Editorial du Père Yves Maurice ZAMBO, 13 septembre 2015, 24° dimanche du temps ordinaire

Effata !
« Ouvre-toi ! »

S’ouvrir à la grâce de Dieu est le maître mot de ce dimanche. Après quelques semaines d’absences, c’est plein de joie que je vous retrouve tout en demandant au Seigneur qui m’a confié votre secteur de vous ouvrir davantage les oreilles pour mieux écouter ses appels. Dieu vous aime et souhaiterait être aimé par chacun de vous, par chacun de nous. Le temps des vacances est un temps de ressourcement pour mieux repartir. Il est aussi un temps de bilan personnel et communautaire.

Au moment où nous débutons ensemble cette nouvelle année pastorale 2015/2016, je voudrais d’abord rendre grâce à Dieu pour toutes les personnes qui ont participé activement à l’annonce de l’Évangile dans notre secteur. Ensuite, je voudrais confier dans le cœur miséricordieux de Jésus toutes nos imperfections, nos lâchetés et nos limites. Une nouvelle année pastorale c’est une belle opportunité pour améliorer notre marche à la suite du Christ. Alors, saurons-nous nous ouvrir à l’Esprit Saint pour discerner ce que Dieu veut continuer à réaliser au milieu de nous ? Je crois que la réponse de chacun est OUI. Pour cela, il faut se préparer à la mission. Il n’est pas toujours facile d’être « serviteur ou servante du Seigneur ». Le prophète Isaïe nous présente un serviteur souffrant qui ne s’est pas révolté, ne s’est pas dérobé à l’appel du Seigneur. Au contraire, il a présenté son dos à ceux qui le frappaient , et ses joues à ceux qui lui arrachaient la barbe.

Chers amis de Dieu, il est impératif de laisser le Seigneur ouvrir nos oreilles et de délier nos langues afin que nous soyons sauvés. Ouvrons-nous à la grâce divine ! Soyons forts et courageux !

25ème Dimanche du Temps Ordinaire

Sg 2,19

Détails :

 

-Le lapin gris éprouve le bleu. Il fait semblant de regarder ailleurs en détournant la tête, mais son regard observe les réactions du lapin bleu.

-Il tâte du doigt gauche le marteau, pour être sûr de sa dureté.

-Il siffle deux notes à la fois –ce qui est impossible, essaye !-

Ca veut dire qu’il est double (entre son attitude innocente, et son action qui l’est moins.

-L’autre lapin, le bleu, celui qui bat le record du monde de saut en hauteur, ne dit pas un mot. Son silence fait moins de bruit que les deux notes du siffleur. (Attention, n’allez pas croire que je veux dire qu’il faut toujours souffrir en silence et dire amen à tout. Je mets le projecteur sur un autre point, c’est tout)

 

Questions

 

-Cette parole de la Bible est la pensée du méchant qui veut éprouver le juste pour voir si Dieu l’assistera.

-M’est-il arrivé d’être éprouvé, provoqué par des gens qui voulaient voir ma réaction de chrétien(ne) en me poussant à bout ?

-Comment est-ce que je réagis à la violence qui m’est faite ? Quelles sont les limites à ne pas dépasser avec moi ? Est-ce que je demande à Dieu de m’assister dans ces moments ou bien est-ce ma nature qui prend le dessus ?

-Ma réaction est-elle un témoignage pour l’autre ? Dans quel cas cela a t-il réussi ?

 

PS. On notera que le lapin bleu accède plus vite au ciel, de cette façon-là…

🙂

24ème Dimanche du Temps Ordinaire

Mc 8,34

 

Détails :

 

-Ce lapin a une croix téléguidée, sur une voiture de course (pratique à porter).

-La croix n’est pas derrière lui, mais devant. Il veut la montrer. Il veut qu’on la voie.

-En plus, il l’évalue en y mettant un chiffre (le 1) ce qui signifie « je suis le meilleur, ma croix est la plus lourde, nananèèère ! »

-Mais il n’est pas dupe de son petit manège, parce qu’à la tête qu’il fait, une fois démasqué, il se sent coupable.

 

Questions

 

-Prendre sa croix, ce n’est pas la choisir. C’est d’abord accepter celle qu’on a. (accepter tel défaut, telle situation de vieillesse, dépendance des autres, situation familiale, maritale, célibat non choisi, chômage, handicap, échec…)

-Une croix choisie sur mesure, ce n’est pas une croix. On a plein d’idées pour se rajouter des croix, de l’ascèse, des efforts, là où on peut maîtriser la chose. Une croix, ce n’est pas de la maîtrise.

-Est-ce que je choisis mes petites croix en faisant tout pour oublier celle que je devrais porter ?

-Est-ce que j’attends un rappel à l’ordre du Seigneur pour marcher à sa suite, ou est-ce que je bidouille mon petit confort personnel tant que personne ne me dit rien ?

22ème Dimanche du Temps Ordinaire

Mc 7,15

 

Détails :

 

-Ce lapin a les mains pures, c’est sûr ! Il a de beaux gants blancs.

-Sa langue est double, fourchue comme un serpent et rouge comme le sang.

-Visiblement, ses intentions ne sont pas pures, sinon que ferait-il avec une mitraillette et une cagoule ? Sa démarche aussi, montre quelque chose de suspect…

-La mitraillette tire vite, avec un seul canon. La langue aussi, peut tirer quelques rafales mortelles.

-Le lapin pointe son doigt accusateur. On ne sait pas sur qui, ni ce qu’il a fait. Jugement gratuit…

-Le lapin est recouvert de la tête aux pieds, pour ne pas que l’extérieur le souille. Par contre, lui, on a des doutes qu’il ait des pensées nickel.

 

Questions

 

-Si mes mains sont pures, mon coeur l’est-il tout autant ?

-Mes armes sont-elles intérieures ou extérieures ? Quelles sont les plus dangereuses ?

-Dans quelles circonstances est-ce que je les utilise ? Dans quel but ?

Editorial du Vigneron n°41, 6 septembre 2015, 23° dimanche du temps ordinaire

L’Homélie de saint Grégoire, pape  (Homélies sur Ézéchiel, 10, n. 20; texte latin et autre traduction française:  SC  327, 82-85)

Quand Dieu, Créateur de toutes choses, a voulu guérir un sourd-muet, il lui mit les doigts dans les oreilles et il prit de la salive et lui toucha la langue. Pourquoi? Que signifient les doigts du Rédempteur, sinon les dons du Saint-Esprit? C’est pour cela que, ailleurs, après avoir chassé un démon, il dit: «Si c’est par le doigt de Dieu que je chasse les démons, le Royaume de Dieu est donc venu jusqu’à vous.» Un autre évangéliste exprime cette même parole ainsi: «Si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, le Royaume de Dieu est donc venu jusqu’à vous.» En mettant ces deux textes ensemble, on voit que l’Esprit est appelé doigt de Dieu. Donc, mettre les doigts dans les oreilles, c’est ouvrir à l’obéissance l’esprit du sourd par les dons du Saint-Esprit.

Et que veut dire: «Il prit de la salive et lui toucha la langue»? Pour nous, la salive de la bouche du Rédempteur c’est la sagesse reçue par le discours divin. En effet, la salive découle de la tête dans la bouche. Ainsi, quand le Rédempteur qui est lui-même la Sagesse, touche notre langue, du coup, il la forme aux paroles de la prédication. «Il leva les yeux vers le ciel, et il gémit.» Non qu’il eût besoin de gémir, lui qui donnait ce qu’il demandait: Mais c’était pour nous apprendre à gémir vers celui qui siège au ciel, car nos oreilles doivent s’ouvrir par les dons du Saint-Esprit; et la langue doit se délier en vue de la prédication par la salive de la bouche, c’est-à-dire par la science de la divine parole.

«Et au même moment il lui dit: Effétha, c’est-à-dire: Ouvre-toi, ses oreilles s’ouvrirent, et du coup fut dénoué le lien de sa langue.» Notons ici que les mots «ouvre-toi» sont en fonction des oreilles bouchées. Mais dès que les oreilles du cœur sont ouvertes à l’obéissance, il s’en suit tout naturellement que le lien de la langue est dénoué pour dire aux autres d’accomplir les bonnes actions qu’on a soi-même accomplies. Alors on ajoute à bon droit: «Il parlait normalement.» Car celui qui pratique d’abord l’obéissance parle ensuite normalement pour exhorter les autres à exécuter ce qu’ils doivent faire …

Editorial du Vigneron n° 40, dimanche 30 août 2015, 22° dimanche du temps ordinaire

Les Traditions humaines et la Loi d’amour
Traité de  saint Irénée  (+ 200) Contre les hérésies  4, 12, 1-2, SC 100, 508-514
La tradition des anciens, que les Juifs affectaient d’observer en vertu de la Loi, était contraire à la Loi de Moïse. Voilà pourquoi Isaïe dit:  » tes marchands mêlent ton vin avec de l’eau »  (Is 1,22), montrant par là que les anciens mêlaient à l’austère commandement de Dieu une tradition diluée, c’est-à-dire qu’ils ont instauré une loi altérée et contraire à la Loi. Le Seigneur l’a montré clairement quand il a dit:  « Pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu au nom de votre tradition »  (Mt 15,3)? Ils ne se sont pas contentés de violer la Loi de Dieu par leur transgression, en mêlant le vin avec de l’eau, mais ils lui ont aussi opposé leur propre loi, qu’on appelle aujourd’hui encore la loi pharisaïque. Ils y omettent certaines choses, en ajoutent d’autres, et en interprètent d’autres à leur guise, toutes pratiques auxquelles se livrent notamment leurs docteurs.
Résolus à défendre ces traditions, ils ne se sont pas soumis à la Loi de Dieu qui les préparait à la venue du Christ. Ils ont même reproché au Christ de faire des guérisons le jour du sabbat. Cela, avons-nous dit, même la Loi ne l’interdisait pas, puisqu’elle guérissait d’une certaine façon en faisant circoncire l’homme le jour du sabbat. Cependant ils ne se reprochaient pas à eux-mêmes de transgresser le commandement de Dieu par leur tradition et leur loi pharisaïque, alors qu’il leur manquait l’essentiel de la Loi, à savoir l’amour de l’homme pour Dieu.
Cet amour est, en effet, le premier et le plus grand commandement, et l’amour du prochain est le second. Le Seigneur l’a enseigné quand il a dit que « toute la Loi et les Prophètes dépendent de ces commandements » (cf.  Mt 22,36-40). Et lui-même n’est pas venu donner de commandement plus grand que celui-là. Mais il a renouvelé ce même commandement, en ordonnant à ses disciples d’aimer Dieu de tout leur coeur et leur prochain comme eux-mêmes.
Paul dit aussi:  « La charité est la Loi dans sa plénitude »  (Rm 13,10) et, « quand tout le reste disparaît,  la foi, l’espérance et la charité demeurent, mais la plus grande de toutes, c’est la charité »  (1Co 13,13). Ni la connaissance, ni la compréhension des mystères, ni la foi, ni la prophétie (cf.  1Co 13,2) ne servent à rien sans la charité envers Dieu. Si la charité fait défaut, tout est vain et inutile. C’est la charité qui rend l’homme parfait, et celui qui aime Dieu est parfait dans le monde présent et dans le monde à venir. Car nous ne cesserons jamais d’aimer Dieu, mais plus nous le contemplerons, plus nous l’aimerons.

Editorial du dimanche 23 août 2015, 21° dimanche du temps ordinaire

Homélie de  saint Cyrille d’Alexandrie  (+ 444)
Commentaire sur l’évangile de Jean,  4, 4, PG 73, 613 617
A qui donc irions-nous?  demande Pierre. Il veut dire: « Qui nous instruira comme toi des divins mystères? » ou encore: « Auprès de qui trouverions-nous quelque chose de meilleur?  Tu as les paroles de la vie éternelle »  (Jn 6,68). Elles ne sont pas dures, comme le disent ces autres disciples. Au contraire, elles conduisent à la réalité la plus extraordinaire de toutes, la vie éternelle qui est sans fin, vie exempte de toute corruption.

Ces paroles nous montrent bien que nous devons nous asseoir aux pieds du Christ, le prenant pour notre seul et unique maître, et nous tenir constamment près de lui sans nous laisser distraire. Il doit devenir pour nous le guide parfaitement capable de nous conduire à la vie qui n’aura pas de fin. De cette manière, en effet, nous monterons jusqu’à la divine demeure du ciel et nous entrerons dans l’Église des premiers-nés, pour faire nos délices des biens que l’esprit humain ne peut comprendre. De soi, il est évident que la volonté de suivre le Christ seul et de lui être toujours uni, est chose bonne et salutaire.
Néanmoins, l’Ancien Testament va aussi nous l’apprendre. De fait, au temps où les Israélites, affranchis de l’oppression égyptienne, se hâtaient vers la terre promise, Dieu ne les laissait pas faire route en désordre, et le législateur ne leur permettait pas d’aller n’importe où, à leur gré; sans guide, en effet, ils se seraient à coup sûr complètement égarés.
Remarque comment ils reçoivent l’ordre de suivre, de se mettre en marche au moment où la nuée prend son départ, de faire encore halte avec elle, puis de prendre du repos avec elle. Vraiment, en ce temps-là, les Israélites trouvaient leur salut en restant avec leur guide. Aujourd’hui, nous faisons également le nôtre en refusant de nous séparer du Christ. Car c’est lui qui s’est manifesté aux anciens sous les apparences de la tente, de la nuée et du feu. Les Israélites devaient exécuter les ordres: il leur était défendu de se mettre en route de leur propre initiative. Ils devaient s’arrêter avec la nuée, par égard pour elle. Cela devait encore servir d’exemple, afin que vous compreniez cette parole du Christ:  Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur  (Jn 12,26).

C’est en marchant toujours avec lui que le disciple donne la preuve qu’il est fidèle à le suivre et assidu à se tenir près de lui. Or, la marche en compagnie et à la suite du Christ Sauveur ne s’entend nullement dans un sens matériel, mais s’effectue plutôt par le moyen des œuvres qu’engendre la vertu. Les disciples les plus sages s’y sont fermement engagés de tout leur cœur. Ils ont refusé de se retirer avec ceux qui manquaient de foi et couraient à leur perte.

Editorial du dimanche 16 août, 20° dimanche du temps ordinaire

Communier pour avoir la vie
Homélie de  Théophylacte  (+ 1109) Commentaire sur l’évangile de Jean.
Nous venons d’entendre cette parole:  Si vous ne mangez pas la chair du Fils, vous n’aurez pas la vie  (Jn 6,53). Lorsque nous participons aux divins mystères, il ne faut donc pas que notre foi chancelle, ni que nous cherchions à connaître la manière dont cela se fait. Car l’homme laissé à sa seule nature, j’entends celui qui obéit à des pensées purement humaines ou naturelles, n’accueille pas les réalités surnaturelles et spirituelles.
Ainsi ne comprend-il pas ce qu’est la nourriture spirituelle procurée par la chair du Seigneur. Ceux qui ne la reçoivent pas en communion n’auront aucune part à la vie éternelle, parce qu’ils n’auront pas reçu Jésus, qui est la vraie vie. Car la chair que nous mangeons n’est pas celle d’un être simplement humain, mais celle d’un Dieu. Unie à la divinité, elle est assez puissante pour nous déifier. Elle est aussi une vraie nourriture: son efficacité ne dure pas seulement quelques instants, et elle ne se décompose pas à la manière d’une nourriture passagère, mais elle est un secours pour la vie éternelle.
De même, la coupe du sang du Seigneur est une vraie boisson, car elle n’étanche pas notre soif pour un temps limité, mais elle préserve pour toujours de la soif celui qui la boit, et elle ne le laisse pas insatisfait. Comme le Seigneur l’a dit à la Samaritaine:  Celui qui boira de l’eau que moi, je lui donnerai, n’aura plus jamais soif  (Jn 4,14). En effet, quiconque recevra la grâce de l’Esprit Saint en participant aux divins mystères, ne souffrira ni de la faim spirituelle ni de la soif, comme ceux qui n’ont pas la foi.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi  (Jn 6,56-57). Cette parole nous apprend à connaître le mystère de la communion. Ainsi celui qui mange la chair et boit le sang du Seigneur demeure-t-il dans le Seigneur, et le Seigneur en lui. Ainsi s’opère un mélange merveilleux et inexplicable, si bien que Dieu est en nous et nous en Dieu.
La parole que tu viens d’entendre ne te remplit-elle pas de crainte? Nous ne mangeons pas Dieu purement et simplement, car il est impalpable et incorporel, et il ne peut être saisi ni par les yeux ni par les dents. Nous ne mangeons pas non plus la chair d’un être simplement humain, car elle ne pourrait nous être d’aucun secours. Mais depuis que Dieu s’est uni un corps selon une union ineffable, ce corps aussi est vivifiant. Non qu’il se soit changé en la nature divine – absolument pas – mais de la même manière que le fer rougi au feu reste du fer et dégage l’énergie du feu.
C’est ainsi que le corps du Seigneur, étant le corps du Verbe de Dieu, a aussi le pouvoir de donner la vie tout en restant un corps.  De même que je vis par le Père,  dit Jésus, c’est-à-dire de même que je suis engendré par le Père, qui est Vie,  de même aussi celui qui me mangera vivra par moi,  en étant uni à moi, et pour ainsi dire transformé en moi, qui ai le pouvoir de donner la vie.

Editorial du dimanche 9 août 2015, 19° dimanche du temps ordinaire

S’unir à la vie du Christ
Traité de  Denys l’Aréopagite  (+ après 510)
La Hiérarchie ecclésiastique,  3, 12-13; PG 3, 444
Lorsque Jésus, le Verbe divin, dans sa bonté et son amour pour les hommes, a assumé notre nature humaine, son unité simple et cachée s’est rendue présente en un être composé et visible, sans en subir aucune altération. En unissant étroitement notre bassesse à sa souveraine divinité, il a généreusement établi entre lui et nous une intime communion. Celle-ci ne peut se réaliser que si nous lui sommes unis harmonieusement, comme les membres au corps, si nous nous conformons à la même vie pure et divine et si nous ne nous livrons pas à la mort en cédant aux passions destructrices, qui nous rendraient incapables de nous adapter et d’adhérer aux membres parfaitement sains de Dieu, et de vivre en union avec eux. Car si nous désirons être en communion avec lui, il faut que nous contemplions la vie toute divine qu’il a menée dans la chair. Il faut aussi qu’en mettant dans notre vie la sainte innocence qui la rendra semblable à la sienne, nous tendions vers l’état de pureté parfaite et la divinisation. C’est ainsi, en effet, qu’il nous donnera de bénéficier de sa ressemblance selon le mode qui nous convient. Cela, l’évêque le révèle lorsque, dans la célébration des mystères, il découvre les dons cachés et divise leur unité en de nombreuses parts, et que, par l’union intime des réalités sacramentelles avec ceux qui les reçoivent, il accomplit en ceux qui y participent, la parfaite communion avec elles. En présentant à notre regard le Christ Jésus, l’évêque montre d’une manière sensible, au moyen des éléments sacramentels, qui en sont comme les figures, ce qui constitue notre vie spirituelle. Il révèle que le Christ, sorti du secret de sa divinité, a pris la forme humaine par amour pour nous en assumant toute notre humanité sans se mélanger à elle; qu’il est descendu de son unité essentielle jusqu’à notre nature divisée sans subir aucun changement; qu’il appelle l’humanité à avoir part à sa divinité et à ses biens propres, en lui offrant les bienfaits de son amour pour les hommes.
Il nous demande seulement de nous unir à sa vie divine en imitant celle-ci autant que nous le pouvons, afin que s’accomplisse en nous la véritable communion avec Dieu et ses divins mystères.

Editorial du dimanche 2 août 2015, 18° dimanche du temps ordinaire

Homélie de  Théophylacte  (+ 1109)
Commentaire sur l’évangile de Jean,  PG 123, 1297-1301.

Au désert, nos pères ont mangé la manne. Comme dit l’Écriture: Il leur a donné à manger le pain venu du ciel  (Jn 6,31).
Ainsi les Juifs veulent-ils pousser Jésus à accomplir lui-même un prodige semblable qui aurait pour effet de leur procurer une nourriture corporelle et, en raison de leur extraordinaire gloutonnerie, ils lui rappellent la manne. Que leur répond donc l’infinie Sagesse de Dieu, Jésus notre Seigneur? Voici:  Ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain  (Jn 6,32), ce qui revient à dire: « Moïse ne vous a pas donné le vrai pain, mais tout ce qui s’est passé alors était la figure de ce qui arrive aujourd’hui. Moïse était la figure de Dieu, le vrai chef des Israélites spirituels.
Ce pain était ma propre image. Étant descendu du ciel, je suis la vraie nourriture et le pain véritable. » Il se déclare « pain véritable », non que la manne eût été une chose trompeuse, mais parce que cette figure était aussi une ombre, non la réalité même. Assurément, ce pain qui est Vie par nature, du fait qu’il est le Fils du Père vivant, accomplit l’œuvre qui lui est propre, car il vivifie tout. Comme le pain qui vient de la terre conserve la fragile substance de notre chair et prévient sa destruction, de même le Christ, lui aussi, vivifie l’âme par l’action de l’Esprit, et en outre il préserve le corps même en vue de son incorruptibilité. Car le Christ a fait don à l’humanité de la résurrection d’entre les morts et de l’immortalité des corps.
Et Jésus leur dit:  Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim; celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif (in 6,35). Il n’a pas dit: « Le pain qui vous alimente », mais « le pain de la vie ». En effet, après que la mort eût mené tous les êtres à leur perte, le Christ, qui est le pain, nous a vivifiés par lui-même. Nous croyons en effet que le levain de la pâte humaine a été cuit au feu de sa divinité. Il est le pain, non de cette vie ordinaire, mais de la vie transformée à laquelle la mort ne met pas de fin.
Si quelqu’un croit en ce pain, il ne connaîtra pas la faim, cette faim qui torture celui qui n’écoute pas la parole de Dieu, et il ne connaîtra pas la soif spirituelle de celui qui n’a pas reçu l’eau du baptême ni la sanctification de l’Esprit. L’un n’a pas été baptisé: manquant du rafraîchissement de l’eau sainte, il éprouve la soif et une grande sécheresse. L’autre a été baptisé: il possède l’Esprit et jouit sans cesse de son réconfort.