5ème dimanche de Carême Année Liturgique A

MEDITATION DU 29 MARS 2020 

Père François KABONZO 

Voici les lectures proposées à notre méditation : 

Lecture du livre d’Ezékiel (37, 12-14) : « Dieu ouvre nos tombeaux et fait souffler l’Esprit de vie sur les hommes. » 

Psaume 129(130) avec ses deux refrains au choix : « Auprès du Seigneur est la grâce, la pleine délivrance » ou bien : « Mets en nous ton esprit Seigneur, fais-nous sortir de nos tombeaux » 

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains (8 8-11) : « L’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus habite en vous. » 

Évangile selon saint Jean (11, 1-45) : « Moi, je suis la résurrection et la vie. » 

« Ce cinquième dimanche de Carême nous encourage à ouvrir nos multiples tombeaux et à accueillir le souffle de l’Esprit de vie qui se répand sans cesse. Car avec la résurrection du Christ, nous ne sommes plus sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en nous (Romains 8, 8). » [Commentaire de Karem Bustica dans Prions en Eglise, page 206.] 

L’évangile proclamé vendredi dernier à la veillée de prière sur le parvis de la basilique Saint-Pierre, était celui de la tempête apaisée (Marc 4, 35-41). Dans la tempête et les vagues qui montent, pas d’affolement. Avec Jésus à nos côtés nous n’avons pas à avoir peur. Il est notre force, notre bouclier. 

Reprenons ici ce qu’a dit la féminine voix off  ce vendredi-là : « La tempête que nous vivons manifeste notre vulnérabilité… Nous n’avons pas été arrêtés par des injustices, nous avons suivi notre chemin en pensant que nous étions sains dans un monde malade. En réalité, tu nous appelles à séparer le superflu du nécessaire ». 

Que représente ce superflu pour moi ? Qu’est-ce que je considère comme nécessaire ? 

Dans l’évangile selon saint Luc (10, 40-41), nous lisons : « Seigneur, ma sœur me laisse seule à faire le service, dis-lui donc de m’aider », le Seigneur répondit à Marthe : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses, une seule est nécessaire, Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée ». Pendant que Marthe, en bonne maîtresse de maison s’activait à la cuisine, Marie, la contemplative était assise aux pieds du Seigneur, elle s’abreuvait de sa parole. Marie, prière, contemplation, Marthe, action, service, s’adonner à des activités utiles. 

Chacun de nous a à la fois Marthe et Marie en lui, tantôt l’une, tantôt l’autre. Il faut absolument prendre le temps de se tenir chaque jour en présence de Dieu, comme Marie… quand on a beaucoup travaillé, comme Marthe. C’est le « ora et labora » (prie et travaille) de la Règle de saint Benoît. 

Aujourd’hui, les deux sœurs sont confrontées à la mort. La mort de leur frère Lazare. Elles ont envoyé dire à Jésus : « celui que tu aimes est malade ». « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu… », dit Jésus à ses disciples et il tarde deux jours là où il se trouvait. 

Au moment où Jésus arrive à Béthanie, Lazare son ami, est mort depuis quatre jours. Marthe, tout en affirmant sa foi dans la résurrection finale, ne sait pas encore que Jésus a la puissance de rendre la vie aux morts, bien plus, qu’il est lui-même la résurrection et la vie (Jean 11, 25) : « Moi, je suis la résurrection et la vie, tout homme qui vit et croit en moi ne mourra jamais, celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. Crois-tu cela ? ». Marthe, la croyante fait une profession de foi, une des plus belles de l’évangile. Elle professe en Jésus le Fils de Dieu, le Maître de la vie, dès maintenant et pour toujours : « Oui, Seigneur,  tu es le Messie,  je le crois, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde ». Marthe vient de passer du savoir (je sais, je sais) au croire (je le crois). Croire en Jésus, Messie et Fils de Dieu, c’est déjà commencer à ressusciter, c’est avoir en soi la vie éternelle que la mort physique elle-même ne peut anéantir. 

Notre Seigneur a des sentiments humains, il est bouleversé d’une émotion profonde, mais en lui la confiance absolue en son Père l’emporte sur le chagrin. Une fois la pierre enlevée du tombeau, Jésus rend grâce à son Père qui l’a toujours exaucé. Il tire Lazare du sommeil de la mort en criant d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ». C’est le réveil de Lazare. La parole de Jésus fait vivre. Lazare a eu en quelque sorte un supplément de vie terrestre, il est revenu à sa vie antérieure. «  A la vue de ce signe, beaucoup d’entre les juifs crurent en lui… mais quelques-uns allèrent trouver les pharisiens pour leur raconter ce que Jésus avait fait » (Jean 11, 46). 

 
C’est donc ce miracle qui a signé l’arrêt de mort de Jésus. Placé juste avant la Passion, le réveil de Lazare préfigure la mort de Jésus et ce que sera sa résurrection. Lazare représente l‘homme pécheur écrasé sous le poids de la mort. Par la foi et le baptême, l’homme peut accéder à la vie nouvelle et éternelle de celui qui est la résurrection et la vie. Lazare est encore et toujours un être mortel, il mourra une seconde fois. Jésus, lui, sortira immortel à Pâques, délivré à jamais de la mort. En lui la vie aura triomphé. 

 
« Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu ».  « Ne t’ai-je pas dit ?Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu.» ? Pour Jésus, la seule chose qui compte, c’est la gloire de Dieu, mais pour voir la gloire de Dieu, il faut la foi. 
« Lazare, notre ami, est mort et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. » « Si j’ai parlé, c’est pour cette foule qui est autour de moi, afin qu’ils croient que tu m’as envoyé. »  « Oui Seigneur, tu es le Messie, je le crois, tu es le fils de Dieu, celui qui vient dans le monde.» 
Puissions-nous partager la foi de Marthe et dire à notre tour au Seigneur : « Oui Seigneur, tu es le Messie, tu es le Fils de Dieu, nous le croyons. » 

Excellente montée vers Pâques. 

Père François KABONZO, 

 Votre Vicaire. 

Solennité de l’Annonciation du Seigneur

HOMELIE DU 25 MARS 2020

Père Chris GOMA

Aujourd’hui nous sommes le 25 Mars 2020, solennité de l’Annonciation du Seigneur, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du livre du prophète Isaïe, (7, 10-14 ; 8,10)
  • Psaume 39, avec comme refrain : « Me voici Seigneur, je viens faire ta volonté »
  • Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Hébreux (10, 4-10)
  • Evangile de saint Luc  (1, 26-38) .

C’est une journée particulière pour notre diocèse, le diocèse de Bordeaux :

  • 9 h 00 – célébration par Mgr JAMES de l’eucharistie en direct, 
  • 12 h 00 – Notre Père en communion avec le Pape François et le le monde 
  • 15 h 30 – Chapelet en direct de Lourdes (KTO ou RCF) 
  • 19 h 30 – En communion avec la conférence épiscopale : allumer des bougies sur nos fenêtres et sonner les cloches des églises, quand c’est possible. 

Cela dit, entrons dans le vif du sujet, dans la méditation de l’évangile de ce jour.

Peuple de Dieu , Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, paroissiens et paroissiennes des secteurs pastoraux Castelnau et Margaux, l’Eglise, notre mère célèbre aujourd’hui l’Annonciation du Seigneur. Elle fait partie des mystères joyeux. Celui-ci rapporte la bonne nouvelle de l’ange Gabriel à Marie  « elle va concevoir et enfanter un fils, celui qui sera le Sauveur de l’humanité.

L’évangile soumis à notre méditation est riche d’enseignements. Nous allons étayer notre réflexion sur les thèmes de la disponibilité et de la responsabilité de Marie.
En effet,  lorsque l’ange, le messager de Dieu, s’invite dans la vie de Marie, nous pouvons dire qu’il vient comme à l’improviste et de manière importune.  En ce sens que Marie était, : 

« … Une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David appelé Joseph … ». Dieu se fraie un passage dans sa vie rangée de jeune fille de Nazareth. Dieu sollicite Marie à éclater son cœur aux dimensions du monde : « Tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus ». Demande impertinente pour celle qui avait déjà un avenir conjugal tracé. Elle avait dévolu son cœur à Joseph. Marie est appelée à une grande et noble mission pour l’humanité. Dieu veut sauver l’homme, il doit passer par l’homme. 

Notre Dieu est-il dans une démarche arbitraire ? Comment peut-il donner la mission d’être mère à une jeune fille promise en mariage ? Nous savons que ce Dieu-là est celui qui prépare Marie à devenir la digne demeure de son fils. Nous l’avons entendu déjà à travers la salutation en ces termes : « Je te salue, Comblée-de grâce, le Seigneur est avec toi  ».

De plus, notre Dieu n’est pas dans l’ordre de l’arbitraire, puisqu’il va finalement demander l’avis de Marie. Notre Dieu nous éduque à la responsabilité. Le mérite de Marie est bien cette responsabilité-là. La voie tracée, c’est dans sa capacité à trouver dans son cœur et dans sa vie comblée la place pour l’œuvre de Dieu. Ne dit-on pas : « Dieu premier servi » ? Ne chantons-nous pas dans un cantique que Marie est la première sur le chemin de la foi ? « La première en chemin, Marie tu nous entraînes à risquer notre « oui » aux imprévus de Dieu. Et voici qu’est semée en argile incertaine de notre humanité Jésus Christ fils de Dieu. »

Donc, comme je le disais, c’est dans sa capacité à obéir à la volonté de Dieu que s’élabore la noblesse et la valeur de Marie. Son « fiat », c’est-à-dire son « oui » témoignent de sa disponibilité à assumer la mission de Dieu. Sa grandeur s’évalue dans la prise en compte de cette responsabilité. Celle-ci dépasse ses intérêts personnels et égoïstes. Marie éclate son cœur aux dimensions du monde : « Voici la servante du seigneur que tout advienne selon ta parole ».

La réponse de Marie était si décisive que l’évangéliste Luc dit juste après « Alors, l’ange la quitta ». 

C’est comme si la terre et le ciel étaient suspendus aux lèvres de Marie.

C’est une réponse responsable au sens plénier du mot dans son acception latine : res (chose) et pendere (pendre porter). Autrement dit : porter quelque chose sur soi.

Le mérite de Marie, c’est sa foi, sa disponibilité et son accueil du dessein bienveillant et éternel de Dieu. Marie y coopère par son « oui ». Elle sacrifie ses propres projets et ambitions. Elle renonce à elle-même et s’efface.

Les questions que nous devons nous poser aujourd’hui sont :

  • Sommes-nous capables d’arrimer nos volontés à la fantaisie et aux imprévus de Dieu ? 
  • Sommes-nous prêts à sacrifier une part de nos vies si compartimentées à ‘œuvre de Dieu ?
  • Sommes-nous disposés à faire valoir les droits de Dieu dans notre monde ponctué par le jeu des intérêts individualistes et égoïstes ? ».

C’est l’effort à faire aujourd’hui en célébrant cette solennité de l’Annonciation du Seigneur.
Les temps sont durs, nous le savions. Le Covid19, a,  sans nul doute, la même impertinence que le message de l’ange à Marie. De même que l’Annonciation va bouleverser beaucoup de choses dans le monde, le Covid19 arrive maintenant à changer l’ordre mondial.

L’équilibre mondial « en a pris un coup », les manières de vivre et d’être se contextualisent. 

Sommes-nous préparés à accueillir cette nouveauté qui se dessine devant nous ?

Prenons-nous suffisamment conscience de notre responsabilité dans cette nouvelle économie mondiale à travers le respect des consignes et des engagements actuels ? 

Apprenons-nous à devenir plus solidaires que solitaires face au devenir de notre humanité ?

Peuple de Dieu,

l’ange arrive dans la vie de Marie et change la vie de l’humanité,

Le coronavirus redéfinit les cartes de notre monde :

rien ne sera plus comme avant.

Pour ne pas perdre le cap, nous devons, demander au Seigneur, par l’intercession de Marie, la grâce de la disponibilité et de la responsabilité de la foi et du service.

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère,

Abbé Chris Brunel GOMA

HOMELIE DU 14 MARS 2020

Père Chris GOMA

3ème dimanche de Carême

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, paroissiens et paroissiennes des secteurs pastoraux Castelnau et Margaux, permettez-moi de méditer avec vous la première lecture de ce dimanche tirée du Livre de l’Exode, elle correspond tellement à la réalité  que nous vivons aujourd’hui, un carême particulier, un désert, une épreuve : le coronavirus avec son lot de souffrances, d’isolement et de secousses socio-économique.
Je nous entends reprendre les paroles du peuple juif devant l’épreuve qui était à la fin de cette lecture « Le Seigneur est-il au milieu de nous, oui ou non ? », parole de désespoir, de plainte, de révolte et d’indignation.

Oui, l’homme a parfois la mémoire courte, l’homme n’est pas préparé à vivre la souffrance, la maladie, l’épreuve et la mort.
Le peuple juif a vite oublié les bontés du Seigneur, celui-là même qui l’a délivré de l’esclavage de l’Egypte par son bras droit et sa main puissante. Il s’insurge contre Moïse, le Serviteur de Dieu ; et là encore, une fois encore, Dieu est fidèle à ses desseins, il fait sortir l’eau au creux du rocher par son Serviteur Moïse, ce dernier immortalise ce miracle en donnant à ce lieu les noms de Massa (c’est-à-dire : Epreuve) et Mériba (c’est-à-dire : Querelle).

Devant la pandémie qui secoue le monde et les restrictions que nous sommes invités à vivre de manière prudente et responsable, on peut dire que nous traversons aussi le lieu du Massa et de Mériba.

Massa (c’est-à-dire : Epreuve). Oui même la liturgie de ce moment corrobore cette réalité. Nous sommes en temps de Carême, temps de pénitence et d’épreuve, temps du désert. Beaucoup d’entre nous le vivons dans notre chair à travers cette pandémie, la mort qu’elle génère et les changements de notre modus vivendi (mode de vie).
Notre Evêque, Monseigneur JAMES, dans son mot aux catholiques de Gironde, a semblé abonder dans le même sens.
Pour ce qui concerne la prière, il dit : « …Il n’est plus possible de participer à la messe dominicale, mais personne n’est dispensé de prière, cette prière a plus d’importance en ce temps difficile… ».

Sur le jeûne il dit « …pour certains d’entre nous, ce sera un jeûne eucharistique douloureux, car nous savons quelle est l’importance dans nos vies de l’eucharistie dominicale ; Il y a aussi le jeûne des rencontres et des échanges familiaux …».
Sur l’aumône et le partage il dit enfin « …il y a de nombreuses manières concrètes de nous manifester à nos proches : messages téléphoniques, email … ». 

Solidarité et fraternité sont plus urgentes en ce moment. Ne dit-on pas « aux grands mots les grands remèdes ».

Massa : épreuve ; offrons ces épreuves à Dieu comme une manière particulière et féconde de vivre notre carême 2020.

Mériba : querelle ; loin de n’être qu’une indignation, une révolte, une plainte sans fond, notre accusation à Dieu en ce temps de dure épreuve, se veut être : un cri de confiance, une prière fervente en ce Dieu fidèle, celui qui n’abandonne pas son peuple.

Comme l’a dit Monseigneur JAMES : « Ensemble nourrissons notre espérance ».

Parole du Père Chris Goma

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Christ,

Cette semaine notre mère l’Eglise nous a conviés à célébrer la semaine de l’unité des chrétiens et, aujourd’hui, à Rome, le Pape François inaugure le dimanche de la Parole de Dieu qui se célébrera chaque 3ème dimanche du Temps Ordinaire.

Permettez-nous, dans cette actualité dense d’orienter essentiellement notre méditation d’aujourd’hui sur la deuxième lecture.
En effet, Saint-Paul, écrit aux chrétiens de Corinthe au sujet des divisions, des querelles intestines qu’on lui a rapportées alors qu’il se trouve à Éphèse.
Il est nécessaire de connaître d’emblée le contexte :

  • Corinthe est une ville de trafic intense à cause de son port. Et comme telle, beaucoup de courants de pensées et beaucoup de religions y convergent.
  • Entre l’enthousiasme des néophytes et la fidélité des anciens, Paul, qui a du reste évangélisé Corinthe, se rend compte qu’il y a quatre factions parmi les chrétiens :
    • Celle des disciples d’Appolos (un juif d’Alexandrie) versé dans l’écriture et dans l’annonce du Christ avec une éloquence indiscutable.
    • Celle qui se réclame de Paul
    • Celle qui se réclame de Pierre
    • et celle qui se réclame du Christ

Dans sa lettre aux corinthiens, Paul recadre les choses en mettant en avant la centralité du Baptême du Christ, source et signe de l’unité des chrétiens : 

  • Le Christ n’est pas divisé
  • Par le baptême, nous sommes tous constitués corps du Christ, et lui est la tête.

Cela veut dire que toutes les divisions, les fractures, les dissensions, les rivalités n’ont plus de place.
En cette semaine de l’unité des Chrétiens, nous allons demander au Seigneur de nous aider à redécouvrir la noblesse de notre baptême, qui nous constitue membre d’un seul corps.
Dans notre Église, où l’on peut malheureusement trouver des clans, des divisions, l’esprit de ghetto, l’esprit de clocher et d’exclusion.

Dans notre Église, où nous assumons nos ministères de manière autoréférenciée, en ; gérant les biens de l’Eglise comme des propriétés privées et personnelles, demandons au Seigneur la grâce de comprendre que  par le baptême, nous ne nous appartenons pas. Nous appartenons au Christ et comme le disait le Concile Vatican II « Quand  le prêtre baptise, c’est le Christ en personne qui baptise ». Nous sommes baptisés, donc greffés au Christ. C’est la réussite de la greffe qui compte pas celui qui l’a greffé.

Par ailleurs, pour mieux prendre conscience de notre identité,  il nous faut nous familiariser avec la Parole de Dieu. Saint Jérôme disait : « Ignorer les écritures, c’est ignorer le Christ ».

Dans sa lettre apostolique Aperuit Illis, le Pape François dit qu’aujourd’hui (3ème dimanche du Temps Ordinaire), jour consacré à la Bible, ne veut pas être un événement qui se produit une seule fois par an, mais un événement pour toute l’année, parce que nous avons un besoin urgent de devenir familiers et intimes de l’Écriture Sainte et du Ressuscité, qui ne cesse de rompre la Parole et le pain dans la communauté des croyants.

Nous comprenons par ce fait même le geste du Christ au début de son Ministère, dans l’Évangile de ce jour, à savoir le choix des disciples pour en faire « des pêcheurs d’hommes ».

Que le Seigneur nous donne la grâce de répondre au jour le jour à cette question du Pape Saint-Jean-Paul II   : « France, fille aînée de l’Église, qu’as-tu fait de ton baptême ? » et de prendre conscience du lien fondateur du baptême, comme lien d’amour au Christ et au Frère ainsi que de travailler à y répondre comme tel à travers l’annonce de la Parole de Dieu.

9 Février 2020:DIMANCHE DE LA SANTE

VENEZ A MOI VOUS TOUS QUI PLOYEZ SOUS LE FARDEAU, 

JE VOUS SOULAGERAI. » (Mt 11,28)

 PENDANT LA CELEBRATION DES MESSES VOUS POURREZ RECEVOIR

le «SACREMENT DE L’ONCTION DES MALADES»

 Samedi 8 février 2020

18 h 00 MACAU

Dimanche 9 Février 2020

9h 30 CANTENAC

11 h SALAUNES

18 h CASTELNAU DE MEDOC

Le sacrement de l’onction des malades est destiné à réconforter ceux qui sont éprouvés par la maladie ou la vieillesse

La célébration de ce sacrement consiste en l’onction d’huile bénite sur le front et sur les mains. 

Ces gestes montrent la tendresse du Christ pour ses frères malades, âgés, mourants. 

Par le sacrement des malades, le chrétien reçoit la force de supporter son épreuve et l’assurance qu’il la vit en proximité avec le Christ.

 Parlez- en autour de vous

 Contactez- nous par téléphone ou par mail. 

 Si une personne ne peut pas se déplacer !  nous organiserons des covoiturages

Contacts :

 Annick Vergnac 

  06 58 94 14 15     

 annickv33@gmail.com

ou

Maison paroissiale 05 56 58 21 74 

Baptême du Seigneur

HOMELIE DU 12 JANVIER 2020

Par le Père Chris GOMA

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Christ,

Le Baptême de Jésus par Jean le Baptiste achève le cycle de Noël.
Dimanche prochain nous reviendrons sur le Temps Ordinaire.

Le Baptême de Jésus par Jean le Baptiste a le mérite d’être l’événement de la vie de Jésus le plus assuré historiquement, puisque relaté par tous les évangélistes. C’est en plus la première manifestation publique du Christ. A sa naissance à Bethléem, il n’avait été révélé qu’à quelques privilégiés. A l’Épiphanie sa manifestation était aussi privée et réservée à quelques Rois Mages, bien que ceux-ci représentaient les nations, les païens.
Nous réalisons, avec étonnement, comme Jean Le Baptiste, dans l’Évangile, l’attitude de Jésus : « c’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, c’est toi qui vient vers moi ».

En effet, le Baptême de Jean Le Baptiste était un baptême de pénitence, de conversion pour préparer le peuple à accueillir le Messie. Lui, le Fils de Dieu, Le Sauveur, irréprochable, ne se reprochait d’aucun mal, ni péché. Il choisit d’être solidaire avec les hommes qu’il est venu sauver. Étant la plénitude de notre humanité et la plénitude de la divinité, Jésus, en recevant le baptême johannique, a fait plus qu’approuver et confirmer un rite. Il l’a transformé en consumant l’imparfait par le parfait. Lui, qui était sans péché, s’est fait porteur de nos péchés et c’est au nom de nous tous qu’il a fait ce geste public de repentance, nous enseignant en même temps la nécessité de la conversion et de la pénitence. C’est un geste éminemment humble. C’est cet abaissement, cette kénose selon les théologiens, qui est déjà présent dans son incarnation et dans sa rédemption. Il se présente à nous comme Serviteur et Sauveur. Autant d’enseignements que porte le mystère du Baptême de notre Seigneur, l’appel à plus de solidarité, d’humilité et d’empathie vis à vis de nos frères, sans oublier la nécessité de la pénitence et de la conversion. Notre société en a besoin.

Le Baptême de Jésus par Jean le Baptiste, c’est aussi la théophanie trinitaire, c’est-à-dire la manifestation d’un Dieu un et trine : le Père à travers la voix, le Fils et l’Esprit révélé sous forme de colombe au monde lors du baptême de Jésus, sont inséparables parce qu’ils sont en relation d’amour. Nous touchons là à ce qu’il y a de plus profond et de plus intime dans le mystère de Jésus. Autrement dit : le ministère rédempteur du Christ en faveur des hommes rejoint la vie d’intimité du Fils avec le Père et l’Esprit.

Ainsi Le Baptême de Jésus par Jean le Baptiste, nous fait rappeler notre propre baptême où l’Esprit Saint achève de nous engager au service de Dieu et de nos frères. C’est aussi le lieu où nous sommes consacrés comme les fils bien aimés du Père, soumis à l’obéissance de son Fils.


La question à se poser est celle que le Papa Saint-Jean-Paul II avait posée à toute la France en 1998 à la visite du Pape à Lourdes  : « France, fille aînée de l’Église, qu’as-tu fait de ton baptême ? ».
Quelle est la résonance, l’incidence de notre baptême dans notre société sécularisée ?

Après son baptême, Jésus commence son ministère, il va au désert où il va être tenté.

Seigneur, apprends-nous à prendre conscience de notre baptême.

Homélie de la messe de l’Epiphanie du Seigneur

Père Chris GOMA

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Christ,

Il y a quelques années au catéchisme, nous apprenions que l’Epiphanie nous rappelait la fête du jour où « Jésus a voulu se faire connaître à tous les hommes ».

Une définition proche de l’acception grecque de ce mot qui renvoie à la manifestation : cette fête s’évalue en contraste saisissant. Jésus qui est né à Bethléem dans les conditions modestes, devant pour seuls compagnons des gens, des pasteurs juifs sentant l’odeur de leurs brebis, peu recommandables et rebuts de la société, devient le point de mire de l’univers. A travers les trois rois mages, Melchior, Balthazar et Gaspard,  la légende nous décrit que c’est toute l’humanité qui est convoquée par l’étoile (blancs, noirs et jaunes), c’est aussi l’intelligentsia de l’époque, les scientifiques et astronomes capables de se faire guider par l’étoile.

Jésus qui naît dans une mangeoire est bien reconnu comme le Messie qui vient sauver tout l’univers, comme en témoignent les cadeaux qui sont apportés :

  • l’or symbolise la royauté
  • l’encens qui se rapporte à sa divinité
  • et la myrrhe symbole de sa passion, sa souffrance et son sacrifice.

Enfin, le dernier contraste, c’est la démesure extrémiste du Roi Hérode qui en veut à un nourrisson. Il se renseigne sur le lieu de naissance et l’âge du Messie attendu. Cela n’est pas fortuit, en raison du carnage qu’il devait organiser après. (Je pense aux Saints Innocents).
En dépit des contrastes dont seul Dieu a la clef, la profondeur de ce mystère de l’Épiphanie tient aux enseignements qu’il véhicule. Nous en épinglons deux :

  1. Jésus veut se faire connaître de tous les hommes.

Dans la deuxième lecture, Saint-Paul, dit que « ce mystère c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au même partage de la même promesse dans le Christ Jésus …».

Oui, l’Enfant de Bethléem, invite à lui tout homme et tout l’homme. C’est pour l’humanité toute entière qu’il est venu. Au moyen de l’étoile qu’avait déjà annoncée le prophète Balaam : « je vois un astre sort de Jacob, un sceptre s’élève d’Israël… »(nb 24,17). Les rois mages, tous constitués de païens, c’est-à-dire des peuples étrangers au peuple de l’alliance, font le pèlerinage de Jérusalem pour venir adorer l’Enfant Dieu. Nous voyons aussi la centralité de Jérusalem, comme la ville où va scintiller la lumière qui éclairera toute l’humanité. Nous savons aussi que ces trois mages sont des scientifiques, ils tranchent nettement avec les simples bergers du jour de la naissance. A travers la fête de ce jour, nous nous rendons à l’évidence que « l’événement Jésus » dépasse la sphère du privé et le monopole d’Israël. L’Enfant Dieu est venu sauver tout l’homme et tout homme.

La fête de l’Epiphanie nous ouvre à la nouveauté de Jésus. Elle nous appelle à discerner l’étoile de l’accueil, de l’hospitalité, de la communion, de l’intégration, de l’amour qui conduit vers Lui, comme disciples de Jésus. Efforçons-nous à accueillir l’étranger, cet étranger, ce sont les chrétiens d’autres confessions que la nôtre, mais aussi chacun de nous dans ses différences et parfois ses divergences théologiques. Cet accueil ne doit pas se limiter à la sphère religieuse : l’accueil chaleureux doit caractériser chacune de nos relations sociales entre autres avec les marginaux, les sans abris et autres S.D.F., les immigrés, les homosexuels, les victimes de violences sans oublier les personnes en situation de handicap (tant mental que physique).

Discerner l’étoile qui mène à Jésus Christ, c’est aussi discerner la voix de l’évangile et de l’Eglise, devant la multiplicité des propositions et sirènes spirituelles que nous recevons du supermarché au religieux. C’est bânir le relativisme religieux où tout se vaut. Les bienfaits du yoga et zen sont vantés et assimilés à ceux que nous procure la célébration Eucharistique par exemple.2

      2.  Jésus veut être adoré reconnu et exalté 

Les trois rois mages de l’évangile sont conduits par l’étoile pour venir adorer l’Enfant-Dieu. Deux attitudes sont mises en valeur : le pèlerinage et les dons qu’ils apportent qui correspondent au sujet et à l’objet de leur adoration. L’or pour la Royauté, l’encens pour la Divinité et la myrrhe (sacrifice, passion, souffrance).
Adorer c’est donc et avant tout faire un pèlerinage (intérieur et extérieur), nous départir de nos schémas, de nos égos, de nos différences et divergences, c’est faire un pas vers l’autre ou le tout Autre et reconnaître sa vraie valeur à travers les dons. Qu’apportons-nous au Seigneur et à son Eglise ? Quel est notre or, c’est-à-dire ce que nous avons de précieux à lui partager ? Je pense à la qualité de notre vie de baptisé par exemple.

Quel est notre encens, c’est-à-dire ce qui entoure sa divinité ? Je pense à la qualité de notre vie de prière et de notre fraternité.

  Quelle est notre myrrhe, c’est-à-dire la qualité de nos sacrifices, de nos services, de notre ministère ?

Oui, Dieu nous aide à discerner l’étoile qui nous mène vers lui, 

  à travers son service et celui de nos frères les hommes.

Homélie de la messe de la Sainte Famille

Père Chris GOMA

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Christ,

La Sainte Famille. Qu’est ce qui fait la sainteté de cette famille ?

La mère, Marie, s’est laissée entraîner par la volonté de Dieu. Sans se poser des questions, sans douter, elle a laissé la volonté de Dieu se réaliser en elle. Alors que Zacharie, le père de Jean, doute et devient sourd. 

Le père, Joseph, avait le projet de ne pas prendre Marie chez lui, en cachette, il s’est laissé entraîner par la volonté de Dieu, il renonce à son projet.

Le Fils lui, est la volonté même du Père céleste « Il n’est pas né d’une vo lonté charnelle ».

L’accomplissement de la volonté de Dieu fait d’eux de vrais nomades, et tout ce qui est hospitalier leur devient hostile. 

Les parents ne trouvent pas de place où mettre leur bébé. Désormais, ils deviennent migrants. Du coup, ils n’ont plus de terre. Ils sont des exilés, ils fuient la violence et la boulimie du pouvoir d’Hérode. L’Egypte, terre hostile devient terre d’hospitalité. Et la terre promise, devient terre de sang. Le monde est à l’envers.

La sainteté de cette famille vient du fait qu’elle accepte l’exil et change le regard sur la géographie spirituelle :

  • La terre promise devient une sorte d’Egypte,
  • La fraternité ne se joue plus sur les critères géographiques ou ethniques, mais sur le critère d’hospitalité ou d’hostilité.

La Sainte Famille a souvent été présentée de façon très réductrice : Papa, Maman et l’enfant. Et la fraternité en a subi un coup.

Or, si cette famille est présentée sans fratrie, c’est peut-être pour nous interroger davantage sur cette question : la fratrie. Il s’agit de passer de la fratrie plus réductrice à la fraternité plus inclusive. La fratrie n’exclut pas la fraternité. La fraternité enrichit la fratrie et la relativise. La Bible pose cette question de la fratrie dès ses premières pages. De Caïn à Abel à Joseph et ses frères en passant par Isaac et Ismaël, dont les droits ne sont pas reconnus, lui, fils de l’égyptienne Agar, mais aussi Jacob et Isaïe qui perdra ses prérogatives. Les histoires de fratrie se soldent toujours dans des sortes de rivalités fraternelles.

Dans notre monde qui se cherche et semble perdu, la famille reste la valeur sûre dans une culture et une civilisation essoufflée et marquée parfois par une sensibilité dépourvue de sagesse. Mais attention ! Les signaux d’alarme, qu’on entend ici et là,  risquent malheureusement d’enfermer la famille dans une conception corrosive et exclusive où seule la parentalité sera considérée alors que nos yeux doivent être rivés sur l’Enfant, dont la présence dans la crèche interroge nos relations, qui, en fin de compte nous invite à embrasser les hommes et les femmes de ce temps, comme frères et sœurs.
Fêter la Sainte Famille, c’est se laisser interpeller par ce Dieu qui se fait enfant pour nous inviter à prendre soin de la vie. De la vie qui est déjà donnée, mais aussi de la vie à naître. Défendre la vie à naître, en ignorant celle qui est déjà donnée, est une énorme contradiction, comme défendre la vie qui est donnée en ignorant celle à naître est une folie.
L’Enfant Jésus connaît l’exil dans les premiers jours de l’incarnation. Il se fait migrant et mendiant de la fraternité. La fuite en Egypte ne peut faire oublier les Saints Innocents massacrés à cause de l’arrogance du pouvoir.
Aujourd’hui, les Saints Innocents sont nombreux qui n’ont pas la chance d’avoir des Joseph protecteurs, qui n’ont pas d’Egypte pour les accueillir. Des Hérodes, il y en a aussi beaucoup. Ils reçoivent souvent notre soutien dans les massacres qu’ils perpétuent mais aussi dans leur entreprise à fabriquer des exilés, surtout en ce temps où des Egyptes hospitalières se font rares.

Une Sainte Famille se laisse surprendre par Dieu et se laisse faire.

Une Sainte Famille est en migration permanente dans la réalisation de la volonté de Dieu.

Une Sainte Famille ouvre ses portes à l’étranger de Bretagne aussi bien que de Tombouctou, sachant qu’il a plus de chance de trouver dans l’inconnu un frère plutôt qu’un adversaire.

Une Sainte Famille est une famille qui met le Christ au centre.

Mais c’est quoi, mettre le Christ au centre de la famille ?

Et s’Il s’invitait, saurions-nous Le reconnaître ?

Homélie de la messe de la nuit de Noël

Père Chris GOMA

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, 

La naissance de notre Sauveur Jésus Christ arrive dans une conjoncture assez particulière, faite de fracture sociale avec les revendications autours des questions de la retraite, ces dernières, avec les grèves menacent dangereusement ces vacances.
De part le monde, c’est le terrorisme qui bat son plein faisant des victimes de plus en plus nombreuses.

D’un point de vue environnemental, les pluies diluviennes et les vents violents, avec leurs conséquences néfastes sur la société, laissent de nombreux démunis, désemparés et impuissants.
Pourtant, il nous faut entendre le message de Noël, la naissance de cet Enfant Dieu, comme une grande lumière qui resplendit dans les ténèbres, comme un sujet de grande joie d’après la prophétie d’Isaïe.

Mais, la réalité contraste absolument avec le message véhiculé par Noël.
Comment penser que celui qui vient est bien nommé : Prince de la Paix, Dieu-Fort, Père à jamais, à travers tous les soubresauts que vit notre monde ?

D’ailleurs, le Signe de Noël est dérisoire. C’est celui de la naissance d’un enfant, « du Don d’un enfant » nous dit le prophète Isaïe. 

Dans l’évangile de Matthieu, le signe que cet enfant se laisse dévoiler à l’humanité, c’est le signe d’une simplicité et d’une pauvreté inouïe : « le Nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ». C’est un nouveau-né, présenté dans sa fragilité, sa faiblesse. De plus il n’est pas accueilli selon son rang de Sauveur de l’humanité, puisqu’on pourrait dire qu’il squatte le réfectoire des bêtes : il était déposé dans une mangeoire.
Peuple de Dieu ! Frères et Sœurs dans le Seigneur ! Le message de Noël se dresse aux antipodes de la réalité de notre monde où le pouvoir, l’avoir et le savoir sont des réponses à toutes nos quêtes et conquêtes . Le pouvoir qui prend la forme de la violence, de l’exclusion, de la démesure. Ce qui est au cœur de toutes les querelles et les antagonismes, les jalousies et les disputes des hommes. Le Dieu qui vient à Noël ne s’impose pas, il se propose à tous dans sa finitude et sa fragilité.
Le prophète Isaïe, dans la première lecture, parle du signe du pouvoir qui est sur ses épaules. N’est ce pas là l’allusion à ses bras en croix et du mystère de la rédemption sur la croix où il étale ses bras, pour mourir pour son peuple. Même à travers sa rédemption, Jésus se présente à nous comme le vaincu, celui qui est mort mais que Dieu a relevé d’entre les morts.
Si Isaïe parle de l’insigne du pouvoir sur ses épaules, Matthieu le devine à travers l’enfant dans la mangeoire, signe d’humilité et de faiblesse, ce qui tranche nettement avec l’esprit du monde.
Nous comprenons alors pourquoi Dieu, qui s’incarne, n’est pas accueilli !

Matthieu dit « car il n’y avait pas de place dans la salle commune ». Notre Dieu, comme un SDF, a squatté le repaire, le réfectoire des bêtes, simplement parce qu’il nous appelle à nous décentrer, à nous humilier, pour mieux le deviner comme notre Seigneur et notre Sauveur. Aujourd’hui encore, nous ne trouvons pas de place pour accueillir dans nos cœurs, remplis de règlements de comptes, de jalousie, de haine, de volonté de puissance.
Oui, Jésus vient nous sauver, seul motif de la joie de Noël et seule raison de la lumière qui scintille à Noël.
Pourtant, nos cœurs fermés à nous-mêmes et aux autres, semblent ne pas l’appréhender dans le don total de lui-même et des autres, l’humilité et le service de Dieu et du frère.


Emmanuel, « Dieu avec nous », élargi l’espace de la tente de notre cœur

 et de notre vie, pour que nous t’accueillions vraiment 

et que la fête de Noël ne soit pas un rendez-vous manqué.