18ème Dimanche du Temps Ordinaire

PREMIÈRE LECTURE

« Venez acheter et consommer » (Is 55, 1-3)

Lecture du livre du prophète Isaïe

Ainsi parle le Seigneur :
    Vous tous qui avez soif,
venez, voici de l’eau !
Même si vous n’avez pas d’argent,
venez acheter et consommer,
venez acheter du vin et du lait
sans argent, sans rien payer.
    Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas,
vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ?
Écoutez-moi bien, et vous mangerez de bonnes choses,
vous vous régalerez de viandes savoureuses !
    Prêtez l’oreille ! Venez à moi !
Écoutez, et vous vivrez.
Je m’engagerai envers vous par une alliance éternelle :
ce sont les bienfaits garantis à David.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

PSAUME

(Ps 144 (145), 8-9, 15-16, 17-18)

R/ Tu ouvres ta main, Seigneur :
nous voici rassasiés.
 (cf. Ps 144, 16)

Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour ;
la bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses œuvres.

Les yeux sur toi, tous, ils espèrent :
tu leur donnes la nourriture au temps voulu ;
tu ouvres ta main :
tu rassasies avec bonté tout ce qui vit.

Le Seigneur est juste en toutes ses voies,
fidèle en tout ce qu’il fait.
Il est proche de tous ceux qui l’invoquent,
de tous ceux qui l’invoquent en vérité.

DEUXIÈME LECTURE

« Aucune créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ » (Rm 8, 35.37-39)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères,
    qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ?
la détresse ? l’angoisse ? la persécution ?
la faim ? le dénuement ? le danger ? le glaive ?
    Mais, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs
grâce à celui qui nous a aimés.
    J’en ai la certitude :
ni la mort ni la vie,
ni les anges ni les Principautés célestes,
ni le présent ni l’avenir,
ni les Puissances,
    ni les hauteurs, ni les abîmes,
ni aucune autre créature,
rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu
qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés » (Mt 14, 13-21)

Alléluia. Alléluia. 
L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
Alléluia. (Mt 4, 4b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste,
il se retira et partit en barque
pour un endroit désert, à l’écart.
Les foules l’apprirent
et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied.
    En débarquant, il vit une grande foule de gens ;
il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades.

    Le soir venu,
les disciples s’approchèrent et lui dirent :
« L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée.
Renvoie donc la foule :
qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! »
    Mais Jésus leur dit :
« Ils n’ont pas besoin de s’en aller.
Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
    Alors ils lui disent :
« Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. »
    Jésus dit :
« Apportez-les moi. »
    Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe,
il prit les cinq pains et les deux poissons,
et, levant les yeux au ciel,
il prononça la bénédiction ;
il rompit les pains,
il les donna aux disciples,
et les disciples les donnèrent à la foule.
    Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés.
On ramassa les morceaux qui restaient :
cela faisait douze paniers pleins.
    Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille,
sans compter les femmes et les enfants.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

16ème dimanche du Temps Ordinaire 

HOMELIE DU 19 JUILLET  2020

Père Chris GOMA

Aujourd’hui nous sommes le 16ème dimanche du Temps Ordinaire, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du livre de la Sagesse (12, 13.16-19)
  • Psaume 85, avec comme refrain : « Toi qui es bon et qui pardonnes, écoute ma prière, Seigneur ! »
  • Lecture de la lettre de saint Paul aux Romains (8, 26-27)
  • Évangile de saint Matthieu (13, 24-43)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, Vous tous qui êtes présents constituez une portion du Champ de Dieu, pour recevoir la semence du Royaume ! Je vous salue dans la joie de nous retrouver encore ce dimanche pour écouter, méditer et mettre en pratique la parole de Dieu qui nous est proposée en ce temps de vacances, mais aussi de contraintes dues à la Covid19. La peur a tendance à s’emparer de nous tous. Il y a de quoi se décourager ! Et pourtant, par nous, Dieu travaille dans ce monde discrètement comme le levain fait lever la pâte. Nous pourrions cependant nous demander : « qui sommes-nous ? » Un mélange hétérogène du Bien et du Mal, du Bon grain et de l’ivraie, une communauté de fervents et de lâches, pèle mêle comme nous le dit l’Evangile ? Mais la bonté de Dieu patiente, nous rappelle la première lecture et n’oublions pas que l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, nous dit la deuxième lecture.

Dans la première lecture, à l’image d’un Dieu vengeur, l’auteur sacré substitue un Dieu patient.  A la différence d’un homme qui montre sa force lorsque sa puissance est discutée et qui réprime avec dureté ceux qui bravent sciemment son autorité, notre Dieu juge avec indulgence. Il gouverne avec beaucoup de ménagement.  Pourtant, il est parfois déconcertant, pour nos esprits scandalisés, de voir le mal impuni. Dieu se présente toujours comme celui qui accorde au Pécheur le temps de conversion. Sa patience déconcerte. Nous n’avons donc pas à discuter ses jugements. Ils ne sont pas injustes comme nous sommes nombreux à le penser. Dieu nous enseigne plutôt à être plus humains et fraternels. Cette leçon sur la patience divine prépare celle de la parabole du bon grain et de l’ivraie que le maître laisse pousser ensemble jusqu’à la moisson dans l’évangile.

En effet, dans la longue parabole de l’ivraie semée dans le bon grain, les deux autres, les plus petites de la graine de moutarde et du levain dans la pâte, se trouvent illustrer le Royaume des cieux. Cependant, ce Royaume comprend évidemment l’Eglise, mais plus largement l’action de Dieu dans le monde.

L’explication évangélique elle-même dit que : « Celui qui a semé le bon grain, c’est le Fils de l’Homme », le Messie… C’est à dire Jésus lui-même. « …le bon grain, ce sont Les fils du Royaume, Le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais » , ceux qui refusent Dieu et son envoyé.

Vient alors la grande et angoissante question des serviteurs dans laquelle nous nous reconnaissons facilement : « d’où vient l’ivraie ? » Toi Dieu « Le Bon » Tu as semé du bon grain ; d’où vient ce désordre ? d’où viennent tant de souffrance, d’injustice et de Mal dans le Monde ? Dans notre église, tu nous as éduqués à la foi, l’espérance et la charité , d’où viennent tant de scandales, la haine, la jalousie, l’exclusion et le mépris des autres ? Dans le mariage Tu nous prépares à la fidélité, la fécondité et l’amour. D’où viennent tant d’égoïsme et d’infidélités ? Et en nous-mêmes y a-t-il deux hommes ? Puisque, comme le ressentait déjà Paul dans sa lettre aux Romains (Rom 7,14-25) « Le bien que je veux faire, je ne le fais pas, le mal que je ne veux pas faire, je le fais » : Tiraillement, implosion intérieure. 

Jésus leur dit : « C’est l’ennemi qui a fait cela » . Ce n’est pas pour les dédouaner, parce qu’il précise « c’est dans leur sommeil ». Dans des situations de manque de vigilance, de somnolence, nous Laissons libre cours à l’ennemi qui dévaste le projet de Dieu en nous. L’ennemi, c’est celui qu’on appelle le diable, en grec diabolos, « celui qui divise », son rôle est de diviser l’homme de son Dieu. Jésus affirme que le mal dépasse l’homme.

Les serviteurs proposent alors : « Veux-tu donc que nous allions l’enlever ? ». Autrement dit : allons faire la guerre aux indignes et aux pêcheurs de nos communautés. Jésus dit non : Il prend la liberté avec la réalité courante ; c’est parce que la parabole est pour lui un prétexte pour donner un enseignement spirituel. Car les pharisiens, c’est à dire « les purs » éliminaient de leur communauté « les impurs » ils Les excluaient gaillardement et impitoyablement. Ils voulaient une Eglise sans ivraie. Jésus cependant accepte dans sa communauté Mathieu  (le publicain), Marie Madeleine (la prostituée)(lc 8, 1-3). La raison profonde de cette patience est qu’il n’appartient à personne, en dehors de Dieu, de juger qui que ce soit. Et de fait les apparences sont trompeuses.

Telle personne qui communie chaque dimanche est peut-être plus loin de Dieu que telle autre que nous méprisons. Dieu lui-même attend pour juger. Il laisse à chacun sa chance et croit à l’humainement impossible : que l’ivraie se change en bon grain. Dieu nous donne le temps de la maturation dans le bien, de la conversion : « laissez-les pousser ensemble ». Voilà le mot de la fin … Patience jusqu’à la moisson. On risquerait en enlevant vite le pécheur, d’arracher en même temps le Fils du Père.

Peuple de Dieu ! Quelle Eglise recherchons-nous ? une Eglise des purs ? quel degré de foi est donc requis pour baptiser, admettre à la profession de foi, au mariage à l’Eglise ? Questions délicates. Ce qui est clair et que Jésus récuse une Eglise élitiste, sectaire à la limite, où ne seraient admis que les irréprochables. Et qui donc est irréprochable ? 

D’ailleurs, les deux paraboles qui suivent celle du bon grain et de l’ivraie, à savoir celles de la graine de moutarde et du levain dans la pâte, nous montrent que le droit de Dieu finit toujours par triompher. 

À la moisson, l’ivraie sera brûlée, la graine de moutarde, apparemment insignifiante, produira un grand arbre, le levain fera lever la farine. Aujourd’hui encore nous sont partagés la confiance et l’espérance en Dieu. 

Paraboles réconfortantes aux heures de pessimisme et d’échec pour l’homme de peu de foi, comme le disait Mgr de CARRY.

« travaillons, nous aurons l’éternité pour nous reposer ».

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA

17ème Dimanche du Temps Ordinaire

PREMIÈRE LECTURE

« Tu m’as demandé le discernement » (1 R 3, 5.7-12)

Lecture du premier livre des Rois

    En ces jours-là,
    à Gabaon, pendant la nuit,
le Seigneur apparut en songe à Salomon.
Dieu lui dit :
« Demande ce que je dois te donner. »
    Salomon répondit :
    « Ainsi donc, Seigneur mon Dieu,
c’est toi qui m’as fait roi, moi, ton serviteur,
à la place de David, mon père ;
or, je suis un tout jeune homme,
ne sachant comment se comporter,
    et me voilà au milieu du peuple que tu as élu ;
c’est un peuple nombreux,
si nombreux qu’on ne peut ni l’évaluer ni le compter.
    Donne à ton serviteur un cœur attentif
pour qu’il sache gouverner ton peuple
et discerner le bien et le mal ;
sans cela, comment gouverner ton peuple,
qui est si important ? »

    Cette demande de Salomon plut au Seigneur,
qui lui dit :
    « Puisque c’est cela que tu as demandé,
et non pas de longs jours,
ni la richesse,
ni la mort de tes ennemis,
mais puisque tu as demandé le discernement,
l’art d’être attentif et de gouverner,
    je fais ce que tu as demandé :
je te donne un cœur intelligent et sage,
tel que personne n’en a eu avant toi
et que personne n’en aura après toi. »

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 118 (119), 57.72, 76-77, 127-128, 129-130)

R/ De quel amour j’aime ta loi, Seigneur ! (Ps 118, 97a)

Mon partage, Seigneur, je l’ai dit,
c’est d’observer tes paroles.
Mon bonheur, c’est la loi de ta bouche,
plus qu’un monceau d’or ou d’argent.

Que j’aie pour consolation ton amour
selon tes promesses à ton serviteur !
Que vienne à moi ta tendresse, et je vivrai :
ta loi fait mon plaisir.

Aussi j’aime tes volontés,
plus que l’or le plus précieux.
Je me règle sur chacun de tes préceptes,
je hais tout chemin de mensonge.

Quelle merveille, tes exigences,
aussi mon âme les garde !
Déchiffrer ta parole illumine
et les simples comprennent.

DEUXIÈME LECTURE

« Il nous a destinés d’avance à être configurés à l’image de son Fils » (Rm 8, 28-30)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères,
    nous le savons,
quand les hommes aiment Dieu,
lui-même fait tout contribuer à leur bien,
puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour.
    Ceux que, d’avance, il connaissait,
il les a aussi destinés d’avance
à être configurés à l’image de son Fils,
pour que ce Fils
soit le premier-né d’une multitude de frères.
    Ceux qu’il avait destinés d’avance,
il les a aussi appelés ;
ceux qu’il a appelés,
il en a fait des justes ;
et ceux qu’il a rendus justes,
il leur a donné sa gloire.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ » (Mt 13, 44-52)

Alléluia. Alléluia. 
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits
les mystères du Royaume !
Alléluia. (cf. Mt 11, 25)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à la foule ces paraboles :
    « Le royaume des Cieux est comparable
à un trésor caché dans un champ ;
l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau.
Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède,
et il achète ce champ.

    Ou encore :
Le royaume des Cieux est comparable
à un négociant qui recherche des perles fines.
    Ayant trouvé une perle de grande valeur,
il va vendre tout ce qu’il possède,
et il achète la perle.

    Le royaume des Cieux est encore comparable
à un filet que l’on jette dans la mer,
et qui ramène toutes sortes de poissons.
    Quand il est plein, on le tire sur le rivage,
on s’assied,
on ramasse dans des paniers ce qui est bon,
et on rejette ce qui ne vaut rien.
    Ainsi en sera-t-il à la fin du monde :
les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes
    et les jetteront dans la fournaise :
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »

    « Avez-vous compris tout cela ? »
Ils lui répondent : « Oui ».
    Jésus ajouta :
« C’est pourquoi tout scribe
devenu disciple du royaume des Cieux
est comparable à un maître de maison
qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

OU LECTURE BREVE

ÉVANGILE

« Il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ » (Mt 13, 44-46)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à la foule ces paraboles :
    « Le royaume des Cieux est comparable
à un trésor caché dans un champ ;
l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau.
Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède,
et il achète ce champ.

    Ou encore :
Le royaume des Cieux est comparable
à un négociant qui recherche des perles fines.
    Ayant trouvé une perle de grande valeur,
il va vendre tout ce qu’il possède,
et il achète la perle.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

15ème dimanche du Temps Ordinaire 

Père Chris GOMA

Aujourd’hui nous sommes le 15ème dimanche du Temps Ordinaire, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du livre du prophète Isaïe (55, 10-11)
  • Psaume 64, avec comme refrain : « Tu visites la terre et tu l’abreuves Seigneur, tu bénis les semailles  ! »
  • Lecture de la lettre de saint Paul aux Romains (8, 18-23)
  • Évangile de saint Matthieu (13, 1-23)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, un dimanche « d’optimisme formidable » que nous pouvons, nous chrétiens, qualifier d’espérance. Ce dimanche d’espérance que notre mère l’Eglise nous donne à célébrer, malgré les échecs, la semence semée par le Christ dans le monde lèvera ; la première lecture et l’évangile nous en donnent la graine. De plus, même notre monde,  qui passe par des douleurs d’enfantement, va vers un point culminant, la libération, comme exprimé dans la deuxième lecture.

Pourtant, cette souveraine et inévitable réussite du plan de Dieu ne force pas ma liberté. « Serai-je terre aride, sol pierreux, buisson étouffant ou bonne terre pour accueillir le Christ ? » Voilà la question que nous avons sûrement commencé à nous poser en écoutant les lectures d’aujourd’hui.

Biens aimés dans le Seigneur, dans la première lecture le prophète Isaïe parle à un peuple exilé, rongé par le doute et le manque de confiance en Yahvé. Le prophète, celui qui parle au nom de Dieu,  proclame la puissance de Dieu, qui reste aussi vraie, alors que journellement ce peuple conteste cette puissance : « que la pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plait, sans avoir accompli sa mission ». Le rôle du prophète est de parler au nom du Seigneur, au nom de Dieu. C’est cette affirmation que Jésus reprendra dans la parabole du semeur de l’évangile de ce jour. Le grain semé, malgré les premier échecs, finit par porter du fruit au centuple. Faisons nôtre cet acte de foi au milieu de nos craintes et de nos échecs, surtout dans cette période post-confinement de la relance sociale et économique. Les échecs sont certes provisoires, mais Dieu, et c’est ça notre espérance, fera lever la semence envers et contre tout.

Dans l’Evangile de Matthieu, que nous avons lu, nous est relatée la parabole du semeur. C’est la première d’une demi-douzaine et certainement la plus longue aussi. La parabole est un récit inventé de toute pièce, parfois une comparaison dont il faut découvrir le sens caché et le point culminant. Matthieu divise sa parabole en trois parties : la parabole elle-même, l’explication et entre les deux, nous avons une digression sur les raisons de cet enseignement en parabole. 

Pour une meilleure intelligence du texte, nous gardons ensemble la parabole et son interprétation : « Voici que le semeur sortit pour semer. Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger ». Échec total. « D’autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde » :  un début de succès, mais faute de racines, ils ont séché. Echec encore. Une troisième partie est tombée sur un terrain broussailleux, elle lève et semble réussir, mais les ronces ont poussé aussi vite quelles et les ont étouffées : Trois échecs successifs, de quoi nous décourager. Finalement d’autres grains sont tombés enfin dans la bonne terre et ont donné du fruit.

En effet, on reconnait facilement le semeur, dont la semence est mangée par les oiseaux, brulée par le soleil, étouffée par les ronces, ce semeur c’est le Christ lui-même qui vient de subir une série d’échecs. Déjà les pharisiens ont décidé de le faire périr !

Devant tant de déboires, il y a de quoi désespérer. Déjà certains disciples prennent leurs distances face à son enseignement. Jésus, à travers cette parabole, veut réconforter ceux qui restent et à travers eux, il veut affermir notre propre confiance mise à l’épreuve par les échecs répétés : l’abandon de la pratique religieuse, la jeunesse qui déserte nos églises, la masse incroyante, la peur du lendemain laminé par la Covid, les efforts des parents et éducateurs souvent mal compris. Il y a échec, mais le projet d’Amour du Père se réalisera. Et cela, magnifiquement.

Vos efforts ne sont pas vains. Le point culminant de cette parabole est donc dans l’appel à la confiance, à la persévérance. Elle reprend, comme nous l’avons dit déjà, la prophétie de la première lecture d’Isaïe : «… ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat… ». Donc, ne nous résignions pas.

On est surpris, après cette parabole, centrée sur la réussite finale de la mission, d’entendre une explication centrée elle-même sur la bonne disposition de l’auditoire. La parabole était un appel au semeur à semer malgré les difficultés. L’explication devient un appel au « terrain », donc aux foules, à bien accueillir le message. L’accent s’est nettement déplacé !

Pratiquement, nous avons ici deux paraboles et sous les mêmes images se cachent deux appels : L’un au prédicateur, l’autre à l’auditoire. Du fait de notre baptême, Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, nous sommes l’un et l’autre, semeur et terrain, prédicateur et auditoire. Entendons ces deux pointes, suivant les deux appels. Comme semeur, nous sommes appelés à la persévérance, à la confiance et comme terrain ou auditoire. C’est à chacun de méditer pour savoir quel genre de terrain il est : le chemin, le sol pierreux, le buisson étouffant, la bonne terre ? En tout cas : Rien n’est perdu pour Dieu

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA

15ème Dimanche du Temps Ordinaire

Détails

-Le lapin avance en semant des graines sous le regard sceptique du pingouin.

-Dans ce dessin, rien ne pourrait empêcher les graines de pousser sinon l’accueil de la terre elle-même.

 -Il y a aussi un périscope. On ne sait pas trop ce qu’il fait là. C’est l’espérance, dans les milieux les plus glacés, qui regarde dans la direction où va le lapin.

-Le lapin porte une serviette. Sur son épaule (et non pas sur les oreilles qu’il a gelées). C’est la douceur, la chaleur et la force de l’Esprit-Saint. Avec les épaules, on peut porter des choses lourdes, voilà pourquoi quand on fait le signe de la croix, on se signe l’épaule quand on évoque le Saint Esprit.  

-Les graines sont rouges, la serviette est jaune ; les couleurs sont visibles. Ce sont les seules couleurs chaudes du dessin. L’Esprit que Dieu a mis en nous est le seul qui puisse nous faire vivre, comme une source de chaleur dans un milieu gelé.

Questions

-Dans ce dessin, rien ne pourrait empêcher les graines de pousser sinon la terre elle-même. On peut enlever la chaleur du soleil de la parabole, les oiseaux, les ronces… Si la terre n’est pas accueillante, rien ne pousse. Les graines rebondissent car elles sont repoussées par le sol inhospitalier.

-Pour que la grâce de Dieu repose en nous, il faut un minimum déblayer le terrain. Plus on déblaie, plus il y a de la place pour accueillir.

-Qu’est-ce que je vais déblayer cette semaine ?

16ème Dimanche du Temps Ordinaire

PREMIÈRE LECTURE

« Après la faute tu accordes la conversion » (Sg 12, 13.16-19)

Lecture du livre de la Sagesse

Il n’y a pas d’autre dieu que toi,
qui prenne soin de toute chose :
tu montres ainsi que tes jugements ne sont pas injustes.
    Ta force est à l’origine de ta justice,
et ta domination sur toute chose
te permet d’épargner toute chose.
    Tu montres ta force
si l’on ne croit pas à la plénitude de ta puissance,
et ceux qui la bravent sciemment, tu les réprimes.
    Mais toi qui disposes de la force,
tu juges avec indulgence,
tu nous gouvernes avec beaucoup de ménagement,
car tu n’as qu’à vouloir pour exercer ta puissance.
    Par ton exemple tu as enseigné à ton peuple
que le juste doit être humain ;
à tes fils tu as donné une belle espérance :
après la faute tu accordes la conversion.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 85 (86), 5-6, 9ab.10, 15-16ab)

R/ Toi qui es bon et qui pardonnes,
écoute ma prière, Seigneur.
 (cf. Ps 85, 5a.6a)

Toi qui es bon et qui pardonnes,
plein d’amour pour tous ceux qui t’appellent,
écoute ma prière, Seigneur,
entends ma voix qui te supplie.

Toutes les nations, que tu as faites,
viendront se prosterner devant toi,
car tu es grand et tu fais des merveilles,
toi, Dieu, le seul.

Toi, Seigneur, Dieu de tendresse et de pitié,
lent à la colère, plein d’amour et de vérité !
Regarde vers moi,
prends pitié de moi.

DEUXIÈME LECTURE

« L’Esprit lui-même intercède par des gémissements inexprimables » (Rm 8, 26-27)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères,
    l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse,
car nous ne savons pas prier comme il faut.
L’Esprit lui-même intercède pour nous
par des gémissements inexprimables.
    Et Dieu, qui scrute les cœurs,
connaît les intentions de l’Esprit
puisque c’est selon Dieu
que l’Esprit intercède pour les fidèles.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson » (Mt 13, 24-43)

Alléluia. Alléluia. 
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits
les mystères du Royaume !
Alléluia. (cf. Mt 11, 25)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    Jésus proposa cette parabole à la foule :
« Le royaume des Cieux est comparable
à un homme qui a semé du bon grain dans son champ.
    Or, pendant que les gens dormaient,
son ennemi survint ;
il sema de l’ivraie au milieu du blé
et s’en alla.
    Quand la tige poussa et produisit l’épi,
alors l’ivraie apparut aussi.
    Les serviteurs du maître vinrent lui dire :
‘Seigneur, n’est-ce pas du bon grain
que tu as semé dans ton champ ?
D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?’
    Il leur dit :
‘C’est un ennemi qui a fait cela.’
Les serviteurs lui disent :
‘Veux-tu donc que nous allions l’enlever ?’
    Il répond :
‘Non, en enlevant l’ivraie,
vous risquez d’arracher le blé en même temps.
    Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ;
et, au temps de la moisson,
je dirai aux moissonneurs :
Enlevez d’abord l’ivraie,
liez-la en bottes pour la brûler ;
quant au blé, ramassez-le
pour le rentrer dans mon grenier.’ »

    Il leur proposa une autre parabole :
« Le royaume des Cieux est comparable
à une graine de moutarde qu’un homme a prise
et qu’il a semée dans son champ.
    C’est la plus petite de toutes les semences,
mais, quand elle a poussé,
elle dépasse les autres plantes potagères
et devient un arbre,
si bien que les oiseaux du ciel viennent
et font leurs nids dans ses branches. »
    Il leur dit une autre parabole :
« Le royaume des Cieux est comparable
au levain qu’une femme a pris
et qu’elle a enfoui dans trois mesures de farine,
jusqu’à ce que toute la pâte ait levé. »

    Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles,
et il ne leur disait rien sans parabole,
    accomplissant ainsi la parole du prophète :
J’ouvrirai la bouche pour des paraboles,
je publierai ce qui fut caché depuis la fondation du monde
.
    Alors, laissant les foules, il vint à la maison.
Ses disciples s’approchèrent et lui dirent :
« Explique-nous clairement
la parabole de l’ivraie dans le champ. »
    Il leur répondit :
« Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ;
    le champ, c’est le monde ;
le bon grain, ce sont les fils du Royaume ;
l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais.
    L’ennemi qui l’a semée, c’est le diable ;
la moisson, c’est la fin du monde ;
les moissonneurs, ce sont les anges.
    De même que l’on enlève l’ivraie
pour la jeter au feu,
ainsi en sera-t-il à la fin du monde.
    Le Fils de l’homme enverra ses anges,
et ils enlèveront de son Royaume
toutes les causes de chute
et ceux qui font le mal ;
    ils les jetteront dans la fournaise :
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.
    Alors les justes resplendiront comme le soleil
dans le royaume de leur Père.

Celui qui a des oreilles,
qu’il entende ! »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

OU LECTURE BREVE

ÉVANGILE

« Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson » (Mt 13, 24-30)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    Jésus proposa cette parabole à la foule :
« Le royaume des Cieux est comparable
à un homme qui a semé du bon grain dans son champ.
    Or, pendant que les gens dormaient,
son ennemi survint ;
il sema de l’ivraie au milieu du blé
et s’en alla.
    Quand la tige poussa et produisit l’épi,
alors l’ivraie apparut aussi.
    Les serviteurs du maître vinrent lui dire :
‘Seigneur, n’est-ce pas du bon grain
que tu as semé dans ton champ ?
D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?’
    Il leur dit :
‘C’est un ennemi qui a fait cela.’
Les serviteurs lui disent :
‘Veux-tu donc que nous allions l’enlever ?’
    Il répond :
‘Non, en enlevant l’ivraie,
vous risquez d’arracher le blé en même temps.
    Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ;
et, au temps de la moisson,
je dirai aux moissonneurs :
Enlevez d’abord l’ivraie,
liez-la en bottes pour la brûler ;
quant au blé, ramassez-le
pour le rentrer dans mon grenier.’ »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

14ème dimanche du Temps Ordinaire 

HOMELIE DU 5 JUILLET  2020

Père Chris GOMA

Aujourd’hui nous sommes le 14ème dimanche du Temps Ordinaire, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du livre du prophète Zacharie (9. 0-10)
  • Psaume 144, avec comme refrain : « Mon Dieu, mon Roi, je bénirai ton nom toujours et à jamais ! »
  • Lecture de la lettre de saint Paul aux Romains (8, 9.11-13)
  • Évangile de saint Matthieu (11, 25-30)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur : Salutations fraternelles à vous tous en vous souhaitant un dimanche plein de joie et de paix, en vivant pleinement ce que va nous donner à méditer la Parole de Dieu de ce quatorzième dimanche du Temps Ordinaire. Portons notre regard vers le Messie-Roi que nous présente les textes de la liturgie de ce jour. Celui-ci est bien différent de Celui qu’attendaient les contemporains de Jésus.

Dans la première lecture déjà, le prophète de Dieu l’annonce comme doux et humble, pacificateur. Zacharie s’adresse à la fille de Sion, la fille de Jérusalem. Ce peuple harcelé par les chars, les chevaux, les combats, les guerres interminables, peut-être lors de campagnes d’Alexandre le Grand. Il parle à un peuple qui aspire à la paix. Et comme un messager, il vient proclamer une joyeuse nouvelle : « Exulte de toute tes forces…… Pousse des cris de joie….. ». Il annonce un Roi, descendant de David, ce roi n’est pas un roi dictateur et guerrier qui serait monté sur un cheval de bataille, mais bien plus un Roi humble, chevauchant une monture pacifique : un âne inoffensif et tout jeune. Ce Roi brisera l’arc de guerre et proclamera la paix. Il supprimera l’antagonisme entre Éphraïm (royaume du Nord) et Jérusalem. Sa royauté sera universelle.

Comment, Bienaimés dans le Seigneur ne pas y voir le Christ-Roi dont la royauté n’est pas de ce monde (Jn 18,36). Ce Roi doux et humble de cœur relaté dans l’évangile. En effet, dans l’évangile de Matthieu, Jésus révèle son identité. Il se révèle un Fils de Dieu, qui dialogue avec son Père, qui ose appeler son Père : Père, dans une prière de louange où il s’émerveille : « … ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits… ». Le thème « petits », la petitesse, est un thème majeur dans la bible, rappelons-nous le Magnificat : « Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles ». Serait-ce le procès des intelligents ? Non ! c’est bien celui de la suffisance. Jésus met à l’indexe les pharisiens qui étaient fiers de leur savoir religieux et traitaient les petites gens avec mépris, les qualifiaient d’ignorants, inaptes à observer la Thorah, la loi du temple.

La question à se poser est : « Est-ce que, dans notre Communauté d’aujourd’hui, ne subsiste-t-il pas des pharisiens orgueilleux et suffisants qui font peser des lourds fardeaux aux autres en s’abritant dans une religion de façade ? ».

Dieu se révèle aux petits, aux humbles, non pas parce qu’ils sont moins intelligents, mais parce qu’ils sont, ordinairement, disposés à l’accueil de Dieu. Ici, le mot « petits » a un sens particulier, le petit connaît la grandeur de Dieu et sa propre petitesse, c’est l’humble, le petit se reconnaît sans mérite. Il ne se vante pas.

Dans cet évangile, le Christ poursuit en s’adressant justement aux petits : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos. », le repos que Jésus veut procurer est la liberté des enfants de Dieu qui débouche toujours sur la joie.

Dans une société où la religion était en faveur des pharisiens, elle avait de l’emprise sur la plupart des gens qu’il a fréquenté, il y a deux griefs que Jésus faisait aux pharisiens, c’est d’être orgueilleux de leur connaissance de la Parole de Dieu et d’être hypocrites, c’est-à-dire de faire peser des lois sur les autres, qu’eux-mêmes ne suivent pas. C’est pourquoi nous pouvons nous demander s’il n’y a pas dans nos communautés actuelles la résurgence de cette façon d’être, d’un pharisianisme en plein essor ? 

  • Ne suivez plus les pharisiens, dit Jésus  : « ils lient de pesants fardeaux et les mettent sur les épaules des hommes, alors qu’eux-mêmes se refusent à les remuer d’un doigt ».(Mt 23,4). « Devenez mes disciples, car Jésus est doux et humble de cœur », « …Il ne brisera pas le roseau froissé, il n’éteindra pas la mèche qui fume encore… » (Mt 12,20).
  • « Prenez sur vous mon joug », dit Jésus, « Il est facile à porter ». Par-là, le Christ ne se révèle pas laxiste, au contraire, il est plus exigeant que les pharisiens qui n’interrogeaient que la façade et les apparences. 

Le Christ interpelle le cœur, mais cette exigence est une exigence d’amour, elle n’écrase jamais personne. Et quand on aime on oublie le poids. Quelle libération ! Jésus vient donc nous libérer du poids de la religion, des interdits et des observances. Et comment entrer dans cette voie de libération, de l’intelligence de son identité, si nous ne sommes pas conduits par l’Esprit Saint ?

C’est l’intuition de la deuxième lecture de l’apôtre Paul aux Romains. Pour Paul certains mots n’ont pas la même signification que ceux de nos dictionnaires. Par exemple :

  • lorsque Paul parle de corps, il suppose l’homme dans son intégralité,
  • la chair est différente de ce qui est relatif au côté sexuel que nous connaissons : la chair signifie, chez lui, l’homme séparé de Dieu
  • L’Esprit opposé à la matière, veut dire l’homme uni à Dieu

Chez Paul transitent alors deux mondes : la chair et l’Esprit en lutte perpétuelle. Paul nous invite à être animés par l’Esprit. Ce n’est que dans cette mesure que nous comprendrons la vraie nature du Christ. Un Dieu Doux et Humble.

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA