Dimanche des Rameaux

ENTRÉE MESSIANIQUE

(Mt 21, 1-11)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    Jésus et ses disciples, approchant de Jérusalem,
arrivèrent en vue de Bethphagé,
sur les pentes du mont des Oliviers.
Alors Jésus envoya deux disciples
            en leur disant :
« Allez au village qui est en face de vous ;
vous trouverez aussitôt une ânesse attachée
et son petit avec elle.
Détachez-les et amenez-les moi.
    Et si l’on vous dit quelque chose,
vous répondrez :
‘Le Seigneur en a besoin’.
Et aussitôt on les laissera partir. »
    Cela est arrivé pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète :
    Dites à la fille de Sion :
Voici ton roi qui vient vers toi,
plein de douceur,
monté sur une ânesse et un petit âne,
le petit d’une bête de somme.

    Les disciples partirent
et firent ce que Jésus leur avait ordonné.
    Ils amenèrent l’ânesse et son petit,
disposèrent sur eux leurs manteaux,
et Jésus s’assit dessus.
    Dans la foule, la plupart étendirent leurs manteaux sur le chemin ;
d’autres coupaient des branches aux arbres
et en jonchaient la route.
    Les foules qui marchaient devant Jésus et celles qui suivaient
criaient :
« Hosanna au fils de David !
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !
Hosanna au plus haut des cieux ! »
    Comme Jésus entrait à Jérusalem,
toute la ville fut en proie à l’agitation,
et disait :
« Qui est cet homme ? »
    Et les foules répondaient :
« C’est le prophète Jésus,
de Nazareth en Galilée. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

PREMIÈRE LECTURE

« Je n’ai pas caché ma face devant les outrages, je sais que je ne serai pas confondu » (Is 50, 4-7)

Lecture du livre du prophète Isaïe

Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples,
pour que je puisse, d’une parole,
soutenir celui qui est épuisé.
Chaque matin, il éveille,
il éveille mon oreille
pour qu’en disciple, j’écoute.
    Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille,
et moi, je ne me suis pas révolté,
je ne me suis pas dérobé.
    J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient,
et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe.
Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats.
    Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ;
c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages,
c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre :
je sais que je ne serai pas confondu.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 21 (22), 8-9, 17-18a, 19-20, 22c-24a)

R/ Mon Dieu, mon Dieu,
pourquoi m’as-tu abandonné ?
 (Ps 21, 2a)

Tous ceux qui me voient me bafouent,
ils ricanent et hochent la tête :
« Il comptait sur le Seigneur : qu’il le délivre !
Qu’il le sauve, puisqu’il est son ami ! »

Oui, des chiens me cernent,
une bande de vauriens m’entoure.
Ils me percent les mains et les pieds ;
je peux compter tous mes os.

Ils partagent entre eux mes habits
et tirent au sort mon vêtement.
Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin :
ô ma force, viens vite à mon aide !

Tu m’as répondu !
Et je proclame ton nom devant mes frères,
je te loue en pleine assemblée.
Vous qui le craignez, louez le Seigneur.

DEUXIÈME LECTURE

« Il s’est abaissé : c’est pourquoi Dieu l’a exalté » (Ph 2, 6-11)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens

Le Christ Jésus,
    ayant la condition de Dieu,
ne retint pas jalousement
le rang qui l’égalait à Dieu.

    Mais il s’est anéanti,
prenant la condition de serviteur,
devenant semblable aux hommes.

Reconnu homme à son aspect,
    il s’est abaissé,
devenant obéissant jusqu’à la mort,
et la mort de la croix.

    C’est pourquoi Dieu l’a exalté :
il l’a doté du Nom
qui est au-dessus de tout nom,

    afin qu’au nom de Jésus
tout genou fléchisse
au ciel, sur terre et aux enfers,

    et que toute langue proclame :
« Jésus Christ est Seigneur »
à la gloire de Dieu le Père.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 26, 14 – 27, 66)

Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus.
Pour nous, le Christ est devenu obéissant,
jusqu’à la mort, et la mort de la croix.
C’est pourquoi Dieu l’a exalté :
il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom.
Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus. (cf. Ph 2, 8-9)

La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Matthieu

Les sigles désignant les divers interlocuteurs son les suivants :
X = Jésus ; L = Lecteur ; D = Disciples et amis ; F = Foule ; A = Autres personnages.


    L. En ce temps-là,
    l’un des Douze, nommé Judas Iscariote,
se rendit chez les grands prêtres
    et leur dit :
D. « Que voulez-vous me donner,
si je vous le livre ? »

L. Ils lui remirent trente pièces d’argent.
    Et depuis, Judas cherchait une occasion favorable
pour le livrer.
    Le premier jour de la fête des pains sans levain,
les disciples s’approchèrent et dirent à Jésus :
D. « Où veux-tu que nous te fassions les préparatifs
pour manger la Pâque ? »
    L. Il leur dit :
X.  « Allez à la ville, chez un tel,
et dites-lui :
‘Le Maître te fait dire :
Mon temps est proche ;
c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque
avec mes disciples.’ »
    L. Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit
et ils préparèrent la Pâque.

    Le soir venu,
Jésus se trouvait à table avec les Douze.
    Pendant le repas, il déclara :
X.  « Amen, je vous le dis :
l’un de vous va me livrer. »
    L. Profondément attristés,
ils se mirent à lui demander, chacun son tour :
D. « Serait-ce moi, Seigneur ? »
    L. Prenant la parole, il dit :
X.  « Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi,
celui-là va me livrer.
    Le Fils de l’homme s’en va,
comme il est écrit à son sujet ;
mais malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré !
Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! »
    L. Judas, celui qui le livrait,
prit la parole :
D. « Rabbi, serait-ce moi ? »
L. Jésus lui répond :
X.  « C’est toi-même qui l’as dit ! »

    L. Pendant le repas,
Jésus, ayant pris du pain
et prononcé la bénédiction,
le rompit et, le donnant aux disciples, il dit :
X.  « Prenez, mangez :
ceci est mon corps. »
    L. Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce,
il la leur donna, en disant :
X.  « Buvez-en tous,
    car ceci est mon sang,
le sang de l’Alliance,
versé pour la multitude
en rémission des péchés.
    Je vous le dis :
désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne,
jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, avec vous
dans le royaume de mon Père. »

    L. Après avoir chanté les psaumes,
ils partirent pour le mont des Oliviers.
    Alors Jésus leur dit :
X.  « Cette nuit,
je serai pour vous tous une occasion de chute ;
car il est écrit :
Je frapperai le berger,
et les brebis du troupeau seront dispersées.

    Mais, une fois ressuscité,
je vous précéderai en Galilée. »
    L. Prenant la parole, Pierre lui dit :
D. « Si tous viennent à tomber à cause de toi,
moi, je ne tomberai jamais. »
    L. Jésus lui répondit :
X.  « Amen, je te le dis :
cette nuit même, avant que le coq chante,
tu m’auras renié trois fois. »
    L. Pierre lui dit :
D. « Même si je dois mourir avec toi,
je ne te renierai pas. »
L. Et tous les disciples dirent de même.

    Alors Jésus parvient avec eux
à un domaine appelé Gethsémani
et leur dit :
X.  « Asseyez-vous ici,
pendant que je vais là-bas pour prier. »
    L. Il emmena Pierre,
ainsi que Jacques et Jean, les deux fils de Zébédée,
et il commença à ressentir tristesse et angoisse.
    Il leur dit alors :
X.  « Mon âme est triste à en mourir.
Restez ici et veillez avec moi. »
    L. Allant un peu plus loin,
il tomba face contre terre en priant,
et il disait :
X.  « Mon Père,
s’il est possible,
que cette coupe passe loin de moi !
Cependant, non pas comme moi, je veux,
mais comme toi, tu veux. »
    L. Puis il revient vers ses disciples
et les trouve endormis ;
il dit à Pierre :
X.  « Ainsi, vous n’avez pas eu la force
de veiller seulement une heure avec moi ?
    Veillez et priez,
pour ne pas entrer en tentation ;
l’esprit est ardent,
mais la chair est faible. »
    L. De nouveau, il s’éloigna et pria, pour la deuxième fois ; il disait :
X.  « Mon Père,
si cette coupe ne peut passer
sans que je la boive,
que ta volonté soit faite ! »
    L. Revenu près des disciples,
de nouveau il les trouva endormis,
car leurs yeux étaient lourds de sommeil.
    Les laissant, de nouveau il s’éloigna
et pria pour la troisième fois,
en répétant les mêmes paroles.
    Alors il revient vers les disciples et leur dit :
X.  « Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer.
Voici qu’elle est proche, l’heure
où le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs.
    Levez-vous ! Allons !
Voici qu’il est proche, celui qui me livre. »

    L. Jésus parlait encore,
lorsque Judas, l’un des Douze, arriva,
et avec lui une grande foule
armée d’épées et de bâtons,
envoyée par les grands prêtres et les anciens du peuple.
    Celui qui le livrait leur avait donné un signe :
D. « Celui que j’embrasserai, c’est lui :
arrêtez-le. »
    L. Aussitôt, s’approchant de Jésus, il lui dit :
D. « Salut, Rabbi ! »
L. Et il l’embrassa.
    Jésus lui dit :
X.  « Mon ami, ce que tu es venu faire, fais-le ! »
L. Alors ils s’approchèrent,
mirent la main sur Jésus et l’arrêtèrent.
    L’un de ceux qui étaient avec Jésus,
portant la main à son épée,
la tira, frappa le serviteur du grand prêtre,
et lui trancha l’oreille.
    Alors Jésus lui dit :
X.  « Rentre ton épée,
car tous ceux qui prennent l’épée
périront par l’épée.
    Crois-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père ?
Il mettrait aussitôt à ma disposition
plus de douze légions d’anges.
    Mais alors, comment s’accompliraient les Écritures
selon lesquelles il faut qu’il en soit ainsi ? »
    L. À ce moment-là, Jésus dit aux foules :
X.  « Suis-je donc un bandit,
pour que vous soyez venus vous saisir de moi,
avec des épées et des bâtons ?
Chaque jour, dans le Temple, j’étais assis
en train d’enseigner,
et vous ne m’avez pas arrêté. »
    L. Mais tout cela est arrivé
pour que s’accomplissent les écrits des prophètes.
Alors tous les disciples l’abandonnèrent
et s’enfuirent.

    Ceux qui avaient arrêté Jésus
l’amenèrent devant Caïphe, le grand prêtre,
chez qui s’étaient réunis les scribes et les anciens.
    Quant à Pierre, il le suivait à distance,
jusqu’au palais du grand prêtre ;
il entra dans la cour et s’assit avec les serviteurs
pour voir comment cela finirait.
    Les grands prêtres et tout le Conseil suprême
cherchaient un faux témoignage contre Jésus
pour le faire mettre à mort.
    Ils n’en trouvèrent pas ;
pourtant beaucoup de faux témoins s’étaient présentés.
Finalement il s’en présenta deux,
    qui déclarèrent :
A. « Celui-là a dit :
‘Je peux détruire le Sanctuaire de Dieu
et, en trois jours, le rebâtir.’ »
    L. Alors le grand prêtre se leva et lui dit :
A. « Tu ne réponds rien ?
Que dis-tu des témoignages qu’ils portent contre toi ? »
    L. Mais Jésus gardait le silence.
Le grand prêtre lui dit :
A. « Je t’adjure, par le Dieu vivant,
de nous dire si c’est toi qui es le Christ,
le Fils de Dieu. »
    L. Jésus lui répond :
X.  « C’est toi-même qui l’as dit !
En tout cas, je vous le déclare :
désormais vous verrez lFils de l’homme
siéger à la droite du Tout-Puissant
et venir sur les nuées du ciel. »
    L. Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, en disant :
A. « Il a blasphémé !
Pourquoi nous faut-il encore des témoins ?
Vous venez d’entendre le blasphème !
    Quel est votre avis ? »
L. Ils répondirent :
F. « Il mérite la mort. »
    L. Alors ils lui crachèrent au visage
et le giflèrent ;
d’autres le rouèrent de coups
    en disant :
F. « Fais-nous le prophète, ô Christ !
Qui t’a frappé ? »

    L. Cependant Pierre était assis
dehors dans la cour.
Une jeune servante s’approcha de lui et lui dit :
A. « Toi aussi, tu étais avec Jésus, le Galiléen ! »
    L. Mais il le nia devant tout le monde et dit :
D. « Je ne sais pas de quoi tu parles. »
   L. Une autre servante le vit sortir en direction du portail
et elle dit à ceux qui étaient là :
A. « Celui-ci était avec Jésus, le Nazaréen. »
    L. De nouveau, Pierre le nia en faisant ce serment :
D. « Je ne connais pas cet homme. »
    L. Peu après, ceux qui se tenaient là
s’approchèrent et dirent à Pierre :
A. « Sûrement, toi aussi, tu es l’un d’entre eux !
D’ailleurs, ta façon de parler te trahit. »
    L. Alors, il se mit à protester violemment et à jurer :
D. « Je ne connais pas cet homme. »
L. Et aussitôt un coq chanta.
    Alors Pierre se souvint de la parole que Jésus lui avait dite :
« Avant que le coq chante,
tu m’auras renié trois fois. »
Il sortit et, dehors, pleura amèrement.

 Le matin venu,
tous les grands prêtres et les anciens du peuple
tinrent conseil contre Jésus
pour le faire mettre à mort.
    Après l’avoir ligoté,
ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate, le gouverneur.

    Alors, en voyant que Jésus était condamné,
Judas, qui l’avait livré, fut pris de remords ;
il rendit les trente pièces d’argent
aux grands prêtres et aux anciens.
    Il leur dit :
D. « J’ai péché en livrant à la mort un innocent. »
L. Ils répliquèrent :
A. « Que nous importe ?
Cela te regarde ! »
    L. Jetant alors les pièces d’argent dans le Temple,
il se retira et alla se pendre.
    Les grands prêtres ramassèrent l’argent et dirent :
A. « Il n’est pas permis de le verser dans le trésor,
puisque c’est le prix du sang. »
    Après avoir tenu conseil,
ils achetèrent avec cette somme le champ du potier
pour y enterrer les étrangers.
    Voilà pourquoi ce champ est appelé jusqu’à ce jour
le Champ-du-Sang.
    Alors fut accomplie la parole prononcée par le prophète Jérémie :
Ils ramassèrent les trente pièces d’argent,
le prix de celui qui fut mis à prix,
le prix fixé par les fils d’Israël,
    et ils les donnèrent pour le champ du potier,
comme le Seigneur me l’avait ordonné.    

