14ème dimanche du Temps Ordinaire 

HOMELIE DU 5 JUILLET  2020

Père Chris GOMA

Aujourd’hui nous sommes le 14ème dimanche du Temps Ordinaire, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du livre du prophète Zacharie (9. 0-10)
  • Psaume 144, avec comme refrain : « Mon Dieu, mon Roi, je bénirai ton nom toujours et à jamais ! »
  • Lecture de la lettre de saint Paul aux Romains (8, 9.11-13)
  • Évangile de saint Matthieu (11, 25-30)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur : Salutations fraternelles à vous tous en vous souhaitant un dimanche plein de joie et de paix, en vivant pleinement ce que va nous donner à méditer la Parole de Dieu de ce quatorzième dimanche du Temps Ordinaire. Portons notre regard vers le Messie-Roi que nous présente les textes de la liturgie de ce jour. Celui-ci est bien différent de Celui qu’attendaient les contemporains de Jésus.

Dans la première lecture déjà, le prophète de Dieu l’annonce comme doux et humble, pacificateur. Zacharie s’adresse à la fille de Sion, la fille de Jérusalem. Ce peuple harcelé par les chars, les chevaux, les combats, les guerres interminables, peut-être lors de campagnes d’Alexandre le Grand. Il parle à un peuple qui aspire à la paix. Et comme un messager, il vient proclamer une joyeuse nouvelle : « Exulte de toute tes forces…… Pousse des cris de joie….. ». Il annonce un Roi, descendant de David, ce roi n’est pas un roi dictateur et guerrier qui serait monté sur un cheval de bataille, mais bien plus un Roi humble, chevauchant une monture pacifique : un âne inoffensif et tout jeune. Ce Roi brisera l’arc de guerre et proclamera la paix. Il supprimera l’antagonisme entre Éphraïm (royaume du Nord) et Jérusalem. Sa royauté sera universelle.

Comment, Bienaimés dans le Seigneur ne pas y voir le Christ-Roi dont la royauté n’est pas de ce monde (Jn 18,36). Ce Roi doux et humble de cœur relaté dans l’évangile. En effet, dans l’évangile de Matthieu, Jésus révèle son identité. Il se révèle un Fils de Dieu, qui dialogue avec son Père, qui ose appeler son Père : Père, dans une prière de louange où il s’émerveille : « … ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits… ». Le thème « petits », la petitesse, est un thème majeur dans la bible, rappelons-nous le Magnificat : « Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles ». Serait-ce le procès des intelligents ? Non ! c’est bien celui de la suffisance. Jésus met à l’indexe les pharisiens qui étaient fiers de leur savoir religieux et traitaient les petites gens avec mépris, les qualifiaient d’ignorants, inaptes à observer la Thorah, la loi du temple.

La question à se poser est : « Est-ce que, dans notre Communauté d’aujourd’hui, ne subsiste-t-il pas des pharisiens orgueilleux et suffisants qui font peser des lourds fardeaux aux autres en s’abritant dans une religion de façade ? ».

Dieu se révèle aux petits, aux humbles, non pas parce qu’ils sont moins intelligents, mais parce qu’ils sont, ordinairement, disposés à l’accueil de Dieu. Ici, le mot « petits » a un sens particulier, le petit connaît la grandeur de Dieu et sa propre petitesse, c’est l’humble, le petit se reconnaît sans mérite. Il ne se vante pas.

Dans cet évangile, le Christ poursuit en s’adressant justement aux petits : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos. », le repos que Jésus veut procurer est la liberté des enfants de Dieu qui débouche toujours sur la joie.

Dans une société où la religion était en faveur des pharisiens, elle avait de l’emprise sur la plupart des gens qu’il a fréquenté, il y a deux griefs que Jésus faisait aux pharisiens, c’est d’être orgueilleux de leur connaissance de la Parole de Dieu et d’être hypocrites, c’est-à-dire de faire peser des lois sur les autres, qu’eux-mêmes ne suivent pas. C’est pourquoi nous pouvons nous demander s’il n’y a pas dans nos communautés actuelles la résurgence de cette façon d’être, d’un pharisianisme en plein essor ? 

  • Ne suivez plus les pharisiens, dit Jésus  : « ils lient de pesants fardeaux et les mettent sur les épaules des hommes, alors qu’eux-mêmes se refusent à les remuer d’un doigt ».(Mt 23,4). « Devenez mes disciples, car Jésus est doux et humble de cœur », « …Il ne brisera pas le roseau froissé, il n’éteindra pas la mèche qui fume encore… » (Mt 12,20).
  • « Prenez sur vous mon joug », dit Jésus, « Il est facile à porter ». Par-là, le Christ ne se révèle pas laxiste, au contraire, il est plus exigeant que les pharisiens qui n’interrogeaient que la façade et les apparences. 

Le Christ interpelle le cœur, mais cette exigence est une exigence d’amour, elle n’écrase jamais personne. Et quand on aime on oublie le poids. Quelle libération ! Jésus vient donc nous libérer du poids de la religion, des interdits et des observances. Et comment entrer dans cette voie de libération, de l’intelligence de son identité, si nous ne sommes pas conduits par l’Esprit Saint ?

C’est l’intuition de la deuxième lecture de l’apôtre Paul aux Romains. Pour Paul certains mots n’ont pas la même signification que ceux de nos dictionnaires. Par exemple :

  • lorsque Paul parle de corps, il suppose l’homme dans son intégralité,
  • la chair est différente de ce qui est relatif au côté sexuel que nous connaissons : la chair signifie, chez lui, l’homme séparé de Dieu
  • L’Esprit opposé à la matière, veut dire l’homme uni à Dieu

Chez Paul transitent alors deux mondes : la chair et l’Esprit en lutte perpétuelle. Paul nous invite à être animés par l’Esprit. Ce n’est que dans cette mesure que nous comprendrons la vraie nature du Christ. Un Dieu Doux et Humble.

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA