REPRISE DE LA CELEBRATION DES MESSES

Message du Père Chris GOMA du 24 Mai 2020

Pourquoi et Comment ?

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, Paroissiens et Paroissiennes des secteurs pastoraux Castelnau et Margaux, vous êtes nombreux à vous demander quand nous allons pouvoir recommencer à fréquenter les églises et communier au corps et au sang du Christ. La décision a été prise depuis hier et nous peaufinons la logistique qui va avec. Dans le courant de la semaine prochaine nous aurons les indications nécessaires sur l’option prise pour reprendre nos Eucharisties à la Pentecôte.

Dès la sortie du confinement, l’EAP s’était retrouvée pour essayer d’anticiper sur l’éventuel retour. Nous nous sommes mis au travail et les décisions de l’État et du Diocèse qui venaient de sortir ont un peu corroboré dans le sens déjà amorcé. Aucun mérite de notre part, c’était juste une affaire de bon sens.

Avant d’entamer cette nouvelle ère, j’ai envie de vous dire que :

« pour reprendre, il faut comprendre et comprendre c’est apprendre »

Cette pandémie nous a tous contraints au confinement. Une expérience inédite faite d’ombres et de lumières. L’un de vous, au tout début, m’avait confié qu’il avait fait de cette période une retraite. 

Je vous convie maintenant, dans la mesure du possible,  à faire le bilan en famille, en fraternité pour définir les nouveaux sillons sur lesquels nous pouvons ensemencer cette nouvelle vie. Ce qui est sûr :

« rien ne saurait être comme avant »

Pour vous aider dans ce travail de relecture, cette épitaphe, que j’ai lue au cimetière de Listrac pendant mon service dans le confinement, peut nous aider et nous pouvons aussi en faire un nouveau projet : 

« J’ai aimé, je me suis donné, j’ai simplement servi »

Méditer sur le temps écoulé pour mieux emprunter les chemins nouveaux.

Rien de ce que nous faisons et vivons ne peut avoir d’intensité sans être habité par l’amour, le don de nous-mêmes et le service des autres. C’est la manière positive de vivre cette crise du Covid19 avec ses nombreuses restrictions qui semblent apparemment brider le naturel et obstruer l’humanité.

Qu’il s’agisse du confinement, des mesures barrières et de la distanciation sociale, toutes ces prescriptions, si elles ne sont pas bien comprises, vont galvaniser en nous les peurs des autres, les suspicions mutuelles et les individualismes.

La question à nous poser : « Sommes-nous assignés à toutes ces mesures pour nous protéger de quoi ? du virus ou des autres ? » 

Notre combat actuel n’est pas fratricide, mais sanitaire. La frontière est certes faible. Avec les meilleures intentions du monde on peut se tromper d’ennemi. Les mesures sanitaires prises contre le Covid19 n’ont pas de raison de nous vider de notre humanité : Le monde de demain ne sera plus comme avant, mais le monde de demain restera humain et fraternel.

C’est cela, notre espérance et nous voulons la partager avec tous. C’est ce que la foi chrétienne me donne à vous témoigner aujourd’hui.

D’ailleurs dans le confinement, nous avons découvert beaucoup de vertus familiales, telles la connaissance mutuelle, le service du Frère et l’approfondissement de la foi à travers la prière, l’engagement des Pater Familia (pères de famille) pour la liturgie familiale…

L’amour nous pousse à penser aux autres et à nous, en appliquant ainsi ces mesures de protection. L’engagement pour les autres, (je pense à tout le personnel soignant, les prêtres, les chauffeurs de camion du ravitaillement en biens nécessaires, ces vendeurs en grandes surfaces), aujourd’hui ces chrétiens, pionniers de la reprise, qui travaillent effectivement pour la relance ne font pas d’eux des héros, ni des immunisés contre le Covid19, ni des imprudents. Ce sont simplement des frères et des sœurs qui sont au service de Dieu et des leurs.

L’humanité ne peut pas s’arrêter parce que tout le monde a peur de tout le monde. Personne n’est à l’abri, aucun lieu n’est sans risque. Seulement c’est pourquoi, à la faveur de la reprise, nous respecterons et accompagnerons chacun d’entre vous dans son rythme. L’idéal pour nous est de ne perdre aucun d’entre nous.

Mon Confrère, le Père François a vécu à fond sa période de confinement. J’ai eu très mal au cœur de ne pas pouvoir lui rendre visite, parce que je voulais et le protéger et me protéger. Il est de mon devoir, même maintenant, de continuer à l‘accompagner dans cette nouvelle vie de manière prudente et généreuse.

« J’ai aimé, je me suis donné, j’ai simplement servi »

C’est dans cette trame que nous allons baliser ces chemins du retour.
L’EAP et moi-même, avons décidé d’une reprise en douceur, en faisant des choix parfois onéreux. Nous voulons relancer les messes à partir du week-end de la Pentecôte.
Au moment où je vous parle, nous attendons que le gouvernement statue sur le nombre de chrétiens à accueillir. D’ores et déjà nous vous encourageons, dans la mesure du possible, à vous inscrire auprès des équipes qui vont animer cette reprise avec sa panoplie de mesures.

Pour commencer, nous avons choisi quelques chapelles avec des messes fixes le week-end :

  • Samedi : une semaine sur deux, sera célébrée la messe à 18 h à Arsac ou à Castelnau
  • Dimanche : de façon fixe :
    • 9 H 30 à Sainte-Hélène
    • 11 H 00 à Margaux
    • 18 H 00 à Castelnau.

Les inscriptions se feront auprès du Curé ou de la Secrétaire, ou par Internet sur le site de la Conférence Épiscopale ; cette semaine autour de mercredi, le Chargé de la Liturgie vous donnera de plus amples informations.

Chers Frères et Sœurs, Peuple de Dieu ! Comme j’ai envie de vous redire :

« J’aime, je me donne et je sers simplement »

Voilà mon nouveau projet, voilà ma nouvelle vocation.

Que l’Esprit Saint, qui nous sera donné à la Pentecôte, impulse nos énergies pour la mission : Confinement, gestes barrières, distanciation sociale, ne sont pas là pour occulter la fraternité chrétienne, mais pour nous aider à nous protéger de l’ennemi commun et connu, le Covid 19 :

Aidons-nous en accompagnant nos Frères et sœurs dans la reprise 

Aidons-nous en admettant une nouvelle manière de penser 

et de vivre l’Eglise aujourd’hui.

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA  

HOMELIE DU 21 MAI 2020

Ascension du Seigneur

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Aujourd’hui nous sommes le Jeudi 21 Mai 2020, et nous fêtons la Solennité de l’Ascension du Seigneur, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du Livre des Actes des Apôtres (1, 1-11)
  • Psaume 46, avec comme refrain : « Dieu s’élève parmi les ovations, le Seigneur aux éclats du cor ! »
  • Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens (1, 17-23)
  • Évangile de saint Matthieu (28, 16-20)

Qu’avez-vous à regarder le ciel ?

Ce que nous fêtons au juste, c’est moins un départ qu’une autre présence de Jésus. Ne nous dit-il pas, au moment de nous quitter visiblement : Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde (Mt 28,20) ? Il est donc là, mais autrement et même plus intensément. Glorieux, agissant dans son Esprit qui nous le communique.

Quand un père de famille, un chef de groupe partent pour préparer une bonne place où passer les vacances, ce n’est pas un adieu. Ce départ réjouit même le cœur qui, déjà, rêve de beaux jours. Ainsi le Christ dit-il : Je m’en vais vous préparer une place, mais je reviendrai et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous soyez aussi (Jn 14, 3).

Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père (Jn 14, 28). Oui, seul l’amour peut vraiment vaincre cette indifférence pour le ciel.

Quant au danger de trahir la terre, il n’est pas grand lorsque les anges secouent les apôtres : Qu’avez-vous à rester là et regarder ainsi le ciel ? (Ac 1,11). Et Jésus, en ce jour, nous donne du travail plus que nous n’en pouvons faire : allez par le monde entier, proclamez la Bonne Nouvelle, chassez les démons, guérissez les malades… (Mc 16,15-18). Comment concilier le désir du ciel et nos responsabilités terrestres ? En prenant conscience que nous sommes en route. Je m’intéresse à tout ce qui fait cette route : j’y soutiens le faible qui marche avec moi… Mais je ne m’assieds pas sur le chemin pour y faire ma demeure.

A y regarder de près, nous célébrons à nouveau la fête de Pâques : le passage de la vie terrestre du Christ à sa vie glorieuse. Il est définitivement retiré aux apôtres. La présence exaltante des quarante jours fait désormais place à la présence patiente dans la seule foi.

Qu’est-ce à dire pour notre vie spirituelle ?

Qu’il ne faut pas creuser un fossé imaginaire entre l’Eglise terrestre et la céleste. Les deux sont étroitement unies : je suis en communion avec les saints tout comme le Christ est présent à notre monde. 

Première lecture : Ac 1,1-11

Nous lisons le commencement du livre des Actes des Apôtres, un ouvrage de Luc qui fait suite à son premier livre, son évangile. L’écrit est adressé à un certain Théophile, littéralement : « celui qui aime Dieu », dont on ne sait s’il est un personnage vrai ou un nom fictif désignant le lecteur pieux.

Après un bref résumé de son premier livre, résumé qu’il centre sur Jésus le ressuscité apparaissant aux Apôtres pendant quarante jours, Luc parle d’un repas que Jésus prenait avec eux. Les évangiles rapportent plusieurs repas du Christ avec ses Apôtres après sa résurrection, repas d’une densité toute particulière. Avec celui de la Cène, ils sont à l’origine de ces repas où les premiers chrétiens « rompaient le pain », et qui sont les premières liturgies chrétiennes.

Jésus donne aux Apôtres ses dernières instructions, l’ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre l’Esprit qu’il va leur envoyer. Cet événement est décrit comme un baptême : vous serez baptisés (mot à mot : plongés) dans l’Esprit Saint.

Les Apôtres lui demandaient : Est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël ? Sont-ils encore bloqués par une royauté temporelle de suprématie juive ? Il semble plutôt que perce ici la croyance des chrétiens primitifs en une venue très prochaine du Seigneur triomphal, et que la phrase : il ne vous appartient pas d’en connaître les délais – veut dissiper. Jésus veut orienter la jeune Eglise vers une mission dans toute la Judée et la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre, mission qui prendra un certain temps.

Luc décrit alors l’Ascension – il est le seul à le faire. Mais la description est une méditation théologique.

Jésus s’élève et disparaît dans une nuée. Être élevé : l’expression est théologique, elle exprime le triomphe du Christ. Paul, dans la deuxième lecture de ce jour, approfondira cet aspect. La nuée (pas un nuage) rappelle la présence réelle de Yahvé sur l’arche d’alliance, mais une présence que l’on ne peut capter ! Jésus reste parmi nous dans la sainte nuée de l’Evangile, des sacrements, de la foi.

Enfin deux hommes, des messagers célestes en vêtements blancs, reflets de la gloire de Dieu, invitent les Apôtres à ne pas regarder le ciel, mais à œuvrer pour le Royaume jusqu’à ce que Jésus vienne triomphalement de la même manière.

Le Christ, dans son humanité glorifiée, est auprès du Père et, en même temps, il demeure en nous. Je m’en vais et je viens vers vous (Jn 14,28). Par son départ il vient. Autrement. Et déjà nous pouvons résumer l’enseignement spirituel de ce récit :

Jésus n’est pas mort et puis c’est fini. Jésus est ressuscité en gloire, ainsi il est élevé, près du Père. Jésus élevé ne s’est pas distancé de nous. Dans son Esprit, il est présent d’une manière plus intense encore qu’au temps de son séjour en Palestine : Le voici présent dans son Eglise qui nous donne sa Parole, ses sacrements, la foi. Le départ visible du Christ est pour nous un appel à continuer son œuvre. Pas d’évasion, soyons ses témoins, ici et maintenant. Un jour le Christ viendra et nous fera participer pleinement à sa gloire et à son intimité avec le Père. 

Deuxième lecture : Ep 1,17-23

En une accumulation de titres et de prérogatives christologiques, Paul nous donne ici ce que Luc, dans la première lecture, avait désigné sous le bref : « Ils le virent s’élever ».

Pour le voir ainsi, pour le découvrir et le connaître vraiment, il faut la foi, une foi vive que Paul demande en une intense prière : Que le Père vous donne un esprit de sagesse, qu’il ouvre votre cœur à sa lumière.

Paul parle de force, de pouvoir, de vigueur qui entourent cette Ascension. Une véritable mise en œuvre. Une nouvelle création, faite par le Père quand il a ressuscité le Christ et qu’il l’a fait asseoir à sa droite dans les cieux (pour Paul, résurrection et ascension, c’est tout un). L’expression “Assis à la droite du Père” fait allusion à la coutume des rois d’associer l’héritier au gouvernement du royaume en le faisant asseoir à leur droite sur le trône, le trône d’où ils exerçaient, avec le plus de force, leur activité. Le Christ est donc établi, non dans un repos confortable, mais dans une activité intense qui s’étend à toutes les puissances et tous les êtres qui nous dominent, aussi bien dans le monde présent que dans le monde à venir. Christ est donc le chef de l’univers, du cosmos. Dieu lui a tout soumis.

Mais cette vision grandiose ne nous écrase pas, car nous sommes appelés à participer à cette glorification du Christ, à la gloire sans prix de l’héritage. Nous y avons droit, nous sommes héritiers, puisque fils et filles du Père.

Et puis, ce Christ élevé si haut au-dessus de tout, il reste près de nous comme tête de l’Eglise qui est son corps. Notre communauté est unie intiment à Jésus comme le corps l’est à sa tête, inséparablement. Comme il nous est proche ! L’Eglise – concrètement notre communauté – est l’accomplissement total du Christ, plus exactement sa plénitude, le lieu privilégié où il agit. 

Nous participons à la force, au pouvoir, à la vigueur du Christ de gloire.

Évangile : Mt 28,16-20

Les onze disciples (le douzième, Judas, s’était pendu) s’en allèrent en Galilée. A la montagne, celle des béatitudes où Jésus avait exposé son discours-programme, la montagne symbolique de la nouvelle Alliance, le nouveau Sinaï, là même où avait commencé le ministère de Jésus, là aussi commence celui de l’Eglise.

Quand ils virent Jésus glorieux, la divinité transparaissant dans tout son être, ils se prosternèrent, en signe d’adoration.

Mais certains eurent des doutes. Ils n’arrivent pas encore à croire à l’inouï. La petite phrase se perd ensuite dans l’ensemble du récit, mais elle suffit pour nous rappeler que la foi est lente, ardue. Quand l’un nage dans la mystique, l’autre patauge dans les difficultés de croire.

Jésus s’approcha d’eux. Il se fait si proche qu’il va leur communiquer quelque chose de lui-même. Le moment est solennel, indiqué par le il leur adressa la parole, littéralement “il parla en disant”. Quelque chose d’important se passe. Et, de fait, Jésus donne à ses disciples son testament spirituel. En trois vagues :

  • Il affirme son pouvoir : tout pouvoir m’a été donné. Depuis sa résurrection, Jésus a une nouvelle “fonction”. Le Père lui a confié le gouvernement du monde. Un pouvoir total. Sur tout : au ciel et sur la terre. Plus loin, il sera encore question de toutes les nations, de tous les jours. Jésus est, par sa résurrection, le Pantocrator, le chef de tout.

– Puis il délègue ses pouvoirs à son Église. Allez donc ! De toutes les nations (et non plus seulement du peuple juif) faites des disciples : préparez-les à la foi ; baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. On reconnaît facilement la formule avec laquelle on baptisait dès les temps apostoliques. Apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés, à vivre la foi intégralement.

  • Enfin Jésus leur promet sa constante assistance. Je vous quitte des yeux du corps, mais je suis avec vous tous les jours, non seulement avec vous, mes onze Apôtres, mais avec ceux qui vous suivront, avec l’Eglise d’aujourd’hui, avec l’Eglise de demain, jusqu’à la fin du monde.

L’évangile de Matthieu finit avec ces paroles. Pas un mot de l’Ascension. Ce qui intéresse l’évangéliste, c’est de savoir que la mission de Jésus est continuée. Ce qui lui importe, c’est de dire que le Christ, absent de corps, est présent dans son Église, invisiblement. Ce qu’il nous faut célébrer – et donc vivre – c’est notre propre envoi. 

« Pourquoi restez-vous là regarder vers le ciel ? » (Première lecture)

Allons, mettons-nous en route ! 

AMEN.!

Votre Frère 

Miguel Angel OLAVERRI

Évêque du Diocèse de Pointe Noire

CONGO BRAZZAVILLE

HOMELIE DU 17 MAI 2020

Père Chris GOMA

Célébration du 6ème dimanche de Pâques

Aujourd’hui nous sommes le Dimanche 17 Mai, Sixième Dimanche de Pâques, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du Livre des Actes des Apôtres (8, 5-8.14-17)
  • Psaume 65, avec comme refrain : « Terre entière acclame Dieu, chante le Seigneur ! »
  • Lecture de la première lettre de saint Pierre Apôtre (3, 15-18)
  • Évangile de saint Jean (14, 15-21)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, Paroissiens et Paroissiennes des secteurs pastoraux Castelnau et Margaux, le passage de l’évangile que la liturgie soumet à notre méditation en ce sixième dimanche de Pâques fait suite à celui de dimanche dernier. Il est un extrait du chapitre 14 de l‘évangile de saint Jean, lui-même faisant partie d’un ensemble plus vaste : le grand discours d’adieu prononcé par Jésus devant ses apôtres à la fin du dernier repas qu’il partageât avec eux ; alors qu’il sentait sa mort prochaine .
Jésus fit une série de promesses, dont la plus importante est celle de la venue proche du Saint-Esprit. C’est ainsi que l’on peut lire l’extrait de ce jour : « si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous » (Jn 14, 15-17).

Avec cette promesse d’un autre Paraclet, du grec « parakletos », c’est-à-dire « Défenseur », Jésus veut rassurer ses disciples sur sa capacité à assurer la continuité de sa mission sur la terre, même sans sa présence physique. Son absence sera comblée par une présence invisible mais tout aussi efficace et rassurante que la sienne. Ce sera celle de l’Esprit Saint, troisième personne de la Trinité.
Peuple de Dieu, Jésus le nomme Défenseur, Avocat, Bouclier, parce que sa tache sera de défendre ses disciples contre les assauts du Malin, avec la même intensité que lui-même. D’où l’expression « Autre Paraclet ». C’est ainsi qu’il nous faut aussi comprendre l’expression de l’évangile : « …Je ne vous laisserai pas orphelins… » (Jn 14, 18).

Dans la bible l’orphelin fait partie des catégories sociales les plus vulnérables à côté de la veuve et l’étranger. En s’exprimant ainsi le Maître dit en filagramme la nouvelle famille qu’il s’apprête à fonder par sa mort et sa résurrection ; à savoir l’Eglise, ne sera pas livrée au bon vouloir des forces visibles et invisibles qui ne manqueront pas de contrecarrer son action dans le monde. 

Oui, Chers Frères et Sœurs, l’Eglise sera en proie à la tribulation, mais elle ne pourra pas être écrasée grâce à cette Force en elle qui combattra pour elle et à cette Présence forte qui la protègera.