    L. On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur,
qui l’interrogea :
A. « Es-tu le roi des Juifs ? »
L. Jésus déclara :
X.  « C’est toi-même qui le dis. »
    L. Mais, tandis que les grands prêtres et les anciens l’accusaient,
il ne répondit rien.
    Alors Pilate lui dit :
A. « Tu n’entends pas tous les témoignages portés contre toi ? »
    L. Mais Jésus ne lui répondit plus un mot,
si bien que le gouverneur fut très étonné.
    Or, à chaque fête, celui-ci avait coutume de relâcher un prisonnier,
celui que la foule demandait.
    Il y avait alors un prisonnier bien connu, nommé Barabbas.
    Les foules s’étant donc rassemblées,
Pilate leur dit :
A. « Qui voulez-vous que je vous relâche :
Barabbas ? ou Jésus, appelé le Christ ? »
    L. Il savait en effet que c’était par jalousie qu’on avait livré Jésus.
    Tandis qu’il siégeait au tribunal,
sa femme lui fit dire :
A. « Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste,
car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. »
    L. Les grands prêtres et les anciens poussèrent les foules
à réclamer Barabbas
et à faire périr Jésus.
    Le gouverneur reprit :
A. « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? »
L. Ils répondirent :
F. « Barabbas ! »
    L. Pilate leur dit :
A. « Que ferai-je donc de Jésus
appelé le Christ ? »
L. Ils répondirent tous :
F. « Qu’il soit crucifié ! »
    L. Pilate demanda :
A. « Quel mal a-t-il donc fait ? »
L. Ils criaient encore plus fort :
F. « Qu’il soit crucifié ! »
    L. Pilate, voyant que ses efforts ne servaient à rien,
sinon à augmenter le tumulte,
prit de l’eau et se lava les mains devant la foule,
en disant :
A. « Je suis innocent du sang de cet homme :
cela vous regarde ! »
    L. Tout le peuple répondit :
F. « Son sang, qu’il soit sur nous et sur nos enfants ! »
    L. Alors, il leur relâcha Barabbas ;
quant à Jésus, il le fit flageller,
et il le livra pour qu’il soit crucifié.
    Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans la salle du Prétoire
et rassemblèrent autour de lui toute la garde.
    Ils lui enlevèrent ses vêtements
et le couvrirent d’un manteau rouge.
    Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne,
et la posèrent sur sa tête ;
ils lui mirent un roseau dans la main droite
et, pour se moquer de lui, ils s’agenouillaient devant lui en disant :
F. « Salut, roi des Juifs ! »
    L. Et, après avoir craché sur lui, ils prirent le roseau,
et ils le frappaient à la tête.
    Quand ils se furent bien moqués de lui,
ils lui enlevèrent le manteau,
lui remirent ses vêtements,
et l’emmenèrent pour le crucifier.

    En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène,
et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix de Jésus.
    Arrivés en un lieu dit Golgotha,
c’est-à-dire : Lieu-du-Crâne (ou Calvaire),
    ils donnèrent à boire à Jésus du vin mêlé de fiel ;
il en goûta, mais ne voulut pas boire.
    Après l’avoir crucifié,
ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort ;
    et ils restaient là, assis, à le garder.
    Au-dessus de sa tête
ils placèrent une inscription indiquant le motif de sa condamnation :
« Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. »
    Alors on crucifia avec lui deux bandits,
l’un à droite et l’autre à gauche.

    Les passants l’injuriaient en hochant la tête ;
    ils disaient :
F. « Toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours,
sauve-toi toi-même, si tu es Fils de Dieu,
et descends de la croix ! »
    L. De même, les grands prêtres se moquaient de lui
avec les scribes et les anciens, en disant :
    A. « Il en a sauvé d’autres,
et il ne peut pas se sauver lui-même !
Il est roi d’Israël :
qu’il descende maintenant de la croix,
et nous croirons en lui !
    Il a mis sa confiance en Dieu.
Que Dieu le délivre maintenant,
s’il l’aime !
Car il a dit :
‘Je suis Fils de Dieu.’ »
    L. Les bandits crucifiés avec lui l’insultaient de la même manière.

    À partir de la sixième heure (c’est-à-dire : midi),
l’obscurité se fit sur toute la terre
jusqu’à la neuvième heure.
    Vers la neuvième heure,
Jésus cria d’une voix forte :
X.  « Éli, Éli, lema sabactani ? »,
L. ce qui veut dire :
X.  « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
    L. L’ayant entendu,
quelques-uns de ceux qui étaient là disaient :
F. « Le voilà qui appelle le prophète Élie ! »
    L. Aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge
qu’il trempa dans une boisson vinaigrée ;
il la mit au bout d’un roseau,
et il lui donnait à boire.
    Les autres disaient :
F. « Attends !
Nous verrons bien si Élie vient le sauver. »
    L. Mais Jésus, poussant de nouveau un grand cri,
rendit l’esprit

(Ici on fléchit le genou et on s’arrête un instant)

    Et voici que le rideau du Sanctuaire se déchira en deux,
depuis le haut jusqu’en bas ;
la terre trembla et les rochers se fendirent.
    Les tombeaux s’ouvrirent ;
les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent,
    et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus,
ils entrèrent dans la Ville sainte,
et se montrèrent à un grand nombre de gens.
    À la vue du tremblement de terre et de ces événements,
le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus,
furent saisis d’une grande crainte et dirent :
A. « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! »

    L. Il y avait là de nombreuses femmes qui observaient de loin.
Elles avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir.
    Parmi elles se trouvaient Marie Madeleine,
Marie, mère de Jacques et de Joseph,
et la mère des fils de Zébédée.

    Comme il se faisait tard, arriva un homme riche, originaire d’Arimathie,
qui s’appelait Joseph,
et qui était devenu, lui aussi, disciple de Jésus.
    Il alla trouver Pilate pour demander le corps de Jésus.
Alors Pilate ordonna qu’on le lui remette.
    Prenant le corps,
Joseph l’enveloppa dans un linceul immaculé,
    et le déposa dans le tombeau neuf
qu’il s’était fait creuser dans le roc.
Puis il roula une grande pierre à l’entrée du tombeau
et s’en alla.
    Or Marie Madeleine et l’autre Marie étaient là,
assises en face du sépulcre.

    Le lendemain, après le jour de la Préparation,
les grands prêtres et les pharisiens
s’assemblèrent chez Pilate,
    en disant :
A. « Seigneur, nous nous sommes rappelé
que cet imposteur a dit, de son vivant :
‘Trois jours après, je ressusciterai.’
Alors, donne l’ordre que le sépulcre soit surveillé
jusqu’au troisième jour,
de peur que ses disciples ne viennent voler le corps
et ne disent au peuple :
‘Il est ressuscité d’entre les morts.’
Cette dernière imposture serait pire que la première. »
    L. Pilate leur déclara :
A. « Vous avez une garde.
Allez, organisez la surveillance comme vous l’entendez ! »

    L. Ils partirent donc
et assurèrent la surveillance du sépulcre
en mettant les scellés sur la pierre et en y plaçant la garde.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Dimanche des Rameaux

Détails
-Le lapin gris, bien habillé (classiquement, couleurs neutres) veut se fondre dans la masse.
Le lapin bleu, lui, a tout pour qu’on le remarque ; des lunettes roses, une casquette rouge, il crie en couleurs vives, histoire qu’on le voie bien. Il n’a pas l’air d’avoir une vie modèle, puisqu’il vient de vider une bouteille, que ses dents montrent que sa nourriture n’est pas équilibrée, et le voici qui compromet l’autre par des paroles pas très flatteuses.
Questions
-Le lapin gris l’ignore par le geste (il tourne le dos et fait un serment de sa main droite) ainsi que par sa parole (je ne connais pas cet homme)
-Combien de fois est-ce que je ressemble au lapin gris lorsque la discussion s’engage sur le Christ, l’Eglise, le pape… dans un terrain hostile ?
-Je n’aime pas qu’on m’ignore. Me suis-je déjà posé la question des sentiments du Christ quand j’agis comme ça envers lui, alors qu’il est parfait et personne ne peut avoir quelque chose à lui reprocher ?

5ème Dimanche de Carême

Détails

-Ce lapin emberlificoté est Lazare dans son tombeau que Jésus vient de ressusciter. Il est embaumé et se prend les bandelettes dans une branche qui pousse dans le tombeau.

-Ce dessin pourrait être une représentation du purgatoire. Le purgatoire est un état (pas un lieu) où on a fait le choix de Dieu à la mort… seulement, on n’est pas assez prêt pour le voir tout de suite, lui, la Sainteté absolue (sur le dessin, c’est la lueur à droite)

-Le lapin est tendu vers l’avant, oreilles comprises (la lueur, c’est la Résurrection), son désir de voir Dieu est là, et il sera exaucé après ce temps de purification. Il a l’air bien impatient.

-Il y a encore des choses qui le retiennent (les bandelettes) qui sont surtout des non-pardons ou la prise de conscience de tout ce qu’il aura fait de mal durant son existence terrestre. Ici, c’est un petit rien qui empêche le lapin d’aller plus loin, toujours est-il que ce petit rien est bien là…

Questions

-Jésus demande qu’on le délie, mais ne le fait pas lui-même. Je suis capable de lier ou délier une personne. Sans doute aurai-je à demander pardon à ceux que j’ai blessés, réparant ainsi un affront, et je serai alors l’instrument qui déliera  et libèrera l’autre.

-Pourquoi ne pas commencer aujourd’hui ? Ca sera ça de moins à faire plus tard, et je pourrai alors foncer vers la Lumière sans être retenu par quoi que ce soit.

5ème dimanche de Carême Année Liturgique A

MEDITATION DU 29 MARS 2020 

Père François KABONZO 

Voici les lectures proposées à notre méditation : 

Lecture du livre d’Ezékiel (37, 12-14) : « Dieu ouvre nos tombeaux et fait souffler l’Esprit de vie sur les hommes. » 

Psaume 129(130) avec ses deux refrains au choix : « Auprès du Seigneur est la grâce, la pleine délivrance » ou bien : « Mets en nous ton esprit Seigneur, fais-nous sortir de nos tombeaux » 

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains (8 8-11) : « L’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus habite en vous. » 

Évangile selon saint Jean (11, 1-45) : « Moi, je suis la résurrection et la vie. » 

« Ce cinquième dimanche de Carême nous encourage à ouvrir nos multiples tombeaux et à accueillir le souffle de l’Esprit de vie qui se répand sans cesse. Car avec la résurrection du Christ, nous ne sommes plus sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en nous (Romains 8, 8). » [Commentaire de Karem Bustica dans Prions en Eglise, page 206.] 

L’évangile proclamé vendredi dernier à la veillée de prière sur le parvis de la basilique Saint-Pierre, était celui de la tempête apaisée (Marc 4, 35-41). Dans la tempête et les vagues qui montent, pas d’affolement. Avec Jésus à nos côtés nous n’avons pas à avoir peur. Il est notre force, notre bouclier. 

Reprenons ici ce qu’a dit la féminine voix off  ce vendredi-là : « La tempête que nous vivons manifeste notre vulnérabilité… Nous n’avons pas été arrêtés par des injustices, nous avons suivi notre chemin en pensant que nous étions sains dans un monde malade. En réalité, tu nous appelles à séparer le superflu du nécessaire ». 

Que représente ce superflu pour moi ? Qu’est-ce que je considère comme nécessaire ? 

Dans l’évangile selon saint Luc (10, 40-41), nous lisons : « Seigneur, ma sœur me laisse seule à faire le service, dis-lui donc de m’aider », le Seigneur répondit à Marthe : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses, une seule est nécessaire, Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée ». Pendant que Marthe, en bonne maîtresse de maison s’activait à la cuisine, Marie, la contemplative était assise aux pieds du Seigneur, elle s’abreuvait de sa parole. Marie, prière, contemplation, Marthe, action, service, s’adonner à des activités utiles. 

Chacun de nous a à la fois Marthe et Marie en lui, tantôt l’une, tantôt l’autre. Il faut absolument prendre le temps de se tenir chaque jour en présence de Dieu, comme Marie… quand on a beaucoup travaillé, comme Marthe. C’est le « ora et labora » (prie et travaille) de la Règle de saint Benoît. 

Aujourd’hui, les deux sœurs sont confrontées à la mort. La mort de leur frère Lazare. Elles ont envoyé dire à Jésus : « celui que tu aimes est malade ». « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu… », dit Jésus à ses disciples et il tarde deux jours là où il se trouvait. 

Au moment où Jésus arrive à Béthanie, Lazare son ami, est mort depuis quatre jours. Marthe, tout en affirmant sa foi dans la résurrection finale, ne sait pas encore que Jésus a la puissance de rendre la vie aux morts, bien plus, qu’il est lui-même la résurrection et la vie (Jean 11, 25) : « Moi, je suis la résurrection et la vie, tout homme qui vit et croit en moi ne mourra jamais, celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. Crois-tu cela ? ». Marthe, la croyante fait une profession de foi, une des plus belles de l’évangile. Elle professe en Jésus le Fils de Dieu, le Maître de la vie, dès maintenant et pour toujours : « Oui, Seigneur,  tu es le Messie,  je le crois, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde ». Marthe vient de passer du savoir (je sais, je sais) au croire (je le crois). Croire en Jésus, Messie et Fils de Dieu, c’est déjà commencer à ressusciter, c’est avoir en soi la vie éternelle que la mort physique elle-même ne peut anéantir. 

Notre Seigneur a des sentiments humains, il est bouleversé d’une émotion profonde, mais en lui la confiance absolue en son Père l’emporte sur le chagrin. Une fois la pierre enlevée du tombeau, Jésus rend grâce à son Père qui l’a toujours exaucé. Il tire Lazare du sommeil de la mort en criant d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ». C’est le réveil de Lazare. La parole de Jésus fait vivre. Lazare a eu en quelque sorte un supplément de vie terrestre, il est revenu à sa vie antérieure. «  A la vue de ce signe, beaucoup d’entre les juifs crurent en lui… mais quelques-uns allèrent trouver les pharisiens pour leur raconter ce que Jésus avait fait » (Jean 11, 46). 

 
C’est donc ce miracle qui a signé l’arrêt de mort de Jésus. Placé juste avant la Passion, le réveil de Lazare préfigure la mort de Jésus et ce que sera sa résurrection. Lazare représente l‘homme pécheur écrasé sous le poids de la mort. Par la foi et le baptême, l’homme peut accéder à la vie nouvelle et éternelle de celui qui est la résurrection et la vie. Lazare est encore et toujours un être mortel, il mourra une seconde fois. Jésus, lui, sortira immortel à Pâques, délivré à jamais de la mort. En lui la vie aura triomphé. 

