32ème Dimanche du Temps Ordinaire

HOMELIE DU 10 NOVEMBRE 2019

Père Chris GOMA

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, la question de la vie après la mort, bien que difficile à élucider, a toujours préoccupé les humains. Où vont les défunts ? Et qu’allons-nous devenir après notre mort ? Certains rejettent en bloc l’idée d’une vie après la mort, d’autres, selon leurs convictions de foi, tentent tant bien que mal de trouver une réponse :

Pour la mythologie grecque, les morts descendent aux enfers où ils vivent une existence terne ; le Shéol juif est le lieu de silence, d’oubli, de sommeil.

L’hindouisme enseigne la réincarnation dans d’autres êtres mortels jusqu’à atteindre le degré de purification permettant de rejoindre le Brahmâ. 

Sans réponse satisfaisante, l’au-delà devient pour les morts le lieu de projection des désirs inassouvis. Ainsi beaucoup n’hésitent pas à entrer dans la description du Paradis faite par le coran : Le paradis serait « un lieu où évolueront les élus, dans un splendide jardin arrosé de quatre fleuves, fleuve d’eau incorruptible, mais aussi fleuve de lait, fleuve de vin., fleuve de miel. Dans ce jardin Allah donnera aux élus pour épouses des houris aux grands yeux, vierges, aimantes et d’égale jeunesse ».
Ainsi chacun, selon son âge et son statut, se fait sa représentation.

Pour un enfant, le ciel pourrait être une salle de jeu où on pourra, sans payer, passer le temps en mangeant des glaces.
Pour le pauvre affamé, naturellement ce sera un lieu pour se nourrir. 

Pour de nombreux chrétiens l’au-delà est le lieu où l’on reçoit une récompense méritée, c’est-à-dire une sorte de rattrapage des manques terrestres : on a l’occasion d’avoir le bonheur que l’on n’a pas eu la chance de goûter ici-bas.

Peuple de Dieu ! Puisqu’il nous est impossible de tout connaître de l’au-delà, qui relève des prérogatives divines, il est sage de revenir sur terre pour nous en tenir à la parole de Dieu : « tu est un scélérat, toi qui nous arraches à cette vie présente, mais puisque nous mourrons par fidélité à ses lois, le Roi du monde nous ressuscitera pour une vie éternelle ».

Les sept frères, devant la persécution du roi Antiocos, acceptent de mourir par fidélité à la loi du Seigneur, convaincus que Dieu est le Dieu de la vie et qu’il n’abandonnera pas à la mort ceux qui lui sont restés fidèles. Remarquons dans la lecture, la première déclaration d’une vie après la mort, n’est pas une description, c’est une profession de foi en la résurrection, qui, jusqu’au temps de Jésus, suscitait contestation.

Les pharisiens croyaient en cela, tandis que les sadducéens n’y croyaient pas. On peut être un bon juif sans croire en la résurrection des morts. Dans l’évangile, à la question des sadducéens à son égard, Jésus rétorque : « vous êtes complètement dans l’erreur ». L’erreur c’est de concevoir la vie après la mort comme un prolongement, continuité ou même une réplique de la vie terrestre. La terre n’est qu’un lieu de transit, une école de formation pour fils de l’éternité. Nous ne sommes pas faits pour nous établir sur la terre quel que ce soit ce que nous avons acquis.
Pour les chrétiens la vraie vie se trouve ailleurs, mais cet ailleurs n’est pas dans un lieu, c’est un état.

Peuple de Dieu ! Le Christ nous renseigne que le ciel, le paradis est donc un état de bonheur, de communion avec Dieu, à tel point que nos désirs, liés à notre finitude, seront comblés en Dieu et de Dieu ; ceux qui seront jugés dignes d’avoir part au monde à venir, seront semblables aux anges, ils auront un point commun : ils ne peuvent plus mourir : ils seront des fils de Dieu en étant héritiers de la résurrection. C’est la certitude que nous avons de la part de Notre Seigneur Jésus Christ, le Christ parle de « ceux qui seront jugés dignes d’avoir part au monde à venir », c’est-à-dire que ce ne sera pas un recrutement de masse, sans critères. Le critère « évites le mal, fais ce qui est bien, poursuis la paix, recherche la » (psaume 22).

Pour avoir la vie éternelle, il faut s’entraîner dès ici-bas à vivre selon les vertus du Royaume ; vivre d’amour, être pacifique ; chacun de nous peut déjà avoir son billet pour le ciel, il suffit seulement de le garder soigneusement et de ne pas le perdre.

Les sept frères martyrs et leur mère, dans la première lecture, devant l’adversité et la persécution, ont refusé d’échanger, ni de brader leur ticket, ils ont tenu bon par la force de Dieu. Et, comme l’a dit Saint-Paul, dans l’Épître aux Thessaloniciens que nous avons médité ce matin :

 « prions pour que nous échappions aux gens pervers et mauvais »

Amen.