Editorial du Père Jean Eudes NGENDAKUMANA, 04 septembre 2016, 23° Dimanche du Temps Ordinaire, Année C

Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ? (Sg 9, 13-18)
Dans la prière du Pater Noster (Notre Père), nous disons chaque fois : « fiat voluntas tua sicut in caelo et in terra » (Que ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel). C’est quelle volonté ? Et sur quelle terre ?
L’auteur du livre de de la Sagesse de ce 23ème Dimanche ne mâche pas les mots pour parler de notre condition mortelle : « Les réflexions des mortels sont incertaines, et nos pensées, instables ; car un corps périssable appesantit notre âme, et cette enveloppe d’argile alourdit notre esprit aux mille pensées. » Et pourtant, Dieu a voulu l’homme un peu moindre que Lui, le couronnant de tout honneur et de toute puissance (Ps8). Le revers de cette médaille c’est que l’homme, dans sa liberté, peut s’en servir pour son autodestruction physique et/ou spirituelle. Et bonjour les dégâts, le dégoût et le découragement ! Jésus nous invite à préférer son Dieu immortel, pour éviter que notre condition mortelle ne bascule au désespoir avec ses corollaires : abattement, anéantissement, accablement, lassitude, … C’est pour insister quand il nous dit encore : « Celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple. Jésus nous répète d’une autre façon l’enseignement sur les béatitudes : « Bienheureux les pauvres en esprit, car le Royaume des cieux est à eux. » (Mt 5,3). Attention au feu rouge ici ! Il n’y a aucun mérite à être pauvre. La pauvreté ne garantit pas la spiritualité, non plus le salut ! Ce que Jésus enseigne, par contre, c’est de ne pas se fier à ses richesses. Quelle est la volonté de Dieu sur ma richesse aujourd’hui ? Par richesse entendons tout ce qui est matérialité, beauté et décor y compris.
Par rapport à ce qui est matérialité, suis-je au-dessus ou au-dessous, dominant ou dominé ?

Editorial du Père Jean Eudes NGENDAKUMANA, 28 août 2016, 22° Dimanche du Temps Ordinaire, Année C

Les lectures de ce Dimanche sont vraiment faciles à comprendre, deux mots seulement pour tout résumer  : abaisser et élever.

Voyez-moi comme c’est simple à retenir.
1ère lecture  : « Il faut t’abaisser  : tu trouveras grâce devant le Seigneur » (Si 3,  17-18.20.28-29).
Refrain du Psaume : Béni soit le Seigneur  : il élève les humbles (Ps 67 (68),  4-5ac,  6-7ab,  10-11).
2ème lecture  : « Vous êtes venus vers la montagne de Sion et vers la ville du Dieu vivant » (He 12,  18-19.22-24a.
Evangile :  « Quiconque s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé » (Lc 14,  1.7-14)

Jésus nous donne en effet ce conseil plein de sagesse dans l’évangile de ce Dimanche  : «  Quand quelqu’un t’invite à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi. Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendra te dire  :  «  Cède-lui ta place  »  ; et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place.   Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira  : «  Mon ami, avance plus haut  », et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi.
En effet, quiconque s’élève sera abaissé  ; qui s’abaisse sera élevé.  »

Nous sommes invités aux noces de l’Agneau au Ciel, mais ça se vit déjà sur terre. Jésus nous a dit, ailleurs, dans les saintes écritures  : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé (Jn 15, 9-17) en aimant l’autre comme nous nous aimons. Sachant que nous sommes faibles et que nous n’arrivons pas à correspondre à ce que nous dit Jésus en matière d’amour désintéressé, nous devrions commencer chaque conversation en reconnaissant que nous sommes P.P.P (petits-pauvres-pécheurs).
Comme ça, nous nous éviterons d’envier les places des autres pour éviter le désagrément d’entendre chuchoter gentiment dans nos oreilles  : «  mon ami, cède la place à l’autre  », et plutôt attendre respectueusement nous entendre dire  : «  mon ami, avance plus haut  ».
Si telle est la condition de salut, qui sera sauvé  ?
Qui ne veut pas doubler les autres et rouler dans sa priorité  ?

Editorial du Père Jean Eudes NGENDAKUMANA, 21 août 2016, 21° dimanche du Temps Ordinaire, Année C

Je ne sais pas d’où vous êtes  !
Et pourtant nous avons mangé et bu en ta présence  !
Eloignez-vous de moi vous qui commettez l’injustice  !
On dirait que Jésus n’est pas gentil aujourd’hui  !
C’est un dialogue non agréable à écouter, et pourtant c’est notre dossier à l’entrée dans le Royaume des cieux tant attendu.
Dieu nous aime tellement qu’il veut nous voir tous dans sa gloire.
Veuillez faire réservation de la place auprès du fournisseur agréé qui s’appelle charité.
Et là encore, faites attention à l’actualisation journalière de cette réservation auprès d’un certain Mathieu 25, 40 (tout ce que vous avez fait à l’un de ces plus petit, c’est à moi que vous l’avez fait).
Lorsque le maître de maison se sera levé pour fermer la porte, il y a des premiers qui seront derniers et des derniers qui seront premiers  ! Effectivement qui n’avance pas, recule.

Avancer dans la foi, c’est pratiquer la charité, écouter Jésus qui nous parle à travers divers événements de la vie, mêmes dans des circonstances malheureuses, Jésus nous parle et nous invite à la conversion.
De fait, devant la barre de vérité, au jour du jugement qui se prépare au quotidien, il ne sera plus question de dire « et pourtant nous avons mangé et bu en ta présence ». Changez vos cœurs et croyez à la bonne nouvelle, soignons la vie fraternelle sans condition.  Saint Paul nous dit  : Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit (1Co 13,1).
Le puissant logiciel pour la mise à jour de la foi et la charité c’est l’humilité. Est-ce que ça me manque encore  ?

Editorial du Père Jean Eudes NGENDAKUMANA, 14 août 2016, 20° Dimanche du Temps Ordinaire? Année C

 Jésus apporte-t-il la guerre ou la paix ?
Si oui, pourquoi et comment ? Si non, pourquoi et comment ?
En effet, nous lisons dans Lc 12, 49-53 :« Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Je suis venu apporter le feu sur la terre, car désormais, cinq personnes de la même famille seront divisées ».
Après une méditation, prenant appui sur mon expérience personnelle, restant à l’écoute du Saint Esprit de Dieu, voici ma réponse à ces deux questions. Jésus est venu apporté la guerre de la guerre = la paix.
De fait, même en mathématique, deux négations donnent un résultat positif
(-) × (-) = (+). Et c’est le résultat qui compte.
Néanmoins, cette équation n’explique pas tout chez Jésus.
Jésus est venu apporter la haine de la haine = amour, longanimité, charité, entraide, compréhension.
Il est venu apporter la violence de la violence = tolérance, miséricorde, patience, réconciliation (à toi de jouer !).
Suivre le Christ, être son disciple, c’est opérer un choix, or choisir c’est séparer, scinder, fractionner, trier. Avec ce choix radical de suivre Jésus-Christ, avec ce choix de vivre dans le monde sans être du monde, c’est l’incendie dans le cœur jusqu’à la déchirure des tissus sociaux ; chacun a pour ennemi les gens de sa maison. Par contre, le chrétien doit aimer tout le monde, comme Dieu nous aime tous sans attendre que nous l’aimions. C’est le feu d’amour qui nous conduit au martyr ou à la mort comme Jésus.
Jésus nous dit chaque jour :
la paix soit avec vous. Son nom est la paix et nom la guerre.
Que Marie Mère de Dieu nous aide à comprendre qui est son Fils
et à opérer un choix radical, Amen.

Editorial du Père Jean Eudes Ngendakumana, 7 août 2016, 19° Dimanche du Temps Ordinaire, Année C

Dans la Messe, après l’homélie, le prêtre invite l’assemblée à la profession de la foi :
« proclamons notre foi : je confesse à Dieu Tout Puissant, …  ».
T’arrive-t-il de te poser la question de savoir ce qu’est la foi et en quoi est-elle nécessaire  ?
« La foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas » (He 11,1).
Mais, n’est-ce pas là une obscure-clarté ou un mot vide de sens pratique  ?
L’épître aux hébreux nous présente Abraham dans toutes ses démarches comme modèle de la foi.
Grâce à la foi, Abraham obéit à l’appel de Dieu  ;
grâce à la foi, il vint séjourner en immigré dans la Terre promise, comme en terre étrangère  ;
grâce à la foi, Sara, elle aussi, malgré son âge, fut rendue capable d’être à l’origine d’une descendance parce qu’elle croyait que Dieu est fidèle à ses promesses  ; grâce à la foi, Abraham offrit Isaac en sacrifice.
Il croyait en effet que Dieu est capable même de ressusciter les morts.
Par ailleurs, le Seigneur Jésus Christ nous invite à garder la foi, à veiller en attendant son retour (Lc 12, 32-40).
Restez en tenue de service, gardez vos lampes allumées.
Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller.
C’est la foi qui nous aide à rester en attente et à bien apprécier ce qui est important pour nous dans notre vie, car,
là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur, nous dit Jésus-Christ (Mt 6, 21).
La joie est un signe positif qui ne trompe pas dans ce discernement spirituel comme nous le trouvons dans «la joie de l’évangile»

Père Jean Eudes Ngendakumana, Prêtre remplaçant du Père Yves Maurice ZAMBO

François (Pape), Evangelii Gaudium, la joie de l’évangile, Rome, 24 novembre 2013, en ligne sur : http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html.

Message de Mgr RICARD suite à l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray

Message aux communautés catholiques de Gironde

Ce mardi 26 juillet le P. HAMEL du diocèse de Rouen a été sauvagement assassiné en célébrant la messe ;  deux religieuses et deux laïcs ont été agressés avec violence ; l’un des otages est encore entre la vie et le mort.  Avec Mgr. Dominique LEBRUN « nous crions vers Dieu avec tous les hommes de bonne volonté. »

J’invite toutes les communautés du diocèse à se rassembler dans la prière au cours des messes qui seront célébrées dans les jours qui viennent et particulièrement dimanche prochain pour exprimer à Dieu notre détresse et notre prière pour que l’amour l’emporte sur la haine.

Répondons à l’appel de Mgr. Georges Pontier : « J’invite tous les Catholiques de France à une journée de jeûne et de prière pour notre pays et pour la paix dans le monde ce vendredi 29 Juillet. »

En communion avec Cracovie, des chemins de croix pourraient être organisés ce même jour ou suivi sur KTO en direct à 18h. 

En ces jours où la jeunesse du monde est rassemblée autour du pape François, invitons à la réconciliation à temps et à contretemps. Devant les tentations de la peur et de la vengeance demandons au Seigneur l’audace des artisans de paix. Agissons dans la vigilance et le sans froid, refusons tout amalgame et toute velléité de guerre de religions. L’amour seul peut vaincre la haine. Ne cédons pas au piège. Cela ne serait conforme ni à l’Évangile ni à l’idéal républicain. Demandons à Dieu la grâce de la confiance et le courage pour vivre et affronter des temps difficiles.

Que soient remerciés tous ceux et celles qui nous manifestent leur sympathie en particulier la communauté protestante unie de Bordeaux et les communautés Bouddhiste et musulmane.

Laissons nous inspirer par la prière de l’Eglise : 

« Dieu, de qui vient toute paix, Dieu qui aime la paix, te connaître, c’est vivre, et te servir, c’est régner ;

Défends contre toute menace ceux qui te supplient : et puisque nous mettons notre confiance en toi fais que nous n’ayons plus rien à redouter. » (Oraison du missel romain pour la messe en temps de guerre ou de troubles graves.)

+ Jean-Pierre cardinal Ricard

Archevêque de Bordeaux

 

Editorial du Père Yves Maurice ZAMBO, 17° Dimanche du Temps Ordinaire, 24 juillet 2016, Année C

Demandez … Cherchez … Frappez …
Trois verbes qui traduisent l’attitude du chrétien face à son Dieu.
Demander c’est savoir discerner ses besoins et ceux d’autrui,
découvrir ses pauvretés.
Il s’agit surtout de connaître celui qui est à même de nous exaucer.
D’où la recherche des voies et moyens.
En nous exhortant à chercher,
le Christ voudrait susciter en chaque disciple un besoin réel.
En d’autres termes, qu’est-ce que Dieu peut nous apporter ?
Ou encore, avons-nous besoin de Dieu ?
Je crois que quelque soit notre niveau d’opulence,
nous avons tous quelques fragilités qui méritent de frapper au cœur aimant de Dieu.
La prière est ce moyen efficace qui touche le cœur de Dieu :
 « Père,
que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne.
Donne-nous le pain dont nous avons besoin pour chaque jour,
Pardonne-nous nos péchés, car nous-mêmes,
nous pardonnons aussi à tous ceux qui ont des torts envers nous.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation. »

Editorial du Père Yves Maurice ZAMBO, 17 juillet 2016, 16° Dimanche du Temps Ordinaire, Année C

Nice …
 Jour de Fête, jour de tristesse
Alors que de nombreux regards, quelques minutes avant,
étaient tournés vers le ciel pour contempler les feux d’artifices,
nos regards y reviennent pour percer le mystère de la vie et de la mort.
Oui, les victimes du 14 juillet à Nice sont forcées à jamais
de contempler le visage éternel de Dieu qui est plein d’amour et de compassion.
Situation de Chaos ou interpellation de la contingence de notre existence ?
Beaucoup de leçons peuvent être tirées du drame de Nice.
Toujours est-il que l’une d’elles serait de tourner nos regards, sans cesse,
vers celui dont l’amour pour chacun de nous brille de mille feux,
comme un feu d’artifice au ciel … DIEU
Que les âmes des fidèles défunts et des innocents reposent en paix …

Editorial du Père Yves Maurice ZAMBO, 26 juin 2016, 13° dimanche du Temps Ordinaire, Année C

La route de Jérusalem

Chemin de l’Homme-Dieu et chemin des disciples. La route de Jérusalem est marquée par de nombreuses épreuves à surmonter. Dans l’évangile du jour, Jésus est confronté en tout premier par un rejet. Les samaritains ne veulent pas accueillir les juifs sur leur territoire. Comme il n’est pas toujours facile de se faire accueillir en territoire étranger ! Une autre épreuve, celle du pouvoir, va traverser l’esprit de ses disciples. Ils souhaitent que le Christ use de son pouvoir divin pour s’imposer chez les samaritains. Une fois de plus, Jésus se montre tolérant et miséricordieux. Il s’oppose à toute violence et préfère la liberté qu’à l’oppression. La route de Jérusalem est aussi un chemin de renoncement. Nous ne saurions l’emprunter en ayant encore quelques attaches affectives. C’est un chemin d’engagement, d’adhésion première au Christ.
Il dit d’ailleurs que « quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le royaume de Dieu ». Alors, disciples de Jésus par la grâce du baptême, comment empruntons-nous ce chemin ? Le disciple serait-il plus grand que son Maître ? Certes Non. Ne soyons plus étonnés de n’être pas toujours bien accueillis dans certains villages. Ayons à cœur de proposer et non pas de nous imposer, quand bien même nous nous savons détenteur d’un pouvoir quelconque. Et surtout, c’est là l’essentiel, savoir poursuivre sa route vers la Jérusalem Céleste sans plus regarder en arrière. C’est là-bas que le Maître nous attend. Courage et bonne route !

Editorial du Père Yves Maurice ZAMBO, 19 juin 2016, 12° Dimanche du Temps Ordinaire, Année C

Pour vous, qui suis-je ?
 Un voyou ? Un brigand ? Un frère ? Un ami ?…
Bien-aimés en Jésus-Christ, c’est à chacun de répondre à cette question à l’égard du Christ, de son ministre que je suis, et à tous ceux qui font partie de notre communauté.  Il est impératif de nous connaître mutuellement. Je crois que sans une identité bien définie, les rapports entre les humains en général et les membres d’une communauté dite chrétienne en particulier peuvent s’avérer difficiles, voir même impossible. Car, pour s’aimer, il faut se connaître ; et pour se connaître, il faut au préalable  se rencontrer. La communauté chrétienne est l’une de ces structures qui permet des rencontres entre des hommes et des femmes de tous âges, origines et sensibilités. Voyez-vous, nous avons une occasion idoine de nous rencontrer. Il est vrai que beaucoup d’endroits existent en dehors de l’Église. Comme il est malheureux de constater que des personnes considérées comme « païennes », par nous ou autoproclamées, savent donner de l’importance à leurs milieux associatifs !Qu’en est-il des chrétiens ? Qui nous a ensorcelé ?
L’amour disparaît de plus en plus au sein de nos communautés.
 Les églises se vident à cause de nos comportements.
 Qu’est-ce qui nous arrive ?

 Pour vous, qui suis-je ? S’interroge Jésus. Le Sauveur  ou l’Accusateur ? Le Rassembleur ou le Diviseur ? L’Ami ou l’Ennemi ?…
Pour vous, qui suis-je ? Ou encore, pour moi, Jésus, qui êtes-vous ? Un voyou, un brigand, un frère, un ami ?