Homélie du 26ème Dimanche du Temps Ordinaire

DIMANCHE DE RENTREE PASTORALE à Arsac

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur,

Les textes de la  liturgie que nous méditons aujourd’hui continuent sur la même thématique que ceux  de dimanche passé où il était question de la justice sociale, où il était question d’une pédagogie sur la richesse et l’argent. Comme dimanche dernier, nous retrouvons cette véhémence du prophète Amos vis à vis des riches de son temps, vis à vis des injustices sociales.


Le style que Amos prend est un style emphatique qui décrit l’écart croissant entre les riches et les pauvres. Le bien être est mesuré à l’aune de l’avoir, de la possession matérielle et nous voyons, dans les paroles d’Amos des accentuations particulières aux  réalités de nos pays du vin  lorsqu’il parle par exemple, comme nous l’avons entendu, de « boire le vin à même les amphores » ; je dirai : boire le vin à pleine carafe, à pleine barrique. Tout cela nous renseignait, plus ou moins, sur la manière dont les  contemporains de Amos étaient comblés et vivaient bien.


Pourtant la question que chacun de nous, entendant cette parole, peut se poser : 

  • Est-ce donc un procès contre les riches qui est fait dans ce texte ?
  • L’aspiration au bien-être, l’aspiration au bonheur n’est-elle pas l’horizon de toute vie ?

Amos, Chers Frères et Sœurs, ne veut certes pas blâmer la condition du Riche. Il met pourtant en garde contre la richesse qui produit des inégalités sociales, la richesse  qui fait accentuer l’indifférence, l’égoïsme, vis-à-vis des autres. La richesse qui nous cantonne à la sphère du terrestre et dans le monde de la consommation. Celle qui nous aveugle et nous bâillonne face à la  misère de notre humanité : son reproche au Riche est bien clair, nous l’avons entendu dans la première lecture : « qu’ils ne se retournent guère sur les désastres d’Israël ».


Combien sommes-nous encore, qui vivons en autarcie, prisonniers de nos avoirs, prisonniers de nos richesses ? 

Combien sommes-nous qui continuons à nous baigner dans ce que le Pape François appelait  à juste titre « la mondialisation de l’indifférence » . ? Nous qui sommes encore anesthésiés et avons les yeux bandés face aux appels incessants et pressants de la misère de notre monde et de notre environnement ?

Dans ce texte d’Amos, nous trouvons un dénominateur commun avec l’Evangile de ce jour. Le récit de Lazare nous secoue et nous atteint à l’effet sensationnaliste qui émeut quand nous entendons que: « c’étaient plutôt les chiens qui venaient lécher les plaies de Lazare». Les chiens accompliraient, comme on pourrait le dire, un acte chrétien et un acte profondément humain, ce sont les chiens qui ont prêté leur attention à Lazare qui gisait devant la porte du Riche, peut-on dire mieux, :ce sont les chiens qui ont prêté le plus d’attention à ce pauvre ?

La différence est tout à fait claire dans l’évangile ; l’homme riche avait même perdu son identité, vautré dans sa richesse, il était identifié par sa condition, c’est à dire qu’il était le riche, seul Lazare portait un nom  ; là aussi, ce qui est mis en valeur, c’est l’indifférence, l’autisme, la surdité spirituelle et l’aveuglement devant le pauvre Lazare qui gisait bien devant sa porte.

Peuple de Dieu ! Au début de cette année pastorale, ne ressemblons pas au Riche de la parabole, en bandant nos yeux face aux appels et aux besoins pastoraux qui réclament de notre part : engagement, investissement. Nous avons besoin de tout le monde, catéchumènes, catéchistes, responsables de l’aumônerie, choristes, liturgie,,,, Dieu nous appelle, Dieu nous interpelle à nous engager de plus en plus au service de nos communautés

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, la situation d’inégalité entre Lazare et le Riche s’est poursuivie jusqu’à la mort.  Nous avons entendu que le Riche était enterré et le pauvre  reçu dans le sein d’Abraham, le Père de la foi. La justice de Dieu a rectifié la situation. C’est aussi pour nous montrer, Chers Frères et Sœurs, que notre vie a un sens, notre vie est tournée vers l’horizon de Dieu.  Combien, dans notre monde actuel, devront se contenter d’être enterrés à leur mort sans vouloir recevoir la consolation du Père Céleste ?


La vraie richesse est celle d’arriver à voir Dieu.


Saint-Augustin le disait bien « tu nous as fait Seigneur et notre cœur est sans cesse inquiet tant qu’il ne repose en toi » et ce qui nous manque à tous, c’est ce que Saint-Augustin dira aussi plus loin « passe par l’homme et tu arriveras à Dieu ».

Nous sommes tous détenteurs de quelques richesses spirituelles qui s’appellent dons et charismes pour le service de Dieu et de son Église, demandons, chers Frères et Sœurs au début de cette année pastorale,  la grâce du partage, la grâce du service. Que Dieu fasse tomber de nous la chape du replis sur nous- mêmes, du replis sur nos égos, sur nos acquis séculaires. Qu’Il nous donne la grâce de relever la tête pour voir les « Lazare » des temps modernes qui vont nous aider à trouver Dieu.