Baptême du Seigneur

HOMELIE DU 12 JANVIER 2020

Par le Père Chris GOMA

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Christ,

Le Baptême de Jésus par Jean le Baptiste achève le cycle de Noël.
Dimanche prochain nous reviendrons sur le Temps Ordinaire.

Le Baptême de Jésus par Jean le Baptiste a le mérite d’être l’événement de la vie de Jésus le plus assuré historiquement, puisque relaté par tous les évangélistes. C’est en plus la première manifestation publique du Christ. A sa naissance à Bethléem, il n’avait été révélé qu’à quelques privilégiés. A l’Épiphanie sa manifestation était aussi privée et réservée à quelques Rois Mages, bien que ceux-ci représentaient les nations, les païens.
Nous réalisons, avec étonnement, comme Jean Le Baptiste, dans l’Évangile, l’attitude de Jésus : « c’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, c’est toi qui vient vers moi ».

En effet, le Baptême de Jean Le Baptiste était un baptême de pénitence, de conversion pour préparer le peuple à accueillir le Messie. Lui, le Fils de Dieu, Le Sauveur, irréprochable, ne se reprochait d’aucun mal, ni péché. Il choisit d’être solidaire avec les hommes qu’il est venu sauver. Étant la plénitude de notre humanité et la plénitude de la divinité, Jésus, en recevant le baptême johannique, a fait plus qu’approuver et confirmer un rite. Il l’a transformé en consumant l’imparfait par le parfait. Lui, qui était sans péché, s’est fait porteur de nos péchés et c’est au nom de nous tous qu’il a fait ce geste public de repentance, nous enseignant en même temps la nécessité de la conversion et de la pénitence. C’est un geste éminemment humble. C’est cet abaissement, cette kénose selon les théologiens, qui est déjà présent dans son incarnation et dans sa rédemption. Il se présente à nous comme Serviteur et Sauveur. Autant d’enseignements que porte le mystère du Baptême de notre Seigneur, l’appel à plus de solidarité, d’humilité et d’empathie vis à vis de nos frères, sans oublier la nécessité de la pénitence et de la conversion. Notre société en a besoin.

Le Baptême de Jésus par Jean le Baptiste, c’est aussi la théophanie trinitaire, c’est-à-dire la manifestation d’un Dieu un et trine : le Père à travers la voix, le Fils et l’Esprit révélé sous forme de colombe au monde lors du baptême de Jésus, sont inséparables parce qu’ils sont en relation d’amour. Nous touchons là à ce qu’il y a de plus profond et de plus intime dans le mystère de Jésus. Autrement dit : le ministère rédempteur du Christ en faveur des hommes rejoint la vie d’intimité du Fils avec le Père et l’Esprit.

Ainsi Le Baptême de Jésus par Jean le Baptiste, nous fait rappeler notre propre baptême où l’Esprit Saint achève de nous engager au service de Dieu et de nos frères. C’est aussi le lieu où nous sommes consacrés comme les fils bien aimés du Père, soumis à l’obéissance de son Fils.


La question à se poser est celle que le Papa Saint-Jean-Paul II avait posée à toute la France en 1998 à la visite du Pape à Lourdes  : « France, fille aînée de l’Église, qu’as-tu fait de ton baptême ? ».
Quelle est la résonance, l’incidence de notre baptême dans notre société sécularisée ?

Après son baptême, Jésus commence son ministère, il va au désert où il va être tenté.

Seigneur, apprends-nous à prendre conscience de notre baptême.