1er Dimanche de l’Avent Année A

Annonce de la venue du Messie

Lecture du livre de Jérémie (Jr 33, 14-16)

Parole du Seigneur : Voici venir des jours où j’accomplirai la promesse de bonheur que j’ai adressée à la maison d’Israël et à la maison de Juda :

En ces jours-là, en ce temps-là, je ferai naître chez David un Germe de justice, et il exercera dans le pays le droit et la justice.

En ces jours-là, Juda sera délivré, Jérusalem habitera en sécurité, et voici le nom qu’on lui donnera : « Le-Seigneur-est-notre-justice ».

« En ces jours-là, en ce temps-là, je ferai naître chez David un Germe de justice «  (Jérémie 33,15)                                                  

Lapinbleu-Avent2012-Dim1

Je peux ECRIRE UN COMMENTAIRE pour dire ce que j’écrirais dans la bulle.

BREVE EXPLICATION DE LA PAROLE

La « promesse de bonheur » dont il est question ici se réalisera dans la venue d’une personne exceptionnelle : Jésus. En ce début de l’avent, nous attendons deux choses. La première est tournée vers la fin des temps, quand Jésus viendra dans sa gloire, et la deuxième, c’est l’attente de Jésus à Noël, dans l’humilité.

QUESTION DU JOUR :

-Comment est-ce que j’ai décidé de préparer mon cœur à la venue de Jésus cette année. Ai-je une résolution à partager ? Peut-être que ça donnera des idées aux autres ?

Solennité du Christ Roi

HOMELIE DU 3 NOVEMBRE 2019

Père Chris GOMA

24 Novembre 2019

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur,  nous célébrons  la fête du Christ Roi de l’univers. C’est  le dernier dimanche du Temps Ordinaire de l’année liturgique C.  Dimanche prochain, nous entrerons déjà dans une nouvelle année liturgique  et dans un nouveau temps, le temps de l’Avent, prélude aux festivités de Noël. 

Christ Roi de l’univers,Christ qui règne sur tout, sur les hommes, sur le monde et sur l’histoire.

Pour entrer dans l’intelligence de ce mystère, nous méditons déjà la première lecture dans laquelle nous est présentée une grande figure de la bible, Le Roi David,. Le Christ sera bien appelé « Fils de David ».
Le Roi David est élu par Dieu et reconnu et accepté comme tel  par les hommes. Dans cet épisode que nous rapporte le prophète Samuel, c’est tout le peuple de Dieu réunit dans les douze tribus d’Israël qui vient le reconnaître comme Roi. C’est pour manifester aussi cette reconnaissance qu’est mentionnée la présence de  l’onction qu’il va recevoir. Cette onction  fait habiter sur le roi la plénitude de l’Esprit  de Dieu. Il devient par ce fait même, le Berger, de tout le peuple d’Israël, le Messie,  c’est-à-dire celui -là même qui a été choisi par Dieu  pour sauver son peuple. Le rôle assigné au Messie est sans doute celui  de l’unité du peuple de Dieu et de sa sécurité, c’est ce que  David n’a finalement pas entièrement accompli et c’est ce que l’on assignera à Jésus. 1000 ans après Dieu devait envoyer son Fils Jésus, appelé  « Fils de David » pour accomplir au milieu de Son Peuple ce rôle de Messie., le Sauveur du Peuple.

Dans la deuxième lecture, nous avons entendu, cette forme de profession de foi faite par Saint-Paul. Cette  synthèse du mystère de Dieu accompli en Jésus, plénitude de l’humanité, qu’il met en la personne de Jésus , il place Jésus au centre du monde et de l’histoire, c’est en Jésus que tout est récapitulé, c’est lui qui est le nouveau Messie, le nouveau Pasteur, et ce Roi de l’univers.

Pourtant il n’est pas évident de croire à la royauté de Jésus, surtout dans les termes qu’elle est entrain de  se décliner, notamment dans l’évangile de Saint-Luc, que nous avons eu la joie de méditer ce matin,  il y a une forte interpellation pour les gens qui doutent un peu de l’identité de Jésus, trois fois on lui pose la question « si tu es le Fils de Dieu, tu aurais pu faire ceci… », nous avons entendu cette question posée par le peuple d’Israël, par le soldat et par le condamné. Sa posture sur la croix, comme un condamné, comme un malfrat, froisse dangereusement l’image que ses contemporains se faisaient de lui.  Comment est-ce possible que le Messie puisse être crucifié ? ,  Comment le Roi de l’univers peut-il être incapable de se sauver ? 

En méditant ce matin  l’office des laudes, j’ai trouvé ces mots de l’hymne qui semblent correspondre à notre méditation de ce matin , il est dit ceci, en parlant de la royauté de Jésus : « Point de sceptre, par quoi tu domines sinon ta croix. Point d’autre force, sinon ta miséricorde, l’amour vainqueur est ton unique droit »

Aujourd’hui, nous sommes encore nombreux qui ne comprenons pas le mystère de la  Royauté du Christ, ou si nous la comprenons, nous la comprenons à la manière humaine . Comment comprendre  le Christ Roi de l’univers, alors que le mal, la souffrance et la maladie continuent à faire leur chemin dans ce monde ? Le règne, la royauté, comme nous le savons et le pensons sont faits de force, de puissance, et de gloire.  Mais la royauté du Christ qui se manifeste à travers sa croix est très loin de nous aider à entrer dans cette dimension là.  Le Christ règne dans notre cœur,  par son humilité, son amour et son pardon. L’autre condamné de l’Evangile l’a pressenti en lui demandant « Souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume » et la réponse de Jésus a été formelle : « aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis ». Jésus nous donne    les clés du Royaume, cependant nous sommes libres de les prendre ou non, comme chrétiens, à travers notre baptême, nous faisons le pas vers ce royaume, en ce sens  que nous sommes déjà des citoyens du Ciel. Le chrétien est sur cette terre comme un migrant, un pèlerin, un passager. Nous sommes promis au Royaume de Dieu,dès ici bas. Nous avons des prémisses du Royaume de Dieu, puisque, comme le disait un certain théologien : « le Royaume de Dieu est  un déjà, pas encore là ».
Le Christ règne au cœur de l’humanité à travers le témoignage d’amour, de paix, de réconciliation et de pardon de chaque chrétien et de tout homme de bonne volonté. 

« Aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis ». 

C’est par l’hygiène quotidienne de notre vie chrétienne que nous pouvons, déjà aujourd’hui, composer la partition du Royaume.

32ème Dimanche du Temps Ordinaire

HOMELIE DU 10 NOVEMBRE 2019

Père Chris GOMA

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, la question de la vie après la mort, bien que difficile à élucider, a toujours préoccupé les humains. Où vont les défunts ? Et qu’allons-nous devenir après notre mort ? Certains rejettent en bloc l’idée d’une vie après la mort, d’autres, selon leurs convictions de foi, tentent tant bien que mal de trouver une réponse :

Pour la mythologie grecque, les morts descendent aux enfers où ils vivent une existence terne ; le Shéol juif est le lieu de silence, d’oubli, de sommeil.

L’hindouisme enseigne la réincarnation dans d’autres êtres mortels jusqu’à atteindre le degré de purification permettant de rejoindre le Brahmâ. 

Sans réponse satisfaisante, l’au-delà devient pour les morts le lieu de projection des désirs inassouvis. Ainsi beaucoup n’hésitent pas à entrer dans la description du Paradis faite par le coran : Le paradis serait « un lieu où évolueront les élus, dans un splendide jardin arrosé de quatre fleuves, fleuve d’eau incorruptible, mais aussi fleuve de lait, fleuve de vin., fleuve de miel. Dans ce jardin Allah donnera aux élus pour épouses des houris aux grands yeux, vierges, aimantes et d’égale jeunesse ».
Ainsi chacun, selon son âge et son statut, se fait sa représentation.

Pour un enfant, le ciel pourrait être une salle de jeu où on pourra, sans payer, passer le temps en mangeant des glaces.
Pour le pauvre affamé, naturellement ce sera un lieu pour se nourrir. 

Pour de nombreux chrétiens l’au-delà est le lieu où l’on reçoit une récompense méritée, c’est-à-dire une sorte de rattrapage des manques terrestres : on a l’occasion d’avoir le bonheur que l’on n’a pas eu la chance de goûter ici-bas.

Peuple de Dieu ! Puisqu’il nous est impossible de tout connaître de l’au-delà, qui relève des prérogatives divines, il est sage de revenir sur terre pour nous en tenir à la parole de Dieu : « tu est un scélérat, toi qui nous arraches à cette vie présente, mais puisque nous mourrons par fidélité à ses lois, le Roi du monde nous ressuscitera pour une vie éternelle ».

Les sept frères, devant la persécution du roi Antiocos, acceptent de mourir par fidélité à la loi du Seigneur, convaincus que Dieu est le Dieu de la vie et qu’il n’abandonnera pas à la mort ceux qui lui sont restés fidèles. Remarquons dans la lecture, la première déclaration d’une vie après la mort, n’est pas une description, c’est une profession de foi en la résurrection, qui, jusqu’au temps de Jésus, suscitait contestation.

Les pharisiens croyaient en cela, tandis que les sadducéens n’y croyaient pas. On peut être un bon juif sans croire en la résurrection des morts. Dans l’évangile, à la question des sadducéens à son égard, Jésus rétorque : « vous êtes complètement dans l’erreur ». L’erreur c’est de concevoir la vie après la mort comme un prolongement, continuité ou même une réplique de la vie terrestre. La terre n’est qu’un lieu de transit, une école de formation pour fils de l’éternité. Nous ne sommes pas faits pour nous établir sur la terre quel que ce soit ce que nous avons acquis.
Pour les chrétiens la vraie vie se trouve ailleurs, mais cet ailleurs n’est pas dans un lieu, c’est un état.

Peuple de Dieu ! Le Christ nous renseigne que le ciel, le paradis est donc un état de bonheur, de communion avec Dieu, à tel point que nos désirs, liés à notre finitude, seront comblés en Dieu et de Dieu ; ceux qui seront jugés dignes d’avoir part au monde à venir, seront semblables aux anges, ils auront un point commun : ils ne peuvent plus mourir : ils seront des fils de Dieu en étant héritiers de la résurrection. C’est la certitude que nous avons de la part de Notre Seigneur Jésus Christ, le Christ parle de « ceux qui seront jugés dignes d’avoir part au monde à venir », c’est-à-dire que ce ne sera pas un recrutement de masse, sans critères. Le critère « évites le mal, fais ce qui est bien, poursuis la paix, recherche la » (psaume 22).

Pour avoir la vie éternelle, il faut s’entraîner dès ici-bas à vivre selon les vertus du Royaume ; vivre d’amour, être pacifique ; chacun de nous peut déjà avoir son billet pour le ciel, il suffit seulement de le garder soigneusement et de ne pas le perdre.

Les sept frères martyrs et leur mère, dans la première lecture, devant l’adversité et la persécution, ont refusé d’échanger, ni de brader leur ticket, ils ont tenu bon par la force de Dieu. Et, comme l’a dit Saint-Paul, dans l’Épître aux Thessaloniciens que nous avons médité ce matin :

 « prions pour que nous échappions aux gens pervers et mauvais »

Amen.  

31ème Dimanche du Temps Ordinaire

HOMELIE DU 3 NOVEMBRE 2019

Père Chris GOMA

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, l’épisode de Zaché, que nous relate l’évangéliste Luc de ce dimanche, nous renseigne sur l’amour incommensurable de notre Dieu pour chaque homme. Il nous décrit aussi l’itinéraire spirituel d’un renégat, racheté par cet amour là.
Nous sommes attentifs d’emblée à sa quête, c’est celle de tout homme. Si Zaché, comme chef des collecteurs d’impôt est un publicain,  c’est-à-dire un pécheur public, une personne peu recommandable, exclu de ses contemporains à cause de deux griefs principaux qui étaient portés à l’encontre des gens de cette caste qu’étaient les publicains du temps de Jésus .

Le premier grief : la Palestine de Jésus étant sous occupation romaine, les collecteurs d’impôt travaillaient  avec l’occupant romain et à ce titre étaient des collabos, des traîtres, ils travaillaient contre leur peuple et à ce titre, justement, n’étaient pas bien vus par le reste du peuple. 

Le deuxième grief c’est la malhonnêteté dont étaient affublés les gens de cet acabit, qui avaient quelques relations avec l’argent.  il est dit de lui qu’il cherchait à voir Jésus malgré sa condition.
Il y a en lui des pierres d’attente qui lui font désirer Dieu.

Cela me rappelle les paroles de Saint-Augustin : « Tu nous a fait, Seigneur,  pour toi et notre cœur est sans cesse inquiet tant qu’il ne repose en toi ». 

La quête de Zaché, c’est la quête de tout homme. Une quête parfois confuse, parfois diffuse, une quête consciente et inconsciente. Une quête par tradition ou par conviction. On va de l’avant, on va à tâtons, on va à reculons. Dieu se sert de tout pour nous faire marcher à sa suite…. Dieu nous prend là où nous sommes pour faire route avec nous.
De plus, Zaché prend conscience de ses limites dans cette marche vers le Christ : le mot « Foule » symbolise ici toutes les voix discordantes qui empêchent de goûter à la symphonie éternelle de Dieu. La « Foule » c’est l’expression de tout ce qui tire l’homme vers le bas, qui l’empêche de s’élever aux dimensions de Dieu.
Chacun de nous fait cette expérience sur le chemin de foi : les persécutions, les incompréhensions, les oppositions sont de cet ordre. En terme spirituel on parlera de la croix.  La vie spirituelle, disons l’ascension dans la vie spirituelle n’est pas exempte de croix. La « Foule » c’est tout ce que le supermarché du religieux nous propose comme produits. On s’y perd, tout se vaut : faire du yoga peut équivaloir à prendre un temps devant le Saint Sacrement, etc…

La deuxième limite dont Zaché prend conscience, c’est la « petite taille » : Zaché prend conscience de ses limites et de ses faiblesses. On ne va pas vers Dieu avec sa carapace, on est dépouillé ; la « petite taille » symbole de  l’esprit de pauvreté, de la pauvreté du cœur, de la faiblesse, de la vacuité intérieure qui a besoin d’être comblée par Dieu.

C’est donc à cause de son réalisme que Zaché peut prendre tous les moyens pour aller vers Jésus, il monte sur un « sycomore ». La quête de Dieu doit nous conduire à nous élever, à prendre de la distance avec tout ce qui nous retient vers le bas.  Le « sycomore » ici, est apparenté à tout ce que nous prenons comme engagement pour nous disposer, pour nous faire entrer en contact avec Jésus. Je peux citer les « sycomores » des temps modernes : la prière, la messe, la vie spirituelle , le service du frère, le service des pauvres, la Parole de Dieu, le salut au Saint Sacrement,  et j’en passe.  Autant d’ascenseurs qui nous élèvent à Dieu, qui nous font contempler la face du Christ. Quel est ton sycomore ? Qu’est-ce qui t’aide à avancer dans la vie spirituelle, à t’élever aux sphères célestes ?

Zaché, qui se donne les moyens pour rencontrer Jésus, se rend compte que le Christ l’avait deviné avant: « Zaché, descends vite, aujourd’hui je dois demeurer dans ta maison ». C’est cette réalité que nous avons à savoir : tous nos efforts spirituels, tous nos engagements pour Jésus et pour l’homme, n’ont pas pour but de nous faire vivre une vie éthérée loin de la réalité. La vie spirituelle, la vie en Christ, doit nous disposer à descendre pour investir l’ordre temporel de la présence et de l’action de Dieu. C’est le symbole de « Allez dans la paix du Christ » qui  sera donné à la fin de chaque messe. C’est dans la mission que nous avons à partager tout ce que nous recevons dans chaque Eucharistie.
Jésus va chez Zaché, le publicain, cela indigne ses contemporains, mais c’est pourtant le signe de la miséricorde, le signe de l’amour infini de Dieu, qui ne catégorise pas, qui ne diabolise pas l’homme, Il lui donne toujours la chance de rebondir.
Zaché, le honni des hommes, pourtant aimé de Dieu, c’est l’itinéraire de chacun de nous dans le domaine de la foi ; et quand on a compris cela on fait comme lui : « Voici, je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens et si j’ai fait du tord à quelqu’un, je vais lui rendre au centuple ». A travers ces paroles fortes, Zaché prend la résolution de réparer ses crimes. On ne peut pas rencontrer Jésus et rester le même. La vie en Dieu nous transfigure, nous renouvelle, c’est la conversion. La conversion passe aussi par la réparation, c’est une question de justice. Dieu justifie Zaché le publicain lui à son tour rend justice à tous ceux qu’il a offensés.

Dieu t’aime, Dieu nous aime

Commémoration des défunts

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur,  il y a quelques années , j’étais alors étudiant à Bordeaux au Séminaire. Nous avions résolu de faire un tour, avec un ami Prêtre, le Père Jacques Vrignault et son aîné au Pique d’Ossou pour skier. En passant dans un village, le Père Jacques, était heureux de me dire « Chris, tant qu’à faire, je suis du même village que le Cardinal Pierre Eyt, il a été inhumé ici, nous allons nous recueillir sur sa tombe. Cette proposition m’enthousiasmait puisque c’est le Cardinal Pierre Eyt qui m’avait accueilli sur Bordeaux. Mon enthousiasme a été malheureusement stoppé par une réponse glaciale et péremptoire de son aîné « Jacques, il n’y a pas d’intérêt à partir se recueillir ». Derrière cette réponse se pose pour moi et pour vous tous aujourd’hui, 2 Novembre, célébration des défunts, une question importante : à quoi sert la prière pour les morts ? Toutes les cérémonies des obsèques qui remplissent l’agenda paroissial de notre église ? A quoi servent les bougies, les fleurs, le recueillement dans les cimetières, comme nous venons de le faire ? Les demandes de messes pour les défunts ? En un mot : est-ce qu’il y a « un intérêt » à tout ce récital  de cérémonies funèbres qui peuplent nos liturgies ?

Dans les textes de ce jour, nous pouvons trouver quelques bribes  de réponse. La prière et le respect pour les morts sont à inscrire dans le dessein divin pour tout homme. Dans la première lecture du Livre de la Sagesse, que nous avons lue, la vie est entre les mains de Dieu, c’est lui qui décide d’appeler quelqu’un vers lui à travers la mort . Dieu a créé l’homme pour une existence impérissable. Qu’il meurt jeune ou vieux, il trouve « le repos » en Dieu. Par la mort et la résurrection de son fils Jésus-Christ, Dieu a ouvert une brèche, une perspective, une espérance pour tout homme. La mort n’est pas sans issue, elle devient un passage pour la vie, car Jésus, par sa résurrection, a racheté l’homme du pouvoir de la mort.

Et nous partageons cette espérance en la plénitude de la vie après la mort depuis le jour de notre baptême où nous sommes immergés dans la mort du Christ pour ressusciter avec lui.
Nous comprenons ce que dit l’apôtre Paul aux Romains « Si à cause d’un seul homme, par la faute d’un seul, la mort a établi son règne, combien plus, à cause de Jésus-Christ, et de lui seul, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en abondance le don de la grâce qui les rend justes » . Par le baptême, tous ceux qui ont été marqués du signe de la croix, forment une famille et c’est ce que l’on appelle la Communion des Saints. C’est au nom de cette même espérance que les vivants, marqués du signe de la croix, doivent prier pour les défunts, car ils ont tous la promesse de la même plénitude de vie dans le Seigneur.

Vous voyez même que la cérémonie des obsèques est calquée sur le rite baptismal, avec tous les signes : la croix, l’eau, la lumière,….

C’est au nom de notre foi, que nous avons le devoir de prier pour nos défunts, puisque nous formons une même famille. Alors, pour avoir part à cette famille, il faut certes être baptisé, mais il faut surtout « vivre d’amour ». C’est cela rester en tenue de service, la ceinture aux reins et garder la lampe allumée, comme nous le suggère l’évangile de ce jour.

Oui, il y a un intérêt à prier pour les morts, à vénérer les cimetières de nos défunts, puisque nous croyons qu’il y a une vie en Dieu après la mort. Et, c’est notre foi en Jésus-Chris, mort et ressuscité qui nous le permet.

« la vie, disait Pascal, est faite pour chercher Dieu, la mort pour le trouver, l’éternité pour lui appartenir ».

Père Chris GOMA

 2 Novembre 2019

1er Dimanche de l’Avent – Année A

PREMIÈRE LECTURE

Le Seigneur rassemble toutes les nations dans la paix éternelle du royaume de Dieu (Is 2, 1-5)

Lecture du livre du prophète Isaïe

    Parole d’Isaïe,
– ce qu’il a vu au sujet de Juda et de Jérusalem.

    Il arrivera dans les derniers jours
que la montagne de la maison du Seigneur
se tiendra plus haut que les monts,
s’élèvera au-dessus des collines.
Vers elle afflueront toutes les nations
    et viendront des peuples nombreux.
Ils diront : « Venez !
montons à la montagne du Seigneur,
à la maison du Dieu de Jacob !
Qu’il nous enseigne ses chemins,
et nous irons par ses sentiers. »
Oui, la loi sortira de Sion,
et de Jérusalem, la parole du Seigneur.

    Il sera juge entre les nations
et l’arbitre de peuples nombreux.
De leurs épées, ils forgeront des socs,
et de leurs lances, des faucilles.
Jamais nation contre nation
ne lèvera l’épée ;
ils n’apprendront plus la guerre.

    Venez, maison de Jacob !
Marchons à la lumière du Seigneur.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 121 (122), 1-2, 3-4ab, 4cd-5, 6-7, 8-9)

R/ Dans la joie, nous irons
à la maison du Seigneur.
 (cf. Ps 121, 1)

Quelle joie quand on m’a dit :
« Nous irons à la maison du Seigneur ! »
Maintenant notre marche prend fin
devant tes portes, Jérusalem !

Jérusalem, te voici dans tes murs :
ville où tout ensemble ne fait qu’un !
C’est là que montent les tribus,
les tribus du Seigneur.

C’est là qu’Israël doit rendre grâce
au nom du Seigneur.
C’est là le siège du droit,
le siège de la maison de David.

Appelez le bonheur sur Jérusalem :
« Paix à ceux qui t’aiment !
Que la paix règne dans tes murs,
le bonheur dans tes palais ! »

À cause de mes frères et de mes proches,
je dirai : « Paix sur toi ! »
À cause de la maison du Seigneur notre Dieu,
je désire ton bien.

DEUXIÈME LECTURE

« Le salut est plus près de nous » (Rm 13, 11-14a)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères,
    vous le savez : c’est le moment,
l’heure est déjà venue de sortir de votre sommeil.
Car le salut est plus près de nous maintenant
qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants.
    La nuit est bientôt finie,
le jour est tout proche.
Rejetons les œuvres des ténèbres,
revêtons-nous des armes de la lumière.
    Conduisons-nous honnêtement,
comme on le fait en plein jour,
sans orgies ni beuveries,
sans luxure ni débauches,
sans rivalité ni jalousie,
    mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

Veillez pour être prêts (Mt 24, 37-44)

Alléluia. Alléluia. 
Fais-nous voir, Seigneur, ton amour,
et donne-nous ton salut.
Alléluia. (Ps 84, 8)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Comme il en fut aux jours de Noé,
ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme.
    En ces jours-là, avant le déluge,
on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari,
jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ;
    les gens ne se sont doutés de rien,
jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis :
telle sera aussi la venue du Fils de l’homme.
    Alors deux hommes seront aux champs :
l’un sera pris, l’autre laissé.
    Deux femmes seront au moulin en train de moudre :
l’une sera prise, l’autre laissée.
    Veillez donc,
car vous ne savez pas quel jour
votre Seigneur vient.
    Comprenez-le bien :
si le maître de maison
avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait,
il aurait veillé
et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
    Tenez-vous donc prêts, vous aussi :
c’est à l’heure où vous n’y penserez pas
que le Fils de l’homme viendra. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie de la « Tous Saints »

par le Père Chris GOMA

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur,  nous célébrons la fête de la Toussaint, Tous -saint, l’horizon auquel nous sommes tous conviés par Dieu : les lectures de ce jour sont toutes portées par la thématique du « Regard ».
Dans la première lecture du Livre de l’Apocalypse « Révélation, dévoilement, » l’évangéliste Jean écrit aux croyants, soumis à la persécution sous l’empereur Domitien, 95 avant J.C. C’est une vision, une invitation à la contemplation de la Victoire générale de Dieu, l’apocalypse véhicule le message d’Espérance : Dieu sera victorieux de nos persécutions par le mérite du sang de Jésus Christ.
Nous voyons, dans cette vision, ceux qui sont concernés ; c’est tout le monde. Comme l’appel à la sainteté est universel, il est « foule immense que nul ne peut dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues »… Personne n’est laissé sur le carreau, personne n’est exclu. Point n’est besoin d’envisager le chemin de sainteté  comme celui des méritants, des pieux et des initiés. Puisque nous l’avons lu dans la deuxième lecture de l’épître de Saint Jean, où il est encore question de regard : l a sainteté est une affaire d’amour ; «  voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu et nous le sommes ».

Notre appel à la sainteté se situe dans le dessein d’amour de Dieu pour l’humanité et il s’effectue déjà à travers le baptême qui nous fait devenir des Enfants de Dieu. Comme chrétiens, comme baptisés, nous sommes appelés à la sainteté et promis à la plénitude de vie avec la contemplation de Dieu à la rencontre finale : « ce que nous serons n’a pas encore été manifesté nous le serons, quand cela sera manifesté, nous Lui serons semblables car nous le verrons tel qu’Il est ».

Comment vivre plus concrètement cette vie de sainteté dans notre monde actuel ? Comment se définir chrétiens, partageant le projet d’amour et de sainteté de Dieu, dans un monde qui va résolument aux antipodes de Dieu et de son Eglise ?

Le texte de l’évangile de Matthieu de ce jour semble répondre à cette question. Il s’agit des Béatitudes, autrement dit Bonne Nouvelle. Mais pour entrer dans l’intelligence de ce texte, il est une fois de plus question du « regard » ou d’entrer dans la vision de Dieu sur le Bonheur.
D’ailleurs le mot « heureux » scandé à chaque Béatitude, n’est pas à comprendre comme tel, sinon ce serait choquant d’entendre le Christ nous dire « heureux ceux qui pleurent ». Puisque la souffrance, la maladie, le deuil, comme les larmes qui en découlent sont à combattre. Même si, comme le disait le Pape François, il existe ce qu’on appelle « le don des larmes », ce sont celles de la repentance (chez Pierre), celles de la compassion (dues à la mort, la souffrance d’un tiers).
Ici la plus grande Béatitude est sans doute celle-ci : « Heureux les pauvres de cœur, car le Royaume des Cieux est à eux ». La pauvreté dont il est question, est une qualité, une disposition intérieure, autrement dit : l’Esprit de pauvreté, qui nous dispose à tout recevoir de Dieu. Sur le chemin de la sainteté, nous avons besoin d’un cœur de pauvre, pour être à même de recevoir toutes les autres béatitudes, afin d’être doux, avoir faim et soif de justice, avoir un cœur pur, être pacifique et endurants dans les persécutions.
Et ce chemin de sainteté, recèle un travail sur soi, un renoncement à soi, le chemin de la sainteté n’est pas un fleuve tranquille. Il appartient à ceux qui persévèrent et qui sont faibles et pauvres devant Dieu. C’est le chemin de l’amour et de la fidélité. C’est pourquoi Jean dit dans sa vision de l’apocalypse en présentant les victorieux « ceux-là viennent de la grande épreuve, ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau ». La sainteté est à la fois une conquête et un don. Ainsi le « Heureux « des Béatitudes de ce jour, est un cri d’encouragement : en marche ! Tiens bon ! Garde le cap, tu as encore de la chance. Ce n’est pas l’expression du bonheur humain acquis dans le pouvoir, l’avoir, le savoir. 

Notre Seigneur Jésus Christ, Roi de l’Univers

PREMIÈRE LECTURE

« Ils donnèrent l’onction à David pour le faire roi sur Israël » (2 S 5, 1-3)

Lecture du deuxième livre de Samuel

En ces jours-là,
    toutes les tribus d’Israël vinrent trouver David à Hébron
et lui dirent :
« Vois ! Nous sommes de tes os et de ta chair.
    Dans le passé déjà, quand Saül était notre roi,
c’est toi qui menais Israël en campagne et le ramenais,
et le Seigneur t’a dit :
‘Tu seras le berger d’Israël mon peuple,
tu seras le chef d’Israël.’ »
    Ainsi, tous les anciens d’Israël
vinrent trouver le roi à Hébron.
Le roi David fit alliance avec eux, à Hébron,
devant le Seigneur.
Ils donnèrent l’onction à David
pour le faire roi sur Israël.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 121 (122), 1-2, 3-4, 5-6)

R/ Dans la joie, nous irons
à la maison du Seigneur.
 (cf. Ps 121, 1)

Quelle joie quand on m’a dit :
« Nous irons à la maison du Seigneur ! »
Maintenant notre marche prend fin
devant tes portes, Jérusalem !

Jérusalem, te voici dans tes murs :
ville où tout ensemble ne fait qu’un !
C’est là que montent les tribus, les tribus du Seigneur,
là qu’Israël doit rendre grâce au nom du Seigneur.

C’est là le siège du droit,
le siège de la maison de David.
Appelez le bonheur sur Jérusalem :
« Paix à ceux qui t’aiment ! »

DEUXIÈME LECTURE

« Dieu nous a placés dans le Royaume de son Fils bien-aimé » (Col 1, 12-20)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Colossiens

Frères,
    rendez grâce à Dieu le Père,
qui vous a rendus capables
d’avoir part à l’héritage des saints,
dans la lumière.
    Nous arrachant au pouvoir des ténèbres,
il nous a placés dans le Royaume de son Fils bien-aimé :
    en lui nous avons la rédemption,
le pardon des péchés.

    Il est l’image du Dieu invisible,
le premier-né, avant toute créature :
    en lui, tout fut créé,
dans le ciel et sur la terre.
Les êtres visibles et invisibles,
Puissances, Principautés,
Souverainetés, Dominations,
tout est créé par lui et pour lui.
    Il est avant toute chose,
et tout subsiste en lui.

    Il est aussi la tête du corps, la tête de l’Église :
c’est lui le commencement,
le premier-né d’entre les morts,
afin qu’il ait en tout la primauté.
    Car Dieu a jugé bon
qu’habite en lui toute plénitude
    et que tout, par le Christ,
lui soit enfin réconcilié,
faisant la paix par le sang de sa Croix,
la paix pour tous les êtres
sur la terre et dans le ciel.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume » (Lc 23, 35-43)

Alléluia. Alléluia. 
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.
Béni soit le Règne qui vient, celui de David notre père.
Alléluia. (cf. Mc 11, 9b.10a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
on venait de crucifier Jésus,
            et le peuple restait là à observer.
Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient :
« Il en a sauvé d’autres :
qu’il se sauve lui-même,
s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »
    Les soldats aussi se moquaient de lui ;
s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée,
    en disant :
« Si tu es le roi des Juifs,
sauve-toi toi-même ! »

Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui :
« Celui-ci est le roi des Juifs. »
    L’un des malfaiteurs suspendus en croix
l’injuriait :
« N’es-tu pas le Christ ?
Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! »
    Mais l’autre lui fit de vifs reproches :
« Tu ne crains donc pas Dieu !
Tu es pourtant un condamné, toi aussi !
    Et puis, pour nous, c’est juste :
après ce que nous avons fait,
nous avons ce que nous méritons.
Mais lui, il n’a rien fait de mal. »
    Et il disait :
« Jésus, souviens-toi de moi
quand tu viendras dans ton Royaume. »
    Jésus lui déclara :
« Amen, je te le dis :
aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie du 30ème Dimanche du Temps Ordinaire


par le Père Chris GOMA

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, les textes  de la liturgie de ce dimanche gardent la même thématique que celle du dimanche précédent, à savoir la question de la prière.
Dans la première lecture, nous sommes attentifs à cette phrase de Ben Sirac Le Sage « La prière du pauvre traverse les nuées, tant qu’elle n’a pas atteint son but, elle demeure inconsolable ». La prière étant le lieu de la rencontre, de la connexion, de l’intimité, de l’amitié  avec Dieu.  Le pauvre dont il est question : Est-ce qu’il s’agit du pauvre dans sa condition de pauvre ? Le texte de Ben Sirac le Sage pouvait nous laisser entrevoir cela, lorsque l’on parle de l’opprimé, de l’orphelin, de la veuve. Est-ce parce qu’ils sont pauvres qu’obligatoirement ils seront entendus de Dieu ? Il n’est pas question de cette pauvreté, il est bien question ici de la pauvreté qui est de l’ordre de la disponibilité intérieure : la pauvreté du cœur.

L’orant doit être celui qui est vide, qui est en manque et qui est en disposition d’accueillir ce qui lui manque c’est le dénominateur commun de tous ceux qui constituent  les opprimés, les orphelins et les veuves qui sont tous en situation de manque.
Nous ne pouvons pas entrer en contact avec Dieu dans la prière avec toutes nos suffisances. Nous avons besoin d’être nus devant Lui, vides pour qu’il nous comble.

C’est dans cette perspective que nous comprenons la parabole de Jésus dans l’évangile de Saint Luc, l’évangéliste de la miséricorde. Ces deux orants qui nous sont présentés recèlent deux courants spirituels, deux attitudes divergentes, deux manières différentes de rencontrer, de tisser amitié avec le Seigneur.
Il nous faut, pour entrer dans l’intelligence de ce texte de l’évangile d’aujourd’hui, essayer de connaître la douleur mentale de Jésus, pour essayer de percer  ce qu’étaient en ce temps-là, les pharisiens et les publicains Deux castes à caractère religieux qui devaient peupler l’univers spirituel et temporel de Jésus.
Jésus avait pour ces deux castes deux griefs à chacun :

  • au sujet des pharisiens, constitués de l’intelligentzia de l’époque de Jésus, des gens imbus, repus des écritures, qui sont devenus  orgueilleux, hautains, suffisants vis-à-vis des autres.
    La prière du pharisien, telle que nous l’avons entendue aujourd’hui,  en dit long. Nous sommes devant une apologie, une démonstration de suffisance  « je ne suis pas comme les autres : voleurs, injustes, adultères, ou comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine  et je verse le dixième de ce que je gagne ».  
  • L’autre reproche fait aux pharisiens c’est l’hypocrisie  en ce sens que les pharisiens, connaissant la Parole de Dieu,  l’imposaient aux autres dans un formalisme exigeant et ne la vivaient pas eux-mêmes malheureusement, mais par contre seulement à leur convenance et lorsqu’Elle les arrangeait.
  • D’autre part, Jésus avait aussi deux sortes de reproches à l’endroit des publicains, c’est-à-dire des pécheurs publics. Et le paradigme du publicain c’est le collecteur d’impôts. Étant donné que la Palestine de Jésus était sous occupation romaine, les publicains étaient mal vus parce qu’en tant que collecteurs d’impôts ils travaillaient avec l’occupant romain, ils spoliaient le peuple. C’étaient des vendus, des « collabos » et des traîtres.
  • Le second grief à l’encontre des publicains : étant en contact avec l’argent, ils étaient malheureusement réputés être malhonnêtes. Voilà le tableau qui faisait d’eux des pécheurs publics, rebuts de la société. 

Et,  nous comprenons les termes de la prière du publicain qui bat sa coulpe, c’est une prière de contrition. Il reconnaît sa faute, il demande pardon. Alors que le pharisien est dans la suffisance, dans l’arrogance. C’est un homme comblé, rempli et bouché. On peut même dire qu’il n’a plus rien à attendre de Dieu. Le publicain, conscient de ses fautes et de ses limites, aborde le chemin de la prière,de la rencontre,  de l’intimité avec Dieu en toute humilité,  en toute pauvreté de cœur, en demandant  pardon.  On va dire qu’il est plus disponible à accueillir Dieu. Il a besoin de combler le vide de son cœur, remplir son insuffisance de la grâce de Dieu.

Bien aimés dans le Seigneur, la prière dans la vie ordinaire est faite de rencontre avec l’autre et le Tout Autre (à savoir Dieu). Comment oser la rencontre ? comment prétendre à une connexion, sans s’inspirer de l’attitude du publicain ? 

Nos rencontres, tout comme nos prières sont vouées parfois aux échecs parce qu’elles sont abordées avec nos suffisances, notre arrogance, notre orgueil. On ne lâche pas prise, on ne laisse pas la place à l’autre et au Tout Autre l’humilité, la pauvreté de cœur,  l’esprit d’accueil et la bienséance, peuvent être des portes pour de vraies rencontres, de vraies amitiés, de la vraie intimité et partant de là des vraies prières.
Osons la rencontre avec Dieu dans la prière, osons la rencontre avec les autres dans la vie. Mais, avant tout, dans une disposition intérieure qui touche le cœur de Dieu et la vie des autres.

32ème Dimanche du Temps Ordinaire

PREMIÈRE LECTURE

« Le Roi du monde nous ressuscitera pour une vie éternelle » (2 M 7, 1-2.9-14)

Lecture du deuxième livre des Martyrs d’Israël

En ces jours-là,
    sept frères avaient été arrêtés avec leur mère.
À coups de fouet et de nerf de bœuf,
le roi Antiocos voulut les contraindre
à manger du porc, viande interdite.
    L’un d’eux se fit leur porte-parole et déclara :
« Que cherches-tu à savoir de nous ?
Nous sommes prêts à mourir
plutôt que de transgresser les lois de nos pères. »
    Le deuxième frère lui dit, au moment de rendre le dernier soupir :
« Tu es un scélérat, toi qui nous arraches à cette vie présente,
mais puisque nous mourons par fidélité à ses lois,
le Roi du monde nous ressuscitera pour une vie éternelle. »
    Après cela, le troisième fut mis à la torture.
Il tendit la langue aussitôt qu’on le lui ordonna
et il présenta les mains avec intrépidité,
    en déclarant avec noblesse :
« C’est du Ciel que je tiens ces membres,
mais à cause de ses lois je les méprise,
et c’est par lui que j’espère les retrouver. »
    Le roi et sa suite furent frappés de la grandeur d’âme de ce jeune homme
qui comptait pour rien les souffrances.
    Lorsque celui-ci fut mort,
le quatrième frère fut soumis aux mêmes sévices.
    Sur le point d’expirer, il parla ainsi :
« Mieux vaut mourir par la main des hommes,
quand on attend la résurrection promise par Dieu,
tandis que toi, tu ne connaîtras pas la résurrection pour la vie. »

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 16 (17), 1ab.3ab, 5-6, 8.15)

R/ Au réveil, je me rassasierai de ton visage, Seigneur. (Ps 16, 15b)

Seigneur, écoute la justice !
Entends ma plainte, accueille ma prière.
Tu sondes mon cœur, tu me visites la nuit,
tu m’éprouves, sans rien trouver.

J’ai tenu mes pas sur tes traces,
jamais mon pied n’a trébuché.
Je t’appelle, toi, le Dieu qui répond :
écoute-moi, entends ce que je dis.

Garde-moi comme la prunelle de l’œil ;
à l’ombre de tes ailes, cache-moi,
Et moi, par ta justice, je verrai ta face :
au réveil, je me rassasierai de ton visage.

DEUXIÈME LECTURE

« Que le Seigneur vous affermisse « en tout ce que vous pouvez faire et dire de bien » (2 Th 2, 16 – 3, 5)

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens

Frères,
     que notre Seigneur Jésus Christ lui-même,
et Dieu notre Père qui nous a aimés
et nous a pour toujours donné réconfort et bonne espérance par sa grâce,
    réconfortent vos cœurs
et les affermissent en tout ce que vous pouvez faire et dire de bien.

     Priez aussi pour nous, frères,
afin que la parole du Seigneur poursuive sa course,
et que, partout, on lui rende gloire comme chez vous.
    Priez pour que nous échappions aux gens pervers et mauvais,
car tout le monde n’a pas la foi.
    Le Seigneur, lui, est fidèle :
il vous affermira et vous protégera du Mal.
    Et, dans le Seigneur, nous avons toute confiance en vous :
vous faites et continuerez à faire ce que nous vous ordonnons.
    Que le Seigneur conduise vos cœurs dans l’amour de Dieu
et l’endurance du Christ.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants » (Lc 20, 27-38)

Alléluia. Alléluia. 
Jésus Christ, le premier-né d’entre les morts,
à lui, la gloire et la souveraineté
pour les siècles des siècles.
Alléluia. (Ap 1, 5a.6b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    quelques sadducéens
– ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection –
s’approchèrent de Jésus
    et l’interrogèrent :
    « Maître, Moïse nous a prescrit :
Si un homme a un frère qui meurt
en laissant une épouse mais pas d’enfant,
il doit épouser la veuve
pour susciter une descendance à son frère.

    Or, il y avait sept frères :
le premier se maria et mourut sans enfant ;
    de même le deuxième,
    puis le troisième épousèrent la veuve,
et ainsi tous les sept :
ils moururent sans laisser d’enfants.
    Finalement la femme mourut aussi.
    Eh bien, à la résurrection,
cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse,
puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »

    Jésus leur répondit :
« Les enfants de ce monde prennent femme et mari.
    Mais ceux qui ont été jugés dignes
d’avoir part au monde à venir
et à la résurrection d’entre les morts
ne prennent ni femme ni mari,
    car ils ne peuvent plus mourir :
ils sont semblables aux anges,
ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection.
    Que les morts ressuscitent,
Moïse lui-même le fait comprendre
dans le récit du buisson ardent,
quand il appelle le Seigneur 
le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.
    Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants.
Tous, en effet, vivent pour lui. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.