Commémoration des défunts

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur,  il y a quelques années , j’étais alors étudiant à Bordeaux au Séminaire. Nous avions résolu de faire un tour, avec un ami Prêtre, le Père Jacques Vrignault et son aîné au Pique d’Ossou pour skier. En passant dans un village, le Père Jacques, était heureux de me dire « Chris, tant qu’à faire, je suis du même village que le Cardinal Pierre Eyt, il a été inhumé ici, nous allons nous recueillir sur sa tombe. Cette proposition m’enthousiasmait puisque c’est le Cardinal Pierre Eyt qui m’avait accueilli sur Bordeaux. Mon enthousiasme a été malheureusement stoppé par une réponse glaciale et péremptoire de son aîné « Jacques, il n’y a pas d’intérêt à partir se recueillir ». Derrière cette réponse se pose pour moi et pour vous tous aujourd’hui, 2 Novembre, célébration des défunts, une question importante : à quoi sert la prière pour les morts ? Toutes les cérémonies des obsèques qui remplissent l’agenda paroissial de notre église ? A quoi servent les bougies, les fleurs, le recueillement dans les cimetières, comme nous venons de le faire ? Les demandes de messes pour les défunts ? En un mot : est-ce qu’il y a « un intérêt » à tout ce récital  de cérémonies funèbres qui peuplent nos liturgies ?

Dans les textes de ce jour, nous pouvons trouver quelques bribes  de réponse. La prière et le respect pour les morts sont à inscrire dans le dessein divin pour tout homme. Dans la première lecture du Livre de la Sagesse, que nous avons lue, la vie est entre les mains de Dieu, c’est lui qui décide d’appeler quelqu’un vers lui à travers la mort . Dieu a créé l’homme pour une existence impérissable. Qu’il meurt jeune ou vieux, il trouve « le repos » en Dieu. Par la mort et la résurrection de son fils Jésus-Christ, Dieu a ouvert une brèche, une perspective, une espérance pour tout homme. La mort n’est pas sans issue, elle devient un passage pour la vie, car Jésus, par sa résurrection, a racheté l’homme du pouvoir de la mort.

Et nous partageons cette espérance en la plénitude de la vie après la mort depuis le jour de notre baptême où nous sommes immergés dans la mort du Christ pour ressusciter avec lui.
Nous comprenons ce que dit l’apôtre Paul aux Romains « Si à cause d’un seul homme, par la faute d’un seul, la mort a établi son règne, combien plus, à cause de Jésus-Christ, et de lui seul, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en abondance le don de la grâce qui les rend justes » . Par le baptême, tous ceux qui ont été marqués du signe de la croix, forment une famille et c’est ce que l’on appelle la Communion des Saints. C’est au nom de cette même espérance que les vivants, marqués du signe de la croix, doivent prier pour les défunts, car ils ont tous la promesse de la même plénitude de vie dans le Seigneur.

Vous voyez même que la cérémonie des obsèques est calquée sur le rite baptismal, avec tous les signes : la croix, l’eau, la lumière,….

C’est au nom de notre foi, que nous avons le devoir de prier pour nos défunts, puisque nous formons une même famille. Alors, pour avoir part à cette famille, il faut certes être baptisé, mais il faut surtout « vivre d’amour ». C’est cela rester en tenue de service, la ceinture aux reins et garder la lampe allumée, comme nous le suggère l’évangile de ce jour.

Oui, il y a un intérêt à prier pour les morts, à vénérer les cimetières de nos défunts, puisque nous croyons qu’il y a une vie en Dieu après la mort. Et, c’est notre foi en Jésus-Chris, mort et ressuscité qui nous le permet.

« la vie, disait Pascal, est faite pour chercher Dieu, la mort pour le trouver, l’éternité pour lui appartenir ».

Père Chris GOMA

 2 Novembre 2019