24ème Dimanche du Temps Ordinaire

PREMIÈRE LECTURE

« Pardonne à ton prochain le tort qu’il t’a fait ; alors, à ta prière, tes péchés seront remis » (Si 27, 30 – 28, 7)

Lecture du livre de Ben Sira le Sage

Rancune et colère, voilà des choses abominables
où le pécheur est passé maître.
    Celui qui se venge
éprouvera la vengeance du Seigneur ;
celui-ci tiendra un compte rigoureux de ses péchés.
    Pardonne à ton prochain le tort qu’il t’a fait ;
alors, à ta prière, tes péchés seront remis.
    Si un homme nourrit de la colère contre un autre homme,
comment peut-il demander à Dieu la guérison ?
    S’il n’a pas de pitié pour un homme, son semblable,
comment peut-il supplier pour ses péchés à lui ?
    Lui qui est un pauvre mortel, il garde rancune ;
qui donc lui pardonnera ses péchés ?
    Pense à ton sort final et renonce à toute haine,
pense à ton déclin et à ta mort,
et demeure fidèle aux commandements.
    Pense aux commandements
et ne garde pas de rancune envers le prochain,
pense à l’Alliance du Très-Haut
et sois indulgent pour qui ne sait pas.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 102 (103), 1-2, 3-4, 9-10, 11-12)

R/ Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour.
 (Ps 102, 8)

Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n’oublie aucun de ses bienfaits !

Car il pardonne toutes tes offenses
et te guérit de toute maladie ;
il réclame ta vie à la tombe
et te couronne d’amour et de tendresse.

Il n’est pas pour toujours en procès,
ne maintient pas sans fin ses reproches ;
il n’agit pas envers nous selon nos fautes,
ne nous rend pas selon nos offenses.

Comme le ciel domine la terre,
fort est son amour pour qui le craint ;
aussi loin qu’est l’orient de l’occident,
il met loin de nous nos péchés.

DEUXIÈME LECTURE

« Si nous vivons, si nous mourons, c’est pour le Seigneur » (Rm 14, 7-9)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères,
    aucun d’entre nous ne vit pour soi-même,
et aucun ne meurt pour soi-même :
    si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ;
si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur.
Ainsi, dans notre vie comme dans notre mort,
nous appartenons au Seigneur.
    Car, si le Christ a connu la mort, puis la vie,
c’est pour devenir le Seigneur et des morts et des vivants.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Je ne te dis pas de pardonner jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois » (Mt 18, 21-35)

Alléluia. Alléluia.
Je vous donne un commandement nouveau,
dit le Seigneur :
« Aimez-vous les uns les autres,
comme je vous ai aimés. »
Alléluia. (cf. Jn 13, 34)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander :
« Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi,
combien de fois dois-je lui pardonner ?
Jusqu’à sept fois ? »
    Jésus lui répondit :
« Je ne te dis pas jusqu’à sept fois,
mais jusqu’à 70 fois sept fois.
    Ainsi, le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
    Il commençait,
quand on lui amena quelqu’un
qui lui devait dix mille talents
(c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent).
    Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser,
le maître ordonna de le vendre,
avec sa femme, ses enfants et tous ses biens,
en remboursement de sa dette.
    Alors, tombant à ses pieds,
le serviteur demeurait prosterné et disait :
‘Prends patience envers moi,
et je te rembourserai tout.’
    Saisi de compassion, le maître de ce serviteur
le laissa partir et lui remit sa dette.

    Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons
qui lui devait cent pièces d’argent.
Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant :
‘Rembourse ta dette !’
    Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait :
‘Prends patience envers moi,
et je te rembourserai.’
    Mais l’autre refusa
et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait.
    Ses compagnons, voyant cela,
furent profondément attristés
et allèrent raconter à leur maître
tout ce qui s’était passé.
    Alors celui-ci le fit appeler et lui dit :
‘Serviteur mauvais !
je t’avais remis toute cette dette
parce que tu m’avais supplié.
    Ne devais-tu pas, à ton tour,
avoir pitié de ton compagnon,
comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?’
    Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux
jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.

    C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera,
si chacun de vous ne pardonne pas à son frère
du fond du cœur. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

HOMELIE DU 16 AOÛT 2020

Père Chris GOMA

20ème dimanche du Temps Ordinaire 

Aujourd’hui nous sommes le 20ème dimanche du Temps Ordinaire, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du livre du prophète Isaïe (56, 1.6-7)
  • Psaume 66, avec comme refrain : « Que les peuples, Dieu, te rendent grâce ; qu’ils te rendent 
  • grâce tous ensemble ! »
  • Lecture de la lettre de saint Paul aux Romains (11, 13-15. 29-32)
  • Évangile de saint Matthieu (15, 21-28)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, ce vingtième dimanche du Temp Ordinaire, nous recevons une belle leçon que nous donne cette femme cananéenne, une païenne qui se tient devant nous pendant cette messe pour nous dire que les éloignés, les mal croyants doivent être un de nos soucis majeurs. Elle veut préserver d’une liturgie qui serait basée sur « l’entre-soi ».

Alors, notre assemblée est-elle ouverte ? Soyons comme Paul, apôtre des païens et des juifs qui ont refusé Jésus. Dieu veut faire miséricorde à tous les étrangers, ou non juif, en quête de Dieu à tous les hommes de bonne volonté, comme nous le dirons les différentes lectures.

Dans la première lecture, nous voyons que le Peuple d’Israël avait préservé son identité nationale et religieuse, en évitant tout contact avec le peuple environnant. L’expérience de l’Exil l’a noyé dans un milieu païen et étranger. Là, sa mentalité a évolué. Il se voit plus ouvert. Il fixe les règles de contact avec les païens qui habitent maintenant avec lui. Il admet des étrangers, il les conduit à la montagne sainte, le lieu de culte, il leur fait bon accueil sur l’autel de sacrifice. Ces étrangers participent donc au culte. Ce qui veut dire qu’ils sont sur le même pied d’égalité qu’Israël. Car Israël n’est pas le seul peuple élu. Il l’a compris, son temple doit devenir une maison pour tous les peuples. La condition est évidemment que ce peuple soit serviteur du Seigneur et qu’il s’attache fermement à son Alliance. L’alliance de Yahvé avec son peuple étant la moelle de la religion. Qu’ils observent le sabbat, prescription devenue plus impérative pendant l’exil au cours duquel les juifs avaient gardé intacte leur foi, grâce à leurs réunions hebdomadaires.

Pour nous chrétiens, c’est un bel exemple d’ouverture aux autres, sans noyer les exigences de la foi dans les faux compromis. Cette ouverture tardive au judaïsme prélude à l’universalité chrétienne annoncée par la foi de la cananéenne, comme aujourd’hui dans l’Évangile, dans lequel nous avons lu : « … Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon… ». Depuis la multiplication des païens, rien ne va plus. Les pharisiens lui en veulent à mort. Les foules déçues parce qu’il n’emboîte pas le pas révolutionnaire sont désemparées. A quoi bon prêcher, le Christ trouve le moment idéal pour lui dire de se retirer, de préparer le petit nombre de ses disciples. Pour éviter les foules, il séjourne près de la frontière dans la région païenne de Tyr et de Sidon, ville côtière de l’actuel sud Liban. Une cananéenne venue de ces territoires qui est nommée par l’évangéliste, non par sa nationalité, mais par sa religion, descendante des cananéens, païens par excellence et ennemis numéro un des juifs.

Elle criait sa douleur : « ma fille est tourmentée par un démon ». La nature du mal n’est pas précisée. Elle liait cette maladie à un démon. Elle criait aussi dans un élan de foi « Prends pitié de moi, Seigneur… », c’est-à-dire « Kyrie eleison ». Elle invoque : « fils de David », expression employée pour désigner Le Messie qui devait être fils de David et sauverait Israël, son peuple. Elle acclame le Messie des juifs, elle la païenne, au moment où les juifs eux-mêmes le conteste. 

Devant cette douleur et cette foi littéralement exprimée, Jésus ne va pas lui répondre. Curieux ! ce n’est pas son style ! Surtout face à une dame en peine. Ce refus provisoire de Jésus, veut signifier quelque chose. Peut-être,  qu’il ne veut pas être seulement considéré comme un faiseur de prodige ? Pour éprouver la qualité de cette foi, peut-être encore trop intéressée ?

Devant le silence pénible de Jésus, ce sont les disciples qui viennent à son secours : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! ». Cela peut nous rappeler un petit geste d’aumône fait envers un mendiant pour s’en débarrasser.

Jésus dévoile alors à ce moment une des raisons de son silence : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ». Cette réponse étonne quand on sait que Jésus appelle à aller enseigner toutes les nations. Jésus ne pouvait pas aller d’emblée vers les païens. Il lui fallait commencer par le début, par le peuple choisi comme porteur des promesses. L’Ecriture contenait un plan de libération : « … vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre (AC 1,8) ». En tant qu’homme, Jésus ne pouvait pas être partout. Cela nous convie, nous aussi, à imiter la pastorale de Jésus. Il ne faut pas vouloir tout faire à la fois. Il faut avoir un programme, quitte à revoir notre plan, comme Jésus.

Ici, nous voyons que la femme ne lâche pas, s’agenouille par vénération, fait son acte de foi et appelle Jésus « Seigneur », expression réservée au Christ ressuscité. « … viens à mon secours » , dit-elle. C’est un magnifique début de foi ! Une foi tenace ! Quel exemple car il ne faut pas oublier que c’est une païenne.

Malgré la réponse dure de Jésus, elle ne lâche pas : « … les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ». La foi de cette femme a vaincu les réticences. Cette scène ne manque pas d’interpeller les jeunes communautés juives converties qui voulaient voir réservée la foi au seul Israël. Quel encouragement pour ceux qui cherchent Dieu !

Chacun de nous peut se poser cette question :

« comment nous, qui avons reçu davantage, accueillons-nous les non-croyants ? »

Méfions-nous des jugements trop rapides que nous pouvons porter

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA

22ème Dimanche du Temps Ordinaire

PREMIÈRE LECTURE

« La parole du Seigneur attire sur moi l’insulte » (Jr 20, 7-9)

Lecture du livre du prophète Jérémie

Seigneur, tu m’as séduit, et j’ai été séduit ;
tu m’as saisi, et tu as réussi.
À longueur de journée je suis exposé à la raillerie,
tout le monde se moque de moi.
    Chaque fois que j’ai à dire la parole,
je dois crier, je dois proclamer :
« Violence et dévastation ! »
À longueur de journée, la parole du Seigneur
attire sur moi l’insulte et la moquerie.
    Je me disais : « Je ne penserai plus à lui,
je ne parlerai plus en son nom. »
Mais elle était comme un feu brûlant dans mon cœur,
elle était enfermée dans mes os.
Je m’épuisais à la maîtriser,
sans y réussir.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 62 (63), 2, 3-4, 5-6, 8-9)

R/ Mon âme a soif de toi,
Seigneur, mon Dieu !
 (cf. Ps 62, 2b)

Dieu, tu es mon Dieu,
     je te cherche dès l’aube :
mon âme a soif de toi ;
après toi languit ma chair,
terre aride, altérée, sans eau.

Je t’ai contemplé au sanctuaire,
j’ai vu ta force et ta gloire.
Ton amour vaut mieux que la vie :
tu seras la louange de mes lèvres !

Toute ma vie je vais te bénir,
lever les mains en invoquant ton nom.
Comme par un festin je serai rassasié ;
la joie sur les lèvres, je dirai ta louange.

Oui, tu es venu à mon secours :
je crie de joie à l’ombre de tes ailes.
Mon âme s’attache à toi,
ta main droite me soutient.

DEUXIÈME LECTURE

« Présentez votre corps en sacrifice vivant » (Rm 12, 1-2)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

    Je vous exhorte, frères, par la tendresse de Dieu,
à lui présenter votre corps – votre personne tout entière –,
en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu :
c’est là, pour vous, la juste manière de lui rendre un culte.
    Ne prenez pas pour modèle le monde présent,
mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser
pour discerner quelle est la volonté de Dieu :
ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire,
ce qui est parfait.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même » (Mt 16, 21-27)

Alléluia. Alléluia. 
Que le Père de notre Seigneur Jésus Christ
ouvre à sa lumière les yeux de notre cœur,
pour que nous percevions l’espérance que donne son appel.
Alléluia. (cf. Ep 1, 17-18)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
    Jésus commença à montrer à ses disciples
qu’il lui fallait partir pour Jérusalem,
souffrir beaucoup de la part des anciens,
des grands prêtres et des scribes,
être tué, et le troisième jour ressusciter.
    Pierre, le prenant à part,
se mit à lui faire de vifs reproches :
« Dieu t’en garde, Seigneur !
cela ne t’arrivera pas. »
    Mais lui, se retournant, dit à Pierre :
« Passe derrière moi, Satan !
Tu es pour moi une occasion de chute :
tes pensées ne sont pas celles de Dieu,
mais celles des hommes. »

    Alors Jésus dit à ses disciples :
« Si quelqu’un veut marcher à ma suite,
qu’il renonce à lui-même,
qu’il prenne sa croix
et qu’il me suive.
    Car celui qui veut sauver sa vie
la perdra,
mais qui perd sa vie à cause de moi
la trouvera.
    Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il
à gagner le monde entier,
si c’est au prix de sa vie ?
Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ?
    Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges
dans la gloire de son Père ;
alors il rendra à chacun selon sa conduite. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

21 ème Dimanche du Temps Ordinaire

PREMIÈRE LECTURE

« Je mettrai sur mon épaule la clef de la maison de David » (Is 22, 19-23)

Lecture du livre du prophète Isaïe

Parole du Seigneur adressé à Shebna le gouverneur :
    « Je vais te chasser de ton poste,
t’expulser de ta place.
    Et, ce jour-là, j’appellerai mon serviteur,
Éliakim, fils d’Helcias.
    Je le revêtirai de ta tunique,
je le ceindrai de ton écharpe,
je lui remettrai tes pouvoirs :
il sera un père pour les habitants de Jérusalem
et pour la maison de Juda.
    Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David :
s’il ouvre, personne ne fermera ;
s’il ferme, personne n’ouvrira.
    Je le planterai comme une cheville
dans un endroit solide ;
il sera un trône de gloire
pour la maison de son père. »

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 137 (138), 1-2a, 2bc-3, 6.8bc)

R/ Seigneur, éternel est ton amour :
n’arrête pas l’œuvre de tes mains.
 (cf. Ps 137, 8)

De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce :
tu as entendu les paroles de ma bouche.
Je te chante en présence des anges,
vers ton temple sacré, je me prosterne.

Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité,
car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole.
Le jour où tu répondis à mon appel,
tu fis grandir en mon âme la force.

Si haut que soit le Seigneur, il voit le plus humble.
de loin, il reconnaît l’orgueilleux.
Seigneur, éternel est ton amour :
n’arrête pas l’œuvre de tes mains.

DEUXIÈME LECTURE

« Tout est de lui, et par lui, et pour lui » (Rm 11, 33-36)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

    Quelle profondeur dans la richesse,
la sagesse et la connaissance de Dieu !
Ses décisions sont insondables,
ses chemins sont impénétrables !
    Qui a connu la pensée du Seigneur ?
Qui a été son conseiller ?
    Qui lui a donné en premier,
et mériterait de recevoir en retour ?
    Car tout est de lui,
et par lui, et pour lui.
À lui la gloire pour l’éternité !
Amen.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Je te donnerai les clés du royaume des Cieux » (Mt 16, 13-20)

Alléluia. Alléluia. 
Tu es Pierre,
et sur cette pierre je bâtirai mon Église ;
et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.
Alléluia. (Mt 16, 18)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe,
demandait à ses disciples :
« Au dire des gens,
qui est le Fils de l’homme ? »
    Ils répondirent :
« Pour les uns, Jean le Baptiste ;
pour d’autres, Élie ;
pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »
    Jésus leur demanda :
« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
    Alors Simon-Pierre prit la parole et dit :
« Tu es le Christ,
le Fils du Dieu vivant ! »
    Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit :
« Heureux es-tu, Simon fils de Yonas :
ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela,
mais mon Père qui est aux cieux.
    Et moi, je te le déclare :
Tu es Pierre,
et sur cette pierre je bâtirai mon Église ;
et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.
    Je te donnerai les clés du royaume des Cieux :
tout ce que tu auras lié sur la terre
sera lié dans les cieux,
et tout ce que tu auras délié sur la terre
sera délié dans les cieux. »
    Alors, il ordonna aux disciples
de ne dire à personne que c’était lui le Christ.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Assomption de la Vierge Marie

HOMELIE DU 15 AOUT 2020

Père Chris GOMA

Aujourd’hui nous fêtons l’Assomption de la Vierge Marie, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture de l’Apocalypse de Saint-Jean (11. 19a ; 12, 6a.10ab)
  • Psaume 44, avec comme refrain : « Debout à la droite du Seigneur, se tient la reine, toute parée d’or ! »
  • Lecture de la première lettre saint Paul aux Corinthiens  (15, 20-27a)
  • Évangile de saint Luc (1, 39-56)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, plusieurs mentions, aussi bien dans la prière, que dans les Ecritures, attestent la symbolique de cette Fête de l’Assomption de la Vierge Marie !

Déjà dans la prière d’ouverture, communément appelée La collecte, nous lisons ceci : « Toi qui as fait monter jusqu’à la gloire du ciel, avec son âme et son corps Marie, la Vierge immaculée, mère de Ton Fils ».

La préface de ce jour énonce : « Aujourd’hui, la Vierge Marie, la mère de Dieu, est élevée dans la gloire du ciel, parfaite image de l’Eglise à venir, aurore de l’Eglise triomphante. Elle guide et soutient l’Espérance de ton peuple encore en marche ».

La première lecture, pour sa part, décrit la vision de l’apôtre Jean en ces termes : « Un grand signe apparut dans le ciel : une femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous ses pieds et sur la tête une couronne de douze étoiles », préfiguration de la Vierge Marie en Gloire dans le ciel.

Et devant toutes ces évocations, Cher Frères et Sœurs dans le Seigneur, on peut se poser les bonnes questions :

  • D’où la Vierge Marie détient elle cette grâce de nous précéder au ciel ?
  • Quel est au juste le mérite de Marie ?
  • En quoi ce mérite nous interpelle-t-il  ?

Dans le récit de la visitation de Marie à Elisabeth que nous avons lu dans l’évangile, l’ébauche d’une réponse semble nous être donnée. En effet, après avoir reçu l’ange qui lui demande de faire la volonté du Père, en acceptant de devenir « la digne demeure de son fils », Marie va visiter sa cousine Elisabeth, dont il a été du reste fait mention lors de l’Annonciation. Elle a aussi reçu une faveur de Dieu en concevant un fils.
Les deux cousines se rencontrent. Cette rencontre est ponctuée par l’effusion de l’Esprit Saint, et Elisabeth prophétise : « D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? ».

Oui, Marie est appelée par Elisabeth, sous l’onction du Saint-Esprit, mère de son Seigneur. Ce n’est pas n’importe quelle créature, c’est celle qui a fait la volonté du Père. D’ailleurs, mue par le Saint-Esprit, Elisabeth poursuivra dans cet évangile sa prophétie : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ».

Voici donc tracé le mérite de Marie. Le seul et grand mérite de Marie, c’est sa foi, c’est sa disponibilité à coopérer à l’œuvre de Dieu. Marie a intégré à sa propre trajectoire spirituelle, la volonté de Dieu, en acceptant de devenir la mère du Sauveur. Elle a laissé éclater son cœur aux dimensions du monde.

Foi, disponibilité et service, voilà ce que la figure de Marie, que nous méditons en cette fête de l’Assomption, a à nous enseigner en notre temp. Marie est la première, sur le chemin de la foi. Son Oui est le premier où se greffent tous les « oui » à la volonté du Seigneur. Le Oui de Marie est fondateur d’une aube nouvelle que le Seigneur avait prévu pour son peuple.

Bien aimés dans le Seigneur, Aujourd’hui, à la suite de Marie, pouvons-nous demander au Seigneur la grâce de la disponibilité au service de Dieu ?

Puissions-nous trouver dans nos vies, compartimentées de plusieurs engagements, la place, fusse-t-elle infime à la volonté de notre Dieu ?

Que Marie, la première sur le chemin de la foi,

Augmente la foi aussi bien dans nos vies

Que dans nos familles !

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA

19ème dimanche du Temps Ordinaire 

HOMELIE DU 9 AOUT 2020

Père Chris GOMA

Aujourd’hui nous sommes le 19ème dimanche du Temps Ordinaire, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du premier livre des Rois (19. 9a.11-13a)
  • Psaume 84, avec comme refrain : «Fais-nous voir Seigneur Ton amour, et donne-nous ton salut ! »
  • Lecture de la lettre de saint Paul aux Romains (9, 1-5)
  • Évangile de saint Matthieu (14, 22-33)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, j’ai eu la joie hier de célébrer mon 16ème anniversaire de sacerdoce et de rendre grâce à Dieu pour la fidélité et le service de tant de prêtre à travers le monde.

D’ailleurs, à l’occasion des 60 ans de la mort du curé d’Ars, patron des curés le pape François a eu des mots puissants pour décrire la vie des prêtres, je cite « Je veux écrire cette lettre pour sa fête, non seulement aux curés mais aussi à vous tous, frères prêtres qui, sans faire de bruit, quittez tout pour vous engager dans la vie quotidienne de vos communautés. À vous qui, comme le curé d’Ars, travaillez comme dans la tranchée, portez sur vos épaules les poids du jour et de la chaleur et êtes exposés à d’innombrables situations, prenez des risques quotidiennement, sans vous donner trop d’importance, afin de prendre soin du peuple de Dieu et l’accompagnez. Je m’adresse à chacun de vous qui si souvent, de manière inaperçue et sacrifiée, dans la lassitude ou la fatigue, la maladie et la solitude, assumez la mission au service de Dieu et de son peuple et même avec toutes les difficultés du chemin écrivez les plus belles pages de la vie sacerdotale. »

Dans l’évangile soumis à notre méditation, nous sommes sensibles à la main tendue par le Seigneur à Pierre pour le rejoindre. J’y vois l’invitation reçue par chacun de nous au service du Seigneur. C’est le prélude de notre vocation, de l’appel à suivre le Maître comme prêtres, baptisés, catéchistes, pères et mères de familles chrétiennes et de différents services que nous recevons en Église. 

Jésus nous invite à le rejoindre dans la barque, symbole de l’Église . Il prend l’initiative, il ne nous fait pas faire un office que nous ignorons . Il nous précède. Il a d’abord marché sur les « eaux », sur la mer ; ici la mer est le repaire de tous les esprits mauvais. Le disciple du Christ, comme le prêtre est à sa suite, il répond à son appel en toute confiance : « confiance , c’est moi, n’ayez pas peur ». Tant qu’il est dans cette confiance il n’est troublé par aucun vent contraire.

A travers cet évangile nous voyons que toute vocation est parsemée de vents contraires : la fatigue, le sentiment d’abandon, la lassitude, le doute, les infidélités, les persécutions … tant que le disciple est dans la confiance comme Pierre, il arrive à tout braver comme le Maître. Mais c’est quand il commence à compter sur lui-même, à prendre la place de Dieu, alors surviennent les peurs . Dans toutes nos vocations nous devons demander la grâce de la fidélité.

Toutefois devant l’éventualité des chutes relatives aux aspérités de la route, trouvez la grâce de toujours demander la force du Seigneur comme Pierre « Seigneur, sauve-moi ». Car La main du Seigneur est toujours là pour nous secourir. 

Je bénis le Seigneur pour tant d’années au cours desquelles la main du Seigneur m’a été fidèle, a été fidèle à son Église toujours traumatisée par autant de scandales, toujours aussi prête à se relever pour continuer la marche dans la communion et la confiance avec le Maître.

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA

18ème Dimanche du Temps Ordinaire

PREMIÈRE LECTURE

« Venez acheter et consommer » (Is 55, 1-3)

Lecture du livre du prophète Isaïe

Ainsi parle le Seigneur :
    Vous tous qui avez soif,
venez, voici de l’eau !
Même si vous n’avez pas d’argent,
venez acheter et consommer,
venez acheter du vin et du lait
sans argent, sans rien payer.
    Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas,
vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ?
Écoutez-moi bien, et vous mangerez de bonnes choses,
vous vous régalerez de viandes savoureuses !
    Prêtez l’oreille ! Venez à moi !
Écoutez, et vous vivrez.
Je m’engagerai envers vous par une alliance éternelle :
ce sont les bienfaits garantis à David.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

PSAUME

(Ps 144 (145), 8-9, 15-16, 17-18)

R/ Tu ouvres ta main, Seigneur :
nous voici rassasiés.
 (cf. Ps 144, 16)

Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour ;
la bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses œuvres.

Les yeux sur toi, tous, ils espèrent :
tu leur donnes la nourriture au temps voulu ;
tu ouvres ta main :
tu rassasies avec bonté tout ce qui vit.

Le Seigneur est juste en toutes ses voies,
fidèle en tout ce qu’il fait.
Il est proche de tous ceux qui l’invoquent,
de tous ceux qui l’invoquent en vérité.

DEUXIÈME LECTURE

« Aucune créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ » (Rm 8, 35.37-39)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères,
    qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ?
la détresse ? l’angoisse ? la persécution ?
la faim ? le dénuement ? le danger ? le glaive ?
    Mais, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs
grâce à celui qui nous a aimés.
    J’en ai la certitude :
ni la mort ni la vie,
ni les anges ni les Principautés célestes,
ni le présent ni l’avenir,
ni les Puissances,
    ni les hauteurs, ni les abîmes,
ni aucune autre créature,
rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu
qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés » (Mt 14, 13-21)

Alléluia. Alléluia. 
L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
Alléluia. (Mt 4, 4b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste,
il se retira et partit en barque
pour un endroit désert, à l’écart.
Les foules l’apprirent
et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied.
    En débarquant, il vit une grande foule de gens ;
il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades.

    Le soir venu,
les disciples s’approchèrent et lui dirent :
« L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée.
Renvoie donc la foule :
qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! »
    Mais Jésus leur dit :
« Ils n’ont pas besoin de s’en aller.
Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
    Alors ils lui disent :
« Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. »
    Jésus dit :
« Apportez-les moi. »
    Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe,
il prit les cinq pains et les deux poissons,
et, levant les yeux au ciel,
il prononça la bénédiction ;
il rompit les pains,
il les donna aux disciples,
et les disciples les donnèrent à la foule.
    Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés.
On ramassa les morceaux qui restaient :
cela faisait douze paniers pleins.
    Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille,
sans compter les femmes et les enfants.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

16ème dimanche du Temps Ordinaire 

HOMELIE DU 19 JUILLET  2020

Père Chris GOMA

Aujourd’hui nous sommes le 16ème dimanche du Temps Ordinaire, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du livre de la Sagesse (12, 13.16-19)
  • Psaume 85, avec comme refrain : « Toi qui es bon et qui pardonnes, écoute ma prière, Seigneur ! »
  • Lecture de la lettre de saint Paul aux Romains (8, 26-27)
  • Évangile de saint Matthieu (13, 24-43)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, Vous tous qui êtes présents constituez une portion du Champ de Dieu, pour recevoir la semence du Royaume ! Je vous salue dans la joie de nous retrouver encore ce dimanche pour écouter, méditer et mettre en pratique la parole de Dieu qui nous est proposée en ce temps de vacances, mais aussi de contraintes dues à la Covid19. La peur a tendance à s’emparer de nous tous. Il y a de quoi se décourager ! Et pourtant, par nous, Dieu travaille dans ce monde discrètement comme le levain fait lever la pâte. Nous pourrions cependant nous demander : « qui sommes-nous ? » Un mélange hétérogène du Bien et du Mal, du Bon grain et de l’ivraie, une communauté de fervents et de lâches, pèle mêle comme nous le dit l’Evangile ? Mais la bonté de Dieu patiente, nous rappelle la première lecture et n’oublions pas que l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, nous dit la deuxième lecture.

Dans la première lecture, à l’image d’un Dieu vengeur, l’auteur sacré substitue un Dieu patient.  A la différence d’un homme qui montre sa force lorsque sa puissance est discutée et qui réprime avec dureté ceux qui bravent sciemment son autorité, notre Dieu juge avec indulgence. Il gouverne avec beaucoup de ménagement.  Pourtant, il est parfois déconcertant, pour nos esprits scandalisés, de voir le mal impuni. Dieu se présente toujours comme celui qui accorde au Pécheur le temps de conversion. Sa patience déconcerte. Nous n’avons donc pas à discuter ses jugements. Ils ne sont pas injustes comme nous sommes nombreux à le penser. Dieu nous enseigne plutôt à être plus humains et fraternels. Cette leçon sur la patience divine prépare celle de la parabole du bon grain et de l’ivraie que le maître laisse pousser ensemble jusqu’à la moisson dans l’évangile.

En effet, dans la longue parabole de l’ivraie semée dans le bon grain, les deux autres, les plus petites de la graine de moutarde et du levain dans la pâte, se trouvent illustrer le Royaume des cieux. Cependant, ce Royaume comprend évidemment l’Eglise, mais plus largement l’action de Dieu dans le monde.

L’explication évangélique elle-même dit que : « Celui qui a semé le bon grain, c’est le Fils de l’Homme », le Messie… C’est à dire Jésus lui-même. « …le bon grain, ce sont Les fils du Royaume, Le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais » , ceux qui refusent Dieu et son envoyé.

Vient alors la grande et angoissante question des serviteurs dans laquelle nous nous reconnaissons facilement : « d’où vient l’ivraie ? » Toi Dieu « Le Bon » Tu as semé du bon grain ; d’où vient ce désordre ? d’où viennent tant de souffrance, d’injustice et de Mal dans le Monde ? Dans notre église, tu nous as éduqués à la foi, l’espérance et la charité , d’où viennent tant de scandales, la haine, la jalousie, l’exclusion et le mépris des autres ? Dans le mariage Tu nous prépares à la fidélité, la fécondité et l’amour. D’où viennent tant d’égoïsme et d’infidélités ? Et en nous-mêmes y a-t-il deux hommes ? Puisque, comme le ressentait déjà Paul dans sa lettre aux Romains (Rom 7,14-25) « Le bien que je veux faire, je ne le fais pas, le mal que je ne veux pas faire, je le fais » : Tiraillement, implosion intérieure. 

Jésus leur dit : « C’est l’ennemi qui a fait cela » . Ce n’est pas pour les dédouaner, parce qu’il précise « c’est dans leur sommeil ». Dans des situations de manque de vigilance, de somnolence, nous Laissons libre cours à l’ennemi qui dévaste le projet de Dieu en nous. L’ennemi, c’est celui qu’on appelle le diable, en grec diabolos, « celui qui divise », son rôle est de diviser l’homme de son Dieu. Jésus affirme que le mal dépasse l’homme.

Les serviteurs proposent alors : « Veux-tu donc que nous allions l’enlever ? ». Autrement dit : allons faire la guerre aux indignes et aux pêcheurs de nos communautés. Jésus dit non : Il prend la liberté avec la réalité courante ; c’est parce que la parabole est pour lui un prétexte pour donner un enseignement spirituel. Car les pharisiens, c’est à dire « les purs » éliminaient de leur communauté « les impurs » ils Les excluaient gaillardement et impitoyablement. Ils voulaient une Eglise sans ivraie. Jésus cependant accepte dans sa communauté Mathieu  (le publicain), Marie Madeleine (la prostituée)(lc 8, 1-3). La raison profonde de cette patience est qu’il n’appartient à personne, en dehors de Dieu, de juger qui que ce soit. Et de fait les apparences sont trompeuses.

Telle personne qui communie chaque dimanche est peut-être plus loin de Dieu que telle autre que nous méprisons. Dieu lui-même attend pour juger. Il laisse à chacun sa chance et croit à l’humainement impossible : que l’ivraie se change en bon grain. Dieu nous donne le temps de la maturation dans le bien, de la conversion : « laissez-les pousser ensemble ». Voilà le mot de la fin … Patience jusqu’à la moisson. On risquerait en enlevant vite le pécheur, d’arracher en même temps le Fils du Père.

Peuple de Dieu ! Quelle Eglise recherchons-nous ? une Eglise des purs ? quel degré de foi est donc requis pour baptiser, admettre à la profession de foi, au mariage à l’Eglise ? Questions délicates. Ce qui est clair et que Jésus récuse une Eglise élitiste, sectaire à la limite, où ne seraient admis que les irréprochables. Et qui donc est irréprochable ? 

D’ailleurs, les deux paraboles qui suivent celle du bon grain et de l’ivraie, à savoir celles de la graine de moutarde et du levain dans la pâte, nous montrent que le droit de Dieu finit toujours par triompher. 

À la moisson, l’ivraie sera brûlée, la graine de moutarde, apparemment insignifiante, produira un grand arbre, le levain fera lever la farine. Aujourd’hui encore nous sont partagés la confiance et l’espérance en Dieu. 

Paraboles réconfortantes aux heures de pessimisme et d’échec pour l’homme de peu de foi, comme le disait Mgr de CARRY.

« travaillons, nous aurons l’éternité pour nous reposer ».

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA

17ème Dimanche du Temps Ordinaire

PREMIÈRE LECTURE

« Tu m’as demandé le discernement » (1 R 3, 5.7-12)

Lecture du premier livre des Rois

    En ces jours-là,
    à Gabaon, pendant la nuit,
le Seigneur apparut en songe à Salomon.
Dieu lui dit :
« Demande ce que je dois te donner. »
    Salomon répondit :
    « Ainsi donc, Seigneur mon Dieu,
c’est toi qui m’as fait roi, moi, ton serviteur,
à la place de David, mon père ;
or, je suis un tout jeune homme,
ne sachant comment se comporter,
    et me voilà au milieu du peuple que tu as élu ;
c’est un peuple nombreux,
si nombreux qu’on ne peut ni l’évaluer ni le compter.
    Donne à ton serviteur un cœur attentif
pour qu’il sache gouverner ton peuple
et discerner le bien et le mal ;
sans cela, comment gouverner ton peuple,
qui est si important ? »

    Cette demande de Salomon plut au Seigneur,
qui lui dit :
    « Puisque c’est cela que tu as demandé,
et non pas de longs jours,
ni la richesse,
ni la mort de tes ennemis,
mais puisque tu as demandé le discernement,
l’art d’être attentif et de gouverner,
    je fais ce que tu as demandé :
je te donne un cœur intelligent et sage,
tel que personne n’en a eu avant toi
et que personne n’en aura après toi. »

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 118 (119), 57.72, 76-77, 127-128, 129-130)

R/ De quel amour j’aime ta loi, Seigneur ! (Ps 118, 97a)

Mon partage, Seigneur, je l’ai dit,
c’est d’observer tes paroles.
Mon bonheur, c’est la loi de ta bouche,
plus qu’un monceau d’or ou d’argent.

Que j’aie pour consolation ton amour
selon tes promesses à ton serviteur !
Que vienne à moi ta tendresse, et je vivrai :
ta loi fait mon plaisir.

Aussi j’aime tes volontés,
plus que l’or le plus précieux.
Je me règle sur chacun de tes préceptes,
je hais tout chemin de mensonge.

Quelle merveille, tes exigences,
aussi mon âme les garde !
Déchiffrer ta parole illumine
et les simples comprennent.

DEUXIÈME LECTURE

« Il nous a destinés d’avance à être configurés à l’image de son Fils » (Rm 8, 28-30)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères,
    nous le savons,
quand les hommes aiment Dieu,
lui-même fait tout contribuer à leur bien,
puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour.
    Ceux que, d’avance, il connaissait,
il les a aussi destinés d’avance
à être configurés à l’image de son Fils,
pour que ce Fils
soit le premier-né d’une multitude de frères.
    Ceux qu’il avait destinés d’avance,
il les a aussi appelés ;
ceux qu’il a appelés,
il en a fait des justes ;
et ceux qu’il a rendus justes,
il leur a donné sa gloire.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ » (Mt 13, 44-52)

Alléluia. Alléluia. 
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits
les mystères du Royaume !
Alléluia. (cf. Mt 11, 25)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à la foule ces paraboles :
    « Le royaume des Cieux est comparable
à un trésor caché dans un champ ;
l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau.
Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède,
et il achète ce champ.

    Ou encore :
Le royaume des Cieux est comparable
à un négociant qui recherche des perles fines.
    Ayant trouvé une perle de grande valeur,
il va vendre tout ce qu’il possède,
et il achète la perle.

    Le royaume des Cieux est encore comparable
à un filet que l’on jette dans la mer,
et qui ramène toutes sortes de poissons.
    Quand il est plein, on le tire sur le rivage,
on s’assied,
on ramasse dans des paniers ce qui est bon,
et on rejette ce qui ne vaut rien.
    Ainsi en sera-t-il à la fin du monde :
les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes
    et les jetteront dans la fournaise :
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »

    « Avez-vous compris tout cela ? »
Ils lui répondent : « Oui ».
    Jésus ajouta :
« C’est pourquoi tout scribe
devenu disciple du royaume des Cieux
est comparable à un maître de maison
qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

OU LECTURE BREVE

ÉVANGILE

« Il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ » (Mt 13, 44-46)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à la foule ces paraboles :
    « Le royaume des Cieux est comparable
à un trésor caché dans un champ ;
l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau.
Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède,
et il achète ce champ.

    Ou encore :
Le royaume des Cieux est comparable
à un négociant qui recherche des perles fines.
    Ayant trouvé une perle de grande valeur,
il va vendre tout ce qu’il possède,
et il achète la perle.

    – Acclamons la Parole de Dieu.