HOMELIE DU 16 AOÛT 2020

Père Chris GOMA

20ème dimanche du Temps Ordinaire 

Aujourd’hui nous sommes le 20ème dimanche du Temps Ordinaire, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du livre du prophète Isaïe (56, 1.6-7)
  • Psaume 66, avec comme refrain : « Que les peuples, Dieu, te rendent grâce ; qu’ils te rendent 
  • grâce tous ensemble ! »
  • Lecture de la lettre de saint Paul aux Romains (11, 13-15. 29-32)
  • Évangile de saint Matthieu (15, 21-28)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, ce vingtième dimanche du Temp Ordinaire, nous recevons une belle leçon que nous donne cette femme cananéenne, une païenne qui se tient devant nous pendant cette messe pour nous dire que les éloignés, les mal croyants doivent être un de nos soucis majeurs. Elle veut préserver d’une liturgie qui serait basée sur « l’entre-soi ».

Alors, notre assemblée est-elle ouverte ? Soyons comme Paul, apôtre des païens et des juifs qui ont refusé Jésus. Dieu veut faire miséricorde à tous les étrangers, ou non juif, en quête de Dieu à tous les hommes de bonne volonté, comme nous le dirons les différentes lectures.

Dans la première lecture, nous voyons que le Peuple d’Israël avait préservé son identité nationale et religieuse, en évitant tout contact avec le peuple environnant. L’expérience de l’Exil l’a noyé dans un milieu païen et étranger. Là, sa mentalité a évolué. Il se voit plus ouvert. Il fixe les règles de contact avec les païens qui habitent maintenant avec lui. Il admet des étrangers, il les conduit à la montagne sainte, le lieu de culte, il leur fait bon accueil sur l’autel de sacrifice. Ces étrangers participent donc au culte. Ce qui veut dire qu’ils sont sur le même pied d’égalité qu’Israël. Car Israël n’est pas le seul peuple élu. Il l’a compris, son temple doit devenir une maison pour tous les peuples. La condition est évidemment que ce peuple soit serviteur du Seigneur et qu’il s’attache fermement à son Alliance. L’alliance de Yahvé avec son peuple étant la moelle de la religion. Qu’ils observent le sabbat, prescription devenue plus impérative pendant l’exil au cours duquel les juifs avaient gardé intacte leur foi, grâce à leurs réunions hebdomadaires.

Pour nous chrétiens, c’est un bel exemple d’ouverture aux autres, sans noyer les exigences de la foi dans les faux compromis. Cette ouverture tardive au judaïsme prélude à l’universalité chrétienne annoncée par la foi de la cananéenne, comme aujourd’hui dans l’Évangile, dans lequel nous avons lu : « … Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon… ». Depuis la multiplication des païens, rien ne va plus. Les pharisiens lui en veulent à mort. Les foules déçues parce qu’il n’emboîte pas le pas révolutionnaire sont désemparées. A quoi bon prêcher, le Christ trouve le moment idéal pour lui dire de se retirer, de préparer le petit nombre de ses disciples. Pour éviter les foules, il séjourne près de la frontière dans la région païenne de Tyr et de Sidon, ville côtière de l’actuel sud Liban. Une cananéenne venue de ces territoires qui est nommée par l’évangéliste, non par sa nationalité, mais par sa religion, descendante des cananéens, païens par excellence et ennemis numéro un des juifs.

Elle criait sa douleur : « ma fille est tourmentée par un démon ». La nature du mal n’est pas précisée. Elle liait cette maladie à un démon. Elle criait aussi dans un élan de foi « Prends pitié de moi, Seigneur… », c’est-à-dire « Kyrie eleison ». Elle invoque : « fils de David », expression employée pour désigner Le Messie qui devait être fils de David et sauverait Israël, son peuple. Elle acclame le Messie des juifs, elle la païenne, au moment où les juifs eux-mêmes le conteste. 

Devant cette douleur et cette foi littéralement exprimée, Jésus ne va pas lui répondre. Curieux ! ce n’est pas son style ! Surtout face à une dame en peine. Ce refus provisoire de Jésus, veut signifier quelque chose. Peut-être,  qu’il ne veut pas être seulement considéré comme un faiseur de prodige ? Pour éprouver la qualité de cette foi, peut-être encore trop intéressée ?

Devant le silence pénible de Jésus, ce sont les disciples qui viennent à son secours : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! ». Cela peut nous rappeler un petit geste d’aumône fait envers un mendiant pour s’en débarrasser.

Jésus dévoile alors à ce moment une des raisons de son silence : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ». Cette réponse étonne quand on sait que Jésus appelle à aller enseigner toutes les nations. Jésus ne pouvait pas aller d’emblée vers les païens. Il lui fallait commencer par le début, par le peuple choisi comme porteur des promesses. L’Ecriture contenait un plan de libération : « … vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre (AC 1,8) ». En tant qu’homme, Jésus ne pouvait pas être partout. Cela nous convie, nous aussi, à imiter la pastorale de Jésus. Il ne faut pas vouloir tout faire à la fois. Il faut avoir un programme, quitte à revoir notre plan, comme Jésus.

Ici, nous voyons que la femme ne lâche pas, s’agenouille par vénération, fait son acte de foi et appelle Jésus « Seigneur », expression réservée au Christ ressuscité. « … viens à mon secours » , dit-elle. C’est un magnifique début de foi ! Une foi tenace ! Quel exemple car il ne faut pas oublier que c’est une païenne.

Malgré la réponse dure de Jésus, elle ne lâche pas : « … les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ». La foi de cette femme a vaincu les réticences. Cette scène ne manque pas d’interpeller les jeunes communautés juives converties qui voulaient voir réservée la foi au seul Israël. Quel encouragement pour ceux qui cherchent Dieu !

Chacun de nous peut se poser cette question :

« comment nous, qui avons reçu davantage, accueillons-nous les non-croyants ? »

Méfions-nous des jugements trop rapides que nous pouvons porter

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA

Assomption de la Vierge Marie

HOMELIE DU 15 AOUT 2020

Père Chris GOMA

Aujourd’hui nous fêtons l’Assomption de la Vierge Marie, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture de l’Apocalypse de Saint-Jean (11. 19a ; 12, 6a.10ab)
  • Psaume 44, avec comme refrain : « Debout à la droite du Seigneur, se tient la reine, toute parée d’or ! »
  • Lecture de la première lettre saint Paul aux Corinthiens  (15, 20-27a)
  • Évangile de saint Luc (1, 39-56)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, plusieurs mentions, aussi bien dans la prière, que dans les Ecritures, attestent la symbolique de cette Fête de l’Assomption de la Vierge Marie !

Déjà dans la prière d’ouverture, communément appelée La collecte, nous lisons ceci : « Toi qui as fait monter jusqu’à la gloire du ciel, avec son âme et son corps Marie, la Vierge immaculée, mère de Ton Fils ».

La préface de ce jour énonce : « Aujourd’hui, la Vierge Marie, la mère de Dieu, est élevée dans la gloire du ciel, parfaite image de l’Eglise à venir, aurore de l’Eglise triomphante. Elle guide et soutient l’Espérance de ton peuple encore en marche ».

La première lecture, pour sa part, décrit la vision de l’apôtre Jean en ces termes : « Un grand signe apparut dans le ciel : une femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous ses pieds et sur la tête une couronne de douze étoiles », préfiguration de la Vierge Marie en Gloire dans le ciel.

Et devant toutes ces évocations, Cher Frères et Sœurs dans le Seigneur, on peut se poser les bonnes questions :

  • D’où la Vierge Marie détient elle cette grâce de nous précéder au ciel ?
  • Quel est au juste le mérite de Marie ?
  • En quoi ce mérite nous interpelle-t-il  ?

Dans le récit de la visitation de Marie à Elisabeth que nous avons lu dans l’évangile, l’ébauche d’une réponse semble nous être donnée. En effet, après avoir reçu l’ange qui lui demande de faire la volonté du Père, en acceptant de devenir « la digne demeure de son fils », Marie va visiter sa cousine Elisabeth, dont il a été du reste fait mention lors de l’Annonciation. Elle a aussi reçu une faveur de Dieu en concevant un fils.
Les deux cousines se rencontrent. Cette rencontre est ponctuée par l’effusion de l’Esprit Saint, et Elisabeth prophétise : « D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? ».

Oui, Marie est appelée par Elisabeth, sous l’onction du Saint-Esprit, mère de son Seigneur. Ce n’est pas n’importe quelle créature, c’est celle qui a fait la volonté du Père. D’ailleurs, mue par le Saint-Esprit, Elisabeth poursuivra dans cet évangile sa prophétie : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ».

Voici donc tracé le mérite de Marie. Le seul et grand mérite de Marie, c’est sa foi, c’est sa disponibilité à coopérer à l’œuvre de Dieu. Marie a intégré à sa propre trajectoire spirituelle, la volonté de Dieu, en acceptant de devenir la mère du Sauveur. Elle a laissé éclater son cœur aux dimensions du monde.

Foi, disponibilité et service, voilà ce que la figure de Marie, que nous méditons en cette fête de l’Assomption, a à nous enseigner en notre temp. Marie est la première, sur le chemin de la foi. Son Oui est le premier où se greffent tous les « oui » à la volonté du Seigneur. Le Oui de Marie est fondateur d’une aube nouvelle que le Seigneur avait prévu pour son peuple.

Bien aimés dans le Seigneur, Aujourd’hui, à la suite de Marie, pouvons-nous demander au Seigneur la grâce de la disponibilité au service de Dieu ?

Puissions-nous trouver dans nos vies, compartimentées de plusieurs engagements, la place, fusse-t-elle infime à la volonté de notre Dieu ?

Que Marie, la première sur le chemin de la foi,

Augmente la foi aussi bien dans nos vies

Que dans nos familles !

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA

19ème dimanche du Temps Ordinaire 

HOMELIE DU 9 AOUT 2020

Père Chris GOMA

Aujourd’hui nous sommes le 19ème dimanche du Temps Ordinaire, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du premier livre des Rois (19. 9a.11-13a)
  • Psaume 84, avec comme refrain : «Fais-nous voir Seigneur Ton amour, et donne-nous ton salut ! »
  • Lecture de la lettre de saint Paul aux Romains (9, 1-5)
  • Évangile de saint Matthieu (14, 22-33)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, j’ai eu la joie hier de célébrer mon 16ème anniversaire de sacerdoce et de rendre grâce à Dieu pour la fidélité et le service de tant de prêtre à travers le monde.

D’ailleurs, à l’occasion des 60 ans de la mort du curé d’Ars, patron des curés le pape François a eu des mots puissants pour décrire la vie des prêtres, je cite « Je veux écrire cette lettre pour sa fête, non seulement aux curés mais aussi à vous tous, frères prêtres qui, sans faire de bruit, quittez tout pour vous engager dans la vie quotidienne de vos communautés. À vous qui, comme le curé d’Ars, travaillez comme dans la tranchée, portez sur vos épaules les poids du jour et de la chaleur et êtes exposés à d’innombrables situations, prenez des risques quotidiennement, sans vous donner trop d’importance, afin de prendre soin du peuple de Dieu et l’accompagnez. Je m’adresse à chacun de vous qui si souvent, de manière inaperçue et sacrifiée, dans la lassitude ou la fatigue, la maladie et la solitude, assumez la mission au service de Dieu et de son peuple et même avec toutes les difficultés du chemin écrivez les plus belles pages de la vie sacerdotale. »

Dans l’évangile soumis à notre méditation, nous sommes sensibles à la main tendue par le Seigneur à Pierre pour le rejoindre. J’y vois l’invitation reçue par chacun de nous au service du Seigneur. C’est le prélude de notre vocation, de l’appel à suivre le Maître comme prêtres, baptisés, catéchistes, pères et mères de familles chrétiennes et de différents services que nous recevons en Église. 

Jésus nous invite à le rejoindre dans la barque, symbole de l’Église . Il prend l’initiative, il ne nous fait pas faire un office que nous ignorons . Il nous précède. Il a d’abord marché sur les « eaux », sur la mer ; ici la mer est le repaire de tous les esprits mauvais. Le disciple du Christ, comme le prêtre est à sa suite, il répond à son appel en toute confiance : « confiance , c’est moi, n’ayez pas peur ». Tant qu’il est dans cette confiance il n’est troublé par aucun vent contraire.

A travers cet évangile nous voyons que toute vocation est parsemée de vents contraires : la fatigue, le sentiment d’abandon, la lassitude, le doute, les infidélités, les persécutions … tant que le disciple est dans la confiance comme Pierre, il arrive à tout braver comme le Maître. Mais c’est quand il commence à compter sur lui-même, à prendre la place de Dieu, alors surviennent les peurs . Dans toutes nos vocations nous devons demander la grâce de la fidélité.

Toutefois devant l’éventualité des chutes relatives aux aspérités de la route, trouvez la grâce de toujours demander la force du Seigneur comme Pierre « Seigneur, sauve-moi ». Car La main du Seigneur est toujours là pour nous secourir. 

Je bénis le Seigneur pour tant d’années au cours desquelles la main du Seigneur m’a été fidèle, a été fidèle à son Église toujours traumatisée par autant de scandales, toujours aussi prête à se relever pour continuer la marche dans la communion et la confiance avec le Maître.

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA

16ème dimanche du Temps Ordinaire 

HOMELIE DU 19 JUILLET  2020

Père Chris GOMA

Aujourd’hui nous sommes le 16ème dimanche du Temps Ordinaire, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du livre de la Sagesse (12, 13.16-19)
  • Psaume 85, avec comme refrain : « Toi qui es bon et qui pardonnes, écoute ma prière, Seigneur ! »
  • Lecture de la lettre de saint Paul aux Romains (8, 26-27)
  • Évangile de saint Matthieu (13, 24-43)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, Vous tous qui êtes présents constituez une portion du Champ de Dieu, pour recevoir la semence du Royaume ! Je vous salue dans la joie de nous retrouver encore ce dimanche pour écouter, méditer et mettre en pratique la parole de Dieu qui nous est proposée en ce temps de vacances, mais aussi de contraintes dues à la Covid19. La peur a tendance à s’emparer de nous tous. Il y a de quoi se décourager ! Et pourtant, par nous, Dieu travaille dans ce monde discrètement comme le levain fait lever la pâte. Nous pourrions cependant nous demander : « qui sommes-nous ? » Un mélange hétérogène du Bien et du Mal, du Bon grain et de l’ivraie, une communauté de fervents et de lâches, pèle mêle comme nous le dit l’Evangile ? Mais la bonté de Dieu patiente, nous rappelle la première lecture et n’oublions pas que l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, nous dit la deuxième lecture.

Dans la première lecture, à l’image d’un Dieu vengeur, l’auteur sacré substitue un Dieu patient.  A la différence d’un homme qui montre sa force lorsque sa puissance est discutée et qui réprime avec dureté ceux qui bravent sciemment son autorité, notre Dieu juge avec indulgence. Il gouverne avec beaucoup de ménagement.  Pourtant, il est parfois déconcertant, pour nos esprits scandalisés, de voir le mal impuni. Dieu se présente toujours comme celui qui accorde au Pécheur le temps de conversion. Sa patience déconcerte. Nous n’avons donc pas à discuter ses jugements. Ils ne sont pas injustes comme nous sommes nombreux à le penser. Dieu nous enseigne plutôt à être plus humains et fraternels. Cette leçon sur la patience divine prépare celle de la parabole du bon grain et de l’ivraie que le maître laisse pousser ensemble jusqu’à la moisson dans l’évangile.

En effet, dans la longue parabole de l’ivraie semée dans le bon grain, les deux autres, les plus petites de la graine de moutarde et du levain dans la pâte, se trouvent illustrer le Royaume des cieux. Cependant, ce Royaume comprend évidemment l’Eglise, mais plus largement l’action de Dieu dans le monde.

L’explication évangélique elle-même dit que : « Celui qui a semé le bon grain, c’est le Fils de l’Homme », le Messie… C’est à dire Jésus lui-même. « …le bon grain, ce sont Les fils du Royaume, Le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais » , ceux qui refusent Dieu et son envoyé.

Vient alors la grande et angoissante question des serviteurs dans laquelle nous nous reconnaissons facilement : « d’où vient l’ivraie ? » Toi Dieu « Le Bon » Tu as semé du bon grain ; d’où vient ce désordre ? d’où viennent tant de souffrance, d’injustice et de Mal dans le Monde ? Dans notre église, tu nous as éduqués à la foi, l’espérance et la charité , d’où viennent tant de scandales, la haine, la jalousie, l’exclusion et le mépris des autres ? Dans le mariage Tu nous prépares à la fidélité, la fécondité et l’amour. D’où viennent tant d’égoïsme et d’infidélités ? Et en nous-mêmes y a-t-il deux hommes ? Puisque, comme le ressentait déjà Paul dans sa lettre aux Romains (Rom 7,14-25) « Le bien que je veux faire, je ne le fais pas, le mal que je ne veux pas faire, je le fais » : Tiraillement, implosion intérieure. 

Jésus leur dit : « C’est l’ennemi qui a fait cela » . Ce n’est pas pour les dédouaner, parce qu’il précise « c’est dans leur sommeil ». Dans des situations de manque de vigilance, de somnolence, nous Laissons libre cours à l’ennemi qui dévaste le projet de Dieu en nous. L’ennemi, c’est celui qu’on appelle le diable, en grec diabolos, « celui qui divise », son rôle est de diviser l’homme de son Dieu. Jésus affirme que le mal dépasse l’homme.

Les serviteurs proposent alors : « Veux-tu donc que nous allions l’enlever ? ». Autrement dit : allons faire la guerre aux indignes et aux pêcheurs de nos communautés. Jésus dit non : Il prend la liberté avec la réalité courante ; c’est parce que la parabole est pour lui un prétexte pour donner un enseignement spirituel. Car les pharisiens, c’est à dire « les purs » éliminaient de leur communauté « les impurs » ils Les excluaient gaillardement et impitoyablement. Ils voulaient une Eglise sans ivraie. Jésus cependant accepte dans sa communauté Mathieu  (le publicain), Marie Madeleine (la prostituée)(lc 8, 1-3). La raison profonde de cette patience est qu’il n’appartient à personne, en dehors de Dieu, de juger qui que ce soit. Et de fait les apparences sont trompeuses.

Telle personne qui communie chaque dimanche est peut-être plus loin de Dieu que telle autre que nous méprisons. Dieu lui-même attend pour juger. Il laisse à chacun sa chance et croit à l’humainement impossible : que l’ivraie se change en bon grain. Dieu nous donne le temps de la maturation dans le bien, de la conversion : « laissez-les pousser ensemble ». Voilà le mot de la fin … Patience jusqu’à la moisson. On risquerait en enlevant vite le pécheur, d’arracher en même temps le Fils du Père.

Peuple de Dieu ! Quelle Eglise recherchons-nous ? une Eglise des purs ? quel degré de foi est donc requis pour baptiser, admettre à la profession de foi, au mariage à l’Eglise ? Questions délicates. Ce qui est clair et que Jésus récuse une Eglise élitiste, sectaire à la limite, où ne seraient admis que les irréprochables. Et qui donc est irréprochable ? 

D’ailleurs, les deux paraboles qui suivent celle du bon grain et de l’ivraie, à savoir celles de la graine de moutarde et du levain dans la pâte, nous montrent que le droit de Dieu finit toujours par triompher. 

À la moisson, l’ivraie sera brûlée, la graine de moutarde, apparemment insignifiante, produira un grand arbre, le levain fera lever la farine. Aujourd’hui encore nous sont partagés la confiance et l’espérance en Dieu. 

Paraboles réconfortantes aux heures de pessimisme et d’échec pour l’homme de peu de foi, comme le disait Mgr de CARRY.

« travaillons, nous aurons l’éternité pour nous reposer ».

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA

15ème dimanche du Temps Ordinaire 

Père Chris GOMA

Aujourd’hui nous sommes le 15ème dimanche du Temps Ordinaire, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du livre du prophète Isaïe (55, 10-11)
  • Psaume 64, avec comme refrain : « Tu visites la terre et tu l’abreuves Seigneur, tu bénis les semailles  ! »
  • Lecture de la lettre de saint Paul aux Romains (8, 18-23)
  • Évangile de saint Matthieu (13, 1-23)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, un dimanche « d’optimisme formidable » que nous pouvons, nous chrétiens, qualifier d’espérance. Ce dimanche d’espérance que notre mère l’Eglise nous donne à célébrer, malgré les échecs, la semence semée par le Christ dans le monde lèvera ; la première lecture et l’évangile nous en donnent la graine. De plus, même notre monde,  qui passe par des douleurs d’enfantement, va vers un point culminant, la libération, comme exprimé dans la deuxième lecture.

Pourtant, cette souveraine et inévitable réussite du plan de Dieu ne force pas ma liberté. « Serai-je terre aride, sol pierreux, buisson étouffant ou bonne terre pour accueillir le Christ ? » Voilà la question que nous avons sûrement commencé à nous poser en écoutant les lectures d’aujourd’hui.

Biens aimés dans le Seigneur, dans la première lecture le prophète Isaïe parle à un peuple exilé, rongé par le doute et le manque de confiance en Yahvé. Le prophète, celui qui parle au nom de Dieu,  proclame la puissance de Dieu, qui reste aussi vraie, alors que journellement ce peuple conteste cette puissance : « que la pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plait, sans avoir accompli sa mission ». Le rôle du prophète est de parler au nom du Seigneur, au nom de Dieu. C’est cette affirmation que Jésus reprendra dans la parabole du semeur de l’évangile de ce jour. Le grain semé, malgré les premier échecs, finit par porter du fruit au centuple. Faisons nôtre cet acte de foi au milieu de nos craintes et de nos échecs, surtout dans cette période post-confinement de la relance sociale et économique. Les échecs sont certes provisoires, mais Dieu, et c’est ça notre espérance, fera lever la semence envers et contre tout.

Dans l’Evangile de Matthieu, que nous avons lu, nous est relatée la parabole du semeur. C’est la première d’une demi-douzaine et certainement la plus longue aussi. La parabole est un récit inventé de toute pièce, parfois une comparaison dont il faut découvrir le sens caché et le point culminant. Matthieu divise sa parabole en trois parties : la parabole elle-même, l’explication et entre les deux, nous avons une digression sur les raisons de cet enseignement en parabole. 

Pour une meilleure intelligence du texte, nous gardons ensemble la parabole et son interprétation : « Voici que le semeur sortit pour semer. Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger ». Échec total. « D’autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde » :  un début de succès, mais faute de racines, ils ont séché. Echec encore. Une troisième partie est tombée sur un terrain broussailleux, elle lève et semble réussir, mais les ronces ont poussé aussi vite quelles et les ont étouffées : Trois échecs successifs, de quoi nous décourager. Finalement d’autres grains sont tombés enfin dans la bonne terre et ont donné du fruit.

En effet, on reconnait facilement le semeur, dont la semence est mangée par les oiseaux, brulée par le soleil, étouffée par les ronces, ce semeur c’est le Christ lui-même qui vient de subir une série d’échecs. Déjà les pharisiens ont décidé de le faire périr !

Devant tant de déboires, il y a de quoi désespérer. Déjà certains disciples prennent leurs distances face à son enseignement. Jésus, à travers cette parabole, veut réconforter ceux qui restent et à travers eux, il veut affermir notre propre confiance mise à l’épreuve par les échecs répétés : l’abandon de la pratique religieuse, la jeunesse qui déserte nos églises, la masse incroyante, la peur du lendemain laminé par la Covid, les efforts des parents et éducateurs souvent mal compris. Il y a échec, mais le projet d’Amour du Père se réalisera. Et cela, magnifiquement.

Vos efforts ne sont pas vains. Le point culminant de cette parabole est donc dans l’appel à la confiance, à la persévérance. Elle reprend, comme nous l’avons dit déjà, la prophétie de la première lecture d’Isaïe : «… ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat… ». Donc, ne nous résignions pas.

On est surpris, après cette parabole, centrée sur la réussite finale de la mission, d’entendre une explication centrée elle-même sur la bonne disposition de l’auditoire. La parabole était un appel au semeur à semer malgré les difficultés. L’explication devient un appel au « terrain », donc aux foules, à bien accueillir le message. L’accent s’est nettement déplacé !

Pratiquement, nous avons ici deux paraboles et sous les mêmes images se cachent deux appels : L’un au prédicateur, l’autre à l’auditoire. Du fait de notre baptême, Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, nous sommes l’un et l’autre, semeur et terrain, prédicateur et auditoire. Entendons ces deux pointes, suivant les deux appels. Comme semeur, nous sommes appelés à la persévérance, à la confiance et comme terrain ou auditoire. C’est à chacun de méditer pour savoir quel genre de terrain il est : le chemin, le sol pierreux, le buisson étouffant, la bonne terre ? En tout cas : Rien n’est perdu pour Dieu

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA

14ème dimanche du Temps Ordinaire 

HOMELIE DU 5 JUILLET  2020

Père Chris GOMA

Aujourd’hui nous sommes le 14ème dimanche du Temps Ordinaire, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du livre du prophète Zacharie (9. 0-10)
  • Psaume 144, avec comme refrain : « Mon Dieu, mon Roi, je bénirai ton nom toujours et à jamais ! »
  • Lecture de la lettre de saint Paul aux Romains (8, 9.11-13)
  • Évangile de saint Matthieu (11, 25-30)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur : Salutations fraternelles à vous tous en vous souhaitant un dimanche plein de joie et de paix, en vivant pleinement ce que va nous donner à méditer la Parole de Dieu de ce quatorzième dimanche du Temps Ordinaire. Portons notre regard vers le Messie-Roi que nous présente les textes de la liturgie de ce jour. Celui-ci est bien différent de Celui qu’attendaient les contemporains de Jésus.

Dans la première lecture déjà, le prophète de Dieu l’annonce comme doux et humble, pacificateur. Zacharie s’adresse à la fille de Sion, la fille de Jérusalem. Ce peuple harcelé par les chars, les chevaux, les combats, les guerres interminables, peut-être lors de campagnes d’Alexandre le Grand. Il parle à un peuple qui aspire à la paix. Et comme un messager, il vient proclamer une joyeuse nouvelle : « Exulte de toute tes forces…… Pousse des cris de joie….. ». Il annonce un Roi, descendant de David, ce roi n’est pas un roi dictateur et guerrier qui serait monté sur un cheval de bataille, mais bien plus un Roi humble, chevauchant une monture pacifique : un âne inoffensif et tout jeune. Ce Roi brisera l’arc de guerre et proclamera la paix. Il supprimera l’antagonisme entre Éphraïm (royaume du Nord) et Jérusalem. Sa royauté sera universelle.

Comment, Bienaimés dans le Seigneur ne pas y voir le Christ-Roi dont la royauté n’est pas de ce monde (Jn 18,36). Ce Roi doux et humble de cœur relaté dans l’évangile. En effet, dans l’évangile de Matthieu, Jésus révèle son identité. Il se révèle un Fils de Dieu, qui dialogue avec son Père, qui ose appeler son Père : Père, dans une prière de louange où il s’émerveille : « … ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits… ». Le thème « petits », la petitesse, est un thème majeur dans la bible, rappelons-nous le Magnificat : « Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles ». Serait-ce le procès des intelligents ? Non ! c’est bien celui de la suffisance. Jésus met à l’indexe les pharisiens qui étaient fiers de leur savoir religieux et traitaient les petites gens avec mépris, les qualifiaient d’ignorants, inaptes à observer la Thorah, la loi du temple.

La question à se poser est : « Est-ce que, dans notre Communauté d’aujourd’hui, ne subsiste-t-il pas des pharisiens orgueilleux et suffisants qui font peser des lourds fardeaux aux autres en s’abritant dans une religion de façade ? ».

Dieu se révèle aux petits, aux humbles, non pas parce qu’ils sont moins intelligents, mais parce qu’ils sont, ordinairement, disposés à l’accueil de Dieu. Ici, le mot « petits » a un sens particulier, le petit connaît la grandeur de Dieu et sa propre petitesse, c’est l’humble, le petit se reconnaît sans mérite. Il ne se vante pas.

Dans cet évangile, le Christ poursuit en s’adressant justement aux petits : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos. », le repos que Jésus veut procurer est la liberté des enfants de Dieu qui débouche toujours sur la joie.

Dans une société où la religion était en faveur des pharisiens, elle avait de l’emprise sur la plupart des gens qu’il a fréquenté, il y a deux griefs que Jésus faisait aux pharisiens, c’est d’être orgueilleux de leur connaissance de la Parole de Dieu et d’être hypocrites, c’est-à-dire de faire peser des lois sur les autres, qu’eux-mêmes ne suivent pas. C’est pourquoi nous pouvons nous demander s’il n’y a pas dans nos communautés actuelles la résurgence de cette façon d’être, d’un pharisianisme en plein essor ? 

  • Ne suivez plus les pharisiens, dit Jésus  : « ils lient de pesants fardeaux et les mettent sur les épaules des hommes, alors qu’eux-mêmes se refusent à les remuer d’un doigt ».(Mt 23,4). « Devenez mes disciples, car Jésus est doux et humble de cœur », « …Il ne brisera pas le roseau froissé, il n’éteindra pas la mèche qui fume encore… » (Mt 12,20).
  • « Prenez sur vous mon joug », dit Jésus, « Il est facile à porter ». Par-là, le Christ ne se révèle pas laxiste, au contraire, il est plus exigeant que les pharisiens qui n’interrogeaient que la façade et les apparences. 

Le Christ interpelle le cœur, mais cette exigence est une exigence d’amour, elle n’écrase jamais personne. Et quand on aime on oublie le poids. Quelle libération ! Jésus vient donc nous libérer du poids de la religion, des interdits et des observances. Et comment entrer dans cette voie de libération, de l’intelligence de son identité, si nous ne sommes pas conduits par l’Esprit Saint ?

C’est l’intuition de la deuxième lecture de l’apôtre Paul aux Romains. Pour Paul certains mots n’ont pas la même signification que ceux de nos dictionnaires. Par exemple :

  • lorsque Paul parle de corps, il suppose l’homme dans son intégralité,
  • la chair est différente de ce qui est relatif au côté sexuel que nous connaissons : la chair signifie, chez lui, l’homme séparé de Dieu
  • L’Esprit opposé à la matière, veut dire l’homme uni à Dieu

Chez Paul transitent alors deux mondes : la chair et l’Esprit en lutte perpétuelle. Paul nous invite à être animés par l’Esprit. Ce n’est que dans cette mesure que nous comprendrons la vraie nature du Christ. Un Dieu Doux et Humble.

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA

HOMELIE DU 21 JUIN 2020

12ème dimanche du Temps Ordinaire 

Aujourd’hui nous sommes le 12ème dimanche du Temps Ordinaire, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du Livre du prophète Jérémie (20, 10-13)
  • Psaume 68, avec comme refrain : « Dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi ! »
  • Lecture de la première lettre de saint Paul aux Romains (5, 12-15)
  • Évangile de saint Matthieu (10, 26-33)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur.  Le thème central qui traverse les lectures et la méditation de ce douzième dimanche du Temps Ordinaire est : « N’ayez pas peur », appel à l’espérance, appel au courage prophétique.

Permettez-moi de vous remercier tous, car votre présence en ces lieux et par les temps qui courent, en est la fidèle expression.

Oui, Peuple de Dieu, notre univers traverse des moments durs. La Covid19, avec son corollaire de maux : morts, crise économique, peur de la contagion et angoisse du lendemain, le tout relayé par les sirènes d’une presse à catastrophe qui instrumentalise les peurs, les doutes et les angoisses.

Si nous sommes ici, c’est pour manifester notre adhésion à cet appel du Seigneur.

« N’ayez pas peur », même Jésus, qui nous rassemble aujourd’hui avait vécu dans cette dynamique. Il était déjà au cœur des conflits, mais lui qui est le Fils de Dieu nait dans des conditions précaires, dans une mangeoire. L’annonciation, la présentation aux Temples, étaient parsemées de conflits. Mais partout on a fait prévaloir le droit de Dieu. Jésus a montré dans sa vie cette audace prophétique. Il a pris position devant le pouvoir politique et religieux de son temps. Il a même utilisé l’extrême, la violence, la chicotte, tout cela pour faire régner le droit de Dieu, ce que les théologiens ont appelé une sainte colère.

Jésus a donc vécu le courage prophétique dans la juste ligne des prophètes. Comme Jérémie, dans la première lecture, le prophète de Dieu est pourchassé est persécuté par son entourage. Il est incompris les termes sont durs : « Dénoncez-le, allons le dénoncer…. ». Mais devant l’épreuve, le prophète de Dieu tient le fondement de son ministère, de sa mission dans la confiance de Dieu qu’il nomme le : « Guerrier redoutable », c’est-à-dire celui qui combat pour Dieu.

C’est Saint-Paul dans l’épître aux romains qui pointe finalement l’origine du conflit. C’est le péché, le péché qui a pour seul but de contrecarrer la volonté et le droit de Dieu. Paul affirme que la grâce de Jésus a surabondé sur le péché et le mal.

« N’ayez pas peur » « Ne craignez pas ce qui tue le corps ». Aujourd’hui, l’Eglise, notre monde compte sur votre courage prophétique. Si vous n’aviez pas osé la vie se serait arrêtée. Nous savons combien le temps du confinement a été, douloureux en raison du sevrage eucharistique. Aujourd’hui, ce qui tue le corps c’est la maladie, la souffrance, la peur, la décadence socio-économique. On a tellement peur que nous démissionnions dans le témoignage. Le témoignage s’affadit, il nous faut dans la lignée des prophètes, de dire que la vie encore possible, avec ou sans la covid19. Notre foi ne peut pas être mise en berne.

Aujourd’hui plus que jamais, la dimension du témoignage doit rayonner contre vents et marrées. Nous avons entendu dans l’évangile : « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux ». Nous sommes invités à dire la vérité dans un monde parsemé de contrevérités, à dénoncer le mal qui immobilise notre société, et nous-mêmes avons besoin de défier le mal, pour proposer des chemins d’amour. Défier le mal, passe avant tout, de nos jours, par briser les verrous de la peur, la peur d’être contaminé, la peur de reprendre la vie ordinaire alors que la covid19 n’a pas dit son dernier mot, la peur du statu quo et de l’immobilisme qui nous ont fiévreusement bercés au temps du confinement. Nous, chrétiens, sommes des Pèlerins de l’Espérance. Le Seigneur, dans son évangile, nous rassure de son soutien : « Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez plus que des moineaux ».

Chers Frères et Sœurs, pionniers de la reprise de nos églises, votre témoignage et votre présence, ici et maintenant, a quelque chose à nous dire, à dire à ce monde qui se meurt par la crise de l’espérance. La covi19 a exacerbé les peurs et les angoisses du lendemain, nous avons besoin d’en être exorcisés.

Soyez les « Jérémie des temps modernes »

qui vous accrochez à Dieu,

qui allez à contre-courant de l’ère du temps.

« Ne craignez pas »

Oui, je le sais. Oui je le vois, à travers vous,

à travers votre engagement

à travers votre courage prophétique

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA

Solennité du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ

Aujourd’hui nous sommes le dimanche du Saint-Sacrement, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du Livre du Deutéronome (8, 2-14b-16a)
  • Psaume 147, avec comme refrain : « Glorifie le Seigneur, Jérusalem ! »
  • Lecture de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens (10, 16-17)
  • Séquence
  • Évangile de saint Jean (6, 51-58)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur. Aujourd’hui l’Eglise Universelle célèbre la solennité du Saint-Sacrement, le Corps et le sang de Jésus Christ. Cette fête qui jadis était appelée la Fête Dieu, a pour but essentiel de mettre en exergue ce que les chrétiens et les catholiques en particulier ont de plus cher. Notre Dieu, réellement présent, vivant et agissant dans les espèces du pain et du vin consacré. En ce temps de confinement que nous venons de vivre, ce temps nous a permis d’ aiguiser en nous l’appétit de ce sacrement puisque nous en avons été sevrés.

En méditant les textes soumis à notre méditation, nous épinglons trois pistes de réflexions :

  1. L’Eucharistie : mémorial des bienfaits de notre Dieu.
  2. L’Eucharistie : Pain de l’unité et de communion
  3. L’Eucharistie : Pain sacré, nourriture puissante et indispensable.

Passons en revue les trois points précités :

  1. L’Eucharistie : mémorial des bienfaits de notre Dieu.

Ce que nous célébrons aujourd’hui est avant tout un mémorial, un souvenir vivant de l’œuvre de notre Salut que nous actualisons à chaque messe, conformément à cette recommandation de Jésus Christ : « faites ceci en mémoire de moi » et providentiellement, la première lecture débute par ces mots : « …souviens-toi ». Cette lecture du Deutéronome rappelle que Dieu a accompagné son peuple au désert, l’a abreuvé de l’eau du rocher, l’a rassasié d’un pain inconnu qu’ils nommèrent « Manne ». Cette Manne préfigurait déjà l’Eucharistie, ce pain de vie dont Jésus rappelle la nécessité pour nous dans l’Evangile. Il faut noter que lorsque le deutéronome a été rédigé, les hébreux avaient depuis longtemps quitté le désert et s’étaient établis en Palestine. Avec la stabilité et la prospérité accordées par le Seigneur, le peuple commençait à oublier tout ce que Dieu avait fait pour lui. C’est pourquoi le Seigneur, par l’entremise de Moïse lui rappelle ceci : « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert… N’oublie pas le Seigneur ton Dieu … lui qui, dans le désert t’a donné la manne » (Dt 8, 2-15).

Ce texte, aujourd’hui nous rappelle qu’un regard sur notre passé nous aide à reconnaître la présence de Dieu dans nos vies et nous permet d’envisager l’avenir avec confiance. L’Eucharistie, du grec « eukharistía » est une action de grâce, que nous faisons pour le don généreux de la vie de notre Dieu. Elle contient toutes les bontés du monde, puisqu’elle contient le Christ « si vous ne mangez pas le corps du fils de l’homme, vous n’aurez pas la vie en vous ».

  1. L’Eucharistie : Pain de l’unité et de communion

C’est dans l’enseignement que Saint-Paul dans la deuxième lecture de ce jour que nous voyons cela : « … la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain ». Il y a un lien, une corrélation entre ce que nous célébrons et ce que nous sommes. L’Eucharistie est le sacrement de la Communion. Elle pousse à l’intimité avec Dieu : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui » et elle nous invite à la charité fraternelle. De ce fait, ceux qui ne sont pas capables de communion ne devraient pas communier à ce repas. Ceux qui ne sont pas prêts à pardonner ne devraient normalement pas s’approcher de ce pain d’amour, d’unité et de sacrifice. Et, comme nous l’enseigne Paul, chacun de nous devrait s’examiner lui-même avant de manger de ce pain et de boire à cette coupe, car celui qui communie indignement au Corps et au Sang du Christ « mange et boit à sa propre condamnation » (1Co 11,28-29).

  1. L’Eucharistie : Pain sacré, nourriture puissante et indispensable

Dans l’Evangile de ce jour, Jésus nous rappelle que sans l’Eucharistie, nous ne pouvons pas avoir la Vie en nous : « Amen, amen, je vous le dis, si vous ne mangez pas la chair du Fils de l‘homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous-même » 5Jn 6,53).

Il est dommageable de voir encore aujourd’hui beaucoup de chrétiens catholiques se priver de ce repas vital pour des raisons purement égoïstes et parfois fantaisistes. Car, comme nous l’enseigne le catéchisme de l’Église Catholique (CEC), dans le Très Saint Sacrement de l’Eucharistie sont contenus vraiment, réellement et substantiellement le Corps et le Sang, conjointement avec l’âme et la divinité de Jésus Christ. 

Dans l’Eucharistie, nous avons ce même Jésus, comme jadis sur les routes de la Galilée, celui qui passait en faisant le bien. C’est le même qui a guéri les malades, le même qui a multiplié les pains, le même qui est ressuscité des morts.

Ainsi, quand nous venons à la messe, sommes-nous réellement conscients que nous venons rencontrer Dieu lui-même, Celui qui peut combler toutes nos faims ?

Pour conclure, la Fête Dieu, invite chacun de nous à faire un examen de conscience sur la place qu’occupe l’Eucharistie dans sa vie. Si elle est réellement le pain de notre vie, comme le souligne Jésus dans l’Evangile de ce jour, l’Eucharistie, alors, devrait rythmer toute notre vie. L’Eucharistie devrait se prolonger à travers l’adoration eucharistique que peu de chrétiens fréquentent malheureusement. Dieu est parmi nous et il désire nous rencontrer, mais nous l’enfermons souvent dans les tabernacles, prisonnier de son amour pour vaquer à nos occupations fussent-elles sublimes.

De plus, le mois de juin est traditionnellement retenu comme le mois du Sacré-Cœur et mois par excellence de la dévotion eucharistique.

Profitons donc de ce mois pour réactiver et enrichir davantage notre dévotion eucharistique :

« HEUREUX LES INVITES AUX REPAS DU SEIGNEUR »

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA

Solennité de la SAINTE TRINITE

HOMELIE DU 7 JUIN 2020

Père Chris GOMA

Aujourd’hui nous sommes le dimanche de la Sainte-Trinité, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du Livre de l’Exode (34, 4b-6.8-9)
  • Cantique (Daniel 3), avec comme refrain : « A toi, louange et gloire éternellement ! »
  • Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (13, 11-13)
  • Évangile de saint Jean (3, 16-18)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur.  Nous célébrons ce dimanche la solennité de la Sainte Trinité. La fin de la deuxième lecture de Saint Paul aux Corinthiens corrobore assurément avec ce mystère : « Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous ». Cela nous rappelle la salutation du prêtre au début de chaque Eucharistie. Le mot Trinité, qui est une formulation théologique qui n’est pas dans la Bible, mais la réalité qu’elle renferme l’est : « Dieu unique en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit ». 

C’est depuis 1233 qu’a été officialisée la célébration de cette solennité et le fait de la célébrer juste après la Pentecôte tient sans doute de ce qu’elle synthétise l’œuvre des trois personnes divines, tandis que le Temps Pascal a mis en valeur l’action de chaque personne. Le thème majeur qui parcoure les lectures de ce jour c’est l’Amour. Les textes nous font pénétrer dans ce mystère.

Dans la première lecture du livre de l’Exode, Dieu se manifeste à Moïse en prière. La Nuée est le signe de sa présence. Il se révèle, c’est-à-dire se dévoile et proclame son nom : YAYH : « … Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité ». C’est Dieu « Père » qui a créé l’homme et tout l’univers par amour. Il est proche de nous, ce n’est pas un Dieu abstrait et lointain. Moïse le reconnaît comme tel.

Dans l’Evangile, Jean présente cet amour incommensurable du Père qui se manifeste par le Don généreux de son Fils Unique pour sauver l’humanité. Si Dieu est Père, Jésus est le Sauveur et l’Esprit Saint le Sanctificateur. C’est donc Paul, dans la deuxième lettre aux Corinthiens, à travers sa formule trinitaire dont l’Eglise a héritée dans sa liturgie eucharistique, met en lumière que le Saint Esprit est le baiser infini du Père et du Fils. Autrement dit, Jésus nous a mérité la grâce de la Rédemption dont l’amour du Père est la source. L’Esprit Saint nous y fait communier. Cette intercommunication, cette communion des trois personnes divines est une invitation à vivre dans l’amour et la communion entre nous.

Peuple de Dieu ! dans la solennité de la Sainte Trinité, demandons à Dieu la grâce de bannir dans notre Communauté et dans notre monde les divisions, les scissions et les égoïsmes. Dans un moment où nous sommes appelés à la distanciation sociale et aux gestes barrières, que ce ne soit pas pour nous des occasions d’exacerber les peurs, les égoïsmes et les individualismes.

Gloire au Père qui a fait le plan d’Amour !

Au Christ Qui l’a réalisé

Et à l’Esprit Saint qui le communique.

                          DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

votre Frère,

Abbé Chris Brunel GOMA

Solennité de la PENTECÔTE


Aujourd’hui nous sommes le dimanche de la Pentecôte, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du Livre des Actes des Apôtres (2, 1-11)
  • Psaume 103, avec comme refrain : « Ô Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre ! »
  • Lecture de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens (12 , 3b-7. 12-13)
  • Séquence
  • Évangile de saint Jean (20, 19-23)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur. Avec la solennité de la Pentecôte nous reprenons officiellement les célébrations eucharistiques dans nos deux secteurs pastoraux. Quel symbolisme puisqu’elle correspond à la mise route de l’.Église ! C’est-à-dire Eglise dans le sens fort du mot latin  : « ecclesia », assemblée des fidèles du Christ disséminés à travers le monde. Jésus envoie son Esprit Saint sur ses disciples pour les disposer à la mission.

Dans la première lecture (AC 2, 1-11) nous est décrit de manière solennelle l’événement de la Pentecôte chrétienne. Prenant le contre-pied de la tour de Babel, le confinement des apôtres au Cénacle va sonner l’angélus de l’unité et de la diversité.

Nous lisons : « Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours après Pâques, ils se trouvaient réunis tous ensemble ». Respectant la consigne du Seigneur Jésus de ne pas quitter Jérusalem, le collège des apôtres élargi à quelques femmes, dont la Vierge Marie, est l’archétype d’un groupe de prière. L’accent, dans ce texte, est expressément mis sur leur communauté en prière. C’est donc à partir de ce noyau de base que va être semé et essaimé le grain de l’Evangile dans le monde, sous la mouvance du Saint Esprit. Quoi de plus éclairant que cette union et cette unité de ces hommes et ces femmes de foi, pour dessiner l’Eglise.

Peuple de Dieu, il faut savoir qu’à l’origine, la Pentecôte est une fête agricole juive, c’est-à-dire la commémoration du don de la loi au Sinaï, la Pentecôte chrétienne sera la fête du don de l’Esprit Dieu qui descend toujours pour secourir les hommes.

Rappelez-vous depuis ce cri divin devant Adam égaré : « Adam, où es-tu ? » (Gn 9,9) jusqu’à son intervention : « A Babel où le Seigneur descendit, pour voir la tour que bâtissaient les fils d’Adam » (Gn 11,5), Dieu n’a eu de cesse de rechercher l’homme enlisé dans les sables mouvants du monde. Tous ces moments historiques de ces descentes amorcées depuis le choix de Moïse par Yahvé, jusqu’à l’incarnation du Christ qui promet l’envoi du Saint Esprit, ont toujours été motivés par une quête inextinguible de Dieu pour l’homme.

La survenue de l’Église par Jésus Christ, s’inscrit dans cette optique du Salut. Envoyé par son Père dans le monde pour révéler la vérité et la vie, il est le chemin entre Dieu et les hommes, entre le Ciel et la terre. Le choix des apôtres par Jésus assure la continuité de l’œuvre salvifique. Cependant, pour mener à bien leur mission, ils doivent être soutenus par la force d’en haut. 

En reprenant la Bible, on peut lire des métaphores multiples et variées désignant l’Esprit Saint : (le vent, le souffle, l’eau, l’huile, l’éclair, la nuée, le feu, le tremblement de terre et comme aujourd’hui, les langues de feu ). La systématisation catéchétique dénombre les charismes en dons et fruits de l’Esprit.

Les dons de l’Esprit sont des dispositions permanentes qui insufflent la docilité à l’homme pour qu’il marche selon les impulsions de l’Esprit Saint. Ils sont sept : Sagesse, Intelligence, conseil, force, science, piété, crainte de Dieu. Tandis que les fruits de l’Esprit sont des perfections formées par le Saint Esprit dans l’homme sous la forme de prémices de la Gloire de Dieu, on en dénombre 10 : Charité, Joie, Paix, patience, longanimité, bonté, bénignité, mansuétude, fidélité, modestie, continence, Chasteté.

Chers Frères et Sœurs, il est important de savoir que toutes ces grâces mises au service de l’humain pour sa divinisation dépendent de sa disposition à les accueillir et à en vivre.

C’est notre prière pour chacun de vous,

pour vous les pionniers de la reprise,

vos familles et ceux de nos frères qui sont en communion avec nous :

« Ô Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre ! »

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA