualisons à chaque messe, conformément à cette recommandation de Jésus Christ : « faites ceci en mémoire de moi » et providentiellement, la première lecture débute par ces mots : « …souviens-toi ». Cette lecture du Deutéronome rappelle que Dieu a accompagné son peuple au désert, l’a abreuvé de l’eau du rocher, l’a rassasié d’un pain inconnu qu’ils nommèrent « Manne ». Cette Manne préfigurait déjà l’Eucharistie, ce pain de vie dont Jésus rappelle la nécessité pour nous dans l’Evangile. Il faut noter que lorsque le deutéronome a été rédigé, les hébreux avaient depuis longtemps quitté le désert et s’étaient établis en Palestine. Avec la stabilité et la prospérité accordées par le Seigneur, le peuple commençait à oublier tout ce que Dieu avait fait pour lui. C’est pourquoi le Seigneur, par l’entremise de Moïse lui rappelle ceci : « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert… N’oublie pas le Seigneur ton Dieu … lui qui, dans le désert t’a donné la manne » (Dt 8, 2-15).

Ce texte, aujourd’hui nous rappelle qu’un regard sur notre passé nous aide à reconnaître la présence de Dieu dans nos vies et nous permet d’envisager l’avenir avec confiance. L’Eucharistie, du grec « eukharistía » est une action de grâce, que nous faisons pour le don généreux de la vie de notre Dieu. Elle contient toutes les bontés du monde, puisqu’elle contient le Christ « si vous ne mangez pas le corps du fils de l’homme, vous n’aurez pas la vie en vous ».

  1. L’Eucharistie : Pain de l’unité et de communion

C’est dans l’enseignement que Saint-Paul dans la deuxième lecture de ce jour que nous voyons cela : « … la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain ». Il y a un lien, une corrélation entre ce que nous célébrons et ce que nous sommes. L’Eucharistie est le sacrement de la Communion. Elle pousse à l’intimité avec Dieu : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui » et elle nous invite à la charité fraternelle. De ce fait, ceux qui ne sont pas capables de communion ne devraient pas communier à ce repas. Ceux qui ne sont pas prêts à pardonner ne devraient normalement pas s’approcher de ce pain d’amour, d’unité et de sacrifice. Et, comme nous l’enseigne Paul, chacun de nous devrait s’examiner lui-même avant de manger de ce pain et de boire à cette coupe, car celui qui communie indignement au Corps et au Sang du Christ « mange et boit à sa propre condamnation » (1Co 11,28-29).

  1. L’Eucharistie : Pain sacré, nourriture puissante et indispensable

Dans l’Evangile de ce jour, Jésus nous rappelle que sans l’Eucharistie, nous ne pouvons pas avoir la Vie en nous : « Amen, amen, je vous le dis, si vous ne mangez pas la chair du Fils de l‘homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous-même » 5Jn 6,53).

Il est dommageable de voir encore aujourd’hui beaucoup de chrétiens catholiques se priver de ce repas vital pour des raisons purement égoïstes et parfois fantaisistes. Car, comme nous l’enseigne le catéchisme de l’Église Catholique (CEC), dans le Très Saint Sacrement de l’Eucharistie sont contenus vraiment, réellement et substantiellement le Corps et le Sang, conjointement avec l’âme et la divinité de Jésus Christ. 

Dans l’Eucharistie, nous avons ce même Jésus, comme jadis sur les routes de la Galilée, celui qui passait en faisant le bien. C’est le même qui a guéri les malades, le même qui a multiplié les pains, le même qui est ressuscité des morts.

Ainsi, quand nous venons à la messe, sommes-nous réellement conscients que nous venons rencontrer Dieu lui-même, Celui qui peut combler toutes nos faims ?

Pour conclure, la Fête Dieu, invite chacun de nous à faire un examen de conscience sur la place qu’occupe l’Eucharistie dans sa vie. Si elle est réellement le pain de notre vie, comme le souligne Jésus dans l’Evangile de ce jour, l’Eucharistie, alors, devrait rythmer toute notre vie. L’Eucharistie devrait se prolonger à travers l’adoration eucharistique que peu de chrétiens fréquentent malheureusement. Dieu est parmi nous et il désire nous rencontrer, mais nous l’enfermons souvent dans les tabernacles, prisonnier de son amour pour vaquer à nos occupations fussent-elles sublimes.

De plus, le mois de juin est traditionnellement retenu comme le mois du Sacré-Cœur et mois par excellence de la dévotion eucharistique.

Profitons donc de ce mois pour réactiver et enrichir davantage notre dévotion eucharistique :

« HEUREUX LES INVITES AUX REPAS DU SEIGNEUR »

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA