HOMELIE DU 21 JUIN 2020

12ème dimanche du Temps Ordinaire 

Aujourd’hui nous sommes le 12ème dimanche du Temps Ordinaire, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du Livre du prophète Jérémie (20, 10-13)
  • Psaume 68, avec comme refrain : « Dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi ! »
  • Lecture de la première lettre de saint Paul aux Romains (5, 12-15)
  • Évangile de saint Matthieu (10, 26-33)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur.  Le thème central qui traverse les lectures et la méditation de ce douzième dimanche du Temps Ordinaire est : « N’ayez pas peur », appel à l’espérance, appel au courage prophétique.

Permettez-moi de vous remercier tous, car votre présence en ces lieux et par les temps qui courent, en est la fidèle expression.

Oui, Peuple de Dieu, notre univers traverse des moments durs. La Covid19, avec son corollaire de maux : morts, crise économique, peur de la contagion et angoisse du lendemain, le tout relayé par les sirènes d’une presse à catastrophe qui instrumentalise les peurs, les doutes et les angoisses.

Si nous sommes ici, c’est pour manifester notre adhésion à cet appel du Seigneur.

« N’ayez pas peur », même Jésus, qui nous rassemble aujourd’hui avait vécu dans cette dynamique. Il était déjà au cœur des conflits, mais lui qui est le Fils de Dieu nait dans des conditions précaires, dans une mangeoire. L’annonciation, la présentation aux Temples, étaient parsemées de conflits. Mais partout on a fait prévaloir le droit de Dieu. Jésus a montré dans sa vie cette audace prophétique. Il a pris position devant le pouvoir politique et religieux de son temps. Il a même utilisé l’extrême, la violence, la chicotte, tout cela pour faire régner le droit de Dieu, ce que les théologiens ont appelé une sainte colère.

Jésus a donc vécu le courage prophétique dans la juste ligne des prophètes. Comme Jérémie, dans la première lecture, le prophète de Dieu est pourchassé est persécuté par son entourage. Il est incompris les termes sont durs : « Dénoncez-le, allons le dénoncer…. ». Mais devant l’épreuve, le prophète de Dieu tient le fondement de son ministère, de sa mission dans la confiance de Dieu qu’il nomme le : « Guerrier redoutable », c’est-à-dire celui qui combat pour Dieu.

C’est Saint-Paul dans l’épître aux romains qui pointe finalement l’origine du conflit. C’est le péché, le péché qui a pour seul but de contrecarrer la volonté et le droit de Dieu. Paul affirme que la grâce de Jésus a surabondé sur le péché et le mal.

« N’ayez pas peur » « Ne craignez pas ce qui tue le corps ». Aujourd’hui, l’Eglise, notre monde compte sur votre courage prophétique. Si vous n’aviez pas osé la vie se serait arrêtée. Nous savons combien le temps du confinement a été, douloureux en raison du sevrage eucharistique. Aujourd’hui, ce qui tue le corps c’est la maladie, la souffrance, la peur, la décadence socio-économique. On a tellement peur que nous démissionnions dans le témoignage. Le témoignage s’affadit, il nous faut dans la lignée des prophètes, de dire que la vie encore possible, avec ou sans la covid19. Notre foi ne peut pas être mise en berne.

Aujourd’hui plus que jamais, la dimension du témoignage doit rayonner contre vents et marrées. Nous avons entendu dans l’évangile : « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux ». Nous sommes invités à dire la vérité dans un monde parsemé de contrevérités, à dénoncer le mal qui immobilise notre société, et nous-mêmes avons besoin de défier le mal, pour proposer des chemins d’amour. Défier le mal, passe avant tout, de nos jours, par briser les verrous de la peur, la peur d’être contaminé, la peur de reprendre la vie ordinaire alors que la covid19 n’a pas dit son dernier mot, la peur du statu quo et de l’immobilisme qui nous ont fiévreusement bercés au temps du confinement. Nous, chrétiens, sommes des Pèlerins de l’Espérance. Le Seigneur, dans son évangile, nous rassure de son soutien : « Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez plus que des moineaux ».

Chers Frères et Sœurs, pionniers de la reprise de nos églises, votre témoignage et votre présence, ici et maintenant, a quelque chose à nous dire, à dire à ce monde qui se meurt par la crise de l’espérance. La covi19 a exacerbé les peurs et les angoisses du lendemain, nous avons besoin d’en être exorcisés.

Soyez les « Jérémie des temps modernes »

qui vous accrochez à Dieu,

qui allez à contre-courant de l’ère du temps.

« Ne craignez pas »

Oui, je le sais. Oui je le vois, à travers vous,

à travers votre engagement

à travers votre courage prophétique

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA