5ème Dimanche de Carême

Détails

-Ce lapin emberlificoté est Lazare dans son tombeau que Jésus vient de ressusciter. Il est embaumé et se prend les bandelettes dans une branche qui pousse dans le tombeau.

-Ce dessin pourrait être une représentation du purgatoire. Le purgatoire est un état (pas un lieu) où on a fait le choix de Dieu à la mort… seulement, on n’est pas assez prêt pour le voir tout de suite, lui, la Sainteté absolue (sur le dessin, c’est la lueur à droite)

-Le lapin est tendu vers l’avant, oreilles comprises (la lueur, c’est la Résurrection), son désir de voir Dieu est là, et il sera exaucé après ce temps de purification. Il a l’air bien impatient.

-Il y a encore des choses qui le retiennent (les bandelettes) qui sont surtout des non-pardons ou la prise de conscience de tout ce qu’il aura fait de mal durant son existence terrestre. Ici, c’est un petit rien qui empêche le lapin d’aller plus loin, toujours est-il que ce petit rien est bien là…

Questions

-Jésus demande qu’on le délie, mais ne le fait pas lui-même. Je suis capable de lier ou délier une personne. Sans doute aurai-je à demander pardon à ceux que j’ai blessés, réparant ainsi un affront, et je serai alors l’instrument qui déliera  et libèrera l’autre.

-Pourquoi ne pas commencer aujourd’hui ? Ca sera ça de moins à faire plus tard, et je pourrai alors foncer vers la Lumière sans être retenu par quoi que ce soit.

5ème dimanche de Carême Année Liturgique A

MEDITATION DU 29 MARS 2020 

Père François KABONZO 

Voici les lectures proposées à notre méditation : 

Lecture du livre d’Ezékiel (37, 12-14) : « Dieu ouvre nos tombeaux et fait souffler l’Esprit de vie sur les hommes. » 

Psaume 129(130) avec ses deux refrains au choix : « Auprès du Seigneur est la grâce, la pleine délivrance » ou bien : « Mets en nous ton esprit Seigneur, fais-nous sortir de nos tombeaux » 

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains (8 8-11) : « L’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus habite en vous. » 

Évangile selon saint Jean (11, 1-45) : « Moi, je suis la résurrection et la vie. » 

« Ce cinquième dimanche de Carême nous encourage à ouvrir nos multiples tombeaux et à accueillir le souffle de l’Esprit de vie qui se répand sans cesse. Car avec la résurrection du Christ, nous ne sommes plus sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en nous (Romains 8, 8). » [Commentaire de Karem Bustica dans Prions en Eglise, page 206.] 

L’évangile proclamé vendredi dernier à la veillée de prière sur le parvis de la basilique Saint-Pierre, était celui de la tempête apaisée (Marc 4, 35-41). Dans la tempête et les vagues qui montent, pas d’affolement. Avec Jésus à nos côtés nous n’avons pas à avoir peur. Il est notre force, notre bouclier. 

Reprenons ici ce qu’a dit la féminine voix off  ce vendredi-là : « La tempête que nous vivons manifeste notre vulnérabilité… Nous n’avons pas été arrêtés par des injustices, nous avons suivi notre chemin en pensant que nous étions sains dans un monde malade. En réalité, tu nous appelles à séparer le superflu du nécessaire ». 

Que représente ce superflu pour moi ? Qu’est-ce que je considère comme nécessaire ? 

Dans l’évangile selon saint Luc (10, 40-41), nous lisons : « Seigneur, ma sœur me laisse seule à faire le service, dis-lui donc de m’aider », le Seigneur répondit à Marthe : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses, une seule est nécessaire, Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée ». Pendant que Marthe, en bonne maîtresse de maison s’activait à la cuisine, Marie, la contemplative était assise aux pieds du Seigneur, elle s’abreuvait de sa parole. Marie, prière, contemplation, Marthe, action, service, s’adonner à des activités utiles. 

Chacun de nous a à la fois Marthe et Marie en lui, tantôt l’une, tantôt l’autre. Il faut absolument prendre le temps de se tenir chaque jour en présence de Dieu, comme Marie… quand on a beaucoup travaillé, comme Marthe. C’est le « ora et labora » (prie et travaille) de la Règle de saint Benoît. 

Aujourd’hui, les deux sœurs sont confrontées à la mort. La mort de leur frère Lazare. Elles ont envoyé dire à Jésus : « celui que tu aimes est malade ». « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu… », dit Jésus à ses disciples et il tarde deux jours là où il se trouvait. 

Au moment où Jésus arrive à Béthanie, Lazare son ami, est mort depuis quatre jours. Marthe, tout en affirmant sa foi dans la résurrection finale, ne sait pas encore que Jésus a la puissance de rendre la vie aux morts, bien plus, qu’il est lui-même la résurrection et la vie (Jean 11, 25) : « Moi, je suis la résurrection et la vie, tout homme qui vit et croit en moi ne mourra jamais, celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. Crois-tu cela ? ». Marthe, la croyante fait une profession de foi, une des plus belles de l’évangile. Elle professe en Jésus le Fils de Dieu, le Maître de la vie, dès maintenant et pour toujours : « Oui, Seigneur,  tu es le Messie,  je le crois, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde ». Marthe vient de passer du savoir (je sais, je sais) au croire (je le crois). Croire en Jésus, Messie et Fils de Dieu, c’est déjà commencer à ressusciter, c’est avoir en soi la vie éternelle que la mort physique elle-même ne peut anéantir. 

Notre Seigneur a des sentiments humains, il est bouleversé d’une émotion profonde, mais en lui la confiance absolue en son Père l’emporte sur le chagrin. Une fois la pierre enlevée du tombeau, Jésus rend grâce à son Père qui l’a toujours exaucé. Il tire Lazare du sommeil de la mort en criant d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ». C’est le réveil de Lazare. La parole de Jésus fait vivre. Lazare a eu en quelque sorte un supplément de vie terrestre, il est revenu à sa vie antérieure. «  A la vue de ce signe, beaucoup d’entre les juifs crurent en lui… mais quelques-uns allèrent trouver les pharisiens pour leur raconter ce que Jésus avait fait » (Jean 11, 46). 

 
C’est donc ce miracle qui a signé l’arrêt de mort de Jésus. Placé juste avant la Passion, le réveil de Lazare préfigure la mort de Jésus et ce que sera sa résurrection. Lazare représente l‘homme pécheur écrasé sous le poids de la mort. Par la foi et le baptême, l’homme peut accéder à la vie nouvelle et éternelle de celui qui est la résurrection et la vie. Lazare est encore et toujours un être mortel, il mourra une seconde fois. Jésus, lui, sortira immortel à Pâques, délivré à jamais de la mort. En lui la vie aura triomphé. 

 
« Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu ».  « Ne t’ai-je pas dit ?Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu.» ? Pour Jésus, la seule chose qui compte, c’est la gloire de Dieu, mais pour voir la gloire de Dieu, il faut la foi. 
« Lazare, notre ami, est mort et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. » « Si j’ai parlé, c’est pour cette foule qui est autour de moi, afin qu’ils croient que tu m’as envoyé. »  « Oui Seigneur, tu es le Messie, je le crois, tu es le fils de Dieu, celui qui vient dans le monde.» 
Puissions-nous partager la foi de Marthe et dire à notre tour au Seigneur : « Oui Seigneur, tu es le Messie, tu es le Fils de Dieu, nous le croyons. » 

Excellente montée vers Pâques. 

Père François KABONZO, 

 Votre Vicaire. 

5ème Dimanche de Carême

PREMIÈRE LECTURE

« Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez » (Ez 37, 12-14)

Lecture du livre du prophète Ézékiel

Ainsi parle le Seigneur Dieu :
Je vais ouvrir vos tombeaux
et je vous en ferai remonter,
ô mon peuple,
et je vous ramènerai sur la terre d’Israël.
    Vous saurez que Je suis le Seigneur,
quand j’ouvrirai vos tombeaux
et vous en ferai remonter,
ô mon peuple !
    Je mettrai en vous mon esprit,
et vous vivrez ;
je vous donnerai le repos sur votre terre.
Alors vous saurez que Je suis le Seigneur :
j’ai parlé
et je le ferai
– oracle du Seigneur.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 129 (130), 1-2, 3-4, 5-6ab, 7bc-8)

R/ Près du Seigneur est l’amour,
près de lui abonde le rachat.
 (Ps 129, 7bc)

Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur,
Seigneur, écoute mon appel !
Que ton oreille se fasse attentive
au cri de ma prière !

Si tu retiens les fautes, Seigneur,
Seigneur, qui subsistera ?
Mais près de toi se trouve le pardon
pour que l’homme te craigne.

J’espère le Seigneur de toute mon âme ;
je l’espère, et j’attends sa parole.
Mon âme attend le Seigneur
plus qu’un veilleur ne guette l’aurore.

Oui, près du Seigneur, est l’amour ;
près de lui, abonde le rachat.
C’est lui qui rachètera Israël
de toutes ses fautes.

DEUXIÈME LECTURE

« L’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus habite en vous » (Rm 8, 8-11)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères,
    ceux qui sont sous l’emprise de la chair
ne peuvent pas plaire à Dieu.
    Or, vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair,
mais sous celle de l’Esprit,
puisque l’Esprit de Dieu habite en vous.
Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas.
    Mais si le Christ est en vous,
le corps, il est vrai, reste marqué par la mort à cause du péché,
mais l’Esprit vous fait vivre, puisque vous êtes devenus des justes.
    Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts
habite en vous,
celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts
donnera aussi la vie à vos corps mortels
par son Esprit qui habite en vous.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Je suis la résurrection et la vie » (Jn 11, 1-45)

Gloire à toi, Seigneur,
gloire à toi. 

Moi, je suis la résurrection et la vie, dit le Seigneur.
Celui qui croit en moi ne mourra jamais.
Gloire à toi, Seigneur,
gloire à toi.
 (cf. Jn 11, 25a.26)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

    En ce temps-là,
    il y avait quelqu’un de malade,
Lazare, de Béthanie,
le village de Marie et de Marthe, sa sœur.
    Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur
et lui essuya les pieds avec ses cheveux.
C’était son frère Lazare qui était malade.
    Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus :
« Seigneur, celui que tu aimes est malade. »
    En apprenant cela, Jésus dit :
« Cette maladie ne conduit pas à la mort,
elle est pour la gloire de Dieu,
afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »
    Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare.
    Quand il apprit que celui-ci était malade,
il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait.
    Puis, après cela, il dit aux disciples :
« Revenons en Judée. »
    Les disciples lui dirent :
« Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider,
et tu y retournes ? »
    Jésus répondit :
« N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ?
Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas,
parce qu’il voit la lumière de ce monde ;
    mais celui qui marche pendant la nuit trébuche,
parce que la lumière n’est pas en lui. »
    Après ces paroles, il ajouta :
« Lazare, notre ami, s’est endormi ;
mais je vais aller le tirer de ce sommeil. »
    Les disciples lui dirent alors :
« Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. »
    Jésus avait parlé de la mort ;
eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil.
    Alors il leur dit ouvertement :
« Lazare est mort,
    et je me réjouis de n’avoir pas été là,
à cause de vous, pour que vous croyiez.
Mais allons auprès de lui ! »
    Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),
dit aux autres disciples :
« Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »

    À son arrivée,
Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.
    Comme Béthanie était tout près de Jérusalem
– à une distance de quinze stades
(c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –,
    beaucoup de Juifs étaient venus
réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère.
    Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus,
elle partit à sa rencontre,
tandis que Marie restait assise à la maison.
    Marthe dit à Jésus :
« Seigneur, si tu avais été ici,
mon frère ne serait pas mort.
    Mais maintenant encore, je le sais,
tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. »
    Jésus lui dit :
« Ton frère ressuscitera. »
    Marthe reprit :
« Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection,
au dernier jour. »
    Jésus lui dit :
« Moi, je suis la résurrection et la vie.
Celui qui croit en moi,
même s’il meurt, vivra ;
    quiconque vit et croit en moi
ne mourra jamais.
Crois-tu cela ? »
    Elle répondit :
« Oui, Seigneur, je le crois :
tu es le Christ, le Fils de Dieu,
tu es celui qui vient dans le monde. »

    Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie,
et lui dit tout bas :
« Le Maître est là, il t’appelle. »
    Marie, dès qu’elle l’entendit,
se leva rapidement et alla rejoindre Jésus.
    Il n’était pas encore entré dans le village,
mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré.
    Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie
et la réconfortaient,
la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ;
ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer.
    Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus.
Dès qu’elle le vit,
elle se jeta à ses pieds et lui dit :
« Seigneur, si tu avais été ici,
mon frère ne serait pas mort. »
    Quand il vit qu’elle pleurait,
et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi,
Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé,
    et il demanda :
« Où l’avez-vous déposé ? »
Ils lui répondirent :
« Seigneur, viens, et vois. »
    Alors Jésus se mit à pleurer.
    Les Juifs disaient :
« Voyez comme il l’aimait ! »
    Mais certains d’entre eux dirent :
« Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle,
ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »

    Jésus, repris par l’émotion,
arriva au tombeau.
C’était une grotte fermée par une pierre.
    Jésus dit :
« Enlevez la pierre. »
Marthe, la sœur du défunt, lui dit :
« Seigneur, il sent déjà ;
c’est le quatrième jour qu’il est là. »
    Alors Jésus dit à Marthe :
« Ne te l’ai-je pas dit ?
Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
    On enleva donc la pierre.
Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit :
« Père, je te rends grâce
parce que tu m’as exaucé.
    Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ;
mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure,
afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. »
    Après cela, il cria d’une voix forte :
« Lazare, viens dehors ! »
    Et le mort sortit,
les pieds et les mains liés par des bandelettes,
le visage enveloppé d’un suaire.
Jésus leur dit :
« Déliez-le, et laissez-le aller. »
    Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie
et avaient donc vu ce que Jésus avait fait,
crurent en lui.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Solennité de l’Annonciation du Seigneur

HOMELIE DU 25 MARS 2020

Père Chris GOMA

Aujourd’hui nous sommes le 25 Mars 2020, solennité de l’Annonciation du Seigneur, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du livre du prophète Isaïe, (7, 10-14 ; 8,10)
  • Psaume 39, avec comme refrain : « Me voici Seigneur, je viens faire ta volonté »
  • Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Hébreux (10, 4-10)
  • Evangile de saint Luc  (1, 26-38) .

C’est une journée particulière pour notre diocèse, le diocèse de Bordeaux :

  • 9 h 00 – célébration par Mgr JAMES de l’eucharistie en direct, 
  • 12 h 00 – Notre Père en communion avec le Pape François et le le monde 
  • 15 h 30 – Chapelet en direct de Lourdes (KTO ou RCF) 
  • 19 h 30 – En communion avec la conférence épiscopale : allumer des bougies sur nos fenêtres et sonner les cloches des églises, quand c’est possible. 

Cela dit, entrons dans le vif du sujet, dans la méditation de l’évangile de ce jour.

Peuple de Dieu , Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, paroissiens et paroissiennes des secteurs pastoraux Castelnau et Margaux, l’Eglise, notre mère célèbre aujourd’hui l’Annonciation du Seigneur. Elle fait partie des mystères joyeux. Celui-ci rapporte la bonne nouvelle de l’ange Gabriel à Marie  « elle va concevoir et enfanter un fils, celui qui sera le Sauveur de l’humanité.

L’évangile soumis à notre méditation est riche d’enseignements. Nous allons étayer notre réflexion sur les thèmes de la disponibilité et de la responsabilité de Marie.
En effet,  lorsque l’ange, le messager de Dieu, s’invite dans la vie de Marie, nous pouvons dire qu’il vient comme à l’improviste et de manière importune.  En ce sens que Marie était, : 

« … Une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David appelé Joseph … ». Dieu se fraie un passage dans sa vie rangée de jeune fille de Nazareth. Dieu sollicite Marie à éclater son cœur aux dimensions du monde : « Tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus ». Demande impertinente pour celle qui avait déjà un avenir conjugal tracé. Elle avait dévolu son cœur à Joseph. Marie est appelée à une grande et noble mission pour l’humanité. Dieu veut sauver l’homme, il doit passer par l’homme. 

Notre Dieu est-il dans une démarche arbitraire ? Comment peut-il donner la mission d’être mère à une jeune fille promise en mariage ? Nous savons que ce Dieu-là est celui qui prépare Marie à devenir la digne demeure de son fils. Nous l’avons entendu déjà à travers la salutation en ces termes : « Je te salue, Comblée-de grâce, le Seigneur est avec toi  ».

De plus, notre Dieu n’est pas dans l’ordre de l’arbitraire, puisqu’il va finalement demander l’avis de Marie. Notre Dieu nous éduque à la responsabilité. Le mérite de Marie est bien cette responsabilité-là. La voie tracée, c’est dans sa capacité à trouver dans son cœur et dans sa vie comblée la place pour l’œuvre de Dieu. Ne dit-on pas : « Dieu premier servi » ? Ne chantons-nous pas dans un cantique que Marie est la première sur le chemin de la foi ? « La première en chemin, Marie tu nous entraînes à risquer notre « oui » aux imprévus de Dieu. Et voici qu’est semée en argile incertaine de notre humanité Jésus Christ fils de Dieu. »

Donc, comme je le disais, c’est dans sa capacité à obéir à la volonté de Dieu que s’élabore la noblesse et la valeur de Marie. Son « fiat », c’est-à-dire son « oui » témoignent de sa disponibilité à assumer la mission de Dieu. Sa grandeur s’évalue dans la prise en compte de cette responsabilité. Celle-ci dépasse ses intérêts personnels et égoïstes. Marie éclate son cœur aux dimensions du monde : « Voici la servante du seigneur que tout advienne selon ta parole ».

La réponse de Marie était si décisive que l’évangéliste Luc dit juste après « Alors, l’ange la quitta ». 

C’est comme si la terre et le ciel étaient suspendus aux lèvres de Marie.

C’est une réponse responsable au sens plénier du mot dans son acception latine : res (chose) et pendere (pendre porter). Autrement dit : porter quelque chose sur soi.

Le mérite de Marie, c’est sa foi, sa disponibilité et son accueil du dessein bienveillant et éternel de Dieu. Marie y coopère par son « oui ». Elle sacrifie ses propres projets et ambitions. Elle renonce à elle-même et s’efface.

Les questions que nous devons nous poser aujourd’hui sont :

  • Sommes-nous capables d’arrimer nos volontés à la fantaisie et aux imprévus de Dieu ? 
  • Sommes-nous prêts à sacrifier une part de nos vies si compartimentées à ‘œuvre de Dieu ?
  • Sommes-nous disposés à faire valoir les droits de Dieu dans notre monde ponctué par le jeu des intérêts individualistes et égoïstes ? ».

C’est l’effort à faire aujourd’hui en célébrant cette solennité de l’Annonciation du Seigneur.
Les temps sont durs, nous le savions. Le Covid19, a,  sans nul doute, la même impertinence que le message de l’ange à Marie. De même que l’Annonciation va bouleverser beaucoup de choses dans le monde, le Covid19 arrive maintenant à changer l’ordre mondial.

L’équilibre mondial « en a pris un coup », les manières de vivre et d’être se contextualisent. 

Sommes-nous préparés à accueillir cette nouveauté qui se dessine devant nous ?

Prenons-nous suffisamment conscience de notre responsabilité dans cette nouvelle économie mondiale à travers le respect des consignes et des engagements actuels ? 

Apprenons-nous à devenir plus solidaires que solitaires face au devenir de notre humanité ?

Peuple de Dieu,

l’ange arrive dans la vie de Marie et change la vie de l’humanité,

Le coronavirus redéfinit les cartes de notre monde :

rien ne sera plus comme avant.

Pour ne pas perdre le cap, nous devons, demander au Seigneur, par l’intercession de Marie, la grâce de la disponibilité et de la responsabilité de la foi et du service.

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère,

Abbé Chris Brunel GOMA

4ème Dimanche de Carême

PREMIÈRE LECTURE

David reçoit l’onction comme roi d’Israël (1 S 16, 1b.6-7.10-13a)

Lecture du premier livre de Samuel

En ces jours-là,
    le Seigneur dit à Samuel :
« Prends une corne que tu rempliras d’huile, et pars !
Je t’envoie auprès de Jessé de Bethléem,
car j’ai vu parmi ses fils mon roi. »
    Lorsqu’ils arrivèrent et que Samuel aperçut Éliab,
il se dit :
« Sûrement, c’est lui le messie,
lui qui recevra l’onction du Seigneur ! »
    Mais le Seigneur dit à Samuel :
« Ne considère pas son apparence ni sa haute taille,
car je l’ai écarté.
Dieu ne regarde pas comme les hommes :
les hommes regardent l’apparence,
mais le Seigneur regarde le cœur. »
    Jessé présenta ainsi à Samuel ses sept fils,
et Samuel lui dit :
« Le Seigneur n’a choisi aucun de ceux-là. »
    Alors Samuel dit à Jessé :
« N’as-tu pas d’autres garçons ? »
Jessé répondit :
« Il reste encore le plus jeune,
il est en train de garder le troupeau. »
Alors Samuel dit à Jessé :
« Envoie-le chercher :
nous ne nous mettrons pas à table
tant qu’il ne sera pas arrivé. »
    Jessé le fit donc venir :
le garçon était roux, il avait de beaux yeux, il était beau.
Le Seigneur dit alors :
« Lève-toi, donne-lui l’onction : c’est lui ! »
    Samuel prit la corne pleine d’huile,
et lui donna l’onction au milieu de ses frères.
L’Esprit du Seigneur s’empara de David à partir de ce jour-là.

   – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 22 (23), 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6)

R/ Le Seigneur est mon berger :
rien ne saurait me manquer.
 (cf. Ps 22, 1)

Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche,
il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m’accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j’habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.

DEUXIÈME LECTURE

« Relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera » (Ep 5, 8-14)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Frères,
    autrefois, vous étiez ténèbres ;
maintenant, dans le Seigneur, vous êtes lumière ;
conduisez-vous comme des enfants de lumière
    – or la lumière
a pour fruit tout ce qui est bonté, justice et vérité –
    et sachez reconnaître
ce qui est capable de plaire au Seigneur.
    Ne prenez aucune part aux activités des ténèbres,
elles ne produisent rien de bon ;
démasquez-les plutôt.
    Ce que ces gens-là font en cachette,
on a honte même d’en parler.
    Mais tout ce qui est démasqué
est rendu manifeste par la lumière,
    et tout ce qui devient manifeste est lumière.
C’est pourquoi l’on dit :
Réveille-toi, ô toi qui dors,
relève-toi d’entre les morts,
et le Christ t’illuminera.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Il s’en alla et se lava ; quand il revint, il voyait » (Jn 9, 1-41)

Gloire et louange à toi
Seigneur Jésus. !

Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur.
Celui qui me suit aura la lumière de la vie.
Gloire et louange à toi
Seigneur Jésus !
 (Jn 8, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
en sortant du Temple,
    Jésus vit sur son passage
un homme aveugle de naissance.
    Ses disciples l’interrogèrent :
« Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents,
pour qu’il soit né aveugle ? »
    Jésus répondit :
« Ni lui, ni ses parents n’ont péché.
Mais c’était pour que les œuvres de Dieu
se manifestent en lui.
    Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé,
tant qu’il fait jour ;
la nuit vient où personne ne pourra plus y travailler.
    Aussi longtemps que je suis dans le monde,
je suis la lumière du monde. »
    Cela dit, il cracha à terre
et, avec la salive, il fit de la boue ;
puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle,
    et lui dit :
« Va te laver à la piscine de Siloé »
– ce nom se traduit : Envoyé.
L’aveugle y alla donc, et il se lava ;
quand il revint, il voyait.

    Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant
– car il était mendiant –
dirent alors :
« N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? »
    Les uns disaient :
« C’est lui. »
Les autres disaient :
« Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. »
Mais lui disait :
« C’est bien moi. »
    Et on lui demandait :
« Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? »
    Il répondit :
« L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue,
il me l’a appliquée sur les yeux et il m’a dit :
‘Va à Siloé et lave-toi.’
J’y suis donc allé et je me suis lavé ;
alors, j’ai vu. »
    Ils lui dirent :
« Et lui, où est-il ? »
Il répondit :
« Je ne sais pas. »

    On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle.
    Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue
et lui avait ouvert les yeux.
    À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir.
Il leur répondit :
« Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé,
et je vois. »
    Parmi les pharisiens, certains disaient :
« Cet homme-là n’est pas de Dieu,
puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. »
D’autres disaient :
« Comment un homme pécheur
peut-il accomplir des signes pareils ? »
Ainsi donc ils étaient divisés.
    Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle :
« Et toi, que dis-tu de lui,
puisqu’il t’a ouvert les yeux ? »
Il dit :
« C’est un prophète. »
    Or, les Juifs ne voulaient pas croire
que cet homme avait été aveugle
et que maintenant il pouvait voir.
C’est pourquoi ils convoquèrent ses parents
    et leur demandèrent :
« Cet homme est bien votre fils,
et vous dites qu’il est né aveugle ?
Comment se fait-il qu’à présent il voie ? »
    Les parents répondirent :
« Nous savons bien que c’est notre fils,
et qu’il est né aveugle.
    Mais comment peut-il voir maintenant,
nous ne le savons pas ;
et qui lui a ouvert les yeux,
nous ne le savons pas non plus.
Interrogez-le,
il est assez grand pour s’expliquer. »
    Ses parents parlaient ainsi
parce qu’ils avaient peur des Juifs.
En effet, ceux-ci s’étaient déjà mis d’accord
pour exclure de leurs assemblées
tous ceux qui déclareraient publiquement que Jésus est le Christ.
    Voilà pourquoi les parents avaient dit :
« Il est assez grand, interrogez-le ! »

    Pour la seconde fois,
les pharisiens convoquèrent l’homme qui avait été aveugle,
et ils lui dirent :
« Rends gloire à Dieu !
Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. »
    Il répondit :
« Est-ce un pécheur ?
Je n’en sais rien.
Mais il y a une chose que je sais :
j’étais aveugle, et à présent je vois. »
    Ils lui dirent alors :
« Comment a-t-il fait pour t’ouvrir les yeux ? »
    Il leur répondit :
« Je vous l’ai déjà dit,
et vous n’avez pas écouté.
Pourquoi voulez-vous m’entendre encore une fois ?
Serait-ce que vous voulez, vous aussi, devenir ses disciples ? »
    Ils se mirent à l’injurier :
« C’est toi qui es son disciple ;
nous, c’est de Moïse que nous sommes les disciples.
    Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ;
mais celui-là, nous ne savons pas d’où il est. »
    L’homme leur répondit :
« Voilà bien ce qui est étonnant !
Vous ne savez pas d’où il est,
et pourtant il m’a ouvert les yeux.
    Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs,
mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce.
    Jamais encore on n’avait entendu dire
que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance.
    Si lui n’était pas de Dieu,
il ne pourrait rien faire. »
    Ils répliquèrent :
« Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance,
et tu nous fais la leçon ? »
Et ils le jetèrent dehors.

    Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors.
Il le retrouva et lui dit :
« Crois-tu au Fils de l’homme ? »
    Il répondit :
« Et qui est-il, Seigneur,
pour que je croie en lui ? »
    Jésus lui dit :
« Tu le vois,
et c’est lui qui te parle. »
    Il dit :
« Je crois, Seigneur ! »
Et il se prosterna devant lui.

    Jésus dit alors :
« Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement :
que ceux qui ne voient pas
puissent voir,
et que ceux qui voient
deviennent aveugles. »
    Parmi les pharisiens, ceux qui étaient avec lui
entendirent ces paroles et lui dirent :
« Serions-nous aveugles, nous aussi ? »
    Jésus leur répondit :
« Si vous étiez aveugles,
vous n’auriez pas de péché ;
mais du moment que vous dites : ‘Nous voyons !’,
votre péché demeure. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

HOMELIE DU 14 MARS 2020

Père Chris GOMA

3ème dimanche de Carême

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, paroissiens et paroissiennes des secteurs pastoraux Castelnau et Margaux, permettez-moi de méditer avec vous la première lecture de ce dimanche tirée du Livre de l’Exode, elle correspond tellement à la réalité  que nous vivons aujourd’hui, un carême particulier, un désert, une épreuve : le coronavirus avec son lot de souffrances, d’isolement et de secousses socio-économique.
Je nous entends reprendre les paroles du peuple juif devant l’épreuve qui était à la fin de cette lecture « Le Seigneur est-il au milieu de nous, oui ou non ? », parole de désespoir, de plainte, de révolte et d’indignation.

Oui, l’homme a parfois la mémoire courte, l’homme n’est pas préparé à vivre la souffrance, la maladie, l’épreuve et la mort.
Le peuple juif a vite oublié les bontés du Seigneur, celui-là même qui l’a délivré de l’esclavage de l’Egypte par son bras droit et sa main puissante. Il s’insurge contre Moïse, le Serviteur de Dieu ; et là encore, une fois encore, Dieu est fidèle à ses desseins, il fait sortir l’eau au creux du rocher par son Serviteur Moïse, ce dernier immortalise ce miracle en donnant à ce lieu les noms de Massa (c’est-à-dire : Epreuve) et Mériba (c’est-à-dire : Querelle).

Devant la pandémie qui secoue le monde et les restrictions que nous sommes invités à vivre de manière prudente et responsable, on peut dire que nous traversons aussi le lieu du Massa et de Mériba.

Massa (c’est-à-dire : Epreuve). Oui même la liturgie de ce moment corrobore cette réalité. Nous sommes en temps de Carême, temps de pénitence et d’épreuve, temps du désert. Beaucoup d’entre nous le vivons dans notre chair à travers cette pandémie, la mort qu’elle génère et les changements de notre modus vivendi (mode de vie).
Notre Evêque, Monseigneur JAMES, dans son mot aux catholiques de Gironde, a semblé abonder dans le même sens.
Pour ce qui concerne la prière, il dit : « …Il n’est plus possible de participer à la messe dominicale, mais personne n’est dispensé de prière, cette prière a plus d’importance en ce temps difficile… ».

Sur le jeûne il dit « …pour certains d’entre nous, ce sera un jeûne eucharistique douloureux, car nous savons quelle est l’importance dans nos vies de l’eucharistie dominicale ; Il y a aussi le jeûne des rencontres et des échanges familiaux …».
Sur l’aumône et le partage il dit enfin « …il y a de nombreuses manières concrètes de nous manifester à nos proches : messages téléphoniques, email … ». 

Solidarité et fraternité sont plus urgentes en ce moment. Ne dit-on pas « aux grands mots les grands remèdes ».

Massa : épreuve ; offrons ces épreuves à Dieu comme une manière particulière et féconde de vivre notre carême 2020.

Mériba : querelle ; loin de n’être qu’une indignation, une révolte, une plainte sans fond, notre accusation à Dieu en ce temps de dure épreuve, se veut être : un cri de confiance, une prière fervente en ce Dieu fidèle, celui qui n’abandonne pas son peuple.

Comme l’a dit Monseigneur JAMES : « Ensemble nourrissons notre espérance ».

3ème Dimanche de Carême

PREMIÈRE LECTURE

« Donne-nous de l’eau à boire » (Ex 17, 3-7)

Lecture du livre de l’Exode

En ces jours-là, dans le désert, le peuple, manquant d’eau,
souffrit de la soif.
Il récrimina contre Moïse et dit :
« Pourquoi nous as-tu fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir de soif avec nos fils et nos troupeaux ? »
    Moïse cria vers le Seigneur : « Que vais-je faire de ce peuple ? Encore un peu, et ils me lapideront ! »
    Le Seigneur dit à Moïse : « Passe devant le peuple, emmène avec toi plusieurs des anciens d’Israël, prends en main le bâton avec lequel tu as frappé le Nil, et va ! Moi, je serai là, devant toi, sur le rocher du mont Horeb. Tu frapperas le rocher, il en sortira de l’eau, et le peuple boira ! »
Et Moïse fit ainsi sous les yeux des anciens d’Israël.

    Il donna à ce lieu le nom de Massa (c’est-à-dire : Épreuve) et Mériba (c’est-à-dire : Querelle), parce que les fils d’Israël avaient cherché querelle au Seigneur, et parce qu’ils l’avaient mis à l’épreuve, en disant :
« Le Seigneur est-il au milieu de nous, oui ou non ? »

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 94 (95), 1-2, 6-7ab, 7d-8a.9)

R/ Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur,
mais écoutez la voix du Seigneur !
 (cf. Ps 94, 8a.7d)

Venez, crions de joie pour le Seigneur,
acclamons notre Rocher, notre salut !
Allons jusqu’à lui en rendant grâce,
par nos hymnes de fête acclamons-le !

Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,
adorons le Seigneur qui nous a faits.
Oui, il est notre Dieu ;
nous sommes le peuple qu’il conduit.

Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ?
« Ne fermez pas votre cœur comme au désert,
où vos pères m’ont tenté et provoqué,
et pourtant ils avaient vu mon exploit. »

DEUXIÈME LECTURE

« L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5, 1-2.5-8)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères, nous qui sommes devenus justes par la foi, nous voici en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, lui qui nous a donné, par la foi, l’accès à cette grâce dans laquelle nous sommes établis ; et nous mettons notre fierté dans l’espérance d’avoir part à la gloire de Dieu.
    Et l’espérance ne déçoit pas, puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné.
    Alors que nous n’étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les impies que nous étions.
    Accepter de mourir pour un homme juste, c’est déjà difficile ; peut-être quelqu’un s’exposerait-il à mourir pour un homme de bien.
    Or, la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle » (Jn 4, 5-42)

Gloire au Christ,
Sagesse éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur. 

Tu es vraiment le Sauveur du monde, Seigneur !
Donne-moi de l’eau vive : que je n’aie plus soif.
Gloire au Christ,
Sagesse éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.
 (cf. Jn 4, 42.15)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

    En ce temps-là, Jésus arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar,
près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph.
    Là se trouvait le puits de Jacob.
Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source.
C’était la sixième heure, environ midi.
    Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau.
Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. »
    – En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter des provisions.
    La Samaritaine lui dit : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? »
– En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains.
    Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. »
    Elle lui dit : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond.
D’où as-tu donc cette eau vive ?
    Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? »
    Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif; mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. »
    La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. »
    Jésus lui dit : « Va, appelle ton mari, et reviens. »
    La femme répliqua : « Je n’ai pas de mari. »
Jésus reprit : « Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari : des maris, tu en a eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai. »
    La femme lui dit : « Seigneur, je vois que tu es un prophète !… 
    Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là, et vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. »
    Jésus lui dit : « Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père.
    Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.
    Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père.
    Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. »
    La femme lui dit : « Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. »
    Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. »
    À ce moment-là, ses disciples arrivèrent ; ils étaient surpris de le voir parler avec une femme.
Pourtant, aucun ne lui dit : « Que cherches-tu ? » ou bien : « Pourquoi parles-tu avec elle ? »

    La femme, laissant là sa cruche, revint à la ville et dit aux gens : «Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? »
    Ils sortirent de la ville, et ils se dirigeaient vers lui.

    Entre-temps, les disciples l’appelaient : « Rabbi, viens manger. »
    Mais il répondit : « Pour moi, j’ai de quoi manger : c’est une nourriture que vous ne connaissez pas. »
    Les disciples se disaient entre eux : « Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? »
    Jésus leur dit : « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre.
    Ne dites-vous pas : ‘Encore quatre mois et ce sera la moisson’ ?
Et moi, je vous dis : Levez les yeuxet regardez les champs déjà dorés pour la moisson. Dès maintenant,  le moissonneur reçoit son salaire :
il récolte du fruit pour la vie éternelle, si bien que le semeur se réjouit en même temps que le moissonneur.
    Il est bien vrai, le dicton : ‘L’un sème, l’autre moissonne.’
    Je vous ai envoyés moissonner ce qui ne vous a coûté aucun effort ; d’autres ont fait l’effort, et vous en avez bénéficié. »

    Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus, à cause de la parole de la femme qui rendait ce témoignage : « Il m’a dit tout ce  que j’ai fait. »
    Lorsqu’ils arrivèrent auprès de lui, ils l’invitèrent à demeurer chez eux. Il y demeura deux jours.
    Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire à cause de sa parole à lui,     et ils disaient à la femme : « Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons : nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Parole du Père Chris Goma

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Christ,

Cette semaine notre mère l’Eglise nous a conviés à célébrer la semaine de l’unité des chrétiens et, aujourd’hui, à Rome, le Pape François inaugure le dimanche de la Parole de Dieu qui se célébrera chaque 3ème dimanche du Temps Ordinaire.

Permettez-nous, dans cette actualité dense d’orienter essentiellement notre méditation d’aujourd’hui sur la deuxième lecture.
En effet, Saint-Paul, écrit aux chrétiens de Corinthe au sujet des divisions, des querelles intestines qu’on lui a rapportées alors qu’il se trouve à Éphèse.
Il est nécessaire de connaître d’emblée le contexte :

  • Corinthe est une ville de trafic intense à cause de son port. Et comme telle, beaucoup de courants de pensées et beaucoup de religions y convergent.
  • Entre l’enthousiasme des néophytes et la fidélité des anciens, Paul, qui a du reste évangélisé Corinthe, se rend compte qu’il y a quatre factions parmi les chrétiens :
    • Celle des disciples d’Appolos (un juif d’Alexandrie) versé dans l’écriture et dans l’annonce du Christ avec une éloquence indiscutable.
    • Celle qui se réclame de Paul
    • Celle qui se réclame de Pierre
    • et celle qui se réclame du Christ

Dans sa lettre aux corinthiens, Paul recadre les choses en mettant en avant la centralité du Baptême du Christ, source et signe de l’unité des chrétiens : 

  • Le Christ n’est pas divisé
  • Par le baptême, nous sommes tous constitués corps du Christ, et lui est la tête.

Cela veut dire que toutes les divisions, les fractures, les dissensions, les rivalités n’ont plus de place.
En cette semaine de l’unité des Chrétiens, nous allons demander au Seigneur de nous aider à redécouvrir la noblesse de notre baptême, qui nous constitue membre d’un seul corps.
Dans notre Église, où l’on peut malheureusement trouver des clans, des divisions, l’esprit de ghetto, l’esprit de clocher et d’exclusion.

Dans notre Église, où nous assumons nos ministères de manière autoréférenciée, en ; gérant les biens de l’Eglise comme des propriétés privées et personnelles, demandons au Seigneur la grâce de comprendre que  par le baptême, nous ne nous appartenons pas. Nous appartenons au Christ et comme le disait le Concile Vatican II « Quand  le prêtre baptise, c’est le Christ en personne qui baptise ». Nous sommes baptisés, donc greffés au Christ. C’est la réussite de la greffe qui compte pas celui qui l’a greffé.

Par ailleurs, pour mieux prendre conscience de notre identité,  il nous faut nous familiariser avec la Parole de Dieu. Saint Jérôme disait : « Ignorer les écritures, c’est ignorer le Christ ».

Dans sa lettre apostolique Aperuit Illis, le Pape François dit qu’aujourd’hui (3ème dimanche du Temps Ordinaire), jour consacré à la Bible, ne veut pas être un événement qui se produit une seule fois par an, mais un événement pour toute l’année, parce que nous avons un besoin urgent de devenir familiers et intimes de l’Écriture Sainte et du Ressuscité, qui ne cesse de rompre la Parole et le pain dans la communauté des croyants.

Nous comprenons par ce fait même le geste du Christ au début de son Ministère, dans l’Évangile de ce jour, à savoir le choix des disciples pour en faire « des pêcheurs d’hommes ».

Que le Seigneur nous donne la grâce de répondre au jour le jour à cette question du Pape Saint-Jean-Paul II   : « France, fille aînée de l’Église, qu’as-tu fait de ton baptême ? » et de prendre conscience du lien fondateur du baptême, comme lien d’amour au Christ et au Frère ainsi que de travailler à y répondre comme tel à travers l’annonce de la Parole de Dieu.

7ème Dimanche du Temps Ordinaire

Détails

-Le lapin bleu a un grand désir, il veut devenir saint. Il va dans un magasin d’auréoles (le dessin ne dit pas si elles sont payantes ou gratuites).

-Les auréoles sont diverses ; elles ont la forme de ce qu’elles représentent (un cœur pour l’amour, une colombe pour la paix, un sourire pour la joie, une toute petite pour l’humilité, une à 5 anneaux pour l’olympique (histoire de dire que la sainteté est universelle et que son acquisition n’est pas évidente).

-Et puis il y en a une « d’occasion », un peu tordue, dont l’état n’est pas si neuf que ça. Elle signifie qu’il ne faut pas se contenter de peu. Souhaiter une petite auréole un peu tordue, c’est ne pas se croire digne de l’amour de Dieu. C’est encore mettre une limite à son amour immense qui veut « infiniment plus que nous n’osions demander ou imaginer » (St Paul)

Questions

-Qui d’entre nous souhaite voir réussir son enfant ? Avoir mille et un projets pour lui ?

La réussite totale que Dieu a en vue pour nous, c’est que nous soyons unis en lui d’une manière définitive. Ainsi, nous serons saints. La sainteté, ce n’est pas d’être parfaits, mais de   participer à la perfection qu’est Dieu. C’est se recevoir de Lui.

-Si nous souhaitons la réussite de nos proches, croyons-nous vraiment que Dieu peut « réussir » avec nous ?

-Le lapin-Dieu (avec sa cravate jaune) nous demande « laquelle désirez-vous ? » parce que ce n’est pas lui qui va nous en imposer une. Et moi, quel est mon désir ?

-Est-ce que je vais penser à entrer dans son magasin chaque jour de cette semaine ?