 
« Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu ».  « Ne t’ai-je pas dit ?Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu.» ? Pour Jésus, la seule chose qui compte, c’est la gloire de Dieu, mais pour voir la gloire de Dieu, il faut la foi. 
« Lazare, notre ami, est mort et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. » « Si j’ai parlé, c’est pour cette foule qui est autour de moi, afin qu’ils croient que tu m’as envoyé. »  « Oui Seigneur, tu es le Messie, je le crois, tu es le fils de Dieu, celui qui vient dans le monde.» 
Puissions-nous partager la foi de Marthe et dire à notre tour au Seigneur : « Oui Seigneur, tu es le Messie, tu es le Fils de Dieu, nous le croyons. » 

Excellente montée vers Pâques. 

Père François KABONZO, 

 Votre Vicaire. 

5ème Dimanche de Carême

PREMIÈRE LECTURE

« Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez » (Ez 37, 12-14)

Lecture du livre du prophète Ézékiel

Ainsi parle le Seigneur Dieu :
Je vais ouvrir vos tombeaux
et je vous en ferai remonter,
ô mon peuple,
et je vous ramènerai sur la terre d’Israël.
    Vous saurez que Je suis le Seigneur,
quand j’ouvrirai vos tombeaux
et vous en ferai remonter,
ô mon peuple !
    Je mettrai en vous mon esprit,
et vous vivrez ;
je vous donnerai le repos sur votre terre.
Alors vous saurez que Je suis le Seigneur :
j’ai parlé
et je le ferai
– oracle du Seigneur.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 129 (130), 1-2, 3-4, 5-6ab, 7bc-8)

R/ Près du Seigneur est l’amour,
près de lui abonde le rachat.
 (Ps 129, 7bc)

Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur,
Seigneur, écoute mon appel !
Que ton oreille se fasse attentive
au cri de ma prière !

Si tu retiens les fautes, Seigneur,
Seigneur, qui subsistera ?
Mais près de toi se trouve le pardon
pour que l’homme te craigne.

J’espère le Seigneur de toute mon âme ;
je l’espère, et j’attends sa parole.
Mon âme attend le Seigneur
plus qu’un veilleur ne guette l’aurore.

Oui, près du Seigneur, est l’amour ;
près de lui, abonde le rachat.
C’est lui qui rachètera Israël
de toutes ses fautes.

DEUXIÈME LECTURE

« L’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus habite en vous » (Rm 8, 8-11)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères,
    ceux qui sont sous l’emprise de la chair
ne peuvent pas plaire à Dieu.
    Or, vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair,
mais sous celle de l’Esprit,
puisque l’Esprit de Dieu habite en vous.
Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas.
    Mais si le Christ est en vous,
le corps, il est vrai, reste marqué par la mort à cause du péché,
mais l’Esprit vous fait vivre, puisque vous êtes devenus des justes.
    Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts
habite en vous,
celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts
donnera aussi la vie à vos corps mortels
par son Esprit qui habite en vous.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Je suis la résurrection et la vie » (Jn 11, 1-45)

Gloire à toi, Seigneur,
gloire à toi. 

Moi, je suis la résurrection et la vie, dit le Seigneur.
Celui qui croit en moi ne mourra jamais.
Gloire à toi, Seigneur,
gloire à toi.
 (cf. Jn 11, 25a.26)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

    En ce temps-là,
    il y avait quelqu’un de malade,
Lazare, de Béthanie,
le village de Marie et de Marthe, sa sœur.
    Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur
et lui essuya les pieds avec ses cheveux.
C’était son frère Lazare qui était malade.
    Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus :
« Seigneur, celui que tu aimes est malade. »
    En apprenant cela, Jésus dit :
« Cette maladie ne conduit pas à la mort,
elle est pour la gloire de Dieu,
afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »
    Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare.
    Quand il apprit que celui-ci était malade,
il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait.
    Puis, après cela, il dit aux disciples :
« Revenons en Judée. »
    Les disciples lui dirent :
« Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider,
et tu y retournes ? »
    Jésus répondit :
« N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ?
Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas,
parce qu’il voit la lumière de ce monde ;
    mais celui qui marche pendant la nuit trébuche,
parce que la lumière n’est pas en lui. »
    Après ces paroles, il ajouta :
« Lazare, notre ami, s’est endormi ;
mais je vais aller le tirer de ce sommeil. »
    Les disciples lui dirent alors :
« Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. »
    Jésus avait parlé de la mort ;
eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil.
    Alors il leur dit ouvertement :
« Lazare est mort,
    et je me réjouis de n’avoir pas été là,
à cause de vous, pour que vous croyiez.
Mais allons auprès de lui ! »
    Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),
dit aux autres disciples :
« Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »

    À son arrivée,
Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.
    Comme Béthanie était tout près de Jérusalem
– à une distance de quinze stades
(c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –,
    beaucoup de Juifs étaient venus
réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère.
    Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus,
elle partit à sa rencontre,
tandis que Marie restait assise à la maison.
    Marthe dit à Jésus :
« Seigneur, si tu avais été ici,
mon frère ne serait pas mort.
    Mais maintenant encore, je le sais,
tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. »
    Jésus lui dit :
« Ton frère ressuscitera. »
    Marthe reprit :
« Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection,
au dernier jour. »
    Jésus lui dit :
« Moi, je suis la résurrection et la vie.
Celui qui croit en moi,
même s’il meurt, vivra ;
    quiconque vit et croit en moi
ne mourra jamais.
Crois-tu cela ? »
    Elle répondit :
« Oui, Seigneur, je le crois :
tu es le Christ, le Fils de Dieu,
tu es celui qui vient dans le monde. »

    Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie,
et lui dit tout bas :
« Le Maître est là, il t’appelle. »
    Marie, dès qu’elle l’entendit,
se leva rapidement et alla rejoindre Jésus.
    Il n’était pas encore entré dans le village,
mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré.
    Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie
et la réconfortaient,
la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ;
ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer.
    Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus.
Dès qu’elle le vit,
elle se jeta à ses pieds et lui dit :
« Seigneur, si tu avais été ici,
mon frère ne serait pas mort. »
    Quand il vit qu’elle pleurait,
et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi,
Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé,
    et il demanda :
« Où l’avez-vous déposé ? »
Ils lui répondirent :
« Seigneur, viens, et vois. »
    Alors Jésus se mit à pleurer.
    Les Juifs disaient :
« Voyez comme il l’aimait ! »
    Mais certains d’entre eux dirent :
« Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle,
ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »

    Jésus, repris par l’émotion,
arriva au tombeau.
C’était une grotte fermée par une pierre.
    Jésus dit :
« Enlevez la pierre. »
Marthe, la sœur du défunt, lui dit :
« Seigneur, il sent déjà ;
c’est le quatrième jour qu’il est là. »
    Alors Jésus dit à Marthe :
« Ne te l’ai-je pas dit ?
Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
    On enleva donc la pierre.
Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit :
« Père, je te rends grâce
parce que tu m’as exaucé.
    Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ;
mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure,
afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. »
    Après cela, il cria d’une voix forte :
« Lazare, viens dehors ! »
    Et le mort sortit,
les pieds et les mains liés par des bandelettes,
le visage enveloppé d’un suaire.
Jésus leur dit :
« Déliez-le, et laissez-le aller. »
    Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie
et avaient donc vu ce que Jésus avait fait,
crurent en lui.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Solennité de l’Annonciation du Seigneur

HOMELIE DU 25 MARS 2020

Père Chris GOMA

Aujourd’hui nous sommes le 25 Mars 2020, solennité de l’Annonciation du Seigneur, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du livre du prophète Isaïe, (7, 10-14 ; 8,10)
  • Psaume 39, avec comme refrain : « Me voici Seigneur, je viens faire ta volonté »
  • Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Hébreux (10, 4-10)
  • Evangile de saint Luc  (1, 26-38) .

C’est une journée particulière pour notre diocèse, le diocèse de Bordeaux :

  • 9 h 00 – célébration par Mgr JAMES de l’eucharistie en direct, 
  • 12 h 00 – Notre Père en communion avec le Pape François et le le monde 
  • 15 h 30 – Chapelet en direct de Lourdes (KTO ou RCF) 
  • 19 h 30 – En communion avec la conférence épiscopale : allumer des bougies sur nos fenêtres et sonner les cloches des églises, quand c’est possible. 

Cela dit, entrons dans le vif du sujet, dans la méditation de l’évangile de ce jour.

Peuple de Dieu , Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, paroissiens et paroissiennes des secteurs pastoraux Castelnau et Margaux, l’Eglise, notre mère célèbre aujourd’hui l’Annonciation du Seigneur. Elle fait partie des mystères joyeux. Celui-ci rapporte la bonne nouvelle de l’ange Gabriel à Marie  « elle va concevoir et enfanter un fils, celui qui sera le Sauveur de l’humanité.

L’évangile soumis à notre méditation est riche d’enseignements. Nous allons étayer notre réflexion sur les thèmes de la disponibilité et de la responsabilité de Marie.
En effet,  lorsque l’ange, le messager de Dieu, s’invite dans la vie de Marie, nous pouvons dire qu’il vient comme à l’improviste et de manière importune.  En ce sens que Marie était, : 

« … Une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David appelé Joseph … ». Dieu se fraie un passage dans sa vie rangée de jeune fille de Nazareth. Dieu sollicite Marie à éclater son cœur aux dimensions du monde : « Tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus ». Demande impertinente pour celle qui avait déjà un avenir conjugal tracé. Elle avait dévolu son cœur à Joseph. Marie est appelée à une grande et noble mission pour l’humanité. Dieu veut sauver l’homme, il doit passer par l’homme. 

Notre Dieu est-il dans une démarche arbitraire ? Comment peut-il donner la mission d’être mère à une jeune fille promise en mariage ? Nous savons que ce Dieu-là est celui qui prépare Marie à devenir la digne demeure de son fils. Nous l’avons entendu déjà à travers la salutation en ces termes : « Je te salue, Comblée-de grâce, le Seigneur est avec toi  ».

De plus, notre Dieu n’est pas dans l’ordre de l’arbitraire, puisqu’il va finalement demander l’avis de Marie. Notre Dieu nous éduque à la responsabilité. Le mérite de Marie est bien cette responsabilité-là. La voie tracée, c’est dans sa capacité à trouver dans son cœur et dans sa vie comblée la place pour l’œuvre de Dieu. Ne dit-on pas : « Dieu premier servi » ? Ne chantons-nous pas dans un cantique que Marie est la première sur le chemin de la foi ? « La première en chemin, Marie tu nous entraînes à risquer notre « oui » aux imprévus de Dieu. Et voici qu’est semée en argile incertaine de notre humanité Jésus Christ fils de Dieu. »

Donc, comme je le disais, c’est dans sa capacité à obéir à la volonté de Dieu que s’élabore la noblesse et la valeur de Marie. Son « fiat », c’est-à-dire son « oui » témoignent de sa disponibilité à assumer la mission de Dieu. Sa grandeur s’évalue dans la prise en compte de cette responsabilité. Celle-ci dépasse ses intérêts personnels et égoïstes. Marie éclate son cœur aux dimensions du monde : « Voici la servante du seigneur que tout advienne selon ta parole ».

La réponse de Marie était si décisive que l’évangéliste Luc dit juste après « Alors, l’ange la quitta ». 

C’est comme si la terre et le ciel étaient suspendus aux lèvres de Marie.

C’est une réponse responsable au sens plénier du mot dans son acception latine : res (chose) et pendere (pendre porter). Autrement dit : porter quelque chose sur soi.

Le mérite de Marie, c’est sa foi, sa disponibilité et son accueil du dessein bienveillant et éternel de Dieu. Marie y coopère par son « oui ». Elle sacrifie ses propres projets et ambitions. Elle renonce à elle-même et s’efface.

Les questions que nous devons nous poser aujourd’hui sont :

  • Sommes-nous capables d’arrimer nos volontés à la fantaisie et aux imprévus de Dieu ? 
  • Sommes-nous prêts à sacrifier une part de nos vies si compartimentées à ‘œuvre de Dieu ?
  • Sommes-nous disposés à faire valoir les droits de Dieu dans notre monde ponctué par le jeu des intérêts individualistes et égoïstes ? ».

C’est l’effort à faire aujourd’hui en célébrant cette solennité de l’Annonciation du Seigneur.
Les temps sont durs, nous le savions. Le Covid19, a,  sans nul doute, la même impertinence que le message de l’ange à Marie. De même que l’Annonciation va bouleverser beaucoup de choses dans le monde, le Covid19 arrive maintenant à changer l’ordre mondial.

L’équilibre mondial « en a pris un coup », les manières de vivre et d’être se contextualisent. 

Sommes-nous préparés à accueillir cette nouveauté qui se dessine devant nous ?

Prenons-nous suffisamment conscience de notre responsabilité dans cette nouvelle économie mondiale à travers le respect des consignes et des engagements actuels ? 

Apprenons-nous à devenir plus solidaires que solitaires face au devenir de notre humanité ?

Peuple de Dieu,

l’ange arrive dans la vie de Marie et change la vie de l’humanité,

Le coronavirus redéfinit les cartes de notre monde :

rien ne sera plus comme avant.

Pour ne pas perdre le cap, nous devons, demander au Seigneur, par l’intercession de Marie, la grâce de la disponibilité et de la responsabilité de la foi et du service.

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère,

Abbé Chris Brunel GOMA

4ème Dimanche de Carême

PREMIÈRE LECTURE

David reçoit l’onction comme roi d’Israël (1 S 16, 1b.6-7.10-13a)

Lecture du premier livre de Samuel

En ces jours-là,
    le Seigneur dit à Samuel :
« Prends une corne que tu rempliras d’huile, et pars !
Je t’envoie auprès de Jessé de Bethléem,
car j’ai vu parmi ses fils mon roi. »
    Lorsqu’ils arrivèrent et que Samuel aperçut Éliab,
il se dit :
« Sûrement, c’est lui le messie,
lui qui recevra l’onction du Seigneur ! »
    Mais le Seigneur dit à Samuel :
« Ne considère pas son apparence ni sa haute taille,
car je l’ai écarté.
Dieu ne regarde pas comme les hommes :
les hommes regardent l’apparence,
mais le Seigneur regarde le cœur. »
    Jessé présenta ainsi à Samuel ses sept fils,
et Samuel lui dit :
« Le Seigneur n’a choisi aucun de ceux-là. »
    Alors Samuel dit à Jessé :
« N’as-tu pas d’autres garçons ? »
Jessé répondit :
« Il reste encore le plus jeune,
il est en train de garder le troupeau. »
Alors Samuel dit à Jessé :
« Envoie-le chercher :
nous ne nous mettrons pas à table
tant qu’il ne sera pas arrivé. »
    Jessé le fit donc venir :
le garçon était roux, il avait de beaux yeux, il était beau.
Le Seigneur dit alors :
« Lève-toi, donne-lui l’onction : c’est lui ! »
    Samuel prit la corne pleine d’huile,
et lui donna l’onction au milieu de ses frères.
L’Esprit du Seigneur s’empara de David à partir de ce jour-là.

   – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 22 (23), 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6)

R/ Le Seigneur est mon berger :
rien ne saurait me manquer.
 (cf. Ps 22, 1)

Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche,
il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m’accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j’habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.

DEUXIÈME LECTURE

« Relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera » (Ep 5, 8-14)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Frères,
    autrefois, vous étiez ténèbres ;
maintenant, dans le Seigneur, vous êtes lumière ;
conduisez-vous comme des enfants de lumière
    – or la lumière
a pour fruit tout ce qui est bonté, justice et vérité –
    et sachez reconnaître
ce qui est capable de plaire au Seigneur.
    Ne prenez aucune part aux activités des ténèbres,
elles ne produisent rien de bon ;
démasquez-les plutôt.
    Ce que ces gens-là font en cachette,
on a honte même d’en parler.
    Mais tout ce qui est démasqué
est rendu manifeste par la lumière,
    et tout ce qui devient manifeste est lumière.
C’est pourquoi l’on dit :
Réveille-toi, ô toi qui dors,
relève-toi d’entre les morts,
et le Christ t’illuminera.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Il s’en alla et se lava ; quand il revint, il voyait » (Jn 9, 1-41)

Gloire et louange à toi
Seigneur Jésus. !

Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur.
Celui qui me suit aura la lumière de la vie.
Gloire et louange à toi
Seigneur Jésus !
 (Jn 8, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
en sortant du Temple,
    Jésus vit sur son passage
un homme aveugle de naissance.
    Ses disciples l’interrogèrent :
« Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents,
pour qu’il soit né aveugle ? »
    Jésus répondit :
« Ni lui, ni ses parents n’ont péché.
Mais c’était pour que les œuvres de Dieu
se manifestent en lui.
    Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé,
tant qu’il fait jour ;
la nuit vient où personne ne pourra plus y travailler.
    Aussi longtemps que je suis dans le monde,
je suis la lumière du monde. »
    Cela dit, il cracha à terre
et, avec la salive, il fit de la boue ;
puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle,
    et lui dit :
« Va te laver à la piscine de Siloé »
– ce nom se traduit : Envoyé.
L’aveugle y alla donc, et il se lava ;
quand il revint, il voyait.

    Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant
– car il était mendiant –
dirent alors :
« N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? »
    Les uns disaient :
« C’est lui. »
Les autres disaient :
« Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. »
Mais lui disait :
« C’est bien moi. »
    Et on lui demandait :
« Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? »
    Il répondit :
« L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue,
il me l’a appliquée sur les yeux et il m’a dit :
‘Va à Siloé et lave-toi.’
J’y suis donc allé et je me suis lavé ;
alors, j’ai vu. »
    Ils lui dirent :
« Et lui, où est-il ? »
Il répondit :
« Je ne sais pas. »

    On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle.
    Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue
et lui avait ouvert les yeux.
    À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir.
Il leur répondit :
« Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé,
et je vois. »
    Parmi les pharisiens, certains disaient :
« Cet homme-là n’est pas de Dieu,
puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. »
D’autres disaient :
« Comment un homme pécheur
peut-il accomplir des signes pareils ? »
Ainsi donc ils étaient divisés.
    Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle :
« Et toi, que dis-tu de lui,
puisqu’il t’a ouvert les yeux ? »
Il dit :
« C’est un prophète. »
    Or, les Juifs ne voulaient pas croire
que cet homme avait été aveugle
et que maintenant il pouvait voir.
C’est pourquoi ils convoquèrent ses parents
    et leur demandèrent :
« Cet homme est bien votre fils,
et vous dites qu’il est né aveugle ?
Comment se fait-il qu’à présent il voie ? »
    Les parents répondirent :
« Nous savons bien que c’est notre fils,
et qu’il est né aveugle.
    Mais comment peut-il voir maintenant,
nous ne le savons pas ;
et qui lui a ouvert les yeux,
nous ne le savons pas non plus.
Interrogez-le,
il est assez grand pour s’expliquer. »
    Ses parents parlaient ainsi
parce qu’ils avaient peur des Juifs.
En effet, ceux-ci s’étaient déjà mis d’accord
pour exclure de leurs assemblées
tous ceux qui déclareraient publiquement que Jésus est le Christ.
    Voilà pourquoi les parents avaient dit :
« Il est assez grand, interrogez-le ! »

    Pour la seconde fois,
les pharisiens convoquèrent l’homme qui avait été aveugle,
et ils lui dirent :
« Rends gloire à Dieu !
Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. »
    Il répondit :
« Est-ce un pécheur ?
Je n’en sais rien.
Mais il y a une chose que je sais :
j’étais aveugle, et à présent je vois. »
    Ils lui dirent alors :
« Comment a-t-il fait pour t’ouvrir les yeux ? »
    Il leur répondit :
« Je vous l’ai déjà dit,
et vous n’avez pas écouté.
Pourquoi voulez-vous m’entendre encore une fois ?
Serait-ce que vous voulez, vous aussi, devenir ses disciples ? »
    Ils se mirent à l’injurier :
« C’est toi qui es son disciple ;
nous, c’est de Moïse que nous sommes les disciples.
    Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ;
mais celui-là, nous ne savons pas d’où il est. »
    L’homme leur répondit :
« Voilà bien ce qui est étonnant !
Vous ne savez pas d’où il est,
et pourtant il m’a ouvert les yeux.
    Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs,
mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce.
    Jamais encore on n’avait entendu dire
que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance.
    Si lui n’était pas de Dieu,
il ne pourrait rien faire. »
    Ils répliquèrent :
« Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance,
et tu nous fais la leçon ? »
Et ils le jetèrent dehors.

    Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors.
Il le retrouva et lui dit :
« Crois-tu au Fils de l’homme ? »
    Il répondit :
« Et qui est-il, Seigneur,
pour que je croie en lui ? »
    Jésus lui dit :
« Tu le vois,
et c’est lui qui te parle. »
    Il dit :
« Je crois, Seigneur ! »
Et il se prosterna devant lui.

    Jésus dit alors :
« Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement :
que ceux qui ne voient pas
puissent voir,
et que ceux qui voient
deviennent aveugles. »
    Parmi les pharisiens, ceux qui étaient avec lui
entendirent ces paroles et lui dirent :
« Serions-nous aveugles, nous aussi ? »
    Jésus leur répondit :
« Si vous étiez aveugles,
vous n’auriez pas de péché ;
mais du moment que vous dites : ‘Nous voyons !’,
votre péché demeure. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

HOMELIE DU 14 MARS 2020

Père Chris GOMA

3ème dimanche de Carême

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, paroissiens et paroissiennes des secteurs pastoraux Castelnau et Margaux, permettez-moi de méditer avec vous la première lecture de ce dimanche tirée du Livre de l’Exode, elle correspond tellement à la réalité  que nous vivons aujourd’hui, un carême particulier, un désert, une épreuve : le coronavirus avec son lot de souffrances, d’isolement et de secousses socio-économique.
Je nous entends reprendre les paroles du peuple juif devant l’épreuve qui était à la fin de cette lecture « Le Seigneur est-il au milieu de nous, oui ou non ? », parole de désespoir, de plainte, de révolte et d’indignation.

Oui, l’homme a parfois la mémoire courte, l’homme n’est pas préparé à vivre la souffrance, la maladie, l’épreuve et la mort.
Le peuple juif a vite oublié les bontés du Seigneur, celui-là même qui l’a délivré de l’esclavage de l’Egypte par son bras droit et sa main puissante. Il s’insurge contre Moïse, le Serviteur de Dieu ; et là encore, une fois encore, Dieu est fidèle à ses desseins, il fait sortir l’eau au creux du rocher par son Serviteur Moïse, ce dernier immortalise ce miracle en donnant à ce lieu les noms de Massa (c’est-à-dire : Epreuve) et Mériba (c’est-à-dire : Querelle).

Devant la pandémie qui secoue le monde et les restrictions que nous sommes invités à vivre de manière prudente et responsable, on peut dire que nous traversons aussi le lieu du Massa et de Mériba.

Massa (c’est-à-dire : Epreuve). Oui même la liturgie de ce moment corrobore cette réalité. Nous sommes en temps de Carême, temps de pénitence et d’épreuve, temps du désert. Beaucoup d’entre nous le vivons dans notre chair à travers cette pandémie, la mort qu’elle génère et les changements de notre modus vivendi (mode de vie).
Notre Evêque, Monseigneur JAMES, dans son mot aux catholiques de Gironde, a semblé abonder dans le même sens.
Pour ce qui concerne la prière, il dit : « …Il n’est plus possible de participer à la messe dominicale, mais personne n’est dispensé de prière, cette prière a plus d’importance en ce temps difficile… ».

Sur le jeûne il dit « …pour certains d’entre nous, ce sera un jeûne eucharistique douloureux, car nous savons quelle est l’importance dans nos vies de l’eucharistie dominicale ; Il y a aussi le jeûne des rencontres et des échanges familiaux …».
Sur l’aumône et le partage il dit enfin « …il y a de nombreuses manières concrètes de nous manifester à nos proches : messages téléphoniques, email … ». 

Solidarité et fraternité sont plus urgentes en ce moment. Ne dit-on pas « aux grands mots les grands remèdes ».

Massa : épreuve ; offrons ces épreuves à Dieu comme une manière particulière et féconde de vivre notre carême 2020.

Mériba : querelle ; loin de n’être qu’une indignation, une révolte, une plainte sans fond, notre accusation à Dieu en ce temps de dure épreuve, se veut être : un cri de confiance, une prière fervente en ce Dieu fidèle, celui qui n’abandonne pas son peuple.

Comme l’a dit Monseigneur JAMES : « Ensemble nourrissons notre espérance ».

3ème Dimanche de Carême

PREMIÈRE LECTURE

« Donne-nous de l’eau à boire » (Ex 17, 3-7)

Lecture du livre de l’Exode

En ces jours-là, dans le désert, le peuple, manquant d’eau,
souffrit de la soif.
Il récrimina contre Moïse et dit :
« Pourquoi nous as-tu fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir de soif avec nos fils et nos troupeaux ? »
    Moïse cria vers le Seigneur : « Que vais-je faire de ce peuple ? Encore un peu, et ils me lapideront ! »
    Le Seigneur dit à Moïse : « Passe devant le peuple, emmène avec toi plusieurs des anciens d’Israël, prends en main le bâton avec lequel tu as frappé le Nil, et va ! Moi, je serai là, devant toi, sur le rocher du mont Horeb. Tu frapperas le rocher, il en sortira de l’eau, et le peuple boira ! »
Et Moïse fit ainsi sous les yeux des anciens d’Israël.

    Il donna à ce lieu le nom de Massa (c’est-à-dire : Épreuve) et Mériba (c’est-à-dire : Querelle), parce que les fils d’Israël avaient cherché querelle au Seigneur, et parce qu’ils l’avaient mis à l’épreuve, en disant :
« Le Seigneur est-il au milieu de nous, oui ou non ? »

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 94 (95), 1-2, 6-7ab, 7d-8a.9)

R/ Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur,
mais écoutez la voix du Seigneur !
 (cf. Ps 94, 8a.7d)

Venez, crions de joie pour le Seigneur,
acclamons notre Rocher, notre salut !
Allons jusqu’à lui en rendant grâce,
par nos hymnes de fête acclamons-le !

Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,
adorons le Seigneur qui nous a faits.
Oui, il est notre Dieu ;
nous sommes le peuple qu’il conduit.

Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ?
« Ne fermez pas votre cœur comme au désert,
où vos pères m’ont tenté et provoqué,
et pourtant ils avaient vu mon exploit. »

DEUXIÈME LECTURE

« L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5, 1-2.5-8)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères, nous qui sommes devenus justes par la foi, nous voici en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, lui qui nous a donné, par la foi, l’accès à cette grâce dans laquelle nous sommes établis ; et nous mettons notre fierté dans l’espérance d’avoir part à la gloire de Dieu.
    Et l’espérance ne déçoit pas, puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné.
    Alors que nous n’étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les impies que nous étions.
    Accepter de mourir pour un homme juste, c’est déjà difficile ; peut-être quelqu’un s’exposerait-il à mourir pour un homme de bien.
    Or, la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle » (Jn 4, 5-42)

Gloire au Christ,
Sagesse éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur. 

Tu es vraiment le Sauveur du monde, Seigneur !
Donne-moi de l’eau vive : que je n’aie plus soif.
Gloire au Christ,
Sagesse éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.
 (cf. Jn 4, 42.15)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

    En ce temps-là, Jésus arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar,
près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph.
    Là se trouvait le puits de Jacob.
Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source.
C’était la sixième heure, environ midi.
    Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau.
Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. »
    – En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter des provisions.
    La Samaritaine lui dit : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? »
– En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains.
    Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. »
    Elle lui dit : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond.
D’où as-tu donc cette eau vive ?
    Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? »
    Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif; mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. »
    La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. »
    Jésus lui dit : « Va, appelle ton mari, et reviens. »
    La femme répliqua : « Je n’ai pas de mari. »
Jésus reprit : « Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari : des maris, tu en a eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai. »
    La femme lui dit : « Seigneur, je vois que tu es un prophète !… 
    Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là, et vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. »
    Jésus lui dit : « Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père.
    Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.
    Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père.
    Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. »
    La femme lui dit : « Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. »
    Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. »
    À ce moment-là, ses disciples arrivèrent ; ils étaient surpris de le voir parler avec une femme.
Pourtant, aucun ne lui dit : « Que cherches-tu ? » ou bien : « Pourquoi parles-tu avec elle ? »

    La femme, laissant là sa cruche, revint à la ville et dit aux gens : «Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? »
    Ils sortirent de la ville, et ils se dirigeaient vers lui.

    Entre-temps, les disciples l’appelaient : « Rabbi, viens manger. »
    Mais il répondit : « Pour moi, j’ai de quoi manger : c’est une nourriture que vous ne connaissez pas. »
    Les disciples se disaient entre eux : « Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? »
    Jésus leur dit : « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre.
    Ne dites-vous pas : ‘Encore quatre mois et ce sera la moisson’ ?
Et moi, je vous dis : Levez les yeuxet regardez les champs déjà dorés pour la moisson. Dès maintenant,  le moissonneur reçoit son salaire :
il récolte du fruit pour la vie éternelle, si bien que le semeur se réjouit en même temps que le moissonneur.
    Il est bien vrai, le dicton : ‘L’un sème, l’autre moissonne.’
    Je vous ai envoyés moissonner ce qui ne vous a coûté aucun effort ; d’autres ont fait l’effort, et vous en avez bénéficié. »

    Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus, à cause de la parole de la femme qui rendait ce témoignage : « Il m’a dit tout ce  que j’ai fait. »
    Lorsqu’ils arrivèrent auprès de lui, ils l’invitèrent à demeurer chez eux. Il y demeura deux jours.
    Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire à cause de sa parole à lui,     et ils disaient à la femme : « Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons : nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.