2ème Dimanche du Temps Ordinaire

PREMIÈRE LECTURE

« Je fais de toi la lumière des nations pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre » (Is 49, 3.5-6)

Lecture du livre du prophète Isaïe

Le Seigneur m’a dit :
« Tu es mon serviteur, Israël,
en toi je manifesterai ma splendeur. »
    Maintenant le Seigneur parle,
lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère
pour que je sois son serviteur,
que je lui ramène Jacob,
que je lui rassemble Israël.
Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur,
c’est mon Dieu qui est ma force.
    Et il dit :
« C’est trop peu que tu sois mon serviteur
pour relever les tribus de Jacob,
ramener les rescapés d’Israël :
je fais de toi la lumière des nations,
pour que mon salut parvienne
jusqu’aux extrémités de la terre. »

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 39 (40), 2abc.4ab, 7-8a, 8b-9, 10cd.11cd)

R/ Me voici, Seigneur,
je viens faire ta volonté.
 (cf. Ps 39, 8a.9a)

D’un grand espoir j’espérais le Seigneur :
il s’est penché vers moi
Dans ma bouche il a mis un chant nouveau,
une louange à notre Dieu.

Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice,
tu as ouvert mes oreilles ;
tu ne demandais ni holocauste ni victime,
alors j’ai dit : « Voici, je viens. »

Dans le livre, est écrit pour moi
ce que tu veux que je fasse.
Mon Dieu, voilà ce que j’aime :
ta loi me tient aux entrailles.

Vois, je ne retiens pas mes lèvres,
Seigneur, tu le sais.
J’ai dit ton amour et ta vérité
à la grande assemblée.

DEUXIÈME LECTURE

« À vous, la grâce et la paix, de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ » (1 Co 1, 1-3)

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Paul, appelé par la volonté de Dieu
pour être apôtre du Christ Jésus,
et Sosthène notre frère,
    à l’Église de Dieu qui est à Corinthe,
à ceux qui ont été sanctifiés dans le Christ Jésus
et sont appelés à être saints
avec tous ceux qui, en tout lieu,
invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ,
leur Seigneur et le nôtre.

    À vous, la grâce et la paix,
de la part de Dieu notre Père
et du Seigneur Jésus Christ.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29-34)

Alléluia. Alléluia. 
« Le Verbe s’est fait chair,
il a établi parmi nous sa demeure.
À tous ceux qui l’ont reçu,
il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. »
Alléluia. (cf. Jn 1, 14a.12a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

    En ce temps-là,
    voyant Jésus venir vers lui,
Jean le Baptiste déclara :
« Voici l’Agneau de Dieu,
qui enlève le péché du monde ;
    c’est de lui que j’ai dit :
L’homme qui vient derrière moi
est passé devant moi,
car avant moi il était.
    Et moi, je ne le connaissais pas ;
mais, si je suis venu baptiser dans l’eau,
c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. »
    Alors Jean rendit ce témoignage :
« J’ai vu l’Esprit
descendre du ciel comme une colombe
et il demeura sur lui.
    Et moi, je ne le connaissais pas,
mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit :
‘Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer,
celui-là baptise dans l’Esprit Saint.’
    Moi, j’ai vu, et je rends témoignage :
c’est lui le Fils de Dieu. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie de la messe de l’Epiphanie du Seigneur

Père Chris GOMA

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Christ,

Il y a quelques années au catéchisme, nous apprenions que l’Epiphanie nous rappelait la fête du jour où « Jésus a voulu se faire connaître à tous les hommes ».

Une définition proche de l’acception grecque de ce mot qui renvoie à la manifestation : cette fête s’évalue en contraste saisissant. Jésus qui est né à Bethléem dans les conditions modestes, devant pour seuls compagnons des gens, des pasteurs juifs sentant l’odeur de leurs brebis, peu recommandables et rebuts de la société, devient le point de mire de l’univers. A travers les trois rois mages, Melchior, Balthazar et Gaspard,  la légende nous décrit que c’est toute l’humanité qui est convoquée par l’étoile (blancs, noirs et jaunes), c’est aussi l’intelligentsia de l’époque, les scientifiques et astronomes capables de se faire guider par l’étoile.

Jésus qui naît dans une mangeoire est bien reconnu comme le Messie qui vient sauver tout l’univers, comme en témoignent les cadeaux qui sont apportés :

  • l’or symbolise la royauté
  • l’encens qui se rapporte à sa divinité
  • et la myrrhe symbole de sa passion, sa souffrance et son sacrifice.

Enfin, le dernier contraste, c’est la démesure extrémiste du Roi Hérode qui en veut à un nourrisson. Il se renseigne sur le lieu de naissance et l’âge du Messie attendu. Cela n’est pas fortuit, en raison du carnage qu’il devait organiser après. (Je pense aux Saints Innocents).
En dépit des contrastes dont seul Dieu a la clef, la profondeur de ce mystère de l’Épiphanie tient aux enseignements qu’il véhicule. Nous en épinglons deux :

  1. Jésus veut se faire connaître de tous les hommes.

Dans la deuxième lecture, Saint-Paul, dit que « ce mystère c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au même partage de la même promesse dans le Christ Jésus …».

Oui, l’Enfant de Bethléem, invite à lui tout homme et tout l’homme. C’est pour l’humanité toute entière qu’il est venu. Au moyen de l’étoile qu’avait déjà annoncée le prophète Balaam : « je vois un astre sort de Jacob, un sceptre s’élève d’Israël… »(nb 24,17). Les rois mages, tous constitués de païens, c’est-à-dire des peuples étrangers au peuple de l’alliance, font le pèlerinage de Jérusalem pour venir adorer l’Enfant Dieu. Nous voyons aussi la centralité de Jérusalem, comme la ville où va scintiller la lumière qui éclairera toute l’humanité. Nous savons aussi que ces trois mages sont des scientifiques, ils tranchent nettement avec les simples bergers du jour de la naissance. A travers la fête de ce jour, nous nous rendons à l’évidence que « l’événement Jésus » dépasse la sphère du privé et le monopole d’Israël. L’Enfant Dieu est venu sauver tout l’homme et tout homme.

La fête de l’Epiphanie nous ouvre à la nouveauté de Jésus. Elle nous appelle à discerner l’étoile de l’accueil, de l’hospitalité, de la communion, de l’intégration, de l’amour qui conduit vers Lui, comme disciples de Jésus. Efforçons-nous à accueillir l’étranger, cet étranger, ce sont les chrétiens d’autres confessions que la nôtre, mais aussi chacun de nous dans ses différences et parfois ses divergences théologiques. Cet accueil ne doit pas se limiter à la sphère religieuse : l’accueil chaleureux doit caractériser chacune de nos relations sociales entre autres avec les marginaux, les sans abris et autres S.D.F., les immigrés, les homosexuels, les victimes de violences sans oublier les personnes en situation de handicap (tant mental que physique).

Discerner l’étoile qui mène à Jésus Christ, c’est aussi discerner la voix de l’évangile et de l’Eglise, devant la multiplicité des propositions et sirènes spirituelles que nous recevons du supermarché au religieux. C’est bânir le relativisme religieux où tout se vaut. Les bienfaits du yoga et zen sont vantés et assimilés à ceux que nous procure la célébration Eucharistique par exemple.2

      2.  Jésus veut être adoré reconnu et exalté 

Les trois rois mages de l’évangile sont conduits par l’étoile pour venir adorer l’Enfant-Dieu. Deux attitudes sont mises en valeur : le pèlerinage et les dons qu’ils apportent qui correspondent au sujet et à l’objet de leur adoration. L’or pour la Royauté, l’encens pour la Divinité et la myrrhe (sacrifice, passion, souffrance).
Adorer c’est donc et avant tout faire un pèlerinage (intérieur et extérieur), nous départir de nos schémas, de nos égos, de nos différences et divergences, c’est faire un pas vers l’autre ou le tout Autre et reconnaître sa vraie valeur à travers les dons. Qu’apportons-nous au Seigneur et à son Eglise ? Quel est notre or, c’est-à-dire ce que nous avons de précieux à lui partager ? Je pense à la qualité de notre vie de baptisé par exemple.

Quel est notre encens, c’est-à-dire ce qui entoure sa divinité ? Je pense à la qualité de notre vie de prière et de notre fraternité.

  Quelle est notre myrrhe, c’est-à-dire la qualité de nos sacrifices, de nos services, de notre ministère ?

Oui, Dieu nous aide à discerner l’étoile qui nous mène vers lui, 

  à travers son service et celui de nos frères les hommes.

Homélie de la messe de la Sainte Famille

Père Chris GOMA

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Christ,

La Sainte Famille. Qu’est ce qui fait la sainteté de cette famille ?

La mère, Marie, s’est laissée entraîner par la volonté de Dieu. Sans se poser des questions, sans douter, elle a laissé la volonté de Dieu se réaliser en elle. Alors que Zacharie, le père de Jean, doute et devient sourd. 

Le père, Joseph, avait le projet de ne pas prendre Marie chez lui, en cachette, il s’est laissé entraîner par la volonté de Dieu, il renonce à son projet.

Le Fils lui, est la volonté même du Père céleste « Il n’est pas né d’une vo lonté charnelle ».

L’accomplissement de la volonté de Dieu fait d’eux de vrais nomades, et tout ce qui est hospitalier leur devient hostile. 

Les parents ne trouvent pas de place où mettre leur bébé. Désormais, ils deviennent migrants. Du coup, ils n’ont plus de terre. Ils sont des exilés, ils fuient la violence et la boulimie du pouvoir d’Hérode. L’Egypte, terre hostile devient terre d’hospitalité. Et la terre promise, devient terre de sang. Le monde est à l’envers.

La sainteté de cette famille vient du fait qu’elle accepte l’exil et change le regard sur la géographie spirituelle :

  • La terre promise devient une sorte d’Egypte,
  • La fraternité ne se joue plus sur les critères géographiques ou ethniques, mais sur le critère d’hospitalité ou d’hostilité.

La Sainte Famille a souvent été présentée de façon très réductrice : Papa, Maman et l’enfant. Et la fraternité en a subi un coup.

Or, si cette famille est présentée sans fratrie, c’est peut-être pour nous interroger davantage sur cette question : la fratrie. Il s’agit de passer de la fratrie plus réductrice à la fraternité plus inclusive. La fratrie n’exclut pas la fraternité. La fraternité enrichit la fratrie et la relativise. La Bible pose cette question de la fratrie dès ses premières pages. De Caïn à Abel à Joseph et ses frères en passant par Isaac et Ismaël, dont les droits ne sont pas reconnus, lui, fils de l’égyptienne Agar, mais aussi Jacob et Isaïe qui perdra ses prérogatives. Les histoires de fratrie se soldent toujours dans des sortes de rivalités fraternelles.

Dans notre monde qui se cherche et semble perdu, la famille reste la valeur sûre dans une culture et une civilisation essoufflée et marquée parfois par une sensibilité dépourvue de sagesse. Mais attention ! Les signaux d’alarme, qu’on entend ici et là,  risquent malheureusement d’enfermer la famille dans une conception corrosive et exclusive où seule la parentalité sera considérée alors que nos yeux doivent être rivés sur l’Enfant, dont la présence dans la crèche interroge nos relations, qui, en fin de compte nous invite à embrasser les hommes et les femmes de ce temps, comme frères et sœurs.
Fêter la Sainte Famille, c’est se laisser interpeller par ce Dieu qui se fait enfant pour nous inviter à prendre soin de la vie. De la vie qui est déjà donnée, mais aussi de la vie à naître. Défendre la vie à naître, en ignorant celle qui est déjà donnée, est une énorme contradiction, comme défendre la vie qui est donnée en ignorant celle à naître est une folie.
L’Enfant Jésus connaît l’exil dans les premiers jours de l’incarnation. Il se fait migrant et mendiant de la fraternité. La fuite en Egypte ne peut faire oublier les Saints Innocents massacrés à cause de l’arrogance du pouvoir.
Aujourd’hui, les Saints Innocents sont nombreux qui n’ont pas la chance d’avoir des Joseph protecteurs, qui n’ont pas d’Egypte pour les accueillir. Des Hérodes, il y en a aussi beaucoup. Ils reçoivent souvent notre soutien dans les massacres qu’ils perpétuent mais aussi dans leur entreprise à fabriquer des exilés, surtout en ce temps où des Egyptes hospitalières se font rares.

Une Sainte Famille se laisse surprendre par Dieu et se laisse faire.

Une Sainte Famille est en migration permanente dans la réalisation de la volonté de Dieu.

Une Sainte Famille ouvre ses portes à l’étranger de Bretagne aussi bien que de Tombouctou, sachant qu’il a plus de chance de trouver dans l’inconnu un frère plutôt qu’un adversaire.

Une Sainte Famille est une famille qui met le Christ au centre.

Mais c’est quoi, mettre le Christ au centre de la famille ?

Et s’Il s’invitait, saurions-nous Le reconnaître ?

Homélie de la messe de la nuit de Noël

Père Chris GOMA

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, 

La naissance de notre Sauveur Jésus Christ arrive dans une conjoncture assez particulière, faite de fracture sociale avec les revendications autours des questions de la retraite, ces dernières, avec les grèves menacent dangereusement ces vacances.
De part le monde, c’est le terrorisme qui bat son plein faisant des victimes de plus en plus nombreuses.

D’un point de vue environnemental, les pluies diluviennes et les vents violents, avec leurs conséquences néfastes sur la société, laissent de nombreux démunis, désemparés et impuissants.
Pourtant, il nous faut entendre le message de Noël, la naissance de cet Enfant Dieu, comme une grande lumière qui resplendit dans les ténèbres, comme un sujet de grande joie d’après la prophétie d’Isaïe.

Mais, la réalité contraste absolument avec le message véhiculé par Noël.
Comment penser que celui qui vient est bien nommé : Prince de la Paix, Dieu-Fort, Père à jamais, à travers tous les soubresauts que vit notre monde ?

D’ailleurs, le Signe de Noël est dérisoire. C’est celui de la naissance d’un enfant, « du Don d’un enfant » nous dit le prophète Isaïe. 

Dans l’évangile de Matthieu, le signe que cet enfant se laisse dévoiler à l’humanité, c’est le signe d’une simplicité et d’une pauvreté inouïe : « le Nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ». C’est un nouveau-né, présenté dans sa fragilité, sa faiblesse. De plus il n’est pas accueilli selon son rang de Sauveur de l’humanité, puisqu’on pourrait dire qu’il squatte le réfectoire des bêtes : il était déposé dans une mangeoire.
Peuple de Dieu ! Frères et Sœurs dans le Seigneur ! Le message de Noël se dresse aux antipodes de la réalité de notre monde où le pouvoir, l’avoir et le savoir sont des réponses à toutes nos quêtes et conquêtes . Le pouvoir qui prend la forme de la violence, de l’exclusion, de la démesure. Ce qui est au cœur de toutes les querelles et les antagonismes, les jalousies et les disputes des hommes. Le Dieu qui vient à Noël ne s’impose pas, il se propose à tous dans sa finitude et sa fragilité.
Le prophète Isaïe, dans la première lecture, parle du signe du pouvoir qui est sur ses épaules. N’est ce pas là l’allusion à ses bras en croix et du mystère de la rédemption sur la croix où il étale ses bras, pour mourir pour son peuple. Même à travers sa rédemption, Jésus se présente à nous comme le vaincu, celui qui est mort mais que Dieu a relevé d’entre les morts.
Si Isaïe parle de l’insigne du pouvoir sur ses épaules, Matthieu le devine à travers l’enfant dans la mangeoire, signe d’humilité et de faiblesse, ce qui tranche nettement avec l’esprit du monde.
Nous comprenons alors pourquoi Dieu, qui s’incarne, n’est pas accueilli !

Matthieu dit « car il n’y avait pas de place dans la salle commune ». Notre Dieu, comme un SDF, a squatté le repaire, le réfectoire des bêtes, simplement parce qu’il nous appelle à nous décentrer, à nous humilier, pour mieux le deviner comme notre Seigneur et notre Sauveur. Aujourd’hui encore, nous ne trouvons pas de place pour accueillir dans nos cœurs, remplis de règlements de comptes, de jalousie, de haine, de volonté de puissance.
Oui, Jésus vient nous sauver, seul motif de la joie de Noël et seule raison de la lumière qui scintille à Noël.
Pourtant, nos cœurs fermés à nous-mêmes et aux autres, semblent ne pas l’appréhender dans le don total de lui-même et des autres, l’humilité et le service de Dieu et du frère.


Emmanuel, « Dieu avec nous », élargi l’espace de la tente de notre cœur

 et de notre vie, pour que nous t’accueillions vraiment 

et que la fête de Noël ne soit pas un rendez-vous manqué.

Homélie du 4ème dimanche de l’Avent

Père Chris GOMA

4ème dimanche de l’Avent

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, alors que nous nous dirigeons lentement et sûrement vers les festivités de Noël, la liturgie de la parole ne cesse de nous présenter ce mystère, comme celui d’une fête de la famille.

Dans la première lecture, le nom que le prophète Isaïe donne au Messie qui vient est celui d’« Emmanuel », c’est-à-dire « Dieu avec nous », Dieu proche de nous. 

Oui, cet enfant qui vient est  à la fois Dieu et homme. L’article du Credo que nous allons récité l’atteste déjà : « Conçu du Saint-Esprit et né de la Vierge Marie » est la part de Dieu. Et comme homme, il est donc attribué à une famille. Dieu a prévu pour son fils la famille de David, il appartient à la descendance de David, comme nous l’avons lu dans la deuxième lecture, ce qui caractérise son lien avec Joseph, l’époux de Marie, et amène celui-ci à la mission d’être le père de l’enfant qui va naître.

Dans l’Evangile de ce jour, Mathieu nous rapporte l’annonciation à Joseph. Il faut la mettre en parallèle avec celle de Marie, où l’ange Gabriel était venu annoncer à Marie qu’elle serait la Mère du Sauveur. Elle avait dit « Oui » et son Oui a transformé l’histoire de l’humanité. On pourrait dire que Marie a éclaté son cœur à la dimension du monde, à la dimension du projet de Dieu.

Cependant Joseph, son époux devait être embarrassé par la grossesse de son épouse sous l’impulsion du Saint Esprit, car aux yeux de ses contemporains, c’était une preuve irréfutable et notoire de l’infidélité de celle-ci et comme telle, était punie de lapidation, jusqu’à ce que mort s’en suive. C’est ce que Joseph, comme « homme juste », autrement dit comme « ajusté, accordé à Dieu », se refuse de faire subir à sa dulcinée, Marie : « Il ne voulait pas la dénoncer publiquement et décider de la renvoyer en secret ». C’est donc muni de belles et bonnes dispositions intérieures, porté par le désir de protéger sa fiancée, de protéger l’enfant qui allait naître, même dans ce cas de flagrant délit, que Joseph est conforté par l’Ange, qui s’insère ainsi dans les dispositions intérieures de Joseph, dans son rôle d’époux et de père : « ne crains pas de prendre chez toi Marie ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint. Elle enfantera un fils et tu lui donneras le nom de Jésus ».

Cet épisode nous révèle la volonté divine de faire de l’incarnation d’un fils une vraie fête de famille où tous les acteurs sont comme impliqués. D’une part, Marie est consultée, en bonne et due forme et son consentement lui a été demandé, pour être la digne demeure de son fils et Joseph, d’autre part, va être un époux protecteur de la famille et père, car il possède la faculté de nommer ce nouveau-né, qui est descendant de David, c’est-à-dire membre à part entière de sa famille.

Peuple de Dieu ! À la faveur de Noël qui approche, je veux que nous demandions au Seigneur de visiter profondément nos familles respectives et de donner à chaque acteur engagé dans la vie de nos familles, quelque soit son rôle, la grâce de redécouvrir la noblesse de sa vocation. 

Que nos familles, de plus en plus, 

portent, engendrent, protègent et défendent la Vie . 

Et que Noël qui vient, irradie et illumine à jamais nos familles.

Baptême de Notre Seigneur

PREMIÈRE LECTURE

« Voici mon serviteur, qui a toute ma faveur » (Is 42, 1-4.6-7)

Lecture du livre du prophète Isaïe

Ainsi parle le Seigneur :
   « Voici mon serviteur que je soutiens,
mon élu qui a toute ma faveur.
J’ai fait reposer sur lui mon esprit ;
aux nations, il proclamera le droit.
    Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton,
il ne fera pas entendre sa voix au-dehors.
    Il ne brisera pas le roseau qui fléchit,
il n’éteindra pas la mèche qui faiblit,
il proclamera le droit en vérité.
    Il ne faiblira pas, il ne fléchira pas,
jusqu’à ce qu’il établisse le droit sur la terre,
et que les îles lointaines
aspirent à recevoir ses lois.

    Moi, le Seigneur, je t’ai appelé selon la justice ;
    je te saisis par la main, je te façonne,
je fais de toi l’alliance du peuple,
la lumière des nations :
    tu ouvriras les yeux des aveugles,
tu feras sortir les captifs de leur prison,
et, de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres. »

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 28 (29), 1-2, 3ac-4, 3b.9c-10)

R/ Le Seigneur bénit son peuple
en lui donnant la paix.
 (Ps 28, 11b)

Rendez au Seigneur, vous, les dieux,
rendez au Seigneur gloire et puissance.
Rendez au Seigneur la gloire de son nom,
adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté.

La voix du Seigneur domine les eaux,
le Seigneur domine la masse des eaux.
Voix du Seigneur dans sa force,
voix du Seigneur qui éblouit.

Le Dieu de la gloire déchaîne le tonnerre,
Et tous dans son temple s’écrient : « Gloire ! »
Au déluge le Seigneur a siégé ;
il siège, le Seigneur, il est roi pour toujours !

DEUXIÈME LECTURE

« Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint » (Ac 10, 34-38)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

En ces jours-là,
quand Pierre arriva à Césarée,
chez un centurion de l’armée romaine,
    il prit la parole et dit :
« En vérité, je le comprends,
Dieu est impartial :
    il accueille, quelle que soit la nation,
celui qui le craint
et dont les œuvres sont justes.
    Telle est la parole qu’il a envoyée aux fils d’Israël,
en leur annonçant la bonne nouvelle de la paix par Jésus Christ,
lui qui est le Seigneur de tous.
    Vous savez ce qui s’est passé à travers tout le pays des Juifs,
depuis les commencements en Galilée,
après le baptême proclamé par Jean :
    Jésus de Nazareth,
Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint et de puissance.
Là où il passait, il faisait le bien
et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable,
car Dieu était avec lui. »

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Dès que Jésus fut baptisé, il vit l’Esprit de Dieu venir sur lui » (Mt 3, 13-17)

Alléluia. Alléluia. 
Aujourd’hui, le ciel s’est ouvert,
l’Esprit descend sur Jésus,
et la voix du Père domine les eaux :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé ! »
Alléluia. (cf. Mt 3, 16-17, Ps 28, 3)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    Alors paraît Jésus.
Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain
auprès de Jean,
pour être baptisé par lui.
    Jean voulait l’en empêcher et disait :
« C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi,
et c’est toi qui viens à moi ! »
    Mais Jésus lui répondit :
« Laisse faire pour le moment,
car il convient
que nous accomplissions ainsi toute justice. »
Alors Jean le laisse faire.

    Dès que Jésus fut baptisé,
il remonta de l’eau,
et voici que les cieux s’ouvrirent :
il vit l’Esprit de Dieu
descendre comme une colombe et venir sur lui.
    Et des cieux, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé
en qui je trouve ma joie. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Epiphanie

Détails
 
-Il s’agit ici des mages. Ils ont demandé leur chemin au roi Hérode (ceux qui ont lu « Nuit blanche à Bethléem » le savent…). Hérode leur a demandé de les prévenir du lieu et de la date approximative de la naissance de celui qui pourrait devenir son rival, dans le but de l’éliminer. Les mages ont un songe… et le reste du verset explique la suite.
-Les voici qui repartent par un autre chemin qui n’a pas l’air d’être le plus simple… Le dessin le montre à travers la perspective : on a l’impression que cette route « monte ». De plus, le pont utilise presque la diagonale (= la distance la plus longue). Le pont est très étroit, comme « le chemin qui mène à la vie », dans Matthieu 7,14.
-Pour ne pas mettre l’enfant en danger, ils préfèrent prendre sur eux ce danger.
 
Questions
-Quand est-ce que j’ai agi de la sorte, la dernière fois ? Quand ai-je pris sur moi ce qui aurait pu retomber sur un(e) autre ?
-Est-ce que j’ai remarqué que c’est exactement ce qu’à fait Jésus vis-à-vis de moi quand il a pris sur lui le péché du monde… le mien compris ?
-Est-ce que je me rends compte aussi que je ne peux pas prendre sur moi tous les dangers ou toutes les souffrances des autres ? D’une part, parce que je ne suis pas Dieu, ni tout-puissant, et d’autre part parce que quelques fois, je peux pêtre alourdi inutilement sans forcément alléger l’autre.