Parole du Père Chris Goma

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Christ,

Cette semaine notre mère l’Eglise nous a conviés à célébrer la semaine de l’unité des chrétiens et, aujourd’hui, à Rome, le Pape François inaugure le dimanche de la Parole de Dieu qui se célébrera chaque 3ème dimanche du Temps Ordinaire.

Permettez-nous, dans cette actualité dense d’orienter essentiellement notre méditation d’aujourd’hui sur la deuxième lecture.
En effet, Saint-Paul, écrit aux chrétiens de Corinthe au sujet des divisions, des querelles intestines qu’on lui a rapportées alors qu’il se trouve à Éphèse.
Il est nécessaire de connaître d’emblée le contexte :

  • Corinthe est une ville de trafic intense à cause de son port. Et comme telle, beaucoup de courants de pensées et beaucoup de religions y convergent.
  • Entre l’enthousiasme des néophytes et la fidélité des anciens, Paul, qui a du reste évangélisé Corinthe, se rend compte qu’il y a quatre factions parmi les chrétiens :
    • Celle des disciples d’Appolos (un juif d’Alexandrie) versé dans l’écriture et dans l’annonce du Christ avec une éloquence indiscutable.
    • Celle qui se réclame de Paul
    • Celle qui se réclame de Pierre
    • et celle qui se réclame du Christ

Dans sa lettre aux corinthiens, Paul recadre les choses en mettant en avant la centralité du Baptême du Christ, source et signe de l’unité des chrétiens : 

  • Le Christ n’est pas divisé
  • Par le baptême, nous sommes tous constitués corps du Christ, et lui est la tête.

Cela veut dire que toutes les divisions, les fractures, les dissensions, les rivalités n’ont plus de place.
En cette semaine de l’unité des Chrétiens, nous allons demander au Seigneur de nous aider à redécouvrir la noblesse de notre baptême, qui nous constitue membre d’un seul corps.
Dans notre Église, où l’on peut malheureusement trouver des clans, des divisions, l’esprit de ghetto, l’esprit de clocher et d’exclusion.

Dans notre Église, où nous assumons nos ministères de manière autoréférenciée, en ; gérant les biens de l’Eglise comme des propriétés privées et personnelles, demandons au Seigneur la grâce de comprendre que  par le baptême, nous ne nous appartenons pas. Nous appartenons au Christ et comme le disait le Concile Vatican II « Quand  le prêtre baptise, c’est le Christ en personne qui baptise ». Nous sommes baptisés, donc greffés au Christ. C’est la réussite de la greffe qui compte pas celui qui l’a greffé.

Par ailleurs, pour mieux prendre conscience de notre identité,  il nous faut nous familiariser avec la Parole de Dieu. Saint Jérôme disait : « Ignorer les écritures, c’est ignorer le Christ ».

Dans sa lettre apostolique Aperuit Illis, le Pape François dit qu’aujourd’hui (3ème dimanche du Temps Ordinaire), jour consacré à la Bible, ne veut pas être un événement qui se produit une seule fois par an, mais un événement pour toute l’année, parce que nous avons un besoin urgent de devenir familiers et intimes de l’Écriture Sainte et du Ressuscité, qui ne cesse de rompre la Parole et le pain dans la communauté des croyants.

Nous comprenons par ce fait même le geste du Christ au début de son Ministère, dans l’Évangile de ce jour, à savoir le choix des disciples pour en faire « des pêcheurs d’hommes ».

Que le Seigneur nous donne la grâce de répondre au jour le jour à cette question du Pape Saint-Jean-Paul II   : « France, fille aînée de l’Église, qu’as-tu fait de ton baptême ? » et de prendre conscience du lien fondateur du baptême, comme lien d’amour au Christ et au Frère ainsi que de travailler à y répondre comme tel à travers l’annonce de la Parole de Dieu.