En effet, si depuis plus de deux millénaires l’Église tient bon, en dépit des multiples épreuves rencontrées au cours de son histoire, c’est grâce à la Force de l’Esprit Saint. Sans l’Esprit Saint, l’Eglise serait peut-être une grande O.N.G., un grand mouvement social qui n’aurait pas survécu jusqu’à ce jour.

Toutefois, cette présence de l’Esprit Saint dans l’Église ne peut s’exercer que grâce à un engagement de ses membres à prolonger l’action du Maître. C’est le sens de l’appel que Jésus fait à ses disciples : « garder ses commandements » (Jn 14, 15-16) en devenant chacun comme un alter Christus (autre Christ), en pratiquant ce qu’ils ont appris du Maître.

Cette fidélité est à comprendre comme un attachement à des valeurs qui doivent devenir manifestes dans toutes les circonstances, fussent-elles difficiles !
C’est dans ce contexte que l’apôtre Pierre appelle à : « …être prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous… » (P. 3, 15 deuxième lecture).

Oui, le chrétien doit à tout instant, par ses gestes et par ses paroles, manifester que c’est l’Esprit Saint qui le guide et l’inspire pour faire ce qui est juste et bon.

Puisse cet Esprit Saint continuer à assumer son rôle de Défenseur de l’Église, particulièrement en ce temps où les chrétiens sont sevrés d’Eucharistie,

Qu’Il assiste nos Pasteurs dans leur tâche de gouvernance

Et chaque membre dans son témoignage de vie.

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

HOMELIE DU 10 MAI 2020

Père Chris GOMA

Célébration du 5ème dimanche de Pâques

Aujourd’hui nous sommes le Dimanche 10 Mai, Cinquième Dimanche de Pâques, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du Livre des Actes des Apôtres (6, 1-7)
  • Psaume 22, avec comme refrain : « Que ton amour, Seigneur, soit sur nous, comme notre espoir est en toi ! »
  • Lecture de la première lettre de saint Pierre Apôtre (2, 4-9)
  • Évangile de saint Jean (14, 1-12)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, Paroissiens et Paroissiennes des secteurs pastoraux Castelnau et Margaux, l’évangile de ce dimanche nous ramène au soir du Jeudi Saint, on pourrait dire que ce sont les adieux du Christ à ses disciples bien qu’il s’agisse d’un peu moins que des adieux, mais seulement d’un aurevoir, puisque le Seigneur annonce son départ vers le Père.

Mais son enseignement se veut rassurant : « que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi ». Ce départ n’est pas un abandon ni une fuite. Jésus leur annonce qu’il va préparer la place dans la Maison de son Père.

 Cette annonce est une bonne nouvelle, un appel à l’Espérance. 

Mais, rien ne doit troubler l’Espérance des chrétiens, le Christ reste bien présent au milieu d’eux, Il est le Chemin, la Vérité et la Vie. C’est en passant par Lui que nous allons vers le Père : « Celui qui m’a vu a vu le Père » et il ajoute : « …je suis dans le Père et le Père est en moi ! ».
Cet évangile est un appel à l’Espérance, même si, comme ses disciples, nous sommes actuellement bouleversés par la pandémie du Covid 19, les incertitudes et les épreuves de la vie. 

Mais succomber au découragement serait pire que tout. Nous pouvons nous raccrocher aux paroles du psaume 32 de ce jour : « Dieu veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur espoir dans son amour », cela afin de dire inlassablement « croyez en moi ».
Ceci dit, le chemin qu’il nous montre n’est pas celui de la facilité, notre vie est un combat de tous les jours contre les forces du mal qui cherchent à nous entraîner vers des chemins de perdition, tels que : la course à l’argent, la violence, la haine, la rancune. Tout cela nous détourne du vrai but de notre vie.

En ce jour, nous pouvons prendre la peine de nous interroger : 

  • « Jésus est-il, le Chemin, la Vérité et la Vie pour nous ? » 
  • « Est-ce vraiment Lui que nous suivons ? »

Si ce n’est pas le cas, nous devons réentendre son appel : « Revenez à moi de tout votre cœur, convertissez-vous et croyez à l’Evangile ».

Puisse la Vierge Marie intercéder pour nous auprès de son Fils,

afin que nous soyons saints et véritables témoins de l’Amour de Dieu.

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Célébration du 4ème dimanche de Pâques

HOMELIE DU 3 MAI 2020

Père Chris GOMA

Aujourd’hui nous sommes le Dimanche 3 Mai, Quatrième Dimanche de Pâques, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du Livre des Actes des Apôtres (2, 14a.36-41)
  • Psaume 22, avec comme refrain : « Le Seigneur est mon Berger : rien ne saurait me manquer »
  • Lecture de la première lettre de saint Pierre Apôtre (2, 20b-25)
  • Évangile de saint Jean (10, 1-10)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, Paroissiens et Paroissiennes des secteurs pastoraux Castelnau et Margaux, après Jésus Pain de Vie, nous voici aujourd’hui découvrant le visage du Christ, Porte et Pasteur des brebis. Une chose est de donner à manger, nourrir en donnant sa chair pour nourriture, une autre est de conduire les croyants dans la marche vers la vie éternelle.
Dans l’évangile d’aujourd’hui, quatrième Dimanche de Pâques (Jean 10, 1 à 10), Jésus donne des règles de discernement pour reconnaître la figure du Bon Berger, du Vrai Berger, à ce titre il donne aussi des indices qui permettront de démasquer les voleurs, les bandits, disons les faux pasteurs.
Le Bon Pasteur respecte la nature des choses. Il entre par la porte de la bergerie, il vit une relation de communion avec ses brebis. Cette communion se manifeste par la connaissance mutuelle. C’est lui qui prend l’initiative de les appeler et il les appelle par leurs noms et ses brebis sont capables de reconnaître sa voix.
Le Bon Pasteur est à la tête du troupeau, il le guide en lui indiquant la bonne direction.
La reconnaissance vocale établit donc une relation intime entre le Seigneur et ses disciples, ce qui tranche notablement avec l’attitude des faux pasteurs. Ceux-ci n’ont pas de relation vraie et personnelle. Ils entrent dans la bergerie par des chemins détournés. Ils sont capables d’abandonner leur troupeau à la moindre menace. Les brebis ne devinent pas leurs voix.
L’autre caractéristique du Bon Pasteur, celle qui est la plus fondamentale, est celle de donner sa vie. C’est celle que nous vivons de façon plénière en ce temps de Pâques où Jésus fait don de lui-même à travers sa Passion Mort et Résurrection.
Par exemple en ce temps de crise de Covid 19, on voit que certains pasteurs, médecins et infirmiers ont littéralement sacrifié leur vie au service des malades.
C’est cela, en cette période être Bon Pasteur à la suite de Jésus.

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA  

Célébration du 3ème dimanche de Pâques

HOMELIE DU 26 AVRIL 2020

Père Chris GOMA

Aujourd’hui nous sommes le Dimanche 26 Avril 2020, Troisième Dimanche de Pâques, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du Livre des Actes des Apôtres (2, 14.22b-33)
  • Psaume 15, avec comme refrain : « Tu m’apprends, Seigneur le chemin de la vie »
  • Lecture de la première lettre de saint Pierre Apôtre (1, 17-21)
  • Évangile de saint Luc (24, 13-35)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, Paroissiens et Paroissiennes des secteurs pastoraux Castelnau et Margaux, en ce Troisième Dimanche de Pâques notre méditation portera essentiellement sur l’évangile de saint Luc, celui des disciples d’Emmaüs. Jésus est avec nous et nous montre le vrai chemin . C’est aussi l’histoire de chacun de nous. A travers un faisceau de rencontres, Jésus le Ressuscité amène ses deux disciples à le reconnaître et à en témoigner au monde.

  1. LA RENCONTRE DE JESUS A TRAVERS L’HISTOIRE DES HOMMES

 « …Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux…».(Lc. 24,15) 

Tout débute sur une route, la route des hommes, chemin de Dieu. Deux disciples anonymes (pour que chacun de nous puisse s’identifier à eux), font route vers un village du nom d’Emmaüs. Leur moral est au plus bas, ils sont désemparés, ils ressassent les mésaventures de leur histoire. Ils sont désespérés. Ils avaient mis leur confiance dans un Sauveur qui malheureusement a été tué et enterré depuis trois jours déjà : « …Nous espérions que c’était Lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé ». Rien ne les console, même pas les alertes des femmes et des autres disciples qui l’ont déclaré vivant. Pourtant c’est au cœur de leur détresse que Jésus rejoint ces deux anonymes, il s’invite dans leur histoire et les interroge : « De quoi discutez-vous en marchant ? ». Sous une forme de maïeutique socratique (l’art d’accoucher les idées par les questions), Jésus s’approprie la misère et les angoisses de ces hommes. Jésus ressuscité est aussi celui qui fait irruption dans l’histoire de notre monde.
En ce temps de grand désenchantement relatif au Covid 19, il fait route avec nous dans nos malheurs, nos détresses, nos angoisses de l’avenir. Il interroge notre monde sur ses choix et ses orientations. Même si avec l’avalanche des maux et des conséquences économiques impitoyables de ce temps, beaucoup se posent la question de la présence de Dieu. L’histoire des hommes n’est pourtant pas extérieure à celle de Dieu. Le Pape Jean Paul II disait dans une de ses encycliques, Redemptoris hominis : « la première route parcourue par l’Eglise est la route de l’homme ».

Jésus a parcouru la route de l’homme depuis l’Incarnation jusqu’à la Rédemption. C’est l’homme que nous sommes, qui est malheureusement toujours distrait devant cet inconnu qui fait route avec lui.

  1. LA RENCONTRE DE JESUS A TRAVERS LES SAINTES ECRITURES

« …Et partant de Moïse et de tous les prophètes, il leur interpréta dans toute l’Écriture ce qui le concernait. » (Lc. 24,27)

Le pèlerin inconnu de l’évangile ne va pas simplement cheminer avec eux, il va aussi interroger leur histoire. Alors que ceux-ci sont englués dans l’amertume et le désespoir, Jésus tente, à travers sa parole, de rallumer la flamme de joie dans leur cœur. Aucune inquiétude, aucun souci ne peut apaiser le cœur de l’homme, seule la Parole de Dieu ou encore notre vie éclairée par celle-ci peut y arriver. D’ailleurs, les disciples d’Emmaüs déclareront plus tard : « notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les écritures ? ». C’est ce qui fait dire déjà au Concile Vatican II dans Gaudium et spes : « le mystère de l’homme s’éclaire à travers le mystère du Verbe incarné».
Les questions que nous devons nous poser en ces moments de grande souffrance sont : 

  • « Dans quelle mesure la Parole de Dieu nous aide à relire spirituellement l’histoire de notre monde ?  
  • Comment interroge-t-elle les structures du péché qui régissent le mécanisme de notre humanité ? 
  • Dans quelle perspective cette Parole de Dieu nous dispose à accueillir et à protéger le Frère ? ».

La Parole de Dieu est aussi la clef de lecture pour mieux décrypter l’histoire de l’humanité. Elle raconte et éclaire l’histoire des hommes.

  1. LA RENCONTRE AVEC JESUS A TRAVERS L’EUCHARISTIE

« Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent… ». (Lc. 24,30)

Ce n’est que par la fraction du pain que les disciples d’Emmaüs reconnurent leur Maître. La longue pédagogie de Jésus n’avait pour but que de conduire ses disciples à le reconnaître. C’est donc dans l’Eucharistie qu’a lieu ce dévoilement, cette révélation. Pour conclure en résumé, le Seigneur est vraiment vivant, présent et agissant dans l’Eucharistie. C’est dans le don qu’il fait de lui-même à l’humanité que nous découvrons sa vraie identité.

D’ailleurs dans le concile de Vatican II les Pères synodaux font état de trois lieux de la présence de Dieu : « la Parole de Dieu, la Communauté et, de façon substantielle, l’Eucharistie ». 

Nous nous en rendons compte car le texte du récit des disciples d’Emmaüs a la même structure que nos messes, puisqu’il met en valeur les deux tables : la table de la Parole de Dieu et la table de l’Eucharistie. Jésus ressuscité se rend visible à nous dans l’Eucharistie.

« Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse ». (Lc. 24,29)

C’est dans le confinement de l’auberge que Jésus fait le sanctuaire de sa Présence à travers l’Eucharistie. Dans les temps que nous vivons, sans possibilité de participer à l’Eucharistie, puissions-nous prendre conscience de l’importance de ce sacrement ? 

Demandons à Dieu de faire de nos repas de famille un prélude à l’Eucharistie afin qu’ils nous unissent à Dieu et à nos frères.

  1. RENCONTRE DE JESUS DANS LA MISSION

« …Ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem ». (Lc. 24,33)

Le cheminement de nos deux fugitifs mués en pèlerins aboutit à la reconnaissance du Maître à la fraction du pain. Cette rencontre bouleversante

a le mérite de produire en eux la joie et le désir de témoigner. Ils font donc volteface, ils repartent à Jérusalem. L’heure de la mission est arrivée. Les disciples de Jésus ne peuvent pas faire autrement que de proclamer ce qu’ils ont vu. Le désespoir de la route d’Emmaüs n’est d’ores et déjà qu’un lointain souvenir, ce qui compte c’est la joie de cette rencontre transfigurante et la prise de conscience de la nouvelle ère qui s’ouvre à eux.
Jésus qui était mort est bien vivant, il est parmi nous, il s’est révélé à travers la fraction du pain, il faut inonder le monde de la Bonne Nouvelle de sa résurrection.
Le temps de Pâques consacre l’heure des témoins de la résurrection. 

Demandons au Seigneur la grâce de témoigner un jour de la rencontre gratifiante faite avec le Seigneur à travers les événements douloureux que nous sommes entrain de vivre.
L’histoire des hommes n’est pas extérieure à celle de Dieu, Jésus, le Ressuscité marche avec nous, il interroge notre histoire et l’éclaire par sa Parole. Il la façonne par sa présence et établit l’homme témoin de son œuvre à travers le monde.

Les disciples d’Emmaüs, c’est mon histoire, c’est ton histoire, c’est notre histoire, c’est l’histoire d’un 

DIEU QUI N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA » » 

HOMELIE DU 19 AVRIL 2020

Père Chris GOMA

Célébration du 2ème dimanche de Pâques

Dimanche de la Divine Miséricorde

Aujourd’hui nous sommes le Dimanche 19 Avril 2020, deuxième de Pâques, Dimanche de la Divine Miséricorde, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du Livre des Actes des Apôtres (2, 42-47)
  • Psaume 117, avec comme refrain : « Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour »
  • Lecture de la première lettre de saint Pierre Apôtre (1, 3-9)
  • Évangile de saint Jean (20, 19-31)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, Paroissiens et Paroissiennes des secteurs pastoraux Castelnau et Margaux, l’Eglise, notre mère, célèbre le dimanche de la Divine Miséricorde. Celui-ci a été institué par le Pape Jean-Paul II pour mettre l’accent sur Dieu, tellement miséricordieux qu’il nous a donné son Fils Jésus, comme Frère parmi les frères, et Enseignant de la Miséricorde de Dieu. 

L’évangile de saint Jean soumis à notre médication nous permet de mettre en valeur la figure de l’apôtre Thomas. Se serait-il rendu célèbre pour avoir douté de la résurrection de Jésus ?Thomas serait-il le modèle de l’incrédulité ?

A ses amis qui lui annoncent qu’ils ont vu le Seigneur il répond : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non je ne croirais pas ! ». 

Huit jours après, c’est-à-dire ce dimanche, Jésus fait une apparition en présence de Thomas qu’il prend au mot.
Encore une fois : n’y a-t-il que le doute dans la vie de Thomas, dans son esprit et dans ses pensées ? Pour nous aider à répondre à ces questions, trois réalités nous aideront à voir ce qu’il y a de positif dans ce bel apôtre qui nous vaut l’expression « être comme Saint-Thomas ».

  • Tout d’abord, l’esprit critique a toujours caractérisé l’apôtre Thomas. Il n’est pas naïf. Rappelons-nous le dialogue qui suit la Sainte Cène : Jésus dit : « quant au lieu où je vais, vous en savez le chemin ». Thomas l’interroge avec vivacité : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas, comment connaîtrons-nous le chemin ? » (Jean 14, 4-5).
  • Ensuite, Thomas ne s’enlise pas dans l’incrédulité puisqu’il en est sorti en faisant l’une des plus belles professions de foi de l’Ecriture : « Mon Seigneur et mon Dieu ».

On peut dire sans doute que c’est une étape du cheminement de sa foi. Thomas a donc converti son attitude avant même que Jésus l’invite à croire sans avoir vu.

  • Enfin, deux circonstances atténuantes valent à Thomas d’être pour nous un modèle de disciple. D’une part, Thomas nous permet de découvrir la réalité de la Divine Miséricorde que nous célébrons ce dimanche. Jésus apprécie ce qu’il y a de meilleur en Thomas, comme il sait apprécier ce qu’il y a de beau en chacun de nous au-delà de nos faiblesses. Dans notre processus de maturation de la foi, il nous prend à notre place et à notre niveau. D’autre part, les autres apôtres sont aussi fragiles que Thomas puisqu’ils ont peur de la persécution au point de se calfeutrer, de s’imposer un confinement jusqu’à la Pentecôte.

Ah oui !Peuple de Dieu, ils ont bien été confinés pendant 50 jours, non pour cause de Covid 19, mais par crainte. Inutile d’aller en ville pour risquer de subir les représailles ou le même sort que Jésus, malgré sa résurrection dont ils sont pourtant les témoins privilégiés.
Nous pouvons alors bien comprendre les bienfaits de la présence réconfortante de Jésus qui leur dit à trois reprise : « La paix soit avec vous ».

Oui ! Peuple de Dieu, c’est dans un contexte d’angoisse, c’est dans un climat anxiogène, que Jésus fortifie ses apôtres.

« La paix soit avec vous », puissions- nous prendre à notre compte ces paroles en ces temps difficiles.
Jésus nous dit : « La paix soit avec vous ». Nous qui sommes privés de la communion sacramentelle, nous qui pouvons être fragilisés par le doute dans notre cheminement de foi.
En cette période de confinement où la promiscuité peut susciter des tensions familiales qui contrastent avec la Divine Miséricorde, Jésus nous dit aussi : « La paix soit avec vous ».
Devant l’escalade de la mort de nos proches emportés par le Coronavirus, face à la souffrance morale et physique qui occulte la joie pascale, Jésus nous dit : « La paix soit avec vous ».


Que la résurrection de Notre Seigneur Jésus Christ allume en nous l’Espérance.

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA » » 

HOMELIE DU 12 AVRIL 2020

Père Chris GOMA

Célébration du Saint Jour de Pâques

Aujourd’hui nous sommes le Dimanche 12 Avril 2020, Saint Jour de Pâques, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du Livre des Actes des Apôtres (10, 34a.37-43)
  • Psaume 117, avec comme refrain : « Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et jour de joie »
  • Lecture de la lettre de saint Paul apôtres aux Corinthiens (5, 6b-8)
  • Séquence
  • Évangile de saint Jean (20, 1-9)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, Paroissiens et Paroissiennes des secteurs pastoraux Castelnau et Margaux, Monseigneur JAMES, notre Evêque a eu cette parole d’espérance à la faveur des fêtes de Pâques que nous célébrons : « Ne vous laissez pas voler la joie de Pâques ». Certes le contexte difficile dans lequel nous avons préparé et vécu cette fête de Pâques, peut suggérer cela. Les ondes de la mort, de la tristesse et du deuil qui traversent notre monde aujourd’hui peuvent malheureusement occulter la pertinence du message de Pâques : « Jésus est ressuscité ! Jésus est vivant ! ». La mort n’a pas eu raison de Lui, l’espérance a jailli du fond du tombeau.
L’évangéliste Jean nous rapporte l’évènement de la résurrection de Notre Seigneur. Nous nous rendons bien compte qu’elle n’est pas un reportage audiovisuel, mais bien plus une affaire de foi.
Marie-Madeleine, une femme, avec le cœur à la main est surtout demeurée fidèle à son Maître. Elle brave les ténèbres du matin pour aller au tombeau. C’est par la suite que Dieu va se servir de cette femme justement pour être « le témoin des témoins » de ses apôtres.

La résurrection de Jésus tranche nettement avec la conjoncture générale de l’époque qui faisait fi du témoignage des femmes. Avec la résurrection du Christ, c’est une femme qui en témoigne en premier auprès de ses disciples. Marie-Madeleine, la pécheresse qui avait trouvé grâce auprès de Dieu, va voir Pierre et Jean pour leur apporter la vérité de sa résurrection.
Nous sommes attentifs à l’attitude de Pierre et de Jean « le disciple que Jésus aimait ». Les deux se mettent en route. Le plus jeune court plus vite et arrive en premier. Il attend Pierre qui arrive à son tour et entre. Pierre est le symbole de l’Église, c’est lui le chef des Douze. C’est à ce titre qu’il pénètre en premier dans le tombeau. L’authentification a besoin d’être réalisée ou assurée par l’autorité ecclésiale. Jean va entrer à son tour et de lui il va être dit : « Il vit, et il crut ». Cela n’est pas dit en comparaison avec Pierre, puisque l’auteur sacré, en mettant en avant son attitude, voulait simplement montrer la primauté de Pierre sur les autres apôtres.
A travers le disciple Jean, il veut signifier son acquitté spirituel qui dénote de la perspicacité de son cœur. Jean, ne se faisait-il pas appeler dans son évangile : « le disciple que Jésus aimait » ? Il était dans une telle affinité avec le Maître, qu’il ne lui a pas fallu beaucoup de temps pour croire à sa résurrection. Rappelez-vous que le Jeudi saint, c’est lui qui s’était penché sur la poitrine du Maître pour battre à l’unisson de son cœur aimant. Au pied de la croix, c’est encore le disciple fidèle qui était là .
L’évangéliste d’une part, veut mettre ici en valeur, comme nous l’avons déjà dit, la primauté de Pierre et l’intimité, la fidélité et l’amour de Jean pour le Maître.

Ces deux paradigmes sont nécessaires pour entrer dans l’intelligence du mystère de Pâques. Comme nous l’avons dit plus haut, l’évènement de Pâques n’est pas un reportage audiovisuel, mais un évènement de foi. La seule preuve irréfutable de la résurrection est le tombeau vide. Cet évènement a en revanche une conséquence dans la vie de l’humanité, il va faire des disciples des témoins. Nous avons lu, dans la première lecture, dans la profession de foi de Pierre ceci : « …Dieu l’a ressuscité le troisième jour. Il lui a donné de se manifester, non pas à tout le peuple, mais à des témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts. Dieu nous a chargés d’annoncer au peuple et de témoigner que lui-même l’a établi juge des vivants et des morts ».
Aussi, pour comprendre le mystère de la résurrection, nous avons deux véhicules :

  • L’Eglise et la tradition incarnée par Pierre, 
  • L’amour, l’intimité et la fidélité misent en valeur par Jean.

Aujourd’hui, plus que jamais, la résurrection de Jésus échappe à l’entendement humain et beaucoup de gens s’aventurent dans les sciences occultes ou dans des démarches rationnelles et philosophiques pour essayer d’en percer le mystère. Peine perdue. Seuls, l’église et sa tradition, d’une part et l’intimité, l’affinité avec le Christ, d’autre part, peuvent nous aider à mieux appréhender le mystère de sa résurrection. 

Par ailleurs, s’il est vrai que Jésus est ressuscité et vivant, cette bonne nouvelle ouvre l’horizon de notre joie et de notre espérance. La souffrance et la mort ne peuvent jamais triompher. La vie a eu raison de la mort et nous avons besoin, comme chrétiens, d’être des témoins de cela surtout par les temps que nous vivons actuellement. Proclamer aujourd’hui que le Covid 19, avec son lot de malheurs, ne saurait engloutir notre foi et notre espérance. 

Ce Jésus, mort et ressuscité va renouveler la face de notre terre. Par le mérite de sa résurrection, il va délivrer notre monde de l’ombre de la mort, de la maladie et de la déchéance de tout bord.

CHRIST EST RESSUSCITE ! ALLELUIA ! 

CHRIST EST VIVANT ! ALLELUIA !

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA » » 

HOMELIE DU 10 AVRIL 2020

Père Chris GOMA

Célébration de la Passion

Vendredi Saint

Aujourd’hui nous sommes le Vendredi 10 Avril 2020, Vendredi saint, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du Prophète Isaïe (52, 13 à 53,12)
  • Psaume 30, avec comme refrain : « Ô Père en tes mains je remets mon esprit »
  • Lecture de la lettre aux Hébreux (4,14-16;5,7-9)
  • La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Jean (18, 1 à 19,42)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, Paroissiens et Paroissiennes des secteurs pastoraux Castelnau et Margaux, ce Vendredi Saint, l’Eglise, notre mère, nous convie à célébrer la Passion Mort de Notre Seigneur Jésus Christ.
Nous sommes invités à méditer sur la profondeur de l’Amour d’un Dieu qui se livre tout entier pour sauver l’humanité, en acceptant une mort ignoble sur la croix. Nous découvrons la croix comme l’instrument de supplice et de mort qui va devenir le symbole de notre vie et de notre salut.
Après avoir écouté ce récit émouvant de l’évangéliste Jean, on a du mal à trouver des mots pour méditer, on est plutôt tenté de l’accueillir dans une attitude de recueillement . C’est le propre de la liturgie de ce jour. On voudrait garder le silence, parcourir en mémoire les différentes étapes de ce qui peut ressembler à une dramaturgie du salut de l’humanité. 

