Homélie du 4ème dimanche de l’Avent

Père Chris GOMA

4ème dimanche de l’Avent

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, alors que nous nous dirigeons lentement et sûrement vers les festivités de Noël, la liturgie de la parole ne cesse de nous présenter ce mystère, comme celui d’une fête de la famille.

Dans la première lecture, le nom que le prophète Isaïe donne au Messie qui vient est celui d’« Emmanuel », c’est-à-dire « Dieu avec nous », Dieu proche de nous. 

Oui, cet enfant qui vient est  à la fois Dieu et homme. L’article du Credo que nous allons récité l’atteste déjà : « Conçu du Saint-Esprit et né de la Vierge Marie » est la part de Dieu. Et comme homme, il est donc attribué à une famille. Dieu a prévu pour son fils la famille de David, il appartient à la descendance de David, comme nous l’avons lu dans la deuxième lecture, ce qui caractérise son lien avec Joseph, l’époux de Marie, et amène celui-ci à la mission d’être le père de l’enfant qui va naître.

Dans l’Evangile de ce jour, Mathieu nous rapporte l’annonciation à Joseph. Il faut la mettre en parallèle avec celle de Marie, où l’ange Gabriel était venu annoncer à Marie qu’elle serait la Mère du Sauveur. Elle avait dit « Oui » et son Oui a transformé l’histoire de l’humanité. On pourrait dire que Marie a éclaté son cœur à la dimension du monde, à la dimension du projet de Dieu.

Cependant Joseph, son époux devait être embarrassé par la grossesse de son épouse sous l’impulsion du Saint Esprit, car aux yeux de ses contemporains, c’était une preuve irréfutable et notoire de l’infidélité de celle-ci et comme telle, était punie de lapidation, jusqu’à ce que mort s’en suive. C’est ce que Joseph, comme « homme juste », autrement dit comme « ajusté, accordé à Dieu », se refuse de faire subir à sa dulcinée, Marie : « Il ne voulait pas la dénoncer publiquement et décider de la renvoyer en secret ». C’est donc muni de belles et bonnes dispositions intérieures, porté par le désir de protéger sa fiancée, de protéger l’enfant qui allait naître, même dans ce cas de flagrant délit, que Joseph est conforté par l’Ange, qui s’insère ainsi dans les dispositions intérieures de Joseph, dans son rôle d’époux et de père : « ne crains pas de prendre chez toi Marie ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint. Elle enfantera un fils et tu lui donneras le nom de Jésus ».

Cet épisode nous révèle la volonté divine de faire de l’incarnation d’un fils une vraie fête de famille où tous les acteurs sont comme impliqués. D’une part, Marie est consultée, en bonne et due forme et son consentement lui a été demandé, pour être la digne demeure de son fils et Joseph, d’autre part, va être un époux protecteur de la famille et père, car il possède la faculté de nommer ce nouveau-né, qui est descendant de David, c’est-à-dire membre à part entière de sa famille.

Peuple de Dieu ! À la faveur de Noël qui approche, je veux que nous demandions au Seigneur de visiter profondément nos familles respectives et de donner à chaque acteur engagé dans la vie de nos familles, quelque soit son rôle, la grâce de redécouvrir la noblesse de sa vocation. 

Que nos familles, de plus en plus, 

portent, engendrent, protègent et défendent la Vie . 

Et que Noël qui vient, irradie et illumine à jamais nos familles.