15ème dimanche du Temps Ordinaire 

Père Chris GOMA

Aujourd’hui nous sommes le 15ème dimanche du Temps Ordinaire, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du livre du prophète Isaïe (55, 10-11)
  • Psaume 64, avec comme refrain : « Tu visites la terre et tu l’abreuves Seigneur, tu bénis les semailles  ! »
  • Lecture de la lettre de saint Paul aux Romains (8, 18-23)
  • Évangile de saint Matthieu (13, 1-23)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, un dimanche « d’optimisme formidable » que nous pouvons, nous chrétiens, qualifier d’espérance. Ce dimanche d’espérance que notre mère l’Eglise nous donne à célébrer, malgré les échecs, la semence semée par le Christ dans le monde lèvera ; la première lecture et l’évangile nous en donnent la graine. De plus, même notre monde,  qui passe par des douleurs d’enfantement, va vers un point culminant, la libération, comme exprimé dans la deuxième lecture.

Pourtant, cette souveraine et inévitable réussite du plan de Dieu ne force pas ma liberté. « Serai-je terre aride, sol pierreux, buisson étouffant ou bonne terre pour accueillir le Christ ? » Voilà la question que nous avons sûrement commencé à nous poser en écoutant les lectures d’aujourd’hui.

Biens aimés dans le Seigneur, dans la première lecture le prophète Isaïe parle à un peuple exilé, rongé par le doute et le manque de confiance en Yahvé. Le prophète, celui qui parle au nom de Dieu,  proclame la puissance de Dieu, qui reste aussi vraie, alors que journellement ce peuple conteste cette puissance : « que la pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plait, sans avoir accompli sa mission ». Le rôle du prophète est de parler au nom du Seigneur, au nom de Dieu. C’est cette affirmation que Jésus reprendra dans la parabole du semeur de l’évangile de ce jour. Le grain semé, malgré les premier échecs, finit par porter du fruit au centuple. Faisons nôtre cet acte de foi au milieu de nos craintes et de nos échecs, surtout dans cette période post-confinement de la relance sociale et économique. Les échecs sont certes provisoires, mais Dieu, et c’est ça notre espérance, fera lever la semence envers et contre tout.

Dans l’Evangile de Matthieu, que nous avons lu, nous est relatée la parabole du semeur. C’est la première d’une demi-douzaine et certainement la plus longue aussi. La parabole est un récit inventé de toute pièce, parfois une comparaison dont il faut découvrir le sens caché et le point culminant. Matthieu divise sa parabole en trois parties : la parabole elle-même, l’explication et entre les deux, nous avons une digression sur les raisons de cet enseignement en parabole. 

Pour une meilleure intelligence du texte, nous gardons ensemble la parabole et son interprétation : « Voici que le semeur sortit pour semer. Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger ». Échec total. « D’autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde » :  un début de succès, mais faute de racines, ils ont séché. Echec encore. Une troisième partie est tombée sur un terrain broussailleux, elle lève et semble réussir, mais les ronces ont poussé aussi vite quelles et les ont étouffées : Trois échecs successifs, de quoi nous décourager. Finalement d’autres grains sont tombés enfin dans la bonne terre et ont donné du fruit.

En effet, on reconnait facilement le semeur, dont la semence est mangée par les oiseaux, brulée par le soleil, étouffée par les ronces, ce semeur c’est le Christ lui-même qui vient de subir une série d’échecs. Déjà les pharisiens ont décidé de le faire périr !

Devant tant de déboires, il y a de quoi désespérer. Déjà certains disciples prennent leurs distances face à son enseignement. Jésus, à travers cette parabole, veut réconforter ceux qui restent et à travers eux, il veut affermir notre propre confiance mise à l’épreuve par les échecs répétés : l’abandon de la pratique religieuse, la jeunesse qui déserte nos églises, la masse incroyante, la peur du lendemain laminé par la Covid, les efforts des parents et éducateurs souvent mal compris. Il y a échec, mais le projet d’Amour du Père se réalisera. Et cela, magnifiquement.

Vos efforts ne sont pas vains. Le point culminant de cette parabole est donc dans l’appel à la confiance, à la persévérance. Elle reprend, comme nous l’avons dit déjà, la prophétie de la première lecture d’Isaïe : «… ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat… ». Donc, ne nous résignions pas.

On est surpris, après cette parabole, centrée sur la réussite finale de la mission, d’entendre une explication centrée elle-même sur la bonne disposition de l’auditoire. La parabole était un appel au semeur à semer malgré les difficultés. L’explication devient un appel au « terrain », donc aux foules, à bien accueillir le message. L’accent s’est nettement déplacé !

Pratiquement, nous avons ici deux paraboles et sous les mêmes images se cachent deux appels : L’un au prédicateur, l’autre à l’auditoire. Du fait de notre baptême, Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, nous sommes l’un et l’autre, semeur et terrain, prédicateur et auditoire. Entendons ces deux pointes, suivant les deux appels. Comme semeur, nous sommes appelés à la persévérance, à la confiance et comme terrain ou auditoire. C’est à chacun de méditer pour savoir quel genre de terrain il est : le chemin, le sol pierreux, le buisson étouffant, la bonne terre ? En tout cas : Rien n’est perdu pour Dieu

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA

15ème Dimanche du Temps Ordinaire

Détails

-Le lapin avance en semant des graines sous le regard sceptique du pingouin.

-Dans ce dessin, rien ne pourrait empêcher les graines de pousser sinon l’accueil de la terre elle-même.

 -Il y a aussi un périscope. On ne sait pas trop ce qu’il fait là. C’est l’espérance, dans les milieux les plus glacés, qui regarde dans la direction où va le lapin.

-Le lapin porte une serviette. Sur son épaule (et non pas sur les oreilles qu’il a gelées). C’est la douceur, la chaleur et la force de l’Esprit-Saint. Avec les épaules, on peut porter des choses lourdes, voilà pourquoi quand on fait le signe de la croix, on se signe l’épaule quand on évoque le Saint Esprit.  

-Les graines sont rouges, la serviette est jaune ; les couleurs sont visibles. Ce sont les seules couleurs chaudes du dessin. L’Esprit que Dieu a mis en nous est le seul qui puisse nous faire vivre, comme une source de chaleur dans un milieu gelé.

Questions

-Dans ce dessin, rien ne pourrait empêcher les graines de pousser sinon la terre elle-même. On peut enlever la chaleur du soleil de la parabole, les oiseaux, les ronces… Si la terre n’est pas accueillante, rien ne pousse. Les graines rebondissent car elles sont repoussées par le sol inhospitalier.

-Pour que la grâce de Dieu repose en nous, il faut un minimum déblayer le terrain. Plus on déblaie, plus il y a de la place pour accueillir.

-Qu’est-ce que je vais déblayer cette semaine ?

16ème Dimanche du Temps Ordinaire

PREMIÈRE LECTURE

« Après la faute tu accordes la conversion » (Sg 12, 13.16-19)

Lecture du livre de la Sagesse

Il n’y a pas d’autre dieu que toi,
qui prenne soin de toute chose :
tu montres ainsi que tes jugements ne sont pas injustes.
    Ta force est à l’origine de ta justice,
et ta domination sur toute chose
te permet d’épargner toute chose.
    Tu montres ta force
si l’on ne croit pas à la plénitude de ta puissance,
et ceux qui la bravent sciemment, tu les réprimes.
    Mais toi qui disposes de la force,
tu juges avec indulgence,
tu nous gouvernes avec beaucoup de ménagement,
car tu n’as qu’à vouloir pour exercer ta puissance.
    Par ton exemple tu as enseigné à ton peuple
que le juste doit être humain ;
à tes fils tu as donné une belle espérance :
après la faute tu accordes la conversion.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 85 (86), 5-6, 9ab.10, 15-16ab)

R/ Toi qui es bon et qui pardonnes,
écoute ma prière, Seigneur.
 (cf. Ps 85, 5a.6a)

Toi qui es bon et qui pardonnes,
plein d’amour pour tous ceux qui t’appellent,
écoute ma prière, Seigneur,
entends ma voix qui te supplie.

Toutes les nations, que tu as faites,
viendront se prosterner devant toi,
car tu es grand et tu fais des merveilles,
toi, Dieu, le seul.

Toi, Seigneur, Dieu de tendresse et de pitié,
lent à la colère, plein d’amour et de vérité !
Regarde vers moi,
prends pitié de moi.

DEUXIÈME LECTURE

« L’Esprit lui-même intercède par des gémissements inexprimables » (Rm 8, 26-27)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères,
    l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse,
car nous ne savons pas prier comme il faut.
L’Esprit lui-même intercède pour nous
par des gémissements inexprimables.
    Et Dieu, qui scrute les cœurs,
connaît les intentions de l’Esprit
puisque c’est selon Dieu
que l’Esprit intercède pour les fidèles.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson » (Mt 13, 24-43)

Alléluia. Alléluia. 
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits
les mystères du Royaume !
Alléluia. (cf. Mt 11, 25)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    Jésus proposa cette parabole à la foule :
« Le royaume des Cieux est comparable
à un homme qui a semé du bon grain dans son champ.
    Or, pendant que les gens dormaient,
son ennemi survint ;
il sema de l’ivraie au milieu du blé
et s’en alla.
    Quand la tige poussa et produisit l’épi,
alors l’ivraie apparut aussi.
    Les serviteurs du maître vinrent lui dire :
‘Seigneur, n’est-ce pas du bon grain
que tu as semé dans ton champ ?
D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?’
    Il leur dit :
‘C’est un ennemi qui a fait cela.’
Les serviteurs lui disent :
‘Veux-tu donc que nous allions l’enlever ?’
    Il répond :
‘Non, en enlevant l’ivraie,
vous risquez d’arracher le blé en même temps.
    Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ;
et, au temps de la moisson,
je dirai aux moissonneurs :
Enlevez d’abord l’ivraie,
liez-la en bottes pour la brûler ;
quant au blé, ramassez-le
pour le rentrer dans mon grenier.’ »

    Il leur proposa une autre parabole :
« Le royaume des Cieux est comparable
à une graine de moutarde qu’un homme a prise
et qu’il a semée dans son champ.
    C’est la plus petite de toutes les semences,
mais, quand elle a poussé,
elle dépasse les autres plantes potagères
et devient un arbre,
si bien que les oiseaux du ciel viennent
et font leurs nids dans ses branches. »
    Il leur dit une autre parabole :
« Le royaume des Cieux est comparable
au levain qu’une femme a pris
et qu’elle a enfoui dans trois mesures de farine,
jusqu’à ce que toute la pâte ait levé. »

    Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles,
et il ne leur disait rien sans parabole,
    accomplissant ainsi la parole du prophète :
J’ouvrirai la bouche pour des paraboles,
je publierai ce qui fut caché depuis la fondation du monde
.
    Alors, laissant les foules, il vint à la maison.
Ses disciples s’approchèrent et lui dirent :
« Explique-nous clairement
la parabole de l’ivraie dans le champ. »
    Il leur répondit :
« Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ;
    le champ, c’est le monde ;
le bon grain, ce sont les fils du Royaume ;
l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais.
    L’ennemi qui l’a semée, c’est le diable ;
la moisson, c’est la fin du monde ;
les moissonneurs, ce sont les anges.
    De même que l’on enlève l’ivraie
pour la jeter au feu,
ainsi en sera-t-il à la fin du monde.
    Le Fils de l’homme enverra ses anges,
et ils enlèveront de son Royaume
toutes les causes de chute
et ceux qui font le mal ;
    ils les jetteront dans la fournaise :
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.
    Alors les justes resplendiront comme le soleil
dans le royaume de leur Père.

Celui qui a des oreilles,
qu’il entende ! »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

OU LECTURE BREVE

ÉVANGILE

« Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson » (Mt 13, 24-30)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    Jésus proposa cette parabole à la foule :
« Le royaume des Cieux est comparable
à un homme qui a semé du bon grain dans son champ.
    Or, pendant que les gens dormaient,
son ennemi survint ;
il sema de l’ivraie au milieu du blé
et s’en alla.
    Quand la tige poussa et produisit l’épi,
alors l’ivraie apparut aussi.
    Les serviteurs du maître vinrent lui dire :
‘Seigneur, n’est-ce pas du bon grain
que tu as semé dans ton champ ?
D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?’
    Il leur dit :
‘C’est un ennemi qui a fait cela.’
Les serviteurs lui disent :
‘Veux-tu donc que nous allions l’enlever ?’
    Il répond :
‘Non, en enlevant l’ivraie,
vous risquez d’arracher le blé en même temps.
    Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ;
et, au temps de la moisson,
je dirai aux moissonneurs :
Enlevez d’abord l’ivraie,
liez-la en bottes pour la brûler ;
quant au blé, ramassez-le
pour le rentrer dans mon grenier.’ »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

14ème dimanche du Temps Ordinaire 

HOMELIE DU 5 JUILLET  2020

Père Chris GOMA

Aujourd’hui nous sommes le 14ème dimanche du Temps Ordinaire, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du livre du prophète Zacharie (9. 0-10)
  • Psaume 144, avec comme refrain : « Mon Dieu, mon Roi, je bénirai ton nom toujours et à jamais ! »
  • Lecture de la lettre de saint Paul aux Romains (8, 9.11-13)
  • Évangile de saint Matthieu (11, 25-30)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur : Salutations fraternelles à vous tous en vous souhaitant un dimanche plein de joie et de paix, en vivant pleinement ce que va nous donner à méditer la Parole de Dieu de ce quatorzième dimanche du Temps Ordinaire. Portons notre regard vers le Messie-Roi que nous présente les textes de la liturgie de ce jour. Celui-ci est bien différent de Celui qu’attendaient les contemporains de Jésus.

Dans la première lecture déjà, le prophète de Dieu l’annonce comme doux et humble, pacificateur. Zacharie s’adresse à la fille de Sion, la fille de Jérusalem. Ce peuple harcelé par les chars, les chevaux, les combats, les guerres interminables, peut-être lors de campagnes d’Alexandre le Grand. Il parle à un peuple qui aspire à la paix. Et comme un messager, il vient proclamer une joyeuse nouvelle : « Exulte de toute tes forces…… Pousse des cris de joie….. ». Il annonce un Roi, descendant de David, ce roi n’est pas un roi dictateur et guerrier qui serait monté sur un cheval de bataille, mais bien plus un Roi humble, chevauchant une monture pacifique : un âne inoffensif et tout jeune. Ce Roi brisera l’arc de guerre et proclamera la paix. Il supprimera l’antagonisme entre Éphraïm (royaume du Nord) et Jérusalem. Sa royauté sera universelle.

Comment, Bienaimés dans le Seigneur ne pas y voir le Christ-Roi dont la royauté n’est pas de ce monde (Jn 18,36). Ce Roi doux et humble de cœur relaté dans l’évangile. En effet, dans l’évangile de Matthieu, Jésus révèle son identité. Il se révèle un Fils de Dieu, qui dialogue avec son Père, qui ose appeler son Père : Père, dans une prière de louange où il s’émerveille : « … ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits… ». Le thème « petits », la petitesse, est un thème majeur dans la bible, rappelons-nous le Magnificat : « Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles ». Serait-ce le procès des intelligents ? Non ! c’est bien celui de la suffisance. Jésus met à l’indexe les pharisiens qui étaient fiers de leur savoir religieux et traitaient les petites gens avec mépris, les qualifiaient d’ignorants, inaptes à observer la Thorah, la loi du temple.

La question à se poser est : « Est-ce que, dans notre Communauté d’aujourd’hui, ne subsiste-t-il pas des pharisiens orgueilleux et suffisants qui font peser des lourds fardeaux aux autres en s’abritant dans une religion de façade ? ».

Dieu se révèle aux petits, aux humbles, non pas parce qu’ils sont moins intelligents, mais parce qu’ils sont, ordinairement, disposés à l’accueil de Dieu. Ici, le mot « petits » a un sens particulier, le petit connaît la grandeur de Dieu et sa propre petitesse, c’est l’humble, le petit se reconnaît sans mérite. Il ne se vante pas.

Dans cet évangile, le Christ poursuit en s’adressant justement aux petits : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos. », le repos que Jésus veut procurer est la liberté des enfants de Dieu qui débouche toujours sur la joie.

Dans une société où la religion était en faveur des pharisiens, elle avait de l’emprise sur la plupart des gens qu’il a fréquenté, il y a deux griefs que Jésus faisait aux pharisiens, c’est d’être orgueilleux de leur connaissance de la Parole de Dieu et d’être hypocrites, c’est-à-dire de faire peser des lois sur les autres, qu’eux-mêmes ne suivent pas. C’est pourquoi nous pouvons nous demander s’il n’y a pas dans nos communautés actuelles la résurgence de cette façon d’être, d’un pharisianisme en plein essor ? 

  • Ne suivez plus les pharisiens, dit Jésus  : « ils lient de pesants fardeaux et les mettent sur les épaules des hommes, alors qu’eux-mêmes se refusent à les remuer d’un doigt ».(Mt 23,4). « Devenez mes disciples, car Jésus est doux et humble de cœur », « …Il ne brisera pas le roseau froissé, il n’éteindra pas la mèche qui fume encore… » (Mt 12,20).
  • « Prenez sur vous mon joug », dit Jésus, « Il est facile à porter ». Par-là, le Christ ne se révèle pas laxiste, au contraire, il est plus exigeant que les pharisiens qui n’interrogeaient que la façade et les apparences. 

Le Christ interpelle le cœur, mais cette exigence est une exigence d’amour, elle n’écrase jamais personne. Et quand on aime on oublie le poids. Quelle libération ! Jésus vient donc nous libérer du poids de la religion, des interdits et des observances. Et comment entrer dans cette voie de libération, de l’intelligence de son identité, si nous ne sommes pas conduits par l’Esprit Saint ?

C’est l’intuition de la deuxième lecture de l’apôtre Paul aux Romains. Pour Paul certains mots n’ont pas la même signification que ceux de nos dictionnaires. Par exemple :

  • lorsque Paul parle de corps, il suppose l’homme dans son intégralité,
  • la chair est différente de ce qui est relatif au côté sexuel que nous connaissons : la chair signifie, chez lui, l’homme séparé de Dieu
  • L’Esprit opposé à la matière, veut dire l’homme uni à Dieu

Chez Paul transitent alors deux mondes : la chair et l’Esprit en lutte perpétuelle. Paul nous invite à être animés par l’Esprit. Ce n’est que dans cette mesure que nous comprendrons la vraie nature du Christ. Un Dieu Doux et Humble.

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA

HOMELIE DU 21 JUIN 2020

12ème dimanche du Temps Ordinaire 

Aujourd’hui nous sommes le 12ème dimanche du Temps Ordinaire, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du Livre du prophète Jérémie (20, 10-13)
  • Psaume 68, avec comme refrain : « Dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi ! »
  • Lecture de la première lettre de saint Paul aux Romains (5, 12-15)
  • Évangile de saint Matthieu (10, 26-33)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur.  Le thème central qui traverse les lectures et la méditation de ce douzième dimanche du Temps Ordinaire est : « N’ayez pas peur », appel à l’espérance, appel au courage prophétique.

Permettez-moi de vous remercier tous, car votre présence en ces lieux et par les temps qui courent, en est la fidèle expression.

Oui, Peuple de Dieu, notre univers traverse des moments durs. La Covid19, avec son corollaire de maux : morts, crise économique, peur de la contagion et angoisse du lendemain, le tout relayé par les sirènes d’une presse à catastrophe qui instrumentalise les peurs, les doutes et les angoisses.

Si nous sommes ici, c’est pour manifester notre adhésion à cet appel du Seigneur.

« N’ayez pas peur », même Jésus, qui nous rassemble aujourd’hui avait vécu dans cette dynamique. Il était déjà au cœur des conflits, mais lui qui est le Fils de Dieu nait dans des conditions précaires, dans une mangeoire. L’annonciation, la présentation aux Temples, étaient parsemées de conflits. Mais partout on a fait prévaloir le droit de Dieu. Jésus a montré dans sa vie cette audace prophétique. Il a pris position devant le pouvoir politique et religieux de son temps. Il a même utilisé l’extrême, la violence, la chicotte, tout cela pour faire régner le droit de Dieu, ce que les théologiens ont appelé une sainte colère.

Jésus a donc vécu le courage prophétique dans la juste ligne des prophètes. Comme Jérémie, dans la première lecture, le prophète de Dieu est pourchassé est persécuté par son entourage. Il est incompris les termes sont durs : « Dénoncez-le, allons le dénoncer…. ». Mais devant l’épreuve, le prophète de Dieu tient le fondement de son ministère, de sa mission dans la confiance de Dieu qu’il nomme le : « Guerrier redoutable », c’est-à-dire celui qui combat pour Dieu.

C’est Saint-Paul dans l’épître aux romains qui pointe finalement l’origine du conflit. C’est le péché, le péché qui a pour seul but de contrecarrer la volonté et le droit de Dieu. Paul affirme que la grâce de Jésus a surabondé sur le péché et le mal.

« N’ayez pas peur » « Ne craignez pas ce qui tue le corps ». Aujourd’hui, l’Eglise, notre monde compte sur votre courage prophétique. Si vous n’aviez pas osé la vie se serait arrêtée. Nous savons combien le temps du confinement a été, douloureux en raison du sevrage eucharistique. Aujourd’hui, ce qui tue le corps c’est la maladie, la souffrance, la peur, la décadence socio-économique. On a tellement peur que nous démissionnions dans le témoignage. Le témoignage s’affadit, il nous faut dans la lignée des prophètes, de dire que la vie encore possible, avec ou sans la covid19. Notre foi ne peut pas être mise en berne.

Aujourd’hui plus que jamais, la dimension du témoignage doit rayonner contre vents et marrées. Nous avons entendu dans l’évangile : « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux ». Nous sommes invités à dire la vérité dans un monde parsemé de contrevérités, à dénoncer le mal qui immobilise notre société, et nous-mêmes avons besoin de défier le mal, pour proposer des chemins d’amour. Défier le mal, passe avant tout, de nos jours, par briser les verrous de la peur, la peur d’être contaminé, la peur de reprendre la vie ordinaire alors que la covid19 n’a pas dit son dernier mot, la peur du statu quo et de l’immobilisme qui nous ont fiévreusement bercés au temps du confinement. Nous, chrétiens, sommes des Pèlerins de l’Espérance. Le Seigneur, dans son évangile, nous rassure de son soutien : « Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez plus que des moineaux ».

Chers Frères et Sœurs, pionniers de la reprise de nos églises, votre témoignage et votre présence, ici et maintenant, a quelque chose à nous dire, à dire à ce monde qui se meurt par la crise de l’espérance. La covi19 a exacerbé les peurs et les angoisses du lendemain, nous avons besoin d’en être exorcisés.

Soyez les « Jérémie des temps modernes »

qui vous accrochez à Dieu,

qui allez à contre-courant de l’ère du temps.

« Ne craignez pas »

Oui, je le sais. Oui je le vois, à travers vous,

à travers votre engagement

à travers votre courage prophétique

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA

13ème Dimanche du Temps Ordinaire

PREMIÈRE LECTURE

« Celui qui s’arrête chez nous est un saint homme de Dieu » (2 R 4, 8-11.14-16a)

Lecture du deuxième livre des Rois

Un jour, le prophète Élisée passait à Sunam ;
une femme riche de ce pays
insista pour qu’il vienne manger chez elle.
Depuis, chaque fois qu’il passait par là,
il allait manger chez elle.
    Elle dit à son mari :
« Écoute, je sais que celui qui s’arrête toujours chez nous
est un saint homme de Dieu.
    Faisons-lui une petite chambre sur la terrasse ;
nous y mettrons un lit, une table, un siège et une lampe,
et quand il viendra chez nous, il pourra s’y retirer. »

    Le jour où il revint,
il se retira dans cette chambre pour y coucher.
    Puis il dit à son serviteur :
« Que peut-on faire pour cette femme ? »
Le serviteur répondit :
« Hélas, elle n’a pas de fils,
et son mari est âgé. »
    Élisée lui dit :
« Appelle-la. »
Le serviteur l’appela et elle se présenta à la porte.
    Élisée lui dit :
« À cette même époque,
au temps fixé pour la naissance,
tu tiendras un fils dans tes bras. »

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 88 (89), 2-3, 16-17, 18-19)

R/ Ton amour, Seigneur,
sans fin je le chante !
 (Ps 88, 2a)

L’amour du Seigneur, sans fin je le chante ;
ta fidélité, je l’annonce d’âge en âge.
Je le dis : C’est un amour bâti pour toujours ;
ta fidélité est plus stable que les cieux.

Heureux le peuple qui connaît l’ovation !
Seigneur, il marche à la lumière de ta face ;
tout le jour, à ton nom il danse de joie,
fier de ton juste pouvoir.

Tu es sa force éclatante ;
ta grâce accroît notre vigueur.
Oui, notre roi est au Seigneur ;
notre bouclier, au Dieu saint d’Israël.

DEUXIÈME LECTURE

Unis, par le baptême, à la mort et à la résurrection du Christ (Rm 6, 3-4.8-11)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères,
    ne le savez-vous pas ?
Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus,
c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême.
    Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort,
nous avons été mis au tombeau avec lui,
c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi,
comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père,
est ressuscité d’entre les morts.

    Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ,
nous croyons que nous vivrons aussi avec lui.
    Nous le savons en effet :
ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ;
la mort n’a plus de pouvoir sur lui.
    Car lui qui est mort,
c’est au péché qu’il est mort une fois pour toutes ;
lui qui est vivant,
c’est pour Dieu qu’il est vivant.
    De même, vous aussi,
pensez que vous êtes morts au péché,
mais vivants pour Dieu en Jésus Christ.

   – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Celui qui ne prend pas sa croix n’est pas digne de moi. Qui vous accueille m’accueille » (Mt 10, 37-42)

Alléluia. Alléluia. 
Descendance choisie, sacerdoce royal, nation sainte,
annoncez les merveilles de Celui qui vous a appelés
des ténèbres à son admirable lumière.
Alléluia. (cf. 1 P 2, 9)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses Apôtres :
    « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi
n’est pas digne de moi ;
celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi
n’est pas digne de moi ;
    celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas
n’est pas digne de moi.
    Qui a trouvé sa vie
la perdra ;
qui a perdu sa vie à cause de moi
la gardera.
    Qui vous accueille
m’accueille ;
et qui m’accueille
accueille Celui qui m’a envoyé.
    Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète
recevra une récompense de prophète ;
qui accueille un homme juste en sa qualité de juste
recevra une récompense de juste.
    Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche,
à l’un de ces petits en sa qualité de disciple,
amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Solennité du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ

Aujourd’hui nous sommes le dimanche du Saint-Sacrement, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du Livre du Deutéronome (8, 2-14b-16a)
  • Psaume 147, avec comme refrain : « Glorifie le Seigneur, Jérusalem ! »
  • Lecture de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens (10, 16-17)
  • Séquence
  • Évangile de saint Jean (6, 51-58)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur. Aujourd’hui l’Eglise Universelle célèbre la solennité du Saint-Sacrement, le Corps et le sang de Jésus Christ. Cette fête qui jadis était appelée la Fête Dieu, a pour but essentiel de mettre en exergue ce que les chrétiens et les catholiques en particulier ont de plus cher. Notre Dieu, réellement présent, vivant et agissant dans les espèces du pain et du vin consacré. En ce temps de confinement que nous venons de vivre, ce temps nous a permis d’ aiguiser en nous l’appétit de ce sacrement puisque nous en avons été sevrés.

En méditant les textes soumis à notre méditation, nous épinglons trois pistes de réflexions :

  1. L’Eucharistie : mémorial des bienfaits de notre Dieu.
  2. L’Eucharistie : Pain de l’unité et de communion
  3. L’Eucharistie : Pain sacré, nourriture puissante et indispensable.

Passons en revue les trois points précités :

  1. L’Eucharistie : mémorial des bienfaits de notre Dieu.

Ce que nous célébrons aujourd’hui est avant tout un mémorial, un souvenir vivant de l’œuvre de notre Salut que nous actualisons à chaque messe, conformément à cette recommandation de Jésus Christ : « faites ceci en mémoire de moi » et providentiellement, la première lecture débute par ces mots : « …souviens-toi ». Cette lecture du Deutéronome rappelle que Dieu a accompagné son peuple au désert, l’a abreuvé de l’eau du rocher, l’a rassasié d’un pain inconnu qu’ils nommèrent « Manne ». Cette Manne préfigurait déjà l’Eucharistie, ce pain de vie dont Jésus rappelle la nécessité pour nous dans l’Evangile. Il faut noter que lorsque le deutéronome a été rédigé, les hébreux avaient depuis longtemps quitté le désert et s’étaient établis en Palestine. Avec la stabilité et la prospérité accordées par le Seigneur, le peuple commençait à oublier tout ce que Dieu avait fait pour lui. C’est pourquoi le Seigneur, par l’entremise de Moïse lui rappelle ceci : « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert… N’oublie pas le Seigneur ton Dieu … lui qui, dans le désert t’a donné la manne » (Dt 8, 2-15).

Ce texte, aujourd’hui nous rappelle qu’un regard sur notre passé nous aide à reconnaître la présence de Dieu dans nos vies et nous permet d’envisager l’avenir avec confiance. L’Eucharistie, du grec « eukharistía » est une action de grâce, que nous faisons pour le don généreux de la vie de notre Dieu. Elle contient toutes les bontés du monde, puisqu’elle contient le Christ « si vous ne mangez pas le corps du fils de l’homme, vous n’aurez pas la vie en vous ».

  1. L’Eucharistie : Pain de l’unité et de communion

C’est dans l’enseignement que Saint-Paul dans la deuxième lecture de ce jour que nous voyons cela : « … la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain ». Il y a un lien, une corrélation entre ce que nous célébrons et ce que nous sommes. L’Eucharistie est le sacrement de la Communion. Elle pousse à l’intimité avec Dieu : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui » et elle nous invite à la charité fraternelle. De ce fait, ceux qui ne sont pas capables de communion ne devraient pas communier à ce repas. Ceux qui ne sont pas prêts à pardonner ne devraient normalement pas s’approcher de ce pain d’amour, d’unité et de sacrifice. Et, comme nous l’enseigne Paul, chacun de nous devrait s’examiner lui-même avant de manger de ce pain et de boire à cette coupe, car celui qui communie indignement au Corps et au Sang du Christ « mange et boit à sa propre condamnation » (1Co 11,28-29).

  1. L’Eucharistie : Pain sacré, nourriture puissante et indispensable

Dans l’Evangile de ce jour, Jésus nous rappelle que sans l’Eucharistie, nous ne pouvons pas avoir la Vie en nous : « Amen, amen, je vous le dis, si vous ne mangez pas la chair du Fils de l‘homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous-même » 5Jn 6,53).

Il est dommageable de voir encore aujourd’hui beaucoup de chrétiens catholiques se priver de ce repas vital pour des raisons purement égoïstes et parfois fantaisistes. Car, comme nous l’enseigne le catéchisme de l’Église Catholique (CEC), dans le Très Saint Sacrement de l’Eucharistie sont contenus vraiment, réellement et substantiellement le Corps et le Sang, conjointement avec l’âme et la divinité de Jésus Christ. 

Dans l’Eucharistie, nous avons ce même Jésus, comme jadis sur les routes de la Galilée, celui qui passait en faisant le bien. C’est le même qui a guéri les malades, le même qui a multiplié les pains, le même qui est ressuscité des morts.

Ainsi, quand nous venons à la messe, sommes-nous réellement conscients que nous venons rencontrer Dieu lui-même, Celui qui peut combler toutes nos faims ?

Pour conclure, la Fête Dieu, invite chacun de nous à faire un examen de conscience sur la place qu’occupe l’Eucharistie dans sa vie. Si elle est réellement le pain de notre vie, comme le souligne Jésus dans l’Evangile de ce jour, l’Eucharistie, alors, devrait rythmer toute notre vie. L’Eucharistie devrait se prolonger à travers l’adoration eucharistique que peu de chrétiens fréquentent malheureusement. Dieu est parmi nous et il désire nous rencontrer, mais nous l’enfermons souvent dans les tabernacles, prisonnier de son amour pour vaquer à nos occupations fussent-elles sublimes.

De plus, le mois de juin est traditionnellement retenu comme le mois du Sacré-Cœur et mois par excellence de la dévotion eucharistique.

Profitons donc de ce mois pour réactiver et enrichir davantage notre dévotion eucharistique :

« HEUREUX LES INVITES AUX REPAS DU SEIGNEUR »

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA

12ème Dimanche du Temps Ordinaire

PREMIÈRE LECTURE

« Il a délivré le malheureux de la main des méchants » (Jr 20, 10-13)

Lecture du livre du prophète Jérémie

Moi Jérémie,
    j’entends les calomnies de la foule :
« Dénoncez-le ! Allons le dénoncer,
celui-là, l’Épouvante-de-tous-côtés. »
Tous mes amis guettent mes faux pas, ils disent :
« Peut-être se laissera-t-il séduire…
Nous réussirons,
et nous prendrons sur lui notre revanche ! »
    Mais le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable :
mes persécuteurs trébucheront, ils ne réussiront pas.
Leur défaite les couvrira de honte,
d’une confusion éternelle, inoubliable.

    Seigneur de l’univers, toi qui scrutes l’homme juste,
toi qui vois les reins et les cœurs,
fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras,
car c’est à toi que j’ai remis ma cause.

    Chantez le Seigneur, louez le Seigneur :
il a délivré le malheureux de la main des méchants.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 68 (69), 8-10, 14.17, 33-35)

R/ Dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi. (Ps 68, 14c)

C’est pour toi que j’endure l’insulte,
que la honte me couvre le visage :
je suis un étranger pour mes frères,
un inconnu pour les fils de ma mère.
L’amour de ta maison m’a perdu ;
on t’insulte, et l’insulte retombe sur moi.

Et moi, je te prie, Seigneur :
c’est l’heure de ta grâce ;
dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi,
par ta vérité sauve-moi.
Réponds-moi, Seigneur,
     car il est bon, ton amour ;
dans ta grande tendresse, regarde-moi.

Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête :
« Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! »
Car le Seigneur écoute les humbles,
il n’oublie pas les siens emprisonnés.
Que le ciel et la terre le célèbrent,
les mers et tout leur peuplement !

DEUXIÈME LECTURE

« Le don gratuit de Dieu et la faute n’ont pas la même mesure » (Rm 5, 12-15)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères,
    nous savons que par un seul homme,
le péché est entré dans le monde,
et que par le péché est venue la mort ;
et ainsi, la mort est passée en tous les hommes,
étant donné que tous ont péché.
    Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde,
mais le péché ne peut être imputé à personne
tant qu’il n’y a pas de loi.
    Pourtant, depuis Adam jusqu’à Moïse,
la mort a établi son règne,
même sur ceux qui n’avaient pas péché
par une transgression semblable à celle d’Adam.
Or, Adam préfigure celui qui devait venir.

    Mais il n’en va pas du don gratuit comme de la faute.
En effet, si la mort a frappé la multitude
par la faute d’un seul,
combien plus la grâce de Dieu
s’est-elle répandue en abondance sur la multitude,
cette grâce qui est donnée en un seul homme,
Jésus Christ.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps » (Mt 10, 26-33)

Alléluia. Alléluia. 
L’Esprit de vérité 
rendra témoignage en ma faveur, dit le Seigneur.
Et vous aussi, vous allez rendre témoignage.
Alléluia. (cf. Jn 15, 26b-27a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
Jésus disait à ses Apôtres :
    « Ne craignez pas les hommes ;
rien n’est voilé qui ne sera dévoilé,
rien n’est caché qui ne sera connu.
    Ce que je vous dis dans les ténèbres,
dites-le en pleine lumière ;
ce que vous entendez au creux de l’oreille,
proclamez-le sur les toits.
    Ne craignez pas ceux qui tuent le corps
sans pouvoir tuer l’âme ;
craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne
l’âme aussi bien que le corps.
    Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ?
Or, pas un seul ne tombe à terre
sans que votre Père le veuille.
    Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
    Soyez donc sans crainte :
vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux.
    Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes,
moi aussi je me déclarerai pour lui
devant mon Père qui est aux cieux.
    Mais celui qui me reniera devant les hommes,
moi aussi je le renierai
devant mon Père qui est aux cieux. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

12ème Dimanche du Temps Ordinaire

Détails
-Le lapin vaut effectivement plus car il est à la première place du podium.
-Si on regarde bien, la tête des aigles dépasse quand même celle du lapin. Dans la logique de Dieu, c’est souvent ce qui est en-dessous, qui est petit, faible, pauvre ou caché, qui vaut plus que le reste.
Questions
– Le mot hébreu tsippôr désigne de façon générale les petits oiseaux (voir ce mot). Il est traduit par moineau ou passereau. Cet oiseau est fidèle à son nid construit sans doute sur le mur du Temple. On en vend deux pour un sou. Mais cet oiseau est aussi effronté, piaillard, querelleur… et dans ce cas, l’être humain peut lui ressembler. Mais même dans ce cas, il ne passe pas inaperçu aux yeux de Dieu qui s’intéresse à eux. Certaines personnes ont beaucoup de défauts apparents et il y a beaucoup de personnes qui ne les supportent pas. Dieu, lui, les regarde avec intérêt.
–Quelles sont les personnes qui me sont difficiles à supporter ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui m’aide à les traiter avec humanité ?