Un étrange procès ! un procès ignoble !

La Passion du Christ est une histoire où se côtoient l’horreur et le sublime, a déchéance de l’homme et la grandeur de Dieu. En l’approfondissant, nous ne pouvons pas nous empêcher d’éprouver à la fois un sentiment d’indignation devant l’odieux procès qui aboutit à la condamnation d’un innocent et en même temps on ressent un profond respect et une immense gratitude envers le Fils de Dieu qui nous aime au prix de sa vie. On est sidéré par ce procès où des décisions hâtives et maladroites s’entremêlent avec leur couronnement par la condamnation de l’Innocent par excellence.

Chacun de nous est capable de se mirer à travers tous les personnages de ce récit pour savoir à qui il ressemble le plus :

  • A Judas, le traître qui choisit de trahir son Maître par un odieux baiser ? Le baiser un geste d’amour qui devient une consigne macabre.
  • Aux pharisiens qui, sous le prétexte de défendre les droits de Dieu, n’ont pas pu discerner qu’ils étaient en train de sacrifier le Messie de Dieu ? Étrange paradoxe.
  • A Pilate ou à Hérode qui ont trahi leur conscience en condamnant le Juste ? Ils ont préféré se débarrasser de Jésus, prophète gênant, plutôt que de perdre la faveur du peuple.
  • A Pierre qui, pour sauver sa peau, va renier par trois fois son Maître ?
  • Aux soldats qui, faute de trouver un chef d’accusation consistant sur Jésus, s’illustrent par la violence d’une cruauté inédite sur le Condamné ?
  • A la foule, inconsistante et ingrate qui passe facilement des acclamations aux accusations ? On pourrait croire que parmi les gens qui hurlaient contre Jésus, il y avait peut-être ceux qui avaient trouvé grâce et miséricorde auprès de lui.

A qui ressemblons-nous ?

  • A ceux qui ont conspiré contre Jésus ?
  • Ou plutôt à Jean ou à la trilogie des « Marie »  : (Marie la Mère de Jésus, Marie de Magdala ou Marie-Madeleine ?). Ces disciples fidèles et courageux qui accompagnent le Maître jusqu’à l’instant ultime.
  • A Joseph d’Arimathie, disciple plein d’empathie ainsi que, ou à Nicodème ? Disciple pharisien courageux qui se démarque de ses compères et qui vont tous les deux offrir à Jésus des funérailles dignes, alors qu’il n’était traité que comme un vulgaire bandit.

A qui ressemblons-nous ?

Bien aimés dans le Seigneur, la trame de la Passion Mort de Jésus Christ décrit à la fois la déchéance de l’humanité et la Gloire du Crucifié.
Le salut de l’humanité se consigne dans le drame de « l’Amour, non aimé » ². Chacun est et continue d’en être l’acteur et le spectateur.

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA » » 

HOMELIE DU 9 AVRIL 2020

Père Chris GOMA

Jeudi Saint

Aujourd’hui nous sommes le Jeudi 9 Avril 2020, jeudi saint, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du livre de l’Exode (12, 1-8.11-14)
  • Psaume 115, avec comme refrain : « La coupe de bénédiction est communion au sang du Christ »
  • Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (11,23-26)
  • Évangile de saint Jean (13, 1-15)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, Paroissiens et Paroissiennes des secteurs pastoraux Castelnau et Margaux, la célébration de ce jeudi saint ouvre officiellement le Triduum Pascal. C’est au cours de cette célébration que le peuple de Dieu fait mémoire de la Sainte Cène, le dernier repas avec les disciples, dont le Christ a voulu faire celui de l’alliance nouvelle conclue dans son sang, c’est pourquoi il a institué l’Eucharistie, mémorial du sacrifice qu’il offrirait le lendemain sur la croix.
Au cours de son dernier repas il institue l’Eucharistie et donc le sacerdoce, Jésus pose un geste particulier (…alors il se mit à laver les pieds de ses disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à a ceinture ».  Ce geste souligne que le prêtre est un homme dédié au service de ses frères. Il s’agit du lavement des pieds qui revêt en lui-même une grande portée symbolique, celle du service que les baptisés et pas seulement les prêtres, doivent se rendre les uns aux autres au nom de leur participation au sacerdoce du Christ : « … Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres… ».

L’évangile de Jean d’où est tiré le récit de cette messe nous dit d’entrée de jeu que : « …Jésus ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout ». Cet amour est bien au-delà du simple service fraternel, il met dans ses gestes tout l’amour qu’il avait pour ses amis, car c’est parce que Jésus aime ses disciples qu’i peut s’agenouiller devant eux pour leur laver les pieds. Pour servir, il faut aimer. Pour aimer il faut être prêt à servir. C’est au nom de l’amour que nous aussi, nous sommes amenés à poser des gestes de service cordial vis-à-vis de nos frères.

Il faut nous rappeler que laver les pieds d’une personne était l’activité dévolue aux esclaves dans l’Orient ancien. Lorsque Jésus pose ce geste, il ne peut que déconcertée tout bon juif connaissant sa place de Rabbit dans la Société de l’époque. C’est pourquoi Pierre, à juste titre, désapprouve et s’oppose donc à ce que Jésus s’incline devant lui. Mais Jésus le reprend, lui faisant comprendre que dans la nouvelle famille des enfants de Dieu, il en sera désormais ainsi : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. ». D’ailleurs, le Pape François disait dans son homélie de ce soir : « si je ne laisse pas le Seigneur être mon serviteur, je n’entrerai pas dans le Royaume des Cieux ». C’est une interpellation pour faire comprendre qu’au sein des disciples le service doit être une culture. Un modus vivendi, en obligeant Pierre, le premier des disciples à accepter cela, Jésus veut insinuer que même ceux qui occupent des postes à responsabilités doivent se comporter comme des serviteurs et non comme des patrons.

Peuple de Dieu, Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, l’Eglise est le lieu où le service doit être rendu par tous, sans distinction, afin d’avoir part à la communion avec le Christ. On ne peut pas revendiquer le titre de Disciple du Christ si l’on n’est pas prêt à s’incliner devant ses frères pour les servir et se mettre à leur niveau.  C’est ce que nous rappelle le travail des prêtres dans nos communautés et en ce jour anniversaire du sacerdoce, je retrouve l’action de grâce de tout ce qu’ils font pour nous et pour nos communautés à travers les paroles du Psaume 115 : « Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? J’élèverai la Coupe du Salut, j’invoquerai le nom du Seigneur ».

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA