Pourquoi adorer le Saint-Sacrement???

Pourquoi adorer le Saint-Sacrement ?

 

Dans de plus en plus d’église, de communautés, dans le discours de notre Saint Père le pape Benoit XVI, on voit apparaître ou se renforcer la pratique de l’adoration du Saint-Sacrement.

 

Aux JMJ de Madrid, il a même été proposé à tous les jeunes (plusieurs centaines de milliers de jeunes !) un temps d’adoration. D’après les « spectateurs journalistes » présents, une majorité s’est dite impressionnée par la qualité du silence de ces milliers de jeunes ce soir là.

 

Mais j’entends parfois des questions contradictoires.

 


 

L’adoration ? C’est une histoire de tradi !

 

Il est vrai qu’après la réforme de Vatican II et l’ajout de l’influence du mouvement de Mai 68, des « traditions liturgiques » ont été supprimées ou abandonnées dans nos églises. Parmi celles-ci, dans bien des lieux, on a mis l’adoration dans le même sac que la « messe dos au peuple », les habits du célébrant « en carton », le langage « incompréhensible du latin », etc…

 

Ceux qui ont gardé l’ancien rite ont, simplement, conservé aussi la pratique de l’adoration.

 

Pourtant, relisez le Concile Vatican II ou le Catéchisme de l’Eglise Catholique (CEC) : jamais, ô grand jamais, l’Eglise ne demande d’arrêter  cette pratique spirituelle, bien au contraire.

 

Je cite :

– CEC § 1178 : « La liturgie des heures, qui est comme un prolongement  de la célébration eucharistique, n’exclut pas mais appelle de manière complémentaire les diverses dévotions du Peuple de Dieu, particulièrement l’adoration et le culte du Saint-Sacrement »

 

– Mysterium Fidei § 56 : « L’Eglise Catholique a rendu et continue de rendre ce culte d’adoration qui est dû au sacrement de l’Eucharistie non seulement durant la messe, mais aussi en dehors de sa célébration : en conservant avec le plus grand soin les hosties consacrées, en les présentant aux fidèles pour qu’ils les vénèrent avec solennité, en les portant en procession. »

 

Peut-être a-t-on jeté le bébé avec l’eau du bain ?

 

Et puis, je ne peux m’empêcher de penser à des personnes illustres par leur sainteté qui avaient (ou qui ont) un besoin vital de vivre ce temps de l’adoration Eucharistique, et qu’on peut difficilement ranger sous l’étiquette de « tradi ».

 

J’en cite quelques uns en vrac :

 

St Vincent de Paul : qui passait ses nuits devant le Saint-Sacrement, lieu où il se « régénérait » spirituellement et qui avait dit cette phrase magnifiquement essentielle (j’en garde le sens mais je n’assure rien sur la forme exacte : il n’y avait pas de mp3 à l’époque !) : « Quand tu es en adoration devant le Saint-Sacrement  et qu’un pauvre frappe à ta porte : ferme la porte du tabernacle et ouvre au pauvre pour accueillir le Seigneur qui est en lui ».

 

Ste Thérèse de l’Enfant Jésus qui passait plus d’une heure par jour à ce rendez-vous « nuptial » (pour reprendre l’expression de Ste Thérèse d’Avila)

 

Mère Térésa de Calcutta : elle passait au minimum 1 heure par jour devant le Saint Sacrement. C’était pour elle, semble-t-il, un besoin.

 

Et je pourrai en citer tant et tant d’autres qui vivent une spiritualité intense (ou une ouverture du cœur profonde, c’est synonyme) grâce à ce temps essentiel devant Dieu : Père Daniel Ange (fondateur de Jeunesse-Lumière), Père Thomas Philippe (co-fondateur de l’Arche de Jean Vanier), Père Nicolas Buttet (fondateur de la communauté Eucharistein), etc…

 

 

Oui mais, devant le Saint-Sacrement, il ne s’y passe rien !

 

C’est vrai ! C’est indéniable. On ne peut pas dire qu’il s’y passe beaucoup de choses … selon nos sens corporels que sont l’ouïe, la vue, le goût, l’odeur, le toucher.

A part le silence et le craquellement de la chaise de la mamie qui s’endort à côté de moi (et qui a le mérite d’être là : Dieu veille sur ceux qui dorment avec Lui), le Saint-Sacrement immobile devant moi (et là, je n’ai pas de zappette), le goût de ma salive si j’ai faim, l’odeur du bois de ma chaise ou du tapis selon que je sois dans une église ou dans une chapelle à ce moment là, la dureté du bois du banc sur lequel je m’appuie si je suis à genoux ou la douceur de mon pull si j’ai les bras croisés… Rien ! Il ne se passe rien !

 

Ou plutôt, Tout ! Il s’y passe Tout !

 

Ça me fait penser au prophète Elie sur le mont Horeb. Il a rendez-vous avec Dieu : vient l’ouragan, puis le tremblement de terre, puis le feu, mais Dieu n’est dans aucun d’eux. Et Dieu vint dans une brise légère.

 

L’amour ne se construit pas dans le bruit, le mouvement, l’excitation, mais dans le silence.

 

Je me permets de faire un parallèle avec la vie de couple (ça vaut ce que ça vaut, mais je pense que c’est justifié. Il y a un lien très fort entre l’amour qu’on porte à l’autre et l’amour qu’on porte à Dieu).

 

Qu’est ce qui est le plus fécond dans un couple ?

Les temps où l’on s’active, où on bouge, gesticule, fait du sport ?

Où bien ces temps silencieux où on est ensemble, posément, calmement ? Ces temps de simple discussion où on se met au diapason, dans l’écoute mutuelle ? Ces temps de silence où, ensemble, on se regarde et s’enrichit du regard de l’autre sur soi ?

 

L’amour se construit et nous construit.

 

Nous avons besoin de ces temps  où on contemple Dieu et où on se laisse contempler par Lui. Ces temps où on se regarde dans un lien filial de Père à Fils (Fille) :

– « qui me voit, voit celui qui m’a envoyé » Jean 12,45

– « Et la preuve que vous êtes des fils, c’est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie : Abba, Père ! Aussi n’es-tu plus esclave, mais fils […]. » Galates 4,6-7

 

 

Pour finir, j’aimerai citer le CEC § 2096 et 2097 (livre que vous avez tous chez vous, bien sûr):

 

 

 

L’adoration :

 

§ 2096 : De la vertu de religion, l’adoration est l’acte premier. Adorer Dieu, c’est Le reconnaître comme Dieu, comme le Créateur et Sauveur, le Seigneur et le Maître de tout ce qui existe, l’Amour infini et miséricordieux. « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et c’est à Lui seul que tu rendras un culte » ( Luc 4,8) dit Jésus, citant le Deutéronome (Dt 6,13).

 

§ 2097 : Adorer Dieu, c’est, dans le respect et la soumission absolue reconnaître le « néant de la créature » qui n’est que par Dieu. Adorer Dieu, c’est comme Marie, dans le Magnificat, Le louer, L’exalter et s’humilier soi-même, en confessant avec gratitude qu’Il a fait de grandes choses et que saint est son nom. L’adoration du Dieu unique libère l’homme du repliement sur soi-même, de l’esclavage du péché et de l’idolâtrie du monde.

 

 

Bonne adoration !!!

 

 

Le bigot

 

0 réponses

Répondre

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire