4ème Dimanche de Pâques

PREMIÈRE LECTURE

« Dieu l’a fait Seigneur et Christ » (Ac 2, 14a.36-41)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Le jour de la Pentecôte,
    Pierre, debout avec les onze autres Apôtres,
éleva la voix et fit cette déclaration :
    « Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude :
Dieu l’a fait Seigneur et Christ,
ce Jésus que vous aviez crucifié. »
    Les auditeurs furent touchés au cœur ;
ils dirent à Pierre et aux autres Apôtres :
« Frères, que devons-nous faire ? »
    Pierre leur répondit :
« Convertissez-vous,
et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ
pour le pardon de ses péchés ;
vous recevrez alors le don du Saint-Esprit.

    Car la promesse est pour vous,
pour vos enfants
et pour tous ceux qui sont loin,
aussi nombreux que le Seigneur notre Dieu les appellera. »
    Par bien d’autres paroles encore,
Pierre les adjurait et les exhortait en disant :
« Détournez-vous de cette génération tortueuse,
et vous serez sauvés. »

    Alors, ceux qui avaient accueilli la parole de Pierre
furent baptisés.
Ce jour-là, environ trois mille personnes
se joignirent à eux.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 22 (23), 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6)

R/ Le Seigneur est mon berger :
rien ne saurait me manquer.
ou : Alléluia !
 (cf. Ps 22, 1)

Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche,
il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m’accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j’habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.

DEUXIÈME LECTURE

« Vous êtes retournés vers le berger de vos âmes » (1 P 2, 20b-25)

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre

Bien-aimés,
    si vous supportez la souffrance pour avoir fait le bien,
c’est une grâce aux yeux de Dieu.
    C’est bien à cela que vous avez été appelés,
    car c’est pour vous que le Christ,
    lui aussi, a souffert ;
il vous a laissé un modèle
    afin que vous suiviez ses traces.
    Lui n’a pas commis de péché ;
dans sa bouche,
on n’a pas trouvé de mensonge.
    Insulté, il ne rendait pas l’insulte,
dans la souffrance, il ne menaçait pas,
mais il s’abandonnait
à Celui qui juge avec justice.
    Lui-même a porté nos péchés,
dans son corps, sur le bois,
afin que, morts à nos péchés,
nous vivions pour la justice.
Par ses blessures, nous sommes guéris.
    Car vous étiez errants
comme des brebis ;
mais à présent vous êtes retournés
vers votre berger, le gardien de vos âmes.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Je suis la porte des brebis » (Jn 10, 1-10)

Alléluia. Alléluia. 
Je suis le bon Pasteur, dit le Seigneur ;
je connais mes brebis
et mes brebis me connaissent.
Alléluia. (Jn 10, 14)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus déclara :
    « Amen, amen, je vous le dis :
celui qui entre dans l’enclos des brebis
sans passer par la porte,
mais qui escalade par un autre endroit,
celui-là est un voleur et un bandit.
    Celui qui entre par la porte,
c’est le pasteur, le berger des brebis.
    Le portier lui ouvre,
et les brebis écoutent sa voix.
Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom,
et il les fait sortir.
    Quand il a poussé dehors toutes les siennes,
il marche à leur tête,
et les brebis le suivent,
car elles connaissent sa voix.
    Jamais elles ne suivront un étranger,
mais elles s’enfuiront loin de lui,
car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »

    Jésus employa cette image pour s’adresser aux pharisiens,
mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait.
C’est pourquoi Jésus reprit la parole :
« Amen, amen, je vous le dis :
Moi, je suis la porte des brebis.
    Tous ceux qui sont venus avant moi
sont des voleurs et des bandits ;
mais les brebis ne les ont pas écoutés.
    Moi, je suis la porte.
Si quelqu’un entre en passant par moi,
il sera sauvé ;
il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage.
Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr.
Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie,
la vie en abondance. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

3ème Dimanche de Pâques

PREMIÈRE LECTURE

« Il n’était pas possible que la mort le retienne en son pouvoir » (Ac 2, 14.22b-33)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Le jour de la Pentecôte,
    Pierre, debout avec les onze autres Apôtres,
éleva la voix et leur fit cette déclaration :
« Vous, Juifs,
et vous tous qui résidez à Jérusalem,
sachez bien ceci,
prêtez l’oreille à mes paroles.
    Il s’agit de Jésus le Nazaréen,
homme que Dieu a accrédité auprès de vous
en accomplissant par lui des miracles, des prodiges
et des signes au milieu de vous,
comme vous le savez vous-mêmes.
    Cet homme, livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu,
vous l’avez supprimé
en le clouant sur le bois par la main des impies.
    Mais Dieu l’a ressuscité
en le délivrant des douleurs de la mort,
car il n’était pas possible qu’elle le retienne en son pouvoir.
    En effet, c’est de lui que parle David dans le psaume :
Je voyais le Seigneur devant moi sans relâche :
il est à ma droite, je suis inébranlable.
    C’est pourquoi mon cœur est en fête,
et ma langue exulte de joie ;
ma chair elle-même reposera dans l’espérance :
    tu ne peux m’abandonner au séjour des morts
ni laisser ton fidèle voir la corruption.
    Tu m’as appris des chemins de vie,
tu me rempliras d’allégresse par ta présence.

    Frères, il est permis de vous dire avec assurance,
au sujet du patriarche David,
qu’il est mort, qu’il a été enseveli,
et que son tombeau est encore aujourd’hui chez nous.
    Comme il était prophète, il savait que Dieu lui avait juré
de faire asseoir sur son trône un homme issu de lui.
    Il a vu d’avance la résurrection du Christ,
dont il a parlé ainsi :
Il n’a pas été abandonné à la mort,
et sa chair n’a pas vu la corruption.
    Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ;
nous tous, nous en sommes témoins.
    Élevé par la droite de Dieu,
il a reçu du Père l’Esprit Saint qui était promis,
et il l’a répandu sur nous,
ainsi que vous le voyez et l’entendez.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 15 (16), 1-2a.5, 7-8, 9-10, 11)

R/ Tu m’apprends, Seigneur, le chemin de la vie.
ou : Alléluia !
 (Ps 15, 11a)

Garde-moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge.
J’ai dit au Seigneur : « Tu es mon Dieu !
Seigneur, mon partage et ma coupe :
de toi dépend mon sort. »

Je bénis le Seigneur qui me conseille :
même la nuit mon cœur m’avertit.
Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ;
il est à ma droite : je suis inébranlable.

Mon cœur exulte, mon âme est en fête,
ma chair elle-même repose en confiance :
tu ne peux m’abandonner à la mort
ni laisser ton ami voir la corruption.

Tu m’apprends le chemin de la vie :
devant ta face, débordement de joie !
À ta droite, éternité de délices !

DEUXIÈME LECTURE

« Vous avez été rachetés par un sang précieux, celui d’un agneau sans tache, le Christ » (1 P 1, 17-21)

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre

Bien-aimés,
    si vous invoquez comme Père
celui qui juge impartialement chacun selon son œuvre,
vivez donc dans la crainte de Dieu,
pendant le temps où vous résidez ici-bas en étrangers.
    Vous le savez :
ce n’est pas par des biens corruptibles, l’argent ou l’or,
que vous avez été rachetés de la conduite superficielle héritée de vos pères ;
    mais c’est par un sang précieux,
celui d’un agneau sans défaut et sans tache, le Christ.
    Dès avant la fondation du monde, Dieu l’avait désigné d’avance
et il l’a manifesté à la fin des temps à cause de vous.
    C’est bien par lui que vous croyez en Dieu,
qui l’a ressuscité d’entre les morts
et qui lui a donné la gloire ;
ainsi vous mettez votre foi et votre espérance en Dieu.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Il se fit reconnaître par eux à la fraction du pain » (Lc 24, 13-35)

Alléluia. Alléluia. 
Seigneur Jésus, ouvre-nous les Écritures !
Que notre cœur devienne brûlant
tandis que tu nous parles.
Alléluia. (cf. Lc 24, 32)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

    Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine),
deux disciples faisaient route
vers un village appelé Emmaüs,
à deux heures de marche de Jérusalem,
    et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.

    Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient,
Jésus lui-même s’approcha,
et il marchait avec eux.
    Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.
    Jésus leur dit :
« De quoi discutez-vous en marchant ? »
Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.
    L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit :
« Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem
qui ignore les événements de ces jours-ci. »
    Il leur dit :
« Quels événements ? »
Ils lui répondirent :
« Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth,
cet homme qui était un prophète
puissant par ses actes et ses paroles
devant Dieu et devant tout le peuple :
    comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré,
ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.
    Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël.
Mais avec tout cela,
voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé.
    À vrai dire, des femmes de notre groupe
nous ont remplis de stupeur.
Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau,
    elles n’ont pas trouvé son corps ;
elles sont venues nous dire
qu’elles avaient même eu une vision :
des anges, qui disaient qu’il est vivant.
    Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau,
et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ;
mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
    Il leur dit alors :
« Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire
tout ce que les prophètes ont dit !
    Ne fallait-il pas que le Christ
souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »
    Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes,
il leur interpréta, dans toute l’Écriture,
ce qui le concernait.

    Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient,
Jésus fit semblant d’aller plus loin.
    Mais ils s’efforcèrent de le retenir :
« Reste avec nous,
car le soir approche et déjà le jour baisse. »
Il entra donc pour rester avec eux.

    Quand il fut à table avec eux,
ayant pris le pain,
il prononça la bénédiction
et, l’ayant rompu,
il le leur donna.
    Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent,
mais il disparut à leurs regards.
    Ils se dirent l’un à l’autre :
« Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous,
tandis qu’il nous parlait sur la route
et nous ouvrait les Écritures ? »
    À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem.
Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons,
qui leur dirent :
    « Le Seigneur est réellement ressuscité :
il est apparu à Simon-Pierre. »
    À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route,
et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux
à la fraction du pain.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

HOMELIE DU 19 AVRIL 2020

Père Chris GOMA

Célébration du 2ème dimanche de Pâques

Dimanche de la Divine Miséricorde

Aujourd’hui nous sommes le Dimanche 19 Avril 2020, deuxième de Pâques, Dimanche de la Divine Miséricorde, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du Livre des Actes des Apôtres (2, 42-47)
  • Psaume 117, avec comme refrain : « Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour »
  • Lecture de la première lettre de saint Pierre Apôtre (1, 3-9)
  • Évangile de saint Jean (20, 19-31)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, Paroissiens et Paroissiennes des secteurs pastoraux Castelnau et Margaux, l’Eglise, notre mère, célèbre le dimanche de la Divine Miséricorde. Celui-ci a été institué par le Pape Jean-Paul II pour mettre l’accent sur Dieu, tellement miséricordieux qu’il nous a donné son Fils Jésus, comme Frère parmi les frères, et Enseignant de la Miséricorde de Dieu. 

L’évangile de saint Jean soumis à notre médication nous permet de mettre en valeur la figure de l’apôtre Thomas. Se serait-il rendu célèbre pour avoir douté de la résurrection de Jésus ?Thomas serait-il le modèle de l’incrédulité ?

A ses amis qui lui annoncent qu’ils ont vu le Seigneur il répond : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non je ne croirais pas ! ». 

Huit jours après, c’est-à-dire ce dimanche, Jésus fait une apparition en présence de Thomas qu’il prend au mot.
Encore une fois : n’y a-t-il que le doute dans la vie de Thomas, dans son esprit et dans ses pensées ? Pour nous aider à répondre à ces questions, trois réalités nous aideront à voir ce qu’il y a de positif dans ce bel apôtre qui nous vaut l’expression « être comme Saint-Thomas ».

  • Tout d’abord, l’esprit critique a toujours caractérisé l’apôtre Thomas. Il n’est pas naïf. Rappelons-nous le dialogue qui suit la Sainte Cène : Jésus dit : « quant au lieu où je vais, vous en savez le chemin ». Thomas l’interroge avec vivacité : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas, comment connaîtrons-nous le chemin ? » (Jean 14, 4-5).
  • Ensuite, Thomas ne s’enlise pas dans l’incrédulité puisqu’il en est sorti en faisant l’une des plus belles professions de foi de l’Ecriture : « Mon Seigneur et mon Dieu ».

On peut dire sans doute que c’est une étape du cheminement de sa foi. Thomas a donc converti son attitude avant même que Jésus l’invite à croire sans avoir vu.

  • Enfin, deux circonstances atténuantes valent à Thomas d’être pour nous un modèle de disciple. D’une part, Thomas nous permet de découvrir la réalité de la Divine Miséricorde que nous célébrons ce dimanche. Jésus apprécie ce qu’il y a de meilleur en Thomas, comme il sait apprécier ce qu’il y a de beau en chacun de nous au-delà de nos faiblesses. Dans notre processus de maturation de la foi, il nous prend à notre place et à notre niveau. D’autre part, les autres apôtres sont aussi fragiles que Thomas puisqu’ils ont peur de la persécution au point de se calfeutrer, de s’imposer un confinement jusqu’à la Pentecôte.

Ah oui !Peuple de Dieu, ils ont bien été confinés pendant 50 jours, non pour cause de Covid 19, mais par crainte. Inutile d’aller en ville pour risquer de subir les représailles ou le même sort que Jésus, malgré sa résurrection dont ils sont pourtant les témoins privilégiés.
Nous pouvons alors bien comprendre les bienfaits de la présence réconfortante de Jésus qui leur dit à trois reprise : « La paix soit avec vous ».

Oui ! Peuple de Dieu, c’est dans un contexte d’angoisse, c’est dans un climat anxiogène, que Jésus fortifie ses apôtres.

« La paix soit avec vous », puissions- nous prendre à notre compte ces paroles en ces temps difficiles.
Jésus nous dit : « La paix soit avec vous ». Nous qui sommes privés de la communion sacramentelle, nous qui pouvons être fragilisés par le doute dans notre cheminement de foi.
En cette période de confinement où la promiscuité peut susciter des tensions familiales qui contrastent avec la Divine Miséricorde, Jésus nous dit aussi : « La paix soit avec vous ».
Devant l’escalade de la mort de nos proches emportés par le Coronavirus, face à la souffrance morale et physique qui occulte la joie pascale, Jésus nous dit : « La paix soit avec vous ».


Que la résurrection de Notre Seigneur Jésus Christ allume en nous l’Espérance.

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA » » 

HOMELIE DU 12 AVRIL 2020

Père Chris GOMA

Célébration du Saint Jour de Pâques

Aujourd’hui nous sommes le Dimanche 12 Avril 2020, Saint Jour de Pâques, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du Livre des Actes des Apôtres (10, 34a.37-43)
  • Psaume 117, avec comme refrain : « Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et jour de joie »
  • Lecture de la lettre de saint Paul apôtres aux Corinthiens (5, 6b-8)
  • Séquence
  • Évangile de saint Jean (20, 1-9)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, Paroissiens et Paroissiennes des secteurs pastoraux Castelnau et Margaux, Monseigneur JAMES, notre Evêque a eu cette parole d’espérance à la faveur des fêtes de Pâques que nous célébrons : « Ne vous laissez pas voler la joie de Pâques ». Certes le contexte difficile dans lequel nous avons préparé et vécu cette fête de Pâques, peut suggérer cela. Les ondes de la mort, de la tristesse et du deuil qui traversent notre monde aujourd’hui peuvent malheureusement occulter la pertinence du message de Pâques : « Jésus est ressuscité ! Jésus est vivant ! ». La mort n’a pas eu raison de Lui, l’espérance a jailli du fond du tombeau.
L’évangéliste Jean nous rapporte l’évènement de la résurrection de Notre Seigneur. Nous nous rendons bien compte qu’elle n’est pas un reportage audiovisuel, mais bien plus une affaire de foi.
Marie-Madeleine, une femme, avec le cœur à la main est surtout demeurée fidèle à son Maître. Elle brave les ténèbres du matin pour aller au tombeau. C’est par la suite que Dieu va se servir de cette femme justement pour être « le témoin des témoins » de ses apôtres.

La résurrection de Jésus tranche nettement avec la conjoncture générale de l’époque qui faisait fi du témoignage des femmes. Avec la résurrection du Christ, c’est une femme qui en témoigne en premier auprès de ses disciples. Marie-Madeleine, la pécheresse qui avait trouvé grâce auprès de Dieu, va voir Pierre et Jean pour leur apporter la vérité de sa résurrection.
Nous sommes attentifs à l’attitude de Pierre et de Jean « le disciple que Jésus aimait ». Les deux se mettent en route. Le plus jeune court plus vite et arrive en premier. Il attend Pierre qui arrive à son tour et entre. Pierre est le symbole de l’Église, c’est lui le chef des Douze. C’est à ce titre qu’il pénètre en premier dans le tombeau. L’authentification a besoin d’être réalisée ou assurée par l’autorité ecclésiale. Jean va entrer à son tour et de lui il va être dit : « Il vit, et il crut ». Cela n’est pas dit en comparaison avec Pierre, puisque l’auteur sacré, en mettant en avant son attitude, voulait simplement montrer la primauté de Pierre sur les autres apôtres.
A travers le disciple Jean, il veut signifier son acquitté spirituel qui dénote de la perspicacité de son cœur. Jean, ne se faisait-il pas appeler dans son évangile : « le disciple que Jésus aimait » ? Il était dans une telle affinité avec le Maître, qu’il ne lui a pas fallu beaucoup de temps pour croire à sa résurrection. Rappelez-vous que le Jeudi saint, c’est lui qui s’était penché sur la poitrine du Maître pour battre à l’unisson de son cœur aimant. Au pied de la croix, c’est encore le disciple fidèle qui était là .
L’évangéliste d’une part, veut mettre ici en valeur, comme nous l’avons déjà dit, la primauté de Pierre et l’intimité, la fidélité et l’amour de Jean pour le Maître.

Ces deux paradigmes sont nécessaires pour entrer dans l’intelligence du mystère de Pâques. Comme nous l’avons dit plus haut, l’évènement de Pâques n’est pas un reportage audiovisuel, mais un évènement de foi. La seule preuve irréfutable de la résurrection est le tombeau vide. Cet évènement a en revanche une conséquence dans la vie de l’humanité, il va faire des disciples des témoins. Nous avons lu, dans la première lecture, dans la profession de foi de Pierre ceci : « …Dieu l’a ressuscité le troisième jour. Il lui a donné de se manifester, non pas à tout le peuple, mais à des témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts. Dieu nous a chargés d’annoncer au peuple et de témoigner que lui-même l’a établi juge des vivants et des morts ».
Aussi, pour comprendre le mystère de la résurrection, nous avons deux véhicules :

  • L’Eglise et la tradition incarnée par Pierre, 
  • L’amour, l’intimité et la fidélité misent en valeur par Jean.

Aujourd’hui, plus que jamais, la résurrection de Jésus échappe à l’entendement humain et beaucoup de gens s’aventurent dans les sciences occultes ou dans des démarches rationnelles et philosophiques pour essayer d’en percer le mystère. Peine perdue. Seuls, l’église et sa tradition, d’une part et l’intimité, l’affinité avec le Christ, d’autre part, peuvent nous aider à mieux appréhender le mystère de sa résurrection. 

Par ailleurs, s’il est vrai que Jésus est ressuscité et vivant, cette bonne nouvelle ouvre l’horizon de notre joie et de notre espérance. La souffrance et la mort ne peuvent jamais triompher. La vie a eu raison de la mort et nous avons besoin, comme chrétiens, d’être des témoins de cela surtout par les temps que nous vivons actuellement. Proclamer aujourd’hui que le Covid 19, avec son lot de malheurs, ne saurait engloutir notre foi et notre espérance. 

Ce Jésus, mort et ressuscité va renouveler la face de notre terre. Par le mérite de sa résurrection, il va délivrer notre monde de l’ombre de la mort, de la maladie et de la déchéance de tout bord.

CHRIST EST RESSUSCITE ! ALLELUIA ! 

CHRIST EST VIVANT ! ALLELUIA !

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA » » 

HOMELIE DU 10 AVRIL 2020

Père Chris GOMA

Célébration de la Passion

Vendredi Saint

Aujourd’hui nous sommes le Vendredi 10 Avril 2020, Vendredi saint, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du Prophète Isaïe (52, 13 à 53,12)
  • Psaume 30, avec comme refrain : « Ô Père en tes mains je remets mon esprit »
  • Lecture de la lettre aux Hébreux (4,14-16;5,7-9)
  • La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Jean (18, 1 à 19,42)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, Paroissiens et Paroissiennes des secteurs pastoraux Castelnau et Margaux, ce Vendredi Saint, l’Eglise, notre mère, nous convie à célébrer la Passion Mort de Notre Seigneur Jésus Christ.
Nous sommes invités à méditer sur la profondeur de l’Amour d’un Dieu qui se livre tout entier pour sauver l’humanité, en acceptant une mort ignoble sur la croix. Nous découvrons la croix comme l’instrument de supplice et de mort qui va devenir le symbole de notre vie et de notre salut.
Après avoir écouté ce récit émouvant de l’évangéliste Jean, on a du mal à trouver des mots pour méditer, on est plutôt tenté de l’accueillir dans une attitude de recueillement . C’est le propre de la liturgie de ce jour. On voudrait garder le silence, parcourir en mémoire les différentes étapes de ce qui peut ressembler à une dramaturgie du salut de l’humanité. 

Un étrange procès ! un procès ignoble !

La Passion du Christ est une histoire où se côtoient l’horreur et le sublime, a déchéance de l’homme et la grandeur de Dieu. En l’approfondissant, nous ne pouvons pas nous empêcher d’éprouver à la fois un sentiment d’indignation devant l’odieux procès qui aboutit à la condamnation d’un innocent et en même temps on ressent un profond respect et une immense gratitude envers le Fils de Dieu qui nous aime au prix de sa vie. On est sidéré par ce procès où des décisions hâtives et maladroites s’entremêlent avec leur couronnement par la condamnation de l’Innocent par excellence.

Chacun de nous est capable de se mirer à travers tous les personnages de ce récit pour savoir à qui il ressemble le plus :

  • A Judas, le traître qui choisit de trahir son Maître par un odieux baiser ? Le baiser un geste d’amour qui devient une consigne macabre.
  • Aux pharisiens qui, sous le prétexte de défendre les droits de Dieu, n’ont pas pu discerner qu’ils étaient en train de sacrifier le Messie de Dieu ? Étrange paradoxe.
  • A Pilate ou à Hérode qui ont trahi leur conscience en condamnant le Juste ? Ils ont préféré se débarrasser de Jésus, prophète gênant, plutôt que de perdre la faveur du peuple.
  • A Pierre qui, pour sauver sa peau, va renier par trois fois son Maître ?
  • Aux soldats qui, faute de trouver un chef d’accusation consistant sur Jésus, s’illustrent par la violence d’une cruauté inédite sur le Condamné ?
  • A la foule, inconsistante et ingrate qui passe facilement des acclamations aux accusations ? On pourrait croire que parmi les gens qui hurlaient contre Jésus, il y avait peut-être ceux qui avaient trouvé grâce et miséricorde auprès de lui.

A qui ressemblons-nous ?

  • A ceux qui ont conspiré contre Jésus ?
  • Ou plutôt à Jean ou à la trilogie des « Marie »  : (Marie la Mère de Jésus, Marie de Magdala ou Marie-Madeleine ?). Ces disciples fidèles et courageux qui accompagnent le Maître jusqu’à l’instant ultime.
  • A Joseph d’Arimathie, disciple plein d’empathie ainsi que, ou à Nicodème ? Disciple pharisien courageux qui se démarque de ses compères et qui vont tous les deux offrir à Jésus des funérailles dignes, alors qu’il n’était traité que comme un vulgaire bandit.

A qui ressemblons-nous ?

Bien aimés dans le Seigneur, la trame de la Passion Mort de Jésus Christ décrit à la fois la déchéance de l’humanité et la Gloire du Crucifié.
Le salut de l’humanité se consigne dans le drame de « l’Amour, non aimé » ². Chacun est et continue d’en être l’acteur et le spectateur.

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA » » 

HOMELIE DU 9 AVRIL 2020

Père Chris GOMA

Jeudi Saint

Aujourd’hui nous sommes le Jeudi 9 Avril 2020, jeudi saint, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du livre de l’Exode (12, 1-8.11-14)
  • Psaume 115, avec comme refrain : « La coupe de bénédiction est communion au sang du Christ »
  • Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (11,23-26)
  • Évangile de saint Jean (13, 1-15)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, Paroissiens et Paroissiennes des secteurs pastoraux Castelnau et Margaux, la célébration de ce jeudi saint ouvre officiellement le Triduum Pascal. C’est au cours de cette célébration que le peuple de Dieu fait mémoire de la Sainte Cène, le dernier repas avec les disciples, dont le Christ a voulu faire celui de l’alliance nouvelle conclue dans son sang, c’est pourquoi il a institué l’Eucharistie, mémorial du sacrifice qu’il offrirait le lendemain sur la croix.
Au cours de son dernier repas il institue l’Eucharistie et donc le sacerdoce, Jésus pose un geste particulier (…alors il se mit à laver les pieds de ses disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à a ceinture ».  Ce geste souligne que le prêtre est un homme dédié au service de ses frères. Il s’agit du lavement des pieds qui revêt en lui-même une grande portée symbolique, celle du service que les baptisés et pas seulement les prêtres, doivent se rendre les uns aux autres au nom de leur participation au sacerdoce du Christ : « … Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres… ».

L’évangile de Jean d’où est tiré le récit de cette messe nous dit d’entrée de jeu que : « …Jésus ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout ». Cet amour est bien au-delà du simple service fraternel, il met dans ses gestes tout l’amour qu’il avait pour ses amis, car c’est parce que Jésus aime ses disciples qu’i peut s’agenouiller devant eux pour leur laver les pieds. Pour servir, il faut aimer. Pour aimer il faut être prêt à servir. C’est au nom de l’amour que nous aussi, nous sommes amenés à poser des gestes de service cordial vis-à-vis de nos frères.

Il faut nous rappeler que laver les pieds d’une personne était l’activité dévolue aux esclaves dans l’Orient ancien. Lorsque Jésus pose ce geste, il ne peut que déconcertée tout bon juif connaissant sa place de Rabbit dans la Société de l’époque. C’est pourquoi Pierre, à juste titre, désapprouve et s’oppose donc à ce que Jésus s’incline devant lui. Mais Jésus le reprend, lui faisant comprendre que dans la nouvelle famille des enfants de Dieu, il en sera désormais ainsi : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. ». D’ailleurs, le Pape François disait dans son homélie de ce soir : « si je ne laisse pas le Seigneur être mon serviteur, je n’entrerai pas dans le Royaume des Cieux ». C’est une interpellation pour faire comprendre qu’au sein des disciples le service doit être une culture. Un modus vivendi, en obligeant Pierre, le premier des disciples à accepter cela, Jésus veut insinuer que même ceux qui occupent des postes à responsabilités doivent se comporter comme des serviteurs et non comme des patrons.

Peuple de Dieu, Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, l’Eglise est le lieu où le service doit être rendu par tous, sans distinction, afin d’avoir part à la communion avec le Christ. On ne peut pas revendiquer le titre de Disciple du Christ si l’on n’est pas prêt à s’incliner devant ses frères pour les servir et se mettre à leur niveau.  C’est ce que nous rappelle le travail des prêtres dans nos communautés et en ce jour anniversaire du sacerdoce, je retrouve l’action de grâce de tout ce qu’ils font pour nous et pour nos communautés à travers les paroles du Psaume 115 : « Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? J’élèverai la Coupe du Salut, j’invoquerai le nom du Seigneur ».

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA

HOMELIE DU 8 AVRIL 2020

Père Chris GOMA

Mercredi Saint

Aujourd’hui nous sommes le Mercredi 8 Avril 2020, mercredi saint, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du prophète Isaïe, (50, 4-9a)
  • Psaume 70, avec comme refrain : « Dans ton grand amour, Dieu, répons-moi ; c’est l’heure de ta grâce »
  • Évangile de saint Matthieu (26, 14-25)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, Paroissiens et Paroissiennes des secteurs pastoraux Castelnau et Margaux, l’évangile de Matthieu soumis à notre méditation ce jour est presque une réplique de ce que nous avons lu hier. Il est question de la révélation du complot par Jésus : « … l’un de vous va me livrer ». Ce constat ébranle les Douze. Chacun se remet en question en ces termes : « Serait-ce moi, Seigneur ? ».

Notre méditation va se réapproprier cette interrogation alors que nous sommes en marche vers Pâques : Sommes-nous acteurs ou spectateurs de notre salut ? Chacun est appelé à réaliser son rôle dans la trame de cette tragédie du salut de l’humanité. 

Que nous ayons joué un rôle gratifiant ou répréhensible, Dieu se sert de tout pour nous aider à prendre conscience de nos fragilités et de nos faiblesses. Cela dit, nous comprenons mieux le prix du don qu’il fait de lui-même par Jésus Christ sur la croix.

  • « Serait-ce moi, Seigneur ? », Judas le traître, faisant fi de la confiance du Maître et du groupe, livre  « l’Amour », son Maître à vil prix.
  • « Serait-ce moi, Seigneur ? », Jean, le fidèle, « le disciple que Jésus aimait » , s’épanchant sur la poitrine du Maître pour vibrer à l’unisson de ce cœur aimant, qui ne récolte malheureusement qu’ingratitude et mépris.
  • « Serait-ce moi, Seigneur ? », Pierre, le lâche qui malgré sa bonne volonté reniera son Maître au moment où il aura le plus besoin de lui.
  • « Serait-ce moi, Seigneur ? », cette foule enthousiaste et surexcitée ; qui portant en triomphe Jésus comme son Roi, va pourtant le Vendredi Saint, le désapprouver et choisir Barrabas pour être gracié à sa place.

Quel que soit celui que tu es, Jésus t’aime, il n’a que l’amour comme clé de lecture pour juger l’homme. Dans l’évangile de Matthieu que nous sommes entrain d’approfondir justement, deux images fortes illustrent cela :

  • L’image du repas : « se trouvant à table avec les Douze ». Jésus choisit de révéler le traître pendant un repas. 
  • L’’image de la bouchée : « Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi », voilà la deuxième image pour présenter Judas aux autres.

Ces deux images manifestent l’amour, la communion et l’intimité.

Cela va sans dire, le drame de la passion mort et résurrection de Jésus est le symbole de l’amour même de Dieu.


Rien ne saurait ébranler Jésus dans sa marche vers sa Pâque. Il se sert de nos infidélités, de nos reniements, de nos lâchetés, de nos abandons pour faire triompher l’amour sur la terre des hommes.

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA

HOMELIE DU 7 AVRIL 2020

Père Chris GOMA

Mardi Saint

Aujourd’hui nous sommes le Mardi 7 Avril 2020, mardi saint, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du prophète Isaïe, (49, 1-6)
  • Psaume 70, avec comme refrain : « Ma bouche annonce ton salut, Seigneur »
  • Évangile de saint Jean (13, 21-33, 36-38)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, Paroissiens et Paroissiennes des secteurs pastoraux Castelnau et Margaux, notre marche vers Pâques s’ébauche au fil des jours, la trame de notre salut s’étoffe progressivement. L’évangile de Jean de ce jour nous la présente sous les auspices de l’amour. La trahison et la mort de Jésus se vivent comme un véritable drame de famille, une blessure d’amour.

Le ton est vraiment solennel lorsque Jésus déclare : « …l’un de vous me livrera ». La sentence est tombée parmi les disciples. Elle est rude. Elle est implacable. L’ennemi n’est pas si loin, il est si proche, c’est un membre de la famille, celui qui a partagé notre quotidien. C’est le drame de toutes les histoires d’amour qui se vivent. La nature nous montre que le plus grand commun diviseur des hommes n’est pas si extérieur à eux. 

  • « …l’un de vous me livrera » scande la fissure dans une alliance, le divorce dans un lien d’amour. A ce titre, il est un constat qui ne peut générer de la part des disciples que suspicions et accusations, méfiances et défiances.
  • « …l’un de vous me livrera » veut dire que la famille, l’amitié ne sont pas intouchables, l’amour n’est pas aimé. Ce n’est que là où il y a l’homme qu’il peut y avoir des conflits. La trahison et la mort de Jésus consacrent le drame de l’humain dans sa déchéance.

Jean souvent appelé « le disciple que Jésus aimait » veut sauver la face, il veut faire exception. Dans un geste de sauvetage, il se penche sur la poitrine de Jésus, manifestant ainsi son intimité avec lui pour demander « est-ce moi Seigneur ? ». 

C’est la réponse de Jésus qui est fondamentale. Elle tranche avec l’état d’esprit des douze fortement assommés par ce constat. Alors que les apôtres sont embarrassés et se suspectent mutuellement, Jésus prend de la hauteur. Il appréhende les choses à l’aune de l’amour et du pardon, il ne diabolise pas, il ne culpabilise pas le traître. Sa passion future relevant d’un drame d’amour et de famille, Jésus choisit de la présenter à travers des images d’intimité et d’amitié : « c’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat », sous-entendu c’est celui-là qui me livrera.

Partager la bouchée est signe de communion, d’intimité et d’amour. Déjà dans la tradition africaine nous relevons cela, pendant les mariages les deux époux partagent le même verre de vin, pour manifester justement cette intimité. 

Nous voyons donc que Judas n’est pas seulement un traître qui méritait d’être estampillé et affublé de ce titre, mais bien plus, un ami ou un membre de la famille. C’est cela que Jésus fait valoir en premier. C’est l’un des douze, celui qui avait la confiance du Maître et des apôtres : « il tenait la bourse commune », signe indéniable de confiance.

Aujourd’hui, l’opinion commune ne retient de Judas que sa lâcheté et sa traitrise. Car, la mesure de l’amour reçu était à la mesure de sa trahison. Pourtant, il ne faut pas occulter le fait que le traître est et restera d’abord un ami. C’est ce que Jésus a voulu mettre ici en valeur, en choisissant cette image de la bouchée. Jésus a donc voulu rester dans la perspective de la confiance, de la familiarité, de l’amitié et de l’intimité. Il appréhende donc l’attitude de judas avec miséricorde. Judas est responsable de la mort de Jésus parce qu’’il a librement succombé à l’appât de Satan, du diable.

La suite de l’évangile nous montre que lorsque Judas avait pris la bouchée, il était sorti aussitôt et l’évangile nous dit : « Or il faisait nuit ». Cette mention est très importante pour manifester le décor de la foi de Judas ébranlée par le diable, la nuit de la foi, la nuit du mal qui enveloppait Judas et qui avait obstrué sa liberté de façon à briser le lien de famille, à sacrifier l’amour des frères et du Maître.

Nous aussi, Chers frères et Sœurs dans le Seigneur, nous vivons des drames de famille, des querelles, des divisions, des antagonismes .

Puissions-nous, à la faveur de cette marche vers Pâques, demander au Seigneur la grâce de prendre de la hauteur dans les évènements. Puissions-nous obtenir de la passion, mort et résurrection de Notre Seigneur Jésus Christ, la grâce de transcender nos divisions, nos trahisons et nos abandons par la force de Son Amour.

JESUS, AMOUR, NON AIME N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA

HOMELIE DU 6 AVRIL 2020

Père Chris GOMA  

Lundi Saint

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Aujourd’hui nous sommes le lundi 6 Avril 2020, lundi saint, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du prophète Isaïe, (42, 1-7)
  • Psaume 26, avec comme refrain : « Le Seigneur est ma lumière et mon salut »
  • Évangile de saint Jean (12, 1-11)Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, Paroissiens et Paroissiennes des secteurs pastoraux Castelnau et Margaux, nous célébrons le lundi saint dans notre marche inexorable vers Pâques, c’est pour nous l’occasion de méditer sur la valeur du don.
    Le don s’évalue à l’aune de l’amour. C’est d’ailleurs par amour que le Christ va se donner pour sauver l’humanité à Pâques.L’évangile de Jean, soumis à notre méditation penche un peu dans ce sens. C’est donc au cours du repas qui ne peut pas nous empêcher de penser à l’Eucharistie, symbole de l’amour, que les sœurs de Lazare souhaitent remercier Jésus pour l’avoir ramené à la vie. L’amour et la proximité de Jésus avec cette famille de Béthanie est indéniable. C’est dans la même foulée que se situe aussi le don de Marie, la sœur de Lazare. Nous lisons dans l’évangile : « …une livre d’un parfum très pur et de très grande valeur ; elle répandit le parfum sur les pieds de Jésus, qu’elle essuya avec ses cheveux… ».Un geste significatif, la mesure de l’amour vaut la mesure du don, ici c’est un parfum, quelque chose qui sent, pour manifester, l’odeur, la bonne odeur qui sort d’un cœur aimant, la bonne odeur du Christ. Le parfum, nous l’avons entendu, est d’une grande valeur, jusqu’à faire frémir Judas qui crie « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait donné à des pauvres ? ». Il se situe à un stade mercantile et calculateur, alors que Marie manifeste à travers son geste l’amour qu’elle avait pour son Seigneur. Ce parfum est utilisé pour embaumer les pieds, c’est un véritable acte d’adoration pour Marie. Il n’y a que devant le Christ que tout genou doit fléchir. De plus, elle utilise ses cheveux, geste quelque peu sensuel, mais fort significatif, Marie utilise ce qu’une femme possède de plus précieux pour sa beauté et sa sensualité. Cela veut dire qu’elle ne donne pas du superflu mais le nécessaire.Comment ne pas vivre ce don dans l’optique de ce que nous allons vivre à Pâques. Jésus ne va pas donner une partie de lui pour nous sauver, il va se donner tout entier. C’est dans ce sens que, justement, il comprend le geste de Marie : « laisse-la observer cet usage en vue du jour de mon ensevelissement ».Peuple de Dieu, Bien aimés dans le Seigneur, que ne pouvons-nous pas donner pour notre
    Dieu ? Lui qui nous a tout donné. Mais comment donner si on n’aime pas ? De façon spéciale, nous sommes tous appelés à l’école de l’amour en ce carême particulier de cette année avec le Covid19 et tout ce qu’il comprend comme mesures exceptionnelles à vivre.
    Cette semaine sainte est aussi pour chacun de nous un moment de redécouvrir au nom de l’amour, pour nous-mêmes et pour les autres, à quel niveau d’obéissance nous sommes capables d’observer les restrictions sanitaires imposées pour nous sauver et sauver nos frères.

C’est aussi l’occasion de prendre nos responsabilités vis-à-vis de notre vie de foi. Nous sommes plus que jamais appelés à monnayer les propositions liturgiques qui nous sont données pour mieux vivre la fête de Pâques en famille. Tout cela, nous allons le vivre au nom de l’amour que nous avons pour notre Dieu et pour nos frères.

Cet amour ne s’achète pas, Cet amour n’a pas de prix,

s’il a un prix, c’est le prix de notre don pour Dieu et pour nos frères

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère,
Abbé Chris Brunel GOMA

HOMELIE DU 5 AVRIL 2020

Père Chris GOMA

Dimanche des Rameaux et de la Passion

Aujourd’hui nous sommes le dimanche 5 Avril 2020, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Évangile de saint Matthieu (21, 1-11)
  • Lecture du prophète Isaïe, (50, 4-7)
  • Psaume 21, avec comme refrain : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
  • Lecture e la lettre de Saint Paul apôtre aux Philippiens (2, 5b-11)
  • Lecture de la passion de Notre Seigneur Jésus Christ selon saint Matthieu (26, 14 à 27,66)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, Paroissiens et Paroissiennes des secteurs pastoraux Castelnau et Margaux, ce dimanche des Rameaux ouvre cette grande semaine des chrétiens, la semaine Sainte. C’est au cours de cette semaine que nous vivrons de manière intense le sommet de notre foi, c’est-à-dire les actes décisifs accomplis par Jésus pour sauver l’humanité.

Six jours avant la Pâques, Jésus entre en triomphe dans Jérusalem, la ville où il va être crucifié, où il va se donner pour nous sauver. Ce geste réalise la prophétie de Zacharie  (Za 9,9), cette dernière qui sera reprise par l’évangéliste Matthieu ce jour. 

Jésus accomplissait ainsi sa messianité dans la droite ligne des attentes du peuple de Dieu, et nous avons entendu que la foule de Jérusalem, qui connaît par cœur les prophéties, accueille son Messie avec un enthousiasme délirant, en étendant des vêtements, branches et rameaux sur son passage et en scandant des acclamations : « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! » (Mt 21,9).

C’est d’autant plus paradoxal que ce même peuple qui l’acclame comme Messie triomphant, sera celui qui va le livrer et le crucifier plus tard.
Par ailleurs, en montant sur un ânon, Jésus prend consciemment le contrepied des attentes messianiques ambiantes qui se cristallisaient autour d’un personnage qui viendrait avec une armée vaillante et puissante pour libérer Israël de l’occupant romain, avant de restaurer enfin le règne de David, son père.
Donc, en choisissant ce qu’il y a de faible dans le monde, « l’ânon », Jésus préfère s’aligner sur la tradition des rois humbles, pacifiques et serviteurs, comme nous le rapporte la première lecture, au lieu de ce roi puissant que nous annonçait Jérémie (jr 17,27) : « … par les portes de cette ville entreront des rois et des prêtres siégeant sur le trône de David, ils entreront sur un char attelé de plusieurs chevaux ». Oui, Jésus est certes roi, mais ses armes sont celles de la non-violence et de la Croix.

C’est en s’appuyant sur ce choix délibéré de Jésus, qui s’est dépouillé de sa condition divine pour sauver l’homme pécheur, que l’apôtre saint Paul invite les Philippiens et avec eux nous aussi ,dans la deuxième lecture, à suivre Jésus jusqu’à la croix, si nous voulons régner avec Lui, si nous voulons être à la suite du Christ. 

Être à la suite du Christ signifie donc privilégier l’intérêt général au détriment des intérêts particuliers. Par exemple en respectant scrupuleusement les mesures sanitaires de prévention pour protéger la vie, la nôtre et celle des autres.
Pour suivre le Christ, nous sommes aussi invités aujourd’hui, à le suivre, Lui pour qui aucun sacrifice n’est trop grand, puisqu’il n’a pas hésité à étendre sa main pour être cloué sur la croix.
La royauté du Christ, que nous célébrons aujourd’hui, tranche avec la liesse populaire mais se focalise sur la réalité douloureuse de la croix. 

Au moment où les églises sont fermées en raison du confinement et qu’il nous est impossible de nous joindre aux foules de Jérusalem pour grossir leur cortège, nous sommes conviés à nous mettre à l’école du Christ qui garde en Dieu toute sa confiance au cours des tribulations.

En cette heure grave, cette heure de grande anxiété, 

il ne nous reste plus qu’à brandir nos rameaux d’espérance vers le Seigneur,

 pour qu’il bénisse et soutienne notre foi, 

afin que se concrétise pour notre monde soumis à la pandémie du Covid19, 

le salut que l’humanité attend de toutes ses forces.